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Le ministère de l’Agriculture a récemment publié le nombre d’exploitations certifiées en Haute Valeur Environnementale (HVE) pour le second semestre 2025 et corrigé nettement les chiffres du 1er semestre 2025. Ainsi ce n’étaient pas 39 768 exploitations qui étaient certifiées au 1er juin 2025, mais 36 464. Et 35 144 exploitations agricoles étaient certifiées au 1er janvier 2026, soit une diminution de l’ordre de 3 % par rapport au 1er janvier 2023, début de la période de transition entre les versions 3 et 4 du cahier des charges. Ces chiffres confirment une «rupture» de dynamique depuis 2023, après la «forte progression qui prévalait depuis 2020», commente le ministère, qui estime toutefois que la baisse reste «modeste» et la période de transition a permis de conserver «la majorité des exploitations» malgré les nouvelles exigences du référentiel. Selon les filières, les dynamiques divergent. Entre les versions 3 et 4, les baisses du nombre d’exploitation certifiées concernent la polyculture-bovins viande (-769 exploitations), les grandes cultures (-627), le bovins viande (-359), le bovins lait (-180), le maraîchage (-171) et l’arboriculture (-153). Elles masquent des hausses en polyculture-élevage -hors bovins viande- (+878), viticulture (+368 ), élevage équin (+180) et l’horticulture (+77 ).

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Alors que la Commission européenne a annoncé au mois de septembre le lancement d’une initiative européenne sur l’eau, la France, avec le soutien d’une dizaine d’Etats membres, a demandé le 26 octobre des dispositions pour favoriser l’accès à l’eau pour les agriculteurs. Il ne faut plus « écarter par principe l’extension d’hectares irrigués car cela ne signifie pas nécessairement plus de prélèvements », a souligné la ministre Annie Genevard lors du conseil des ministres de l’UE à Luxembourg. Et il ne faut « pas s’interdire de prélever plus d’eau durant l’hiver », a-t-elle ajouté. En matière d’adaptation au changement climatique, le document préparé par Paris et cosigné par le Portugal, la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et Chypre précise aussi que la Pac doit « sortir d’une simple logique de compensation et rémunérer les agriculteurs au-delà des surcoûts engendrés par les pratiques favorables déployées ». Il est également proposé que les futurs fonds des plans de partenariat nationaux et régionaux qui seront fléchés vers la ruralité au titre de la « cible rurale » permettent« de cibler l’enjeu de l’accès à l’eau dans les territoires, afin d’investir en particulier dans les projets multi-usages ».

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Les robots terrestres constituent la solution la plus prometteuse pour assurer la pollinisation artificielle à grande échelle, à moyen et long terme, révèle une étude publiée dans le Journal of Field Robotics le 2 septembre. Face au déclin des pollinisateurs naturels, la pollinisation manuelle à grande échelle est pratiquée, mais elle reste chère : par exemple, sa mise en œuvre dans l’ensemble des vergers de pommiers aux États-Unis coûterait 880 millions de dollars. L’étude passe en revue dix ans de progrès en matière de pollinisation robotisée, distinguant les robots aériens des robots terrestres. La première catégorie regroupe les microrobots biomimétiques, conçus pour reproduire le vol et l’action des insectes pollinisateurs, et les drones. Malgré d’importants progrès, les microrobots demeurent expérimentaux, en raison notamment de leur autonomie et de leur poids de charge limités. Les drones constituent quant à eux une solution envisageable sur le plan commercial mais leur déploiement est freiné par des coûts opérationnels et des contraintes règlementaires. De leur côté, les robots terrestres ont connu des avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle, notamment en matière de vision par ordinateur, qui améliorent leur navigation dans les parcelles, la détection des fleurs et le dépôt ciblé du pollen. Leur précision et leur fiabilité doivent toutefois encore progresser avant de pouvoir les déployer à grande échelle.

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Le gouvernement a assuré le 26 octobre que «plusieurs millions d’euros» d’aides d’urgence avaient été versés aux agriculteurs sur plus d’un milliard promis face aux crises (engrais, sécheresse, canicules…), promettant d’accélérer dans les prochaines semaines sous la pression des syndicats. Si certaines enveloppes mettent du temps à être débloquées pour des raisons administratives (assurance récolte, cotisations sociales), certains guichets souffrent d’un manque de sollicitations. Ainsi, celui d’aide à l’achat d’engrais «a enregistré 7.248 dossiers déposés, pour un montant prévisionnel de 17,1 millions d’euros» alors que l’enveloppe prévoit 145 millions (dont 107 millions de fonds européens), indique le gouvernement dans un communiqué. Ce fonds a été annoncé en juillet, puis rapidement amendé car très peu sollicité et jugé mal calibré par les agriculteurs. Initialement ouvert jusqu’à fin septembre, il a été prolongé jusqu’à la fin de l’année pour permettre aux agriculteurs de couvrir les semis d’automne. Les exploitants peuvent désormais déposer un bon de commande ou une facture non acquittée, afin de réserver leur place dans la file de traitement, sous réserve de transmettre ensuite la facture acquittée dans le délai prévu. Le gouvernement s’attend à «une montée en puissance» des demandes «compte tenu du paiement des aides Pac intervenu le 16 octobre». L’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), a réclamé mle 20 octobre un élargissement des dates d’ouverture de ce guichet, rappelant que les cultivateurs de maïs achetaient les engrais en début d’année (pour des semis au printemps).

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Suite à la sécheresse historique de cette année, la région Occitanie annonce, dans un communiqué paru le 26 octobre, l’élargissement du Fonds d’avance Cheptel (Fac) à tous les départements de son territoire, sans précision de l’incidence budgétaire. Renommé Pass Fac à cette occasion, le fonctionnement du dispositif reste le même, consistant en «une avance remboursable à taux zéro représentant 25 % du montant total du prêt accordé à l’éleveur». En juin, le conseil régional d’Occitanie avait adopté sa nouvelle feuille de route pour l’agriculture jusqu’en 2030, dont 40 M€ d’engagements nouveaux incluant la création d’un fonds d’investissement agricole souverain, doté de 30 M€. Elle avait également lancé des travaux avec la chambre d’agriculture en vue de créer un «contrat de filière» pour les grandes cultures, afin «d’apporter des réponses structurelles aux difficultés rencontrées par cette filière». Ces travaux sont toujours en cours.

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À l’occasion d’un comité État-Régions au ministère de l’Agriculture le 15 octobre, Annie Genevard a annoncé que le gouvernement était favorable à un statu-quo dans le partage des mesures entre l’État et les conseils régionaux dans le cadre de la prochaine Pac, indique-t-on à Régions de France. Le partage des rôles entre l’État et les régions a fait l’objet d’importants changements à l’occasion des deux dernières programmations. Pour la programmation 2014-2022, les régions avaient obtenu pour la première fois le cadrage politique de certaines aides (MAEC, aide à la bio). Pour la programmation suivante (2022-2027), les régions s’étaient vues retirer le pilotage de ces aides, au profit de la gestion des aides non-surfaciques (aides à l’investissement et à l’installation), allant cette fois du cadrage politique à l’instruction administrative. Pour la prochaine programmation, le ministère propose que le périmètre des mesures reste le même (aides non-surfaciques), mais les régions pourraient avoir «une plus grande autonomie de décision», indique Régions de France. Dans le cadre de la future architecture des Plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR), qui regrouperont la Pac, la Politique de cohésion, ainsi que la PCP (pêche), les régions «seront au même niveau de responsabilité que les ministères», sous la coordination du SGAE (affaires européennes). Les conséquences pratiques de cette gouvernance n’ont pas encore été abordées, notamment la question de la gestion des paiements, actuellement assurée par l’ASP (agence de services et de paiement).

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Les ministres de l’Agriculture de l’UE sont parvenus, après une intense journée de négociation, le 26 octobre à un accord à l’unanimité sur une approche générale partielle concernant la future Pac. Après un premier tour de table dans la matinée, la plupart des États membres ont demandé des ajustements au compromis mis sur la table par la présidence irlandaise du Conseil une semaine auparavant. Celle-ci a donc apporté sept modifications qui ont permis de convaincre les Vingt-sept. Parmi ces ajouts figure la prolongation des aides nationales transitoires accordées aux États membres entrés dans l’UE à partir de 2004 avec une suppression progressive au fil de la période de programmation. L’Irlande a aussi répondu (plus ou moins) à quelques demandes de la France : réintroduction du principe de la transparence pour les agriculteurs en structures juridiques comme les GAEC permettant l’application, au niveau de chaque agriculteur individuel, des plafonds financiers fixés par le règlement ; et la reconnaissance du principe de la présomption de mise à disposition pour les terres. L’Irlande a aussi explicité la possibilité d’accorder un soutien au revenu couplé pour les cultures oléagineuses. Beaucoup de délégations auraient souhaité des engagements de la part de l’Irlande sur les discussions à venir concernant le cadre financier pluriannuel dans lequel figure de nombreux points ayant trait à la Pac en particulier le plafonnement et la dégressivité des aides ou encore les taux de cofinancement des différentes interventions. Mais « il ne s’agit que d’une approche générale partielle, il ne faut pas oublier que celle-ci ne concerne pas les points figurants dans les plans de partenariats nationaux ou le CFP », n’a cessé de répondre le ministre irlandais Martin Heydon.

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Comme inscrit dans la loi d’urgence agricole du 18 août, un projet d’arrêté, soumis à consultation publique du 14 octobre au 9 novembre, prévoit d’assouplir les règles d’implantation des plans d’eau d’une surface inférieure à un hectare en zone humide. Selon le texte de présentation de la consultation, les porteurs de projets seront dispensés de la démonstration actuellement exigée par l’article 4 de l’arrêté du 9 juin 2021, afin de simplifier les démarches administratives dans le cadre de l’élaboration des dossiers « loi sur l’eau ». Ils resteront toutefois soumis aux procédures de déclaration ou d’autorisation prévues par la loi sur l’eau, ainsi qu’aux obligations de respect de la démarche « éviter, réduire, compenser » et de compatibilité aux schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), lorsqu’ils existent. Un assouplissement similaire avait été introduit par un arrêté ministériel du 3 juillet 2024. Le Conseil d’État avait toutefois annulé cet arrêté le 2 mars 2026, au nom du principe de non-régression environnementale. L’article 28 de la loi d’urgence agricole du 18 août a depuis écarté l’application de ce principe de non-régression aux règles encadrant les plans d’eau dont la surface implantée en zone humide est inférieure à un hectare.

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Une étude de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), écrite avec la chercheuse Olia Tayeb Cherif et publiée le 23 octobre, montre qu’entre 2022 et 2024, les secteurs agricoles et alimentaires ont bénéficié d’environ 2 milliards d’euros par an de soutiens publics (européens, nationaux ou locaux) pour leurs investissements physiques hors foncier (bâtiments, matériels, plantations…). Cette période fut «une parenthèse de soutien élevé à l’investissement (avec les plans France Relance et France 2030 post-Covid, NDLR), a priori appelée à se refermer» avec les contraintes budgétaires, rappellent les autrices. Sur ces 2 milliards, environ 30 % (600 millions d’euros) ont été «au moins théoriquement orientés en faveur d’une transition plus résiliente et durable» (production d’énergies renouvelables, réduction ou optimisation des consommations d’énergie, d’eau et de produits phytosanitaires et d’engrais), même si, dans les faits, ces objectifs n’ont pas toujours été remplis. Seulement 10 % de ces 600 millions ont financé «des transitions structurelles» : diversification des productions végétales, accompagnement de la diminution ou de la réorganisation des cheptels d’élevage, développement de l’agriculture biologique, relocalisation des cultures pérennes dans des zones climatiques plus favorables. Ces transitions structurelles impliquent des «reconfigurations particulièrement importantes à l’aval (silos, abattoirs, laiteries, etc.), maillon qui ne bénéficie pourtant que de très peu de soutiens aux investissements», selon l’étude.

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La FCD (distributeurs) a lancé un pavé dans la mare le 23 octobre en annonçant qu’elle ne participerait pas au comité de préparation des négociations commerciales le 28 octobre à Bercy, autour du ministre Serge Papin (Commerce), sauf si ses demandes sont satisfaites. La FCD émet « deux exigences » qui « sont des préalables non négociables : la « transparence » (en demandant qu’apparaisse « la part de chaque matière première agricole, ou leur part globale » dans les conditions générales de vente) et la « différenciation » entre PME et grands acteurs (car « les grands industriels doivent cesser de défendre leurs seuls intérêts au détriment des autres acteurs »). L’attitude des distributeurs a provoqué une vive réaction des autres parties prenantes au comité – Ania (industriels), Ilec (grandes marques fournisseurs de la grande distribution), Coopération agricole, Fédération des industries avicoles et Cuture Viande –, qui participeront bien à la réunion. Dans un communiqué commun, ils déplorent que « les distributeurs adressent un signal de mépris aux pouvoirs publics » et pointent une attitude consistant à « imposer ses conditions avant même d’accepter de discuter ». Ils soulignent que, « accepter leurs exigences, ou se retrouver sans interlocuteur : c’est exactement la logique du déréférencement que subissent nos entreprises ».

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