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Par Agra

Relations commerciales : les GMS dénoncent le «réquisitoire sans nuance» du rapport Guhl

La déléguée générale de la FCD (distributeurs) Judith Jiguet a pris la parole le 3 juin pour dire tout le mal qu’elle pensait du rapport sénatorial d’Antoinette Guhl sur les marges des distributeurs et des industriels. Elle s’est dit «profondément choquée», «abasourdie» et «en colère» au sujet d’un rapport qualifié de «réquisitoire sans nuance» qui finit «par discréditer celui qui l’écrit». Et qui «donne le sentiment d’avoir choisi son coupable » avant de le rédiger. 

Pour soutenir son argumentation, la FCD a publié une «note de décryptage» pointant 12 affirmations du rapport qu’elle juge fausses. Parmi elles, la FCD dément que, sur 100 euros de valeur alimentaire, 40 euros reviennent à la grande distribution, avançant plutôt le chiffre de 8,90 euros. La FCD explique que le rapport se base sur une «réinterprétation et une agrégation de données erronées» issues des travaux sur l’euro alimentaire de l’économiste Philippe Boyer (données 2018) publiés par l’OFPM. Cette étude donne le chiffre de 40% qui agrège restauration, grossistes, services et commerce alimentaire. Le document de la FCD bat en brèche les affirmations clés du rapport sur d’autres thèmes comme la dépendance économique, la concentration des enseignes, les centrales d’achat, y compris européennes ou les péréquations entre les rayons.

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GNR/engrais : la FNSEA demande la réouverture des négociations commerciales

La FNSEA a demandé la «réouverture immédiate des négociations commerciales» entre industriels et distributeurs, pour prendre en compte la «flambée des coûts» du gaz, du carburant et des engrais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. «Les agriculteurs font face à une succession de crises sanitaires, réglementaires, économiques et climatiques qui fragilisent profondément les exploitations agricoles», rappelle la fédération dans un communiqué. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ 20 % des hydrocarbures et 30 % des engrais mondiaux, a conduit à une hausse brutale des coûts de production dans les fermes. La FNSEA «appelle donc à une réouverture rapide des négociations commerciales afin que la hausse des coûts de production agricole se traduise concrètement par une revalorisation du prix payé aux producteurs».

La grande distribution est hostile à une réouverture de ces négociations, tandis que les industriels de l’agroalimentaire plaident pour une répercussion rapide de leurs hausses de coûts dans un contexte inédit. De son côté, le gouvernement temporise, appelant au dialogue entre acteurs pour répercuter les hausses «au cas par cas».

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UE/Etats-Unis : accord des colégislateurs européens sur les textes de l’accord commercial

Sous pression après les menaces par Donald Trump d’imposer de nouvelles surtaxes, les colégislateurs européens sont finalement parvenus, le 19 mai à l’issue de leur troisième trilogue, à un compromis sur les textes mettant en musique l’accord transatlantique conclu en juillet à Turnberry (Ecosse). Dans le détail, en échange du maintien à 15% du taux de droits de douane américains sur ses exportations, l’UE va faciliter l’accès au marché européen de certains produits industriels et agricoles des Etats-Unis. Toutefois, le Parlement européen a réussi, moyennant plusieurs concessions, à intégrer un ensemble de clauses de protection additionnelles qui ont longtemps été le point d’achoppement des discussions. Un mécanisme de suspension renforcé est inclus si Washington ne respecte pas les engagements pris dans la déclaration commune ou s’ils perturbent les relations commerciales avec l’UE. Il peut également être déclenché s’il existe des indices suffisants laissant présager de telles actions à l’avenir.

Le texte comprend également une clause de déchéance (ou «Sunset Clause») limitée dans le temps, jusqu’au 31 décembre 2029 (contre le 31 mars 2028 dans la position initiale de Strasbourg). La clause de conditionnalité (ou «Sunrise Clause») a, elle, été abandonnée. Enfin, un mécanisme de sauvegarde est prévu dans le cas où les préférences tarifaires accordées aux États-Unis entraînent une hausse des importations susceptible de porter gravement atteinte à l’industrie de l’UE, notamment au secteur agricole. Les textes doivent à présent être formellement validés par les colégislateurs avant d’être publiés au Journal officiel de l’UE et d’entrer en vigueur.


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Relations commerciales : la FCD prudente sur les demandes de renégociations

Après la réunion tenue le 11 mai par les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Serge Papin (Commerce), ouvrant la possibilité de renégociations au cas par cas entre industriels et distributeurs, ces derniers se montrent plutôt prudents par rapport à cette perspective. «Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans les conditions qui nécessiteraient une réouverture généralisée des négociations. Quelques demandes ciblées émanent de secteurs très variés, les boissons, du DPH (droguerie, parfumerie, hygiène, NDLR)… mais des demandes éparses, ponctuelles. Et toute remontée est examinée avec discernement dès lors qu’elle est argumentée et chiffrée», précise Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD (distributeurs).

Pour défendre sa position, la FCD rappelle que ces demandes «viennent majoritairement de multinationales qui affichent dans le même temps des bénéfices importants» et qu’«augmenter les tarifs ne garantira pas le maintien des volumes : il (le consommateur, NDLR) fera des arbitrages». Elle récuse par ailleurs le maintien de la date butoir pour les négociations annuelles, une «anomalie» qui «finit in fine par coûter cher, aux distributeurs et aux consommateurs». Les industriels, de leur côté, demandent à renégocier leurs tarifs avec les distributeurs pour prendre en compte les hausses de coûts de production, conséquences de la crise au Moyen-Orient.

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Viande/antibiotiques : le Brésil doit se mettre en conformité s’il veut continuer à exporter vers l’UE

Les Etats membres de l’UE ont adopté à l’unanimité, le 12 mai, une mise à jour de la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux dans l’UE en lien avec l’utilisation d’antibiotiques qui exclut la viande brésilienne. Malgré l’entrée en vigueur de manière provisoire, le 1er mai, de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, le Brésil ne pourrait plus exporter de viande bovine, équine, de volaille, d’œufs, de produits d’aquaculture, de miel et de boyaux vers l’UE à partir du 3 septembre.

«Nous avons étroitement collaboré avec les autorités brésiliennes sur cette question et poursuivrons nos échanges afin d’obtenir leur mise en conformité avec ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, l’UE pourra autoriser les exportations», précise la Commission européenne contactée par Agra. Pour figurer de nouveau dans cette liste, le Brésil va devoir «garantir le respect des exigences de l’UE concernant l’utilisation d’antimicrobiens pendant toute la durée de vie des animaux dont proviennent les produits exportés». Conformément à une réglementation européenne adoptée en février 2024, l’utilisation d’antimicrobiens en tant que facteur de croissance ou pour augmenter le rendement du bétail est interdite, de même que l’utilisation d’antimicrobiens réservés aux infections humaines pour traiter les animaux.

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Viande bovine : les droits de douane chinois devraient peser sur l’export brésilien

Après avoir tablé dans un premier temps sur une stabilité, les exportateurs brésiliens de l’ABIEC ont indiqué, le 5 mai, s’attendre à un recul de 10 % de leurs expéditions totales de viande bovine en 2026, en raison des récents droits de douane chinois. Afin de protéger sa protection domestique, Pékin impose depuis le 1er janvier un droit de douane supplémentaire de 55 % sur les importations de viande bovine dépassant les quotas alloués à ses fournisseurs. Selon le président de l’ABIEC Roberto Perosa, cité par Reuters, le quota brésilien pour l’année (1,1 Mt) est déjà consommé, les exportateurs ayant précipité leurs envois pour ne pas être pénalisés. M. Perosa prévoit un arrêt des exportations vers la Chine «autour du mois de juin», et compte sur un développement de la consommation domestique pour absorber la viande disponible.

Avec 1,7 Mt en 2025, l’empire du Milieu est le premier débouché de la viande bovine brésilienne (plus de la moitié des exportations). «Il n’y a aucun marché qui peut remplacer la Chine», souligne Roberto Perosa, qui espère toutefois l’ouverture prochaine du marché japonais. L’article de Reuters ne cite pas l’Europe, malgré l’entrée en vigueur provisoire, le 1er mai, de l’accord commercial UE-Mercosur, qui prévoit un quota de 99 000 téc de viande bovine.

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Relations commerciales/loi d’urgence : le prix plancher adopté par les députés de la Coméco

Après seulement quelques heures de débat, qui a débuté par le dossier des relations commerciales, de nombreux amendements au projet de loi d’urgence agricole ont été adoptés en commission des Affaires économique de l’Assemblée nationale le 4 mai. A l’occasion de l’examen de l’article 19 qui vise à protéger le revenu des agriculteurs, les députés ont adopté le principe du prix plancher, avec un amendement porté par les députés Létard (UDI), Mathiasin (Modem) et Taupiac (PS) empêchant tout fixation de prix entre producteur et premier acheteur qui serait inférieur au coût de production. L’amendement, assorti d’un avis défavorable du rapporteur, a été travaillé avec Agri Paris Seine, Max Havelaar et le collectif Nourrir.

Pour fixer les prix, outre les coûts de production habituellement pris en compte, un amendement ajoute d’autres critères comme le niveau des stocks, les prix constatés, les quantités disponibles ou les caractéristiques des produits qui influencent la formation des prix, comme dans la viticulture. Il a aussi été décidé d’inclure les coûts de la main-d’œuvre salariée et non salariée dans les indicateurs relatifs aux coûts de production. Autre changement : l’obligation d’utiliser des indicateurs de référence et l’interdiction de recourir à des indicateurs alternatifs, comme le demandaient la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) et la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA).

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UE-Australie : face au risque d’effets cumulés pour l’agriculture, Bruxelles se veut rassurante

À l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international du 16 avril, les eurodéputés ont eu un échange de vues avec la Commission européenne au sujet de l’accord commercial avec l’Australie, récemment conclu. Une opportunité pour Bruxelles de prendre le pouls de l’hémicycle au sujet de l’accord annoncé le 24 mars. Si, d’une manière générale, les intervenants ont souligné l’importance géostratégique d’un tel traité en matière de diversification commerciale dans le contexte mondial actuel, certains ont exprimé des préoccupations quant à l’effet cumulatif des concessions accordées pour le secteur agricole.

Face à ses inquiétudes, la Commission européenne se veut rassurante. «L’accord protège les secteurs agricoles les plus sensibles et ne permettra qu’un accès limité au marché européen par la baisse calibrée des droits de douane, progressive dans le temps et qui peut être soumise à des conditions de durabilité», avance Christophe Kiener, le négociateur en chef de l’accord pour Bruxelles. «Tous les chiffres ont été calibrés à la virgule près», assure, quant à lui, son collègue de la DG Agriculture.

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Relations commerciales : Genevard renvoie Egalim 4 à l’élection présidentielle

A l’occasion d’une audition au Sénat le 15 avril, la ministre de l’agriculture Annie Genevard a renvoyé la question d’un projet de loi sur les relations commerciales (Egalim 4) à l’élection présidentielle. «Rebâtir un cadre commercial respectueux du travail du monde agricole, tout en pacifiant les relations nécessite des orientations fondamentales que seule un débat démocratique comme l’élection présidentielle pourra trancher».

En janvier, la ministre de l’agriculture avait prévu d’aborder la question en deux temps : une proposition de loi sur le seuil de revente à perte (SRP + 10) au printemps, puis un projet de loi Egalim 4, sans préciser de calendrier. Finalement, une loi d’urgence agricole a été promise par le Premier ministre, qui a été assortie d’un volet dédiée à la défense du revenu des agriculteurs, incluant une proposition de «tunnel de prix» pour les filières qui sont intéressées, et des dispositifs de consolidation des organisations de producteurs (OP). La déclaration de la ministre sous-entend que les débats parlementaires n’ouvriront pas le texte à une réforme plus profonde des relations commerciales. Quant à la proposition de loi sur le SRP, déposée par le député Stéphane Travert (Renaissance), elle n’a toujours pas été inscrite au calendrier d’examen parlementaire.

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UE/Mexique : large soutien des eurodéputés en faveur de la conclusion de l’accord commercial

A l’occasion d’une réunion conjointe le 15 avril avec la commission des Affaires étrangères, les eurodéputés de la commission du Commerce international ont exprimé un large soutien en faveur de la modernisation de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mexique. Moins controversé et sensible que le traité commercial avec les pays du Mercosur, les parlementaires européens mettent en avant son importance stratégique en matière de diversification commerciale dans un contexte géopolitique mondial complexe. Au niveau agricole, «le Mexique est un pays importateur net de produits agroalimentaires et nos exportateurs verront donc augmenter le volume des expéditions», précise la Commission européenne.

De son côté, la française Céline Imart (PPE, droite) s’interroge sur les effets cumulés des concessions agricoles accordées dans le cadre des accords de libre-échange. La Commission européenne prévoit de signer le texte de l’accord modernisé le 22 mai à l’occasion d’un sommet UE/Mexique. La plénière du Parlement européen pourrait alors être amenée à se prononcer sur la validation du traité au mois de juillet.

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