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Prévu dans la loi d’orientation agricole de mars 2025, un bachelor agro est lancé par l’école d’ingénieurs Purpan et huit lycées agricoles d’Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Ce diplôme de niveau Bac +3, ouvert à partir de la rentrée 2026, vise à « former des cadres intermédiaires capables de piloter les transitions durables des filières agricoles et agroalimentaires, tout en offrant une passerelle vers l’enseignement supérieur, notamment les écoles d’ingénieurs », selon un communiqué de l’établissement composante de l’Université de Toulouse. Il s’adresse principalement aux étudiants titulaires d’un BTS agricole. La formation, d’une durée d’un an, se déroule en alternance (deux tiers du temps en entreprise). « Le bachelor agro, coconstruit avec nos lycées partenaires, incarne une formation hybride et innovante : deux années au lycée pour maîtriser les fondamentaux techniques, suivies d’une année à Purpan pour développer des compétences en management, entrepreneuriat et accompagnement des transitions » (numérique, agroécologique, climatique…), déclare le directeur général de l’école Purpan Michaël Mourez, cité dans le communiqué.

Agra

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déclaré qu’elle voulait « faire évoluer le droit européen » sur les centrales d’achat européennes (presse) dans une interview donnée au Parisien le 16 février. « Les hausses (de tarifs demandés par les industriels, NDLR) sont (…) généralement justifiées et le contournement de la loi française via les centrales d’achat européennes n’est plus possible. Nous devons donc faire évoluer le droit européen, avec (le ministre des PME et du Commerce) Serge Papin. C’est ce sur quoi j’échangerai avec les commissaires européens » au Salon de l’agriculture, indique Annie Genevard. Certaines enseignes de la grande distribution exercent un « chantage mortifère » sur les industriels de l’agroalimentaire dans le cadre des négociations commerciales, dénonce la ministre. « Or, si les négociations sont violentes, elles sont destructrices de valeur pour toute la chaîne, pour la rémunération des industriels, et donc pour le prix d’achat des produits agricoles. À l’arrivée, ce sont les agriculteurs qui vont trinquer », juge Annie Genevard. « Certaines enseignes menacent de déréférencer certaines marques faute d’accord. J’estime que c’est un chantage mortifère pour l’agroalimentaire », ajoute-t-elle.

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Comme attendu, la ministre de l’Agriculture et le ministre délégué à la Transition écologique ont annoncé, à l’occasion d’un déplacement en Haute-Marne, le 16 février, de nouveaux assouplissement de l’arrêté cadre sur les tirs de loups, tel qu’il a été mis en consultation en décembre, et dont la parution prévue en janvier a été retardée. La principale annonce est la possibilité pour tous les éleveurs de recourir aux lieutenants de louveterie et à la brigade loup, sans conditionnalité. Le projet d’arrêté réservait cette option aux seuls élevages ayant mis en place des mesures de protection. Deuxième annonce: le plafond annuel de prélèvement de loups, que le ministère avait annoncé faire passer de 19 à 21%, pourra finalement atteindre 23%, si le nouveau plafond est déjà atteint en fin d’année. De source syndicale, trois autres changements sont opérés : la durée de validité des tirs de défense en zone prédatée sera finalement de cinq ans pour les élevages protégés, contre une durée de trois ans envisagée dans le premier projet d’arrêté. Par ailleurs, des tirs de prélèvements seront autorisés sur action de chasse, mais les professionnels craignent qu’ils ne le soient qu’à partir de juillet. Enfin, la conditionnalité des indemnités en cercle 2 («survenue possible de la prédation») pour les troupeaux non protégés a été supprimée.

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Les actions de terrain des éleveurs laitiers se sont multipliées ces dernières semaines depuis le lancement du mot d’ordre du 28 janvier, à l’occasion du conseil d’administration de la FNPL (éleveurs, FNSEA). Une quarantaine d’actions ont été menées, selon la FNPL, dans les départements laitiers et à l’initiative des sections départementales – avec souvent le concours des JA –, particulièrement dans le Nord, l’Est, la Vendée, l’Aveyron et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plusieurs cibles ont été privilégiées : les supermarchés, les grossistes et les laiteries, avec à chaque fois des actions de sensibilisation des responsables et du grand public à la rémunération des éleveurs. Les actions doivent se poursuivre avec une trentaine d’actions programmées pour la semaine précédant le Salon internationale de l’agriculture (Sia), qui ouvrira ses portes le 21 février. La FNPL n’a pas encore décidé si des actions seront organisées lors de cet événement, et si oui sous quelle forme. Ces actions de terrain interviennent à l’occasion des négociations commerciales fournisseurs-distributeurs qui se termineront le 1er mars. Le but de défendre le prix du lait payé aux éleveurs en mettant la pression sur les industriels et les distributeurs.

La rédaction

«Les derniers chiffres de la Commission européenne confirment un effondrement spectaculaire et sans précédent des importations d’engrais azotés de l’UE suite à l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF)», s’alarment dans un communiqué du 13 février les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Selon les données recueillies par le Copa-Cogeca, en janvier 2026, l’UE n’a importé que 179.877 tonnes d’engrais azotés, contre 1,2 Mt en janvier 2025. «Les engrais azotés, directement concernés par le mécanisme de compensation des prix des engrais (CBAM), représentent environ 46% de la consommation totale d’engrais de l’UE, dont plus de 30% sont traditionnellement importés », rappelle-t-il. Et d’ajouter que parallèlement, les prix des engrais sur le marché intérieur continuent d’augmenter (+25% en janvier 2026 par rapport à la moyenne de 2024) et «les niveaux de stocks sont tout aussi préoccupants» (seulement 45 à 50% des besoins en engrais des agriculteurs pour la récolte 2026 sont couverts). Le Copa-Cogeca exige donc, une nouvelle fois, «la suspension immédiate du MACF sur les engrais» ainsi que des mesures structurelles pour garantir la disponibilité et l’accessibilité financière des engrais à long terme au sein de l’UE. La Commission européenne est en train de finaliser un plan d’action sur les engrais qu’elle devrait présenter dans les prochains mois.

La rédaction

La Commission européenne a donné le 13 février son feu vert à un régime danois d’aides d’État d’un montant de 1,04 milliard d’euros (7,8 Md DKK) visant à soutenir les propriétaires qui s’engagent à retirer volontairement des terres agricoles ou forestières de la production afin de réduire les émissions agricoles. Le projet prévoit que les surfaces concernées ne seront plus labourées et qu’aucun pesticide ou engrais n’y sera utilisé. Les projets pourront soutenir la création ou la relocalisation de clôtures. Les terres forestières mises en jachère ne pourront pas être réaffectées à la production forestière, même après un changement de propriétaire. Les aides qui couvriront jusqu’à 100 % des coûts admissibles prendront la forme de subventions directes ou d’avantages en nature (conseils techniques, achat services…) pour compenser le coût des investissements non productifs, les pertes de revenus causées par la mise en jachère et les restrictions imposées, ainsi que les coûts juridiques, administratifs et d’enquête liés au remembrement des terres. Ce régime sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2030.

Agra

La mise en place depuis le 13 février de droits antisubventions chinois définitifs sur les importations de certains produits laitiers de l’UE provoque des remous à Bruxelles et à Paris. Malgré des taux revus à la baisse par rapport aux surtaxes provisoires annoncées en décembre, « nous considérons ces mesures comme injustifiées et infondées », a déclaré le 13 février, Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne. Et d’ajouter : « Nous restons fermement convaincus que ces enquêtes n’auraient jamais dû avoir lieu, car selon notre évaluation, les demandes ne comportaient pas suffisamment d’éléments de preuve pour justifier l’ouverture d’une telle procédure ». Bruxelles se garde donc la possibilité d’une action devant l’OMC. Même sentiment côté français où le gouvernement estime que la baisse des surtaxes douanières annoncée par l’empire du Milieu reste « insuffisante ». En outre, Paris considère que « ces droits demeurent pénalisants pour [ses] producteurs et pour la compétitivité de [ses] exportations sur un marché stratégique », soulignant qu’ils « concernent un volume d’échanges évalué à près de 430 millions d’euros ».

Agra

Les exportations de vins et spiritueux français ont reculé l’an dernier de 8% en valeur, plombées notamment par un repli de 21% aux Etats-Unis, sur fond de tensions géopolitiques et économiques, a annoncé le 10 février la fédération du secteur (FEVS). Les ventes à l’étranger des vins, champagnes, cognac et autres alcools ont atteint 14,3 Md€, soit un recul de 8% en valeur mais aussi cette année une baisse en volume (-3%), selon la FEVS. Aux Etats-Unis, leur premier marché à l’international, l’instauration de droits de douane (10% en avril puis 15% en août) et un taux de change euro/dollar défavorable ont « lourdement » affecté le résultat, en recul de 21% à 3 Md€, explique l’organisme. Dans le même temps, les exportations vers la Chine ont marqué le pas, à 767 M€, soit un recul de 20% dans un marché fragilisé. Par catégories de produits, le vin recule à 121 M de caisses (-3%), malgré une bonne tenue des vins effervescents (+3%, soit 20% des volumes exportés). En valeur, le chiffre d’affaires des vins redescend au niveau de 2021, soit 10,5 Md€ (-4%). La valeur des exportations françaises de spiritueux décroît de 17% à 3,7 Md€, avec des volumes en baisse à 44 M de caisses (-5%), du fait des tensions sur ses deux grands marchés, Etats-Unis et Chine.

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D’ici 2100, le réchauffement climatique pourrait provoquer une « sévère contraction », jusqu’à 50 %, des surfaces adaptées au pâturage des ruminants (bovins, ovins, caprins) au niveau mondial, conclut une étude publiée le 9 février dans la revue PNAS (article payant). Selon l’intensité du dérèglement climatique, entre 36 et 50 % des surfaces aujourd’hui propices aux prairies deviendraient incultivables, « affectant plus de 100 millions d’éleveurs pastoraux et jusqu’à 1,6 milliard de ruminants », d’après un communiqué. Au cours de ces travaux, les chercheurs du PIK (Postdam Institute for Climate Impact Research) ont modélisé l’évolution de l’« espace climatique sûr », selon leurs mots : des zones propices à la pousse de l’herbe caractérisées par leur température (-3 à 29°C), leurs précipitations (entre 50 et 2 627 mm/an), leur humidité (de 39 à 67 %) et la vitesse du vent qui y souffle (entre 1 et 6 m/s). L’étude souligne aussi que « l’Afrique sera particulièrement vulnérable », avec une réduction des surfaces prairiales attendue entre 16 et 65 %. Un impact trop fort et trop rapide les moyens d’adaptation habituellement utilisés (changement d’espèce, migrations de cheptel).

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Les surfaces cultivées en agriculture biologique ont stagné en 2024, s’établissant à 98,9 millions d’hectares (soit 2,1% de la surface agricole mondiale), selon le rapport annuel de l’Institut de recherche en agriculture biologique (FiBL) publié le 10 février à l’occasion du salon Biofach de Nuremberg (Allemagne). Même constat dans l’UE avec une surface en très légère augmentation (+0,1 Mha, +0,7%) à 18,1 Mha soit 11,1% de la surface agricole utile. L’Espagne reste le pays de l’UE avec les superficies les plus importantes (2,9 Mha) devant la France (2,7 Mha, en léger recul) et l’Italie (2,5 Mha). L’un des principaux facteurs expliquant ce tassement après des années de croissance est la mise en œuvre du nouveau règlement européen concernant la certification des producteurs dans les pays tiers qui a eu un «impact significatif sur les petits exploitants agricoles et les groupements de producteurs». Autre explication: la crise de marché qui a entraîné une diminution des conversions en 2022 et 2023. Mais le FiBL estime que «l’amélioration des conditions de marché observée en 2024 devrait se traduire par des taux de conversion plus élevés dans les années à venir». En effet, en 2024 le chiffre d’affaires mondial du commerce de détail d’aliments et de boissons biologiques a atteint 145 milliards d’euros (soit une augmentation de 6,9 Md €). Les États-Unis représentaient toujours le premier marché bio (60,4 Md €), devant l’Allemagne (17 Md €) et la Chine (15,5 Md €).

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