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A l’occasion d’une conférence de presse le 18 février, la FNSEA a présenté une quarantaine de propositions pour le projet de loi d’urgence agricole (LUA). En matière d’eau, le syndicat propose notamment de fixer des objectifs nationaux de stockage d’eau ou de faire passer à 30 % le collège des usagers économiques et organisations professionnelles dans les comités de bassin. Pour la prédation, la FNSEA propose «d’autoriser le prélèvement des loups au-delà de 500 spécimens, sans condition de protection préalable ni limitation de durée». En matière de pesticides, est proposé «un principe de reconnaissance mutuelle systématique» des autorisations de mise sur le marché accordées ailleurs en Europe.

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A l’occasion d’une visioconférence organisée le 16 février par l’Afja (journalistes agricoles), les premières données du baromètre Clisève ont été présentées, qui a pour objectif d’évaluer les impacts du climat sur la santé au travail. Premier enseignement : 74% des répondants (2 600 acteurs : exploitants, salariés, saisonniers) se déclarent impuissants face aux événements climatiques. D’autre part, pour les saisonniers, le climat passe devant l’effort physique comme première cause de pénibilité au travail agricole (68% contre 29%). « De plus, 40% subissent la pénibilité climatique plus de trois mois par an. Celle-ci est aujourd’hui structurelle», souligne Caroline Véran, fondatrice de RSE Croissance Bleue, à l’origine de Clisève. Face à cela, les exploitants ont adapté les horaires (75%) et calqué l’organisation sur la météo (73%). Les salariés expriment des besoins de protection : plus d’abris (47%), un accès à l’eau (42%), plus de pauses (41%). « Ce qui frappe, c’est le caractère urgentiste des mesures. La prévention est peu développée : un salarié sur deux indique n’avoir reçu aucune information spécifique sur les risques climatiques » souligne Caroline Véran. Le baromètre Clisève sera présenté lors d’une conférence le 26 février au salon de l’Agriculture.

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D’après un sondage Ipsos bva, « plus d’un Français sur dix a tenté de participer » au Dry January. Son commanditaire La Brasserie Parallèle note une déperdition par rapport à l’enquête OpinionWay menée avant ce défi du mois sans alcool. « Alors qu’un quart des Français déclaraient en amont vouloir relever le défi, ils sont finalement 14 % à avoir effectivement participé au Dry January, avec succès ou non », selon un communiqué. Parmi eux, 28 % ont respecté une abstinence totale durant tout le mois de janvier. 23 % des participants, qui s’étaient fixé le même objectif, ont finalement réduit leur consommation. 18 % ont tenté le Dry January avant d’y renoncer au cours du mois. L’étude OpinionWay montre par ailleurs que 67 % des Français ont déjà tenté de réduire leur consommation d’alcool. Plusieurs stratégies se distinguent : fixer une quantité limite d’alcool par soirée (52 %), ne pas boire avant une certaine heure (51 %), s’interdire les alcools forts (47 %), abstinence pendant une certaine période (45 %), avoir des jours sans alcool dans la semaine (44 %). Autre enseignement, 43 % des sondés regrettent le manque d’options sans alcool dans les bars et restaurants.

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La FCD (distributeurs) a boudé le comité de suivi des négociations commerciales réuni par les ministres Serge Papin (Commerce) et Annie Genevard (Agriculture) le 17 février. Pour expliquer cette absence, la FCD a écrit la veille aux ministres en dénonçant les « déclarations réductrices et caricaturales » d’Annie Genevard. « La volonté de dialogue n’est pas partagée, et les conditions minimales d’un échange respectueux et impartial » ne sont « pas réunies », a justifié la FCD dans sa lettre, signée par les dirigeants des principales enseignes adhérentes : E. Leclerc, Carrefour, Intermarché, Système U et Auchan. Le 16 février, Annie Genevard avait accusé les distributeurs d’exercer un « chantage mortifère » sur les industriels de l’agroalimentaire, lors d’un interview au Parisien. Elle estime qu’en cas de négociations violentes, « à l’arrivée, ce sont les agriculteurs qui vont trinquer ». A la sortie du comité de suivi, le président de l’Ania (industriels) Jean-François Loiseau a déploré que « la grande distribution ne joue pas la partie en équipe, elle est seule dans son coin au détriment de la filière (…) elle déconstruit les prix uniquement pour des raisons de concurrence entre distributeurs et ça détruit le tissu de nos entreprises ».

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Prévu dans la loi d’orientation agricole de mars 2025, un bachelor agro est lancé par l’école d’ingénieurs Purpan et huit lycées agricoles d’Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Ce diplôme de niveau Bac +3, ouvert à partir de la rentrée 2026, vise à « former des cadres intermédiaires capables de piloter les transitions durables des filières agricoles et agroalimentaires, tout en offrant une passerelle vers l’enseignement supérieur, notamment les écoles d’ingénieurs », selon un communiqué de l’établissement composante de l’Université de Toulouse. Il s’adresse principalement aux étudiants titulaires d’un BTS agricole. La formation, d’une durée d’un an, se déroule en alternance (deux tiers du temps en entreprise). « Le bachelor agro, coconstruit avec nos lycées partenaires, incarne une formation hybride et innovante : deux années au lycée pour maîtriser les fondamentaux techniques, suivies d’une année à Purpan pour développer des compétences en management, entrepreneuriat et accompagnement des transitions » (numérique, agroécologique, climatique…), déclare le directeur général de l’école Purpan Michaël Mourez, cité dans le communiqué.

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La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déclaré qu’elle voulait « faire évoluer le droit européen » sur les centrales d’achat européennes (presse) dans une interview donnée au Parisien le 16 février. « Les hausses (de tarifs demandés par les industriels, NDLR) sont (…) généralement justifiées et le contournement de la loi française via les centrales d’achat européennes n’est plus possible. Nous devons donc faire évoluer le droit européen, avec (le ministre des PME et du Commerce) Serge Papin. C’est ce sur quoi j’échangerai avec les commissaires européens » au Salon de l’agriculture, indique Annie Genevard. Certaines enseignes de la grande distribution exercent un « chantage mortifère » sur les industriels de l’agroalimentaire dans le cadre des négociations commerciales, dénonce la ministre. « Or, si les négociations sont violentes, elles sont destructrices de valeur pour toute la chaîne, pour la rémunération des industriels, et donc pour le prix d’achat des produits agricoles. À l’arrivée, ce sont les agriculteurs qui vont trinquer », juge Annie Genevard. « Certaines enseignes menacent de déréférencer certaines marques faute d’accord. J’estime que c’est un chantage mortifère pour l’agroalimentaire », ajoute-t-elle.

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Comme attendu, la ministre de l’Agriculture et le ministre délégué à la Transition écologique ont annoncé, à l’occasion d’un déplacement en Haute-Marne, le 16 février, de nouveaux assouplissement de l’arrêté cadre sur les tirs de loups, tel qu’il a été mis en consultation en décembre, et dont la parution prévue en janvier a été retardée. La principale annonce est la possibilité pour tous les éleveurs de recourir aux lieutenants de louveterie et à la brigade loup, sans conditionnalité. Le projet d’arrêté réservait cette option aux seuls élevages ayant mis en place des mesures de protection. Deuxième annonce: le plafond annuel de prélèvement de loups, que le ministère avait annoncé faire passer de 19 à 21%, pourra finalement atteindre 23%, si le nouveau plafond est déjà atteint en fin d’année. De source syndicale, trois autres changements sont opérés : la durée de validité des tirs de défense en zone prédatée sera finalement de cinq ans pour les élevages protégés, contre une durée de trois ans envisagée dans le premier projet d’arrêté. Par ailleurs, des tirs de prélèvements seront autorisés sur action de chasse, mais les professionnels craignent qu’ils ne le soient qu’à partir de juillet. Enfin, la conditionnalité des indemnités en cercle 2 («survenue possible de la prédation») pour les troupeaux non protégés a été supprimée.

Agra

Les actions de terrain des éleveurs laitiers se sont multipliées ces dernières semaines depuis le lancement du mot d’ordre du 28 janvier, à l’occasion du conseil d’administration de la FNPL (éleveurs, FNSEA). Une quarantaine d’actions ont été menées, selon la FNPL, dans les départements laitiers et à l’initiative des sections départementales – avec souvent le concours des JA –, particulièrement dans le Nord, l’Est, la Vendée, l’Aveyron et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plusieurs cibles ont été privilégiées : les supermarchés, les grossistes et les laiteries, avec à chaque fois des actions de sensibilisation des responsables et du grand public à la rémunération des éleveurs. Les actions doivent se poursuivre avec une trentaine d’actions programmées pour la semaine précédant le Salon internationale de l’agriculture (Sia), qui ouvrira ses portes le 21 février. La FNPL n’a pas encore décidé si des actions seront organisées lors de cet événement, et si oui sous quelle forme. Ces actions de terrain interviennent à l’occasion des négociations commerciales fournisseurs-distributeurs qui se termineront le 1er mars. Le but de défendre le prix du lait payé aux éleveurs en mettant la pression sur les industriels et les distributeurs.

La rédaction

«Les derniers chiffres de la Commission européenne confirment un effondrement spectaculaire et sans précédent des importations d’engrais azotés de l’UE suite à l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF)», s’alarment dans un communiqué du 13 février les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Selon les données recueillies par le Copa-Cogeca, en janvier 2026, l’UE n’a importé que 179.877 tonnes d’engrais azotés, contre 1,2 Mt en janvier 2025. «Les engrais azotés, directement concernés par le mécanisme de compensation des prix des engrais (CBAM), représentent environ 46% de la consommation totale d’engrais de l’UE, dont plus de 30% sont traditionnellement importés », rappelle-t-il. Et d’ajouter que parallèlement, les prix des engrais sur le marché intérieur continuent d’augmenter (+25% en janvier 2026 par rapport à la moyenne de 2024) et «les niveaux de stocks sont tout aussi préoccupants» (seulement 45 à 50% des besoins en engrais des agriculteurs pour la récolte 2026 sont couverts). Le Copa-Cogeca exige donc, une nouvelle fois, «la suspension immédiate du MACF sur les engrais» ainsi que des mesures structurelles pour garantir la disponibilité et l’accessibilité financière des engrais à long terme au sein de l’UE. La Commission européenne est en train de finaliser un plan d’action sur les engrais qu’elle devrait présenter dans les prochains mois.

La rédaction

La Commission européenne a donné le 13 février son feu vert à un régime danois d’aides d’État d’un montant de 1,04 milliard d’euros (7,8 Md DKK) visant à soutenir les propriétaires qui s’engagent à retirer volontairement des terres agricoles ou forestières de la production afin de réduire les émissions agricoles. Le projet prévoit que les surfaces concernées ne seront plus labourées et qu’aucun pesticide ou engrais n’y sera utilisé. Les projets pourront soutenir la création ou la relocalisation de clôtures. Les terres forestières mises en jachère ne pourront pas être réaffectées à la production forestière, même après un changement de propriétaire. Les aides qui couvriront jusqu’à 100 % des coûts admissibles prendront la forme de subventions directes ou d’avantages en nature (conseils techniques, achat services…) pour compenser le coût des investissements non productifs, les pertes de revenus causées par la mise en jachère et les restrictions imposées, ainsi que les coûts juridiques, administratifs et d’enquête liés au remembrement des terres. Ce régime sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2030.

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