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Il y a dix ans naissait le projet Tetrae-ac2tion, financé par l’Inrae et la région Nouvelle-Aquitaine. L’enjeu : étudier l’impact de l’agroforesterie (ici des noyers et des merisiers) sur la culture de céréales (blé tendre, orge de printemps et triticale) implantées en alternance, en bio, en conventionnel ou en semis direct. Les premiers résultats ont été publiés, relayés via un article de Perspectives agricoles. Premier constat : « Les arbres permettent un enrichissement significatif en matières organiques du sol (entre 1,5 et 3,5 g C/kg de sol) », via leur feuillage, mais aussi au travers de leurs racines fines, en constant renouvellement. La teneur en azote total augmente également, de 0,3 g N/kg de sol là où les arbres sont les plus âgés. Autre atout de cette pratique : « Les arbres entretiennent et stabilisent l’activité microbienne des sols ». L’étude s’est également penchée sur les rendements et, contrairement aux idées reçues, n’a montré aucune perte de rendement des céréales à paille, quelle que soit la distance aux arbres : les tonnages obtenus sont dans la moyenne de ceux du département. L’idée est désormais de préciser les interactions entre les arbres et les pratiques culturales pour mesurer l’impact sur la nutrition des céréales pour, à terme, éventuellement réduire les besoins en fertilisation. (Anne Gilet)

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La maladie hémorragique épizootique (MHE) a fait l’objet d’un « très faible nombre de détections » en Europe en 2025 (neuf cas dans quatre pays), selon un rapport de la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) paru le 28 juillet. Dans le détail, on a dénombré l’année dernière un cas en Belgique, un en Espagne, deux au Portugal et cinq en France. Véhiculée par les moucherons Culicoides, cette maladie touchant les bovins est apparue en Europe du sud en 2022, avant de remonter en France en septembre 2023. C’est dans l’Hexagone qu’elle a connu sa plus forte diffusion, avec 3 695 foyers en élevage en 2023 (essentiellement dans le Sud-Ouest), puis 4 195 en 2024 (dans la partie ouest du pays). En 2026, aucun foyer n’a été détecté, selon le ministère de l’Agriculture. Malgré cette « diminution exceptionnelle », la plateforme ESA appelle au « maintien d’une surveillance épidémiologique et entomologique », en raison de « la présence de Culicoides » et du « risque de réémergence lors des prochaines saisons d’activité vectorielle ». Comparée à d’autres maladies, la mortalité provoquée par la MHE reste faible, et une campagne de vaccination a été lancée en 2024 en France. Elle peut toutefois provoquer des entraves aux exportations en raison de son classement dans la catégorie D au titre du droit européen

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Les cours des veaux de boucherie sont en chute continue depuis avril, pénalisés par les fortes chaleurs qui pèsent sur la demande. Une baisse saisonnière classique qui n’avait pas été observée ces dernières années, comme le rappellent nos confrères des Marchés (groupe Réussir). Selon les derniers chiffres disponibles de FranceAgriMer, au 20 juillet, le cours entrée abattoir du veau de boucherie « rosé clair O » s’établissait à 7,50 €/kg carcasse. Soit une chute de « 15 % depuis son record atteint début mars », d’après le média spécialisé. Et de rappeler que cette baisse saisonnière « n’avait pas eu lieu » l’année dernière et qu’elle « avait été limitée par la baisse de l’offre en 2022, 2023 et 2024 ». Évoquant une baisse « brutale », le président de la section veau d’Interbev, Frédéric Quillard, souligne auprès des Marchés qu’il s’agit du « retour à un schéma normal, où les abattoirs doivent gérer un net déséquilibre carcasse ». Pas d’inquiétude à ce stade toutefois, pour celui qui est aussi directeur général de Sobeval (groupe Van Drie) : « La filière a la capacité de réduire ou d’allonger l’engraissement des veaux, pour s’adapter à la demande. Les volumes seront donc bien présents à la rentrée, quand la demande va se réveiller. »

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Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 31 juillet, FranceAgriMer a une nouvelle fois revu à la baisse le taux de cultures de maïs se développant dans des conditions « bonnes » à « très bonnes ». Entre le 21 et le 27 juillet, il chute de 38 % à 34 %. L’an dernier à la même époque, il s’élevait à 69 %. Le stade floraison femelle, très sensible au déficit hydrique, passe de 87 % à 95 %, contre 93 % en 2025 à la même période, et 79 % sur la moyenne 2021-2025. « La date médiane de ce stade présente deux jours d’avance par rapport à 2025 et sept jours d’avance par rapport à la moyenne [sur] cinq ans », précise le bulletin. Le stade « humidité du grain 50 % » débute à 1 %, contre 2 % l’an dernier à la même période et 1 % sur la moyenne quinquennale. La profession s’attend à une récolte hexagonale catastrophique cette année. Il y a quelques jours, l’AGPM (maïsiculteurs, FNSEA) tablait sur 9,5 Mt au mieux, chiffre qui risque de plus en plus de ne pas être atteint. Par ailleurs, les tournesols sont également en difficulté, et les entrepreneurs de travaux agricoles de la FNEDT ont alerté sur les conditions de culture de betteraves.

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Pour soutenir les agriculteurs pénalisés par la sécheresse et les canicules « à répétition », les assureurs peuvent leur verser des acomptes allant jusqu’à « 80 % du montant prévisionnel d’ISN » (indemnité de solidarité nationale), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 31 juillet. Cette mesure est rendue possible par un arrêté interministériel paru au Journal officiel le même jour qui modifie le cahier des charges de l’assurance récolte. « Cet arrêté modificatif vise à faciliter et accélérer le versement aux agriculteurs assurés d’acomptes, à la fois pour la part « assureurs » et pour l’indemnité de solidarité nationale », précise la Rue de Varenne. Ainsi, les assureurs pourront « apporter un soutien financier aux agriculteurs les plus affectés par les canicules et la sécheresse sans avoir à attendre l’achèvement des récoltes pour les cultures concernées ». Pour rappel, une réunion s’était tenue le 1er juillet entre les assureurs et les cabinets des ministres de l’Économie et de l’Agriculture. À cette occasion, la fédération France Assureurs indiquait que près d’un tiers des agriculteurs couverts par une assurance « multirisque climatique sur récoltes » avaient déclaré un sinistre lié aux récents épisodes de canicule. Un bilan provisoire qui ne pourra être consolidé qu’à l’issue de la campagne.

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Face à l’envolée des prix des engrais provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la Commission européenne a adopté, le 31 juillet, une série d’ajustements portant sur la Pac. Déjà approuvées par le Conseil de l’UE le 17 juin, puis par le Parlement européen le 7 juillet, ces mesures vont pouvoir devenir opérationnelles. D’après un communiqué du 31 juillet, ces trois « adaptations ciblées » de la Pac « permettront aux États membres d’apporter aux agriculteurs un soutien plus rapide et plus souple afin de faciliter leur accès aux engrais », explique l’exécutif européen. Première mesure : la création d’un nouveau dispositif de liquidités « destiné à améliorer la trésorerie des exploitations agricoles ». Il sera cofinancé à 65 % par le Feader (deuxième pilier de la Pac), à partir de « fonds inutilisés qui risqueraient autrement d’être perdus ». Les États membres pourront « compléter ce financement par une contribution nationale pouvant atteindre 200 % ». La seconde mesure consiste à permettre aux États membres de « verser aux agriculteurs des avances sur les paiements directs avant le 16 octobre, selon un taux d’avance relevé ». Enfin, les États membres « disposeront d’une plus grande souplesse » pour adapter les montants des paiements directs « pour l’année civile 2027 ». Ce train de mesures vient compléter l’aide d’urgence de 540 M€ de la réserve agricole, « annoncé[e] dans le plan d’action sur les engrais et adopté[e] le 27 juillet ».

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Dans un communiqué paru le 28 juillet, la FNSEA et la Coopération agricole «dénoncent les orientations envisagées pour les prochains appels d’offres photovoltaïques de la Commission de régulation de l’énergie (CRE)». Selon les deux organisations agricoles, la commission prévoit «d’abaisser les niveaux de soutien» et de «mettre l’agrivoltaïsme en concurrence sur le seul critère du prix», ce qui menacerait «directement des centaines de projets agricoles partout en France.» Elles appellent le gouvernement «à suspendre les évolutions annoncées et ouvrir une concertation urgente avec les représentants du monde agricole», pour «garantir dès maintenant, une place spécifique et identifiable à l’agrivoltaïsme dans les futurs appels d’offres» ; «préserver les conditions de développement des projets déjà engagés» ; «retrouver une simplicité de réalisation pour le photovoltaïque sur bâtiments agricoles » ; et «donner rapidement de la visibilité sur les volumes et calendriers des futurs appels d’offres.»

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En mai 2026, les achats de steak haché frais par les ménages français ont reculé de 17 % par rapport à mai 2025, alerte Patrick Rietmeyer, spécialiste des achats chez Carrefour, dans un message sur LinkedIn. Le recul de consommation s’accélère pour ce segment habituellement dynamique : les achats des ménages avaient cédé 8 % en avril (pour un chiffre d’affaires en hausse de 6 %), selon les derniers chiffres disponibles sur le site d’Interbev. L’acheteur de Carrefour évoque une « chute historique des volumes », et ce « malgré le fait que les distributeurs ont réduit leur taux de marge sur ce type de produit ». Il attribue cette baisse à la flambée de la viande bovine, qui a connu selon lui « une inflation de 16,5 % sur un an ». Plus largement, la consommation globale de viande bovine, calculée par bilan (ne comprenant pas les stocks des industriels), a reculé de 5,7 % en mai 2026 par rapport à mai 2025. En cumul depuis le début de l’année, la consommation reste stable sur un an (-0,6 %). Ce chiffre officiel est mis en avant par les éleveurs de la FNB (FNSEA), actuellement en mobilisation contre Bigard, pour contester les baisses de prix pratiquées par les abatteurs, « injustifiées » à leurs yeux.

Actuagri

La Commission européenne a ouvert, le 27 juillet et jusqu’au 24 août, une consultation publique sur un projet de règlement d’exécution établissant, pour la première fois, une liste de produits biologiques et en conversion importés considérés comme « à haut risque ». Il prévoit d’imposer des contrôles renforcés sur un certain nombre de produits originaire de cinq pays : Chine, Pérou, Equateur, Togo et Turquie. Entre 5 à 20 % des lots seront contrôlés au départ et à l’arrivée pour protéger l’intégrité du label bio européen. La Chine est la plus concernée, avec trois produits dans la ligne de mire: le gingembre, le thé et le soja. Sont également concernées les avocats, le cacao et les bananes du Pérou, les bananes d’Equateur, le soja du Togo et les raisins secs de Turquie. Une fois adoptée (théoriquement au troisième trimestre 2026), cette liste sera réexaminée au moins une fois par an sur la base des non-conformités constatées, des alertes enregistrées dans le système d’information sur l’agriculture biologique (OFIS) et des contrôles réalisés par les États membres.

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D’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), investir 28,4 milliards de dollars (Md$) au niveau mondial permettrait de diviser par deux l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance. Cet investissement correspond à la somme « requise pour absorber le coût économique de la transition », autrement dit compenser les pertes des éleveurs en matière de productivité et d’efficacité alimentaire. En se basant sur cinq études publiées par ses experts, la FAO a comparé l’impact économique de la réduction des antimicrobiens et celui de l’antibiorésistance, ainsi que leur évolution d’ici 2040. Les deux s’avèrent sans commune mesure : les pertes globales causées par la réduction des facteurs de croissance atteindraient 53 Md$ en 2040, contre 318 Md$ pour l’antibiorésistance. Les deux courbes se croisent en 2028, après quoi l’antibiorésistance devient « le facteur dominant des pertes de production à long terme ». Selon l’organisation onusienne, « supprimer progressivement les antibiotiques facteurs de croissance provoque des coûts d’ajustement immédiats et visibles, mais ces effets diminuent au fur et à mesure que les producteurs s’adaptent ». L’antibiorésistance, elle, « suit le chemin inverse ».

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