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Malgré le manque criant de disponibilités en bovins vifs, «l’Espagne a fortement augmenté ses importations» de broutards français en 2025, note l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bilan annuel paru le 4 février. Quelque 140 000 jeunes bovins ont été expédiés vers le deuxième débouché hexagonal (+24 % par rapport à 2024). L’année dernière, l’Espagne a absorbé 15 % des broutards exportés par l’Hexagone, contre 11 % en 2024. Une progression nourrie par les exportations de viande espagnoles : «Dès le début de l’année, les engraisseurs espagnols ont massivement importé des broutards français pour répondre à la demande en viande des pays du Maghreb», rapporte l’institut technique.
Sur les quatre premiers mois de 2025, les envois vers l’Espagne ont ainsi bondi de 68 % sur un an. Autre fait inédit : «Pour la première fois, les envois de broutards lourds vers l’Espagne ont dépassé ceux de broutards légers», constate l’Idele. Quant à l’Italie, elle est restée, de loin, le premier débouché des broutards français, avec 732 000 têtes. Toutefois, «faute d’offre, les envois vers l’Italie ont nettement reculé en 2025», de 6 %. Toutes destinations confondues, les exportations françaises de broutards ont continué de reculer (-3,2 %, à 915 000 têtes).
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Malgré l’impact des maladies animales, les revenus des exploitations spécialisées en bovins viande ont connu en 2025 «des niveaux historiquement hauts, aussi bien les naisseurs que les naisseurs-engraisseurs», selon les résultats du réseau d’élevages Inosys présentés dans le bilan annuel de l’Institut de l’élevage (Idele). «Les étoiles étaient alignées en 2025», résume l’institut technique : prix moyen des gros bovins en hausse de 23 % sur l’année, «repli salutaire du prix des intrants» et «année climatique plutôt clémente» par rapport aux précédentes.
Dans les élevages spécialisés conventionnels, les résultats courants moyens par actif s’étalent entre 34 600 € (naisseurs engraisseurs de veaux sous la mère) et 57 700 € (naisseurs en zones de plaine). Entre les deux, les naisseurs engraisseurs de jeunes bovins (JB) s’établissent à 51 200 € et les naisseurs de montagne à 44 900 €. Dans les systèmes avec cultures, la première place revient aux naisseurs engraisseurs de JB (69 700 €), suivis par les naisseurs (34 900 €). Enfin, les éleveurs en production biologique profitent eux aussi de cette «conjoncture générale favorable», avec 35 400 € pour les naisseurs et 30 100 € pour les naisseurs engraisseurs.
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Lactalis et l’Unell se sont mis d’accord sur le prix du lait pour les mois de février et de mars 2026, en moyenne nationale à 406,53 €/1000 L en 38/32 (38 g de matière grasse et 32 g de matière protéique) et à 421,53 €/1000 L en 41/33, hors prime RSE. Selon l’industriel et l’organisation de producteurs, qui ont fait cette annonce le 4 février, «ce niveau de prix reflète : l’engagement pris par Lactalis de maintenir la valorisation des prix PGC France 2026 au niveau de 2025, en lien avec le niveau du prix de revient agricole tel que déterminé avec l’Unell ; la dégradation spectaculaire des marchés des ingrédients laitiers, ainsi que du prix du lait en Allemagne, indicateur caractérisant les marchés PGC à l’export».
Par rapport à la formule de prix habituelle, le prix est au-dessus car il prend en compte «un ajustement positif de 3,5 € / 1000 L, appliqué par Lactalis France sur la base des indicateurs de février 2026 et de ceux estimés pour mars 2026». Ce prix est en recul d’environ 50 euros par rapport à l’année passée, comme le soulignent des éleveurs cités par Ouest-France manifestant le 4 février devant le site Lactalis à Domfront-en-Poiraie (Orne) à l’appel de la FDSEA.
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Comme attendu, le solde commercial agricole et agroalimentaire français se dégrade nettement en 2025, de 5 Md€, et son excédent atteint seulement 200 M€, «plus bas historique depuis au moins l’an 2000», selon une note publiée par l’Insee le 6 février. Le solde agricole (produits bruts) est déficitaire, à -300 M€. La dégradation du bilan agricole s’explique notamment par l’augmentation des importations, en particulier de cacao, de café et de graines de colza. Les exportations ont rebondi (+4 % sur un an) après deux années de baisse, mais elles n’ont pas compensé. La dégringolade est nette aussi du côté des produits agroalimentaires, dont l’excédent se réduit à 500 M€, avec des exportations en légère hausse (+1,6 %) tirées par les produits à base de cacao ou de viande ; les importations, elles, ne cessent de croître depuis 2020, et sont en hausse de 8,5 % sur un an.
Lors d’une conférence de presse le 6 février, le CNPA (Ania, FNSEA) a demandé un «sursaut», s’interrogeant sur les normes en vigueur en France, et demandant que «le gouvernement nous accompagne plus fortement sur l’exportation, vers certains marchés émergents». L’élu FNSEA Yannick Fialip a dénoncé une «nouvelle baisse» des moyens alloués dans le budget de l’État 2026.
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Les distributeurs français ne parviennent pas à promouvoir une alimentation plus saine, révèle une évaluation publiée le 5 février, menée par la fondation mondiale «Initiative pour l’accès à la nutrition» (ATNi). L’étude a analysé les stratégies d’E.Leclerc, Carrefour et Intermarché, qui représentent près de la moitié du marché de la grande distribution alimentaire en France.
Premier constat : les promotions privilégient les produits les moins favorables à la santé, avec moins d’un quart de l’espace publicitaire consacré à la promotion d’aliments plus sains. L’étude souligne également la mauvaise qualité nutritionnelle des produits de marque propre. «Sur plus de 8 000 produits de marque propre évalués, seuls 25 % obtiennent un Nutri-Score A ou B», précise l’ATNi.
Autre frein identifié : le prix. Chez Carrefour et E. Leclerc, les paniers alimentaires plus sains sont en moyenne 23,5 % plus chers que les paniers moins sains. Face à ces constats, la fondation appelle les distributeurs et les décideurs politiques, notamment, à fixer des objectifs clairs pour promouvoir et augmenter les ventes de produits plus sains, à accélérer la reformulation des produits de marque propre, à renforcer l’encadrement du marketing ciblant les enfants et à rendre les aliments sains plus abordables.
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La consommation alimentaire à domicile est repartie à la hausse en France en 2025, à +2,6% sur un an en valeur, selon les données du panel consommateurs Worldpanel by Numerator qui suit les achats de produits de grande consommation (PGC) et de produits frais traditionnels (PFT). Avec 137,5 milliards d’euros dépensés, il s’agit du niveau le plus élevé des dernières années, à +22% par rapport à 2022. Les PGC, qui représentent 71% des achats alimentaires, sont en hausse en volume à +1,2% en 2025 vs 2024, tandis que les PFT progressent de 2,4%. Cette reprise est d’autant plus notable qu’elle fait suite à plusieurs années de baisse de la consommation. Les PGC et les PFT étaient en recul chaque année depuis 2021. Même changement pour les marques nationales dont les ventes redeviennent positives (+0,8%) en 2025 vs 2024, et pour la première fois depuis 2022. Les marques de distributeurs continuent leur progression soutenue à +1,4% par rapport à l’année précédent. Autre évolution notable : la stabilisation des ventes de PGC et de produits frais en libre-service (FLS) bio en GMS, une première après 4 années de recul, selon les données du panel distributeurs Circana. Les MDD bio se renforcent encore par rapport aux marques nationales en 2025, représentant 35,9 % des ventes de produits bio en GMS, soit + 2,5 % vs 2019.
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A l’occasion d’un point presse le 5 février, François-Xavier Huard, le PDG de la Fnil (industriels), s’est montré particulièrement offensif pour dénoncer le comportement des centrales d’achat européennes. Selon lui, une centrale d’achat comme Everest (Intermarché, Auchan, Casino, Edeka, Picnic…) déréférence 100% des produits de grande consommation de Lactalis en Allemagne et 30% en France depuis deux semaines, dans le cadre des négociations commerciales annuelles. Or cela est « illégal », a-t-il souligné. Autre grief : l’obligation faite aux industriels par les distributeurs d’acquérir des données auprès des centrales de services, alors que ces données sont « inutilisables », avant même de pouvoir accéder aux centrales d’achat. Or les tarifs des centrales des services relèvent du « racket ». La Fnil dénonce aussi une concentration renforcée des centrales d’achat européennes. Face à ce constat, la Fnil demande d’exclure des alliances internationales les produits à forte composante agricole comme les produits laitiers et d’imposer la négociation à l’échelle française pour les produits fabriqués, vendus et consommés en France. La Fnil veut aussi alourdir les sanctions infligées aux distributeurs pour dissuader les pratiques déloyales.
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L’Anses a diffusé le 5 février de nouvelles mesures à prendre pour réduire le nombre de cas de toxi-infections liées à la consommation de fromages au lait cru. Cet avis, dont une première partie a été publiée en 2022, fait suite à une saisine de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) datant de 2019. L’Anses préconise de rendre les troupeaux bovins indemnes de bactéries identifiées comme particulièrement à risque pour l’être humain comme les Salmonella Dublin et des Escherichia coli producteurs de shigatoxines, plus précisément celles du sérogroupe O26 appartenant au groupe I (STEC O26 groupe I). En fonction des pathogènes, les auteurs recommandent de tester (sérologie) le lait ou les animaux, ou d’introduire dans les troupeaux uniquement des nouveaux animaux issus de troupeaux indemnes, ou de renforcer l’hygiène. Des propositions visent aussi la fabrication : l’acidification rapide du lait ralentit la multiplication des bactéries, toute comme l’utilisation de ferments lactiques adaptés. « Les auto-contrôles réalisés par les professionnels constituent un outil efficace », notent les auteurs. Enfin, l’Anses rappelle que « les populations les plus à risques devraient éviter de manger des fromages au lait cru, à l’exception des fromages à pâte pressée cuite » et qu’il faut conserver les fromages à une température ne dépassant pas 4°C. La filière du lait cru rassemblée au sein du Cnaol demande la mise en place depuis plusieurs mois d’un plan de sauvegarde du lait cru.
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L’Espagne a donné son accord pour recevoir des bovins vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) issus de la zone vaccinale du Sud-Ouest (ZV 1), jusque-là exclue, a annoncé Annie Genevard sur X le 5 février. Les exportations d’animaux (en premier lieu des petits veaux et des broutards) pourront « reprendre dès le mois de mars sous certaines conditions », non précisées, indique la ministre de l’Agriculture. La ZV 1 regroupe les départements concernés par la campagne de vaccination préventive élargie qui ne présentent pas de foyer de DNC : Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Tarn et Hérault. Le 27 janvier, la Rue de Varenne avait annoncé avoir obtenu l’accord de l’Espagne pour les importations des seuls bovins issus de la ZV 2. Cette zone vaccinale comprend les départements ayant connu des foyers ou inclus dans des zones réglementées : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et 500 communes dans le Sud-Ouest. Les sorties de bovins sont encore interdites dans la dernière zone réglementée, qui englobe les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Ariège, ainsi qu’une partie de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées. Par ailleurs, la campagne de vaccination dans les dix départements du Sud-Ouest est quasiment achevée (à 96,5 %, selon le bilan du ministère au 29 janvier).
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Au 9 décembre, la crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a coûté 42 millions d’euros (M€) à l’État, selon un rapport d’information adopté par les sénateurs de la commission des Affaires économiques le 4 février. Une somme qui ne comprend ni la vaccination élargie dans le Sud-Ouest (750 000 bovins) ni le fonds d’urgence de 22 M€ pour les aides économiques. Devant ce coût «écrasant», les élus proposent de «solliciter l’activation de la réserve de crise européenne pour tenter d’obtenir un cofinancement», selon le rapporteur Christian Redon-Sarrazy (socialiste, Haute-Vienne).
Dans le détail, les deux principaux postes sont les frais vétérinaires (21,3 M€) et les indemnisations sanitaires aux élevages dépeuplés (15 M€). La vaccination représentait à l’époque 3,1 M€, les analyses 100 000 € et les frais liés la biosécurité 800 000 € ; 1,7 M€ de dépenses diverses sont regroupées dans un catégorie «autres». «Les acteurs du monde agricole [sont] globalement satisfaits» des indemnisations, notent les sénateurs, à l’exception des aides aux élevages laitiers touchés par un abattage sanitaire. Outre la valeur des animaux abattus, ces indemnisations prennent en compte un «déficit de momentané de production» sur une période de trois mois. Des pertes «sous-estimées», selon M. Redon-Sarrazy, qui propose de passer à six mois.
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