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Dans un rapport d’avril 2023, rendu public le 14 juin, le CGAAER (ministère de l’agriculture) et l’IGAS (affaires sociales, interministériel) recommandent de maintenir la possibilité pour des groupements de producteurs agréés de fournir des médicaments à visée préventive à leurs adhérents dans le cadre des programmes sanitaires d’élevage (PSE). Ces groupements agréés sont généralement des coopératives agricoles ou des groupements de défense sanitaire. En tant que «troisième ayant droit» (à côté des vétérinaires et des pharmaciens), ils sont autorisés à acheter, stocker et dispenser des médicaments vétérinaires. La mission était chargée d’examiner l’intérêt de maintenir ce dispositif qui «peut apporter un service identique» au suivi sanitaire permanent, alors que ce dernier fait l’objet d’une réforme. Elle écarte l’idée que sa suppression permettrait de «contrecarrer de façon substantielle la baisse des vétérinaire ruraux». Plus encore, le rapport souligne que «la baisse de prévention est possible» en cas de disparition des groupements et des PSE. «L’engagement collectif pour améliorer le sanitaire serait probablement affaibli», est-il indiqué. En outre, «le prix des médicaments pourrait être impacté», car la forte concentration des groupements permet de proposer des prix concurrentiels. La mission préconise, au contraire, de simplifier le cadre en ne remettant pas «systématiquement» en cause les agréments tous les cinq ans. La rédaction

Afin de répondre à une consommation française «record» (224 œufs en 2023), le CNPO vise l’implantation de 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030, a annoncé l’interprofession des œufs lors d’une conférence de presse le 18 juin. Seules protéines animales en croissance dans le contexte d’inflation, les œufs ont connu une hausse de 3% de leurs achats par les ménages en 2023. Si ce rythme se poursuit, la filière devra créer un million de places de poules pondeuses chaque année pour répondre à la demande, soit six millions d’ici 2030. La filière chiffre les investissements nécessaires à 300 M€. «Les consommateurs veulent des œufs français et on veut les leur fournir», assure le président du CNPO, Yves-Marie Beaudet. Autre objectif phare du «plan de filière» présenté le 18 juin : passer à 90% de production hors cage (sol, plein air, Label rouge ou bio), contre 73% fin 2023. Convertir en alternatif un bâtiment de cages aménagées coûte environ 30 € par poule, soit 450 M€ pour les 15 millions de poules qui sont encore élevées en cages. Visant à «atteindre l’autonomie en œufs de la France», selon M. Beaudet, le plan de filière du CNPO comporte quatre axes : souveraineté alimentaire, enjeux sociétaux (environnement et bien-être animal), relations au sein de la filière, innovations. La rédaction

Le pastoralisme occupera une place de choix lors du prochain Sommet de l’élevage, du 1er au 4 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). Un espace spécifique dans le hall d’accueil du salon sera consacré à ce mode d’élevage, caractérisé par un «pâturage extensif» qui valorise «les ressources herbagères et fourragères spontanées d’espaces naturels». Une conférence sur le pastoralisme et les changements climatiques s’y tiendra mardi 1er octobre après-midi, suivies par sept mini-conférences tout au long de la semaine (PAC, transhumance, foncier, valorisation des viandes, etc.). 2026 sera l’«Année internationale du pastoralisme et des pâturages», a proclamé l’ONU. Le Sommet – qui s’est rebaptisé «Mondial de l’élevage durable» l’année dernière – attend 120 000 visiteurs et 1650 exposants. «Un nouveau record» selon son commissaire général Fabrice Berthon. Cette année, la race à l’honneur est la Salers, locale de l’étape, et le pays invité est le Kazakhstan. La rédaction

Au lendemain de leur date limite de dépôt, une quarantaine de candidatures ont été identifiées comme proches du secteur agricole pour les prochaines élections législatives. Tous les députés sortants spécialistes du secteur agricole vont tenter d’être réélus. Les deux principaux duels agricoles sont les suivants : l’agriculteur et ex-eurodéputé Benoît Biteau (Nouveau Front populaire) contre la députée de la majorité missionnée sur Egalim 4, Anne-Laure Babault, en Charente ; et la ministre déléguée à l’agriculture Agnès Pannier-Runacher face à un éleveur écologiste dans le Pas-de-Calais. On notera aussi le retour de l’ancien éleveur Jean-Baptiste Moreau (Ensemble), qui va tenter de revenir sur les bancs de l’Assemblée après son échec en 2022, tout comme le député Jean-Bernard Sempastous, auteur de la loi homonyme sur le sociétés agricoles. Ils ne figurent pas sur la liste, et ils sont également nombreux, malheureux en 2022, à ne pas retenter leur chance cette année : comme l’ancien vice-président des Jeunes Agriculteurs Baptiste Gatouillat dans l’Aube (LR), le spécialiste du mal-être en agriculture Olivier Damaisin (Renaissance, Lot-et-Garonne), le vétérinaire Loïc Dombreval (Renaissance, Alpes-Maritimes), les agriculteurs Philippe Alpy (Doubs, Horizons), Olivier Allain (Côtes-d’Armor, Renaissance), François Guyot (Loire-Atlantique, LR) ou Maxime Buizard (Loiret, LR). La rédaction

Le ministère chinois du Commerce a ouvert, le 17 juin, une enquête antidumping sur les importations de viande de porc et les sous-produits porcins originaires de l’UE. Ce communiqué intervient quelques jours après l’annonce de l’UE le 12 juin, d’imposer provisoirement, à compter du 4 juillet, des droits compensateurs sur les véhicules électriques à batterie en provenance de Chine. Dans ce dossier, Pékin avait déjà menacé l’UE de contremesures sur certains secteurs ciblés – dont l’agriculture – si des sanctions étaient appliquées. Jean-Paul Bigard, président du groupe Bigard, avait d’ailleurs alerté de cette possibilité lors de son audition par la commission d’enquête sur la souveraineté alimentaire à l’Assemblée nationale le 30 mai. Concrètement, l’empire du Milieu précise que «cette enquête a été ouverte à la demande de l’industrie nationale» et que les autorités ont considéré que «la demande remplissait les conditions d’ouverture d’une enquête antidumping». Elle devrait durer un an, jusqu’au 17 juin 2025, avec une possibilité de prolongation de six mois dans des circonstances particulières, et concernera la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023. L’enquête sur les dommages à l’industrie concernera, elle, la période allant du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2023. La rédaction

Réuni le 13 juin, le conseil d’administration de l’Institut de l’élevage (Idele) a élu à sa tête l’éleveur laitier bio Samuel Bulot. M. Bulot est aussi secrétaire général de la FDSEA de Côte-d’Or et vice-président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), qu’il représente au sein de l’institut technique. Âgé de 50 ans, il s’est installé en 1998 à Prâlon, près de Dijon. Avec deux salariés à temps partiel, il élève une soixantaine de vaches laitières (Simmental, Montbéliardes et croisées), sur 220 ha. Parmi les priorités de son mandat de trois ans, Samuel Bulot entend notamment «développer les activités de transfert» de l‘institut. «Le travail de l’Idele doit descendre dans toutes les cours de ferme», estime-t-il. Il succède à un autre éleveur laitier de Bourgogne-Franche-Comté, Martial Marguet. La rédaction

Après deux années de forte décapitalisation, la production française de porcs a montré des premiers signes de stabilisation sur les premiers mois de 2024, selon des chiffres communiqués par Inaporc lors d’une conférence de presse le 11 juin. Sur les cinq premiers mois de 2024, les abattages augmentent de 0,4% en nombre de têtes par rapport à la même période de 2023. La production de viande porcine affiche, elle, +1% en téc sur la même période, en raison d’animaux plus lourds. «En 2023, les éleveurs français ont produit 22 millions de porcs», rappelle l’interprofession porcine. Soit une baisse de 4,8% en un an, moins lourde que celle de la moyenne européenne (-7,9%). Du côté de la demande, sur les deux premiers mois de 2024, «la consommation apparente de porc se redresse à +1,6% [en France], portée par la restauration hors domicile», note Inaporc. Une reprise qui profite aux importations, mieux placées dans ce débouché privilégiant les bas prix (+3,4% en un an sur les deux premiers mois de 2024). L’année dernière, la consommation de viande porcine avait chuté de 3,7% par rapport à 2022, sous l’effet du retour massif des viandes de volailles après l’épizootie d’influenza aviaire. Le porc reste la première viande consommée en 2023, avec 30,6 kgéc/habitant/an, contre 29,5 kg pour la volaille. La rédaction

Dans un communiqué paru le 16 juin, le ministère de l’agriculture annonce qu’en raison d’une «souplesse nouvelle de la réglementation européenne», applicable pour cette nouvelle programmation 2023-2027», un paiement de «reliquat de paiements directs» sera versé aux agriculteurs français pour un montant de 140 millions d’euros «d’ici juin». La Rue de Varenne ne donne pas de détail sur les raisons précises de l’existence reliquat. Quant à la ventilation de cette aide, le ministère indique simplement qu’il lui est «possible» d’augmenter «le montant unitaire de certaines aides, notamment pour l’écorégime, le paiement redistributif et pour l’aide complémentaire pour les jeunes agriculteurs, afin d’optimiser la mobilisation des enveloppes disponibles». Ce montant sera distribué «indépendamment des paiements des aides Bio et MAEC qui se poursuivent». L’annonce intervient alors que la FNSEA a annoncé des mobilisations à partir du 17 juin, en raison des retards de versement des aides bio et des MAEC. La rédaction

La Commission européenne a annoncé, le 14 juin, entamer des consultations avec l’Algérie afin de remédier à plusieurs restrictions imposées aux exportations et aux investissements de l’UE. L’exécutif européen espère ainsi trouver une solution mutuellement satisfaisante pour les parties lors de cette étape mais n’exclut pas, comme le prévoit l’accord d’association signé en 2002, de passer à la vitesse supérieure si aucune solution n’est trouvée, à savoir demander la création d’un panel d’arbitrage. Concrètement, Bruxelles considère qu’Alger ne respecte pas ses engagements de libéralisation du commerce dans le cadre de l’accord d’association. Elle avance que des restrictions sont imposées sur un certain nombre de secteurs, dont l’agriculture. Les mesures concernées prendraient la forme d’un système de licences d’importation ayant les effets d’une interdiction d’importation, de subventions subordonnées à l’utilisation d’intrants locaux pour les constructeurs automobiles et d’un plafonnement de la propriété étrangère pour les entreprises qui importent des biens en Algérie. Du côté français, les éleveurs attendent la réouverture du marché algérien pour les bovins vifs, fermé à l’automne 2023 à cause de la MHE. La rédaction

Le Marché du porc français (MPF, nouveau nom du MPB) a clôturé sa séance du jeudi 13 juin en hausse de 1,8 ct€/kg, à 2,021 €/kg, renouant avec la hausse après quatre semaines de stabilité. «La baisse de l’offre saisonnière s’accentue», constatent les analystes du marché de Plérin, qui notent une «chute des poids [moyens des cochons] de près de 600 g pour les trois premiers jours d’activité sur la zone Uniporc». Pour la semaine passée, les abattages sont «en baisse par rapport à la semaine dernière et celle de l’an passé» (à 355 000 porcs), lit-on dans le commentaire de la séance. Ailleurs en Europe, le MPF estime que «les cours du porc vont probablement évoluer entre stabilité et hausse». Après 15 semaines sans fluctuation, la filière allemande, en revanche, pourrait connaître de nouvelles difficultés, car «le commerce extérieur allemand pourrait être à nouveau restreint» après le retour de la PPA en élevage. Chez l’ensemble des grands producteurs européens, la hausse saisonnière des prix du porc s’est faite attendre, en raison d’un «commerce plutôt calme» et de «méventes au grand export», qui alourdissent le marché, selon la note hebdomadaire du MPF du 10 juin. La rédaction