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Une grande douve américaine (Fascioloides magna), ver plat parasite de 5 cm de long, a été découverte dans le foie d’un daim en Sologne, a annoncé l’OFB le 16 octobre. La découverte a été réalisée par le réseau Sagir (surveillance de la santé de la faune sauvage), administré par l’OFB. « On ignore comment le parasite est arrivé en France », indique l’organisme public, qui a mis en place une « surveillance renforcée ». « Les premières investigations menées en urgence laissent penser qu’il est déjà bien implanté parmi les cervidés de Sologne. » Ce trématode peut se transmettre aux ovins et caprins, chez qui « l’infestation peut être mortelle », prévient l‘OFB. En revanche, il n’y a « pas de risque pour l’être humain », et les bovins et sangliers « sont peu affectés ». Les cervidés sont les espèces les plus à risque, les chevreuils et les daims présentant « la mortalité la plus élevée ». La dispersion de ce ver plat géant peut se faire via les excréments des animaux infectés (sous forme d’œufs), mais aussi « par les cours d’eau et les réseaux hydrographiques ». Le cycle de la grande douve américaine mobilise en effet « deux types d’hôtes » : d’abord des limnées (petits mollusques d’eau douce), puis des cervidés. « Le passage de l’un à l’autre dépend de la présence de zones humides adaptées, comme les étangs et les marais. »

Agra

En octobre, plus de 90 000 dossiers ont été déposés en deux semaines pour demander les aides du fonds de réarmement face à la sécheresse, a annoncé le ministère de l’Agriculture le 20 octobre. « Rien qu’au cours de la semaine du 12 octobre, 54 672 demandes ont été reçues, contre 37 170 la semaine précédente » (soit un total de 91 842 dossiers), peut-on lire dans un communiqué. Des premiers paiements ont été réalisés « début octobre », précise le ministère, « à hauteur de plusieurs millions d’euros ». Et d’ajouter que « la majeure partie des versements sera effectuée d’ici fin-octobre début novembre ». Inclus dans le plan CASI (canicules, sécheresse, incendies) annoncé le 4 septembre, le fonds de réarmement comprend 235 M€ d’aides à la trésorerie, à la main des préfets. La Rue de Varenne note « une dynamique particulièrement forte de dépôt » dans plusieurs régions, « notamment la Bretagne, les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine ». Le plan comprend aussi des prises en charge de cotisations sociales ; la répartition de l’enveloppe entre caisses locales de la MSA « a été validée par la Caisse centrale le 14 octobre », indique le ministère. D’ores et déjà, au 12 octobre, « 3 106 demandes de prises en charge de cotisations ont été adressées à la MSA », et la Sécu agricole a déjà accordé « 1 776 échéanciers de paiement ».

Agra

Dans un communiqué du 20 octobre, la MSA indique que le conseil d’administration de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) a décidé de réorienter son budget 2026 d’action sanitaire et sociale pour mobiliser une enveloppe de 4,275 M€ afin de « renforcer l’accompagnement social des personnes et des familles affectées » par la crise agricole. Initialement prévue à 400 000 € dans la COG 2026-2030, l’enveloppe dédiée aux conséquences sociales des crises sera multipliée par plus de dix pour 2026. Financée par un redéploiement de crédits du Fonds national d’action sanitaire et sociale (FNASS), elle permettra de renforcer les secours d’urgence (relogement dans les zones incendiées) et la mise en place d’accompagnement des adhérents fragilisés (aide au répit et au remplacement, soutien psychologique).

Agra

Impactée par la sécheresse et les fortes chaleurs estivales, la récolte française de pommes de terre affiche un rendement historiquement bas de 37,9 t/ha (-7,5 t/ha par rapport à la moyenne décennale). Cumulé à un recul de 10 % des surfaces nationales, le déficit de production globale est estimé à près de 2 millions de tonnes. Devant la faible taille des tubercules, l’interprofession (CNIPT) a acté un abaissement exceptionnel du calibre minimal pour l’allégation « frites », passant de 50 à 45 mm pour la campagne 2026-2027. L’interprofession précise que les exigences d’aptitude à la friture (matière sèche, glucose et coloration) restent strictement inchangées. Le CNIPT appelle désormais la grande distribution à traduire ses promesses publiques de soutien en actes concrets, en ajustant ses cahiers des charges et ses pratiques d’agréage. Sans revalorisation adéquate sur le marché français, les opérateurs pourraient être amenés à réorienter leurs volumes vers l’exportation.

Actuagri

Après les violences urbaines des 17 et 18 octobre, les enseignes de la grande distribution ont commencé à mesurer l’ampleur des dégâts dans les centres-villes. La FCD (distributeurs) dans un message sur LinkedIn dénombre ainsi « plus de 1 500 commerces touchés » en France. Le p.-d.g. de Carrefour Alexandre Bompard, après s’être rendu auprès des patrons de magasins pillés, écrit sur LinkedIn : « Au total, 50 magasins frappés dont 19 magasins de proximité et supermarchés Carrefour pillés et saccagés partout en France, ici à Paris, mais aussi à Rennes, Lille, Bordeaux et ailleurs ». Selon lui, « des dizaines de salariés de nos partenaires franchisés seront contraints au chômage partiel. La facture des travaux se comptera en plus d’une dizaine de millions d’euros et nos commerçants ont besoin d’une accélération des procédures d’indemnisation comme dans le cas des catastrophes naturelles. » La FCD demande à cette occasion « un accompagnement concret, notamment administratif, pour simplifier et accélérer les démarches, les procédures et les indemnisations ». « Nous ne devons pas nous habituer à ce que la violence et l’affrontement deviennent notre quotidien. Il ne doit pas y avoir un autre 17 octobre », a plaidé Dominique Schelcher (Coopérative U) dans un post LinkedIn, tandis que Thierry Cotillard (Intermarché) a prôné « de lourdes sanctions pour les auteurs », dans Le Parisien.

Agra

Comme prévu par la loi d’urgence agricole, un projet de décret relatif à la consultation du public pour les projets d’ouvrages de stockage d’eau soumis à autorisation environnementale a été mis en consultation publique jusqu’au 4 novembre. Il prévoit notamment la possibilité, à l’initiative du porteur de projet, de remplacer la réunion publique de clôture de la consultation par une permanence du commissaire enquêteur, pour les projets d’ouvrages de stockage soumis à autorisation environnementale. L’objectif étant de simplifier la procédure d’autorisation environnementale pour les exploitants agricoles. Cette mesure prolonge celle introduite par la loi du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur. Elle a notamment permis aux porteurs de projets d’élevage soumis à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) de remplacer, s’ils le souhaitaient, la réunion publique d’ouverture et de clôture de la consultation par une permanence du commissaire enquêteur. La loi d’urgence agricole du 18 août 2026 a étendu cette possibilité aux porteurs de projet d’ouvrages de stockage d’eau soumis à autorisation environnementale, mais uniquement pour la réunion de clôture de la consultation. Le gouvernement souhaite que le décret soit pris avant février 2027, avec une entrée en vigueur la plus rapide possible.

Agra

La réunion du Conseil européen des 15 et 16 octobre à Bruxelles n’a pas permis de percée concernant le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, alors que les chefs d’État et de gouvernement examinaient la base de négociation chiffrée proposée le 10 octobre par l’Irlande. À son arrivée, le chancelier allemand Friedrich Merz – dont le pays figure parmi les « frugaux » – a tout d’abord salué la proposition de Dublin qui, selon lui, va dans le bon sens. Mais il estime aussi qu’elle est « encore loin du niveau où nous devrions parvenir » en termes de réduction budgétaire. Il s’oppose également à des moyens supplémentaires pour l’agriculture et la cohésion. De son côté, Emmanuel Macron a exhorté les dirigeants européens à conclure un accord sur le budget avant la fin de l’année sous peine de discussions encore plus compliquée en 2027, en raison des multiples élections dans plusieurs États membres, dont la France, la Grèce, la Pologne, l’Italie ou la Finlande. Un point partagé par le chancelier allemand, qui reconnaît néanmoins que, « pour la réunion du Conseil de décembre, il faudra probablement prévoir quelques chemises de rechange supplémentaires ». C’est à présent au président du Conseil européen, le Portugais Antonio Costa, que revient la charge de faire avancer les discussions. Dans l’espoir de parvenir à un compromis budgétaire en décembre, Antonio Costa devrait organiser le 26 novembre un nouveau sommet européen informel.

Agra

Dès le 1er novembre, les bovins destinés à être exportés vers l’UE « devront avoir été détenus au minimum 60 jours en zone indemne avant de pouvoir être certifiés  » sans conditions MHE  » », indique le ministère de l’Agriculture à Agra Presse, confirmant une information de la FMBV (marchés de bétail vif). Cette nouvelle condition spécifique à la maladie hémorragique épizootique (MHE) est la conséquence d’une modification du règlement européen n°2020/688. Ce texte prévoyait jusque-là que « les animaux doivent être détenus au minimum 30 jours dans leur établissement d’origine pour pouvoir partir aux échanges » – « une règle générale, non spécifique à la MHE », précise la Rue de Varenne. Du côté de la FMBV, on craint que ce délai de 60 jours pénalise le démarrage de la saison d’exportation des broutards, à l’automne. Par ailleurs, la zone réglementée MHE (150 km autour des foyers) se réduit progressivement, en raison des conditions fixées par le même règlement (deux ans après le dernier foyer). Au 1er octobre, 1 200 communes sont passées en zone indemne, principalement en Bourgogne-France-Comté (Cher, Nièvre et Saône-et-Loire), avec « assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux », selon le site du ministère de l’Agriculture ; d’autres suivront les 1er novembre et 1er décembre.

Agra

L’UE prépare un nouvel outil qui lui permettra de fermer « rapidement et efficacement » l’accès à son marché intérieur, en cas de conflit commercial avec un pays tiers, a confirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 16 octobre. Bruxelles s’inspire ainsi d’une proposition conjointe de la France et de l’Allemagne, qui vise à renforcer l’arsenal de défense de l’UE, en cas de conflit commercial avec la Chine ou un autre pays. « En s’appuyant sur cette proposition franco-allemande, nous allons développer un nouvel outil qui permettra d’agir rapidement et efficacement, dans l’intérêt de l’UE, en fermant l’accès au marché unique européen », a déclaré lors d’une conférence de presse la présidente de l’exécutif européen, à l’issue d’un sommet des 27 à Bruxelles. En outre, cette nouvelle mesure n’empêchera pas l’UE d’utiliser « autant que nécessaire » ses autres instruments de défense commerciale, a-t-elle prévenu. Le président Emmanuel Macron a salué une « vraie convergence franco-allemande qui a permis d’acter des avancées très concrètes, et un changement de cette politique commerciale (…) face à cette concurrence déloyale ». Selon lui, la nouvelle orientation de l’UE traduit « une politique commerciale beaucoup plus pragmatique et qui accepte de protéger (…) ses secteurs, ses acteurs économiques face à la concurrence déloyale » de la Chine et d’autres pays.

Agra

Le Burkina Faso a, une nouvelle fois, suspendu « jusqu’à nouvel ordre » ses exportations de farines de mil, maïs et sorgho (et dérivés) pour en « assurer la disponibilité régulière » et « améliorer leur accessibilité aux consommateurs », selon un communiqué consulté le 11 octobre par l’AFP. Cet embargo intervient après celui de 2022, finalement levé en juillet. Selon l’AFP, depuis cette date, les opérateurs économiques dénoncent la sortie massive de farine vers les pays voisins, où les prix sont plus attractifs, occasionnant sur le marché local la pénurie et la flambée des prix. « Tout contrevenant à cette décision s’expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur », avance le ministre du Commerce Serge Gnaniodem Poda. Et de préciser que « la délivrance des autorisations spéciales d’exportations de ces produits est également suspendue ». Depuis septembre 2022, le Burkina Faso est gouverné par une junte qui a fait de la souveraineté économique une de ses priorités. Le régime promeut l’autosuffisance alimentaire et affirme que la production céréalière a atteint 7,15 Mt en 2025, soit 126 % des besoins nationaux, même s’il a bénéficié ces dernières années de dons de céréales, russes notamment.

Marion GHIBAUDO