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Dans un communiqué du 20 juillet, le cabinet d’analyse Argus Media a annoncé tabler sur une récolte 2026 française de blé tendre à 30,8 Mt, soit un niveau qui « déçoit à nouveau », déclare l’analyste-senior Alexandre Willekens. L’estimation provient d’une enquête terrain réalisée entre le 13 et le 17 juillet. Si ce volume se confirmait, il s’agirait d’un recul de la production nationale de 2,55 Mt par rapport à l’an dernier. Notre enquête de juin auprès de plusieurs professionnels de la filière révélait des prévisions autour de 32-33 Mt, mais avec une fourchette plus large, les plus pessimistes étant davantage proches des 31 Mt. La récolte 2025 avait été dans la moyenne (bons rendements mais surfaces faibles), alors que celle de 2024 s’était avérée catastrophique, rappelle Argus Media. « Rare point positif de la campagne (2026, NDLR), les conditions climatiques clémentes de l’automne dernier ont permis une augmentation de la surface de blé tendre en France », explique le cabinet d’analyse. Elle atteignait 4,616 Mha selon Agreste, en hausse de 124 000 ha par rapport à l’an dernier, ce qui a permis de limiter la portée des rendements finalement plutôt faibles. Mais là aussi, ce niveau reste plutôt faible, puisque la moyenne quinquennale s’élevait à 4,796 Mha. Les rendements sont donc attendus à seulement 6,67 t/ha, « soit une baisse de 6,5 % par rapport à la moyenne olympique 10 ans ».

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Dans un communiqué commun du 20 juillet, les associations spécialisées de la FNSEA de l’élevage ruminant, à savoir la Fnec (chèvre), la FNO (ovin), la FNB (bovin) et la FNPL (lait) déplorent que les éleveurs soient majoritairement exclus de l’aide aux engrais annoncée par le ministère de l’Agriculture début juillet. « L’aide est en effet plafonnée selon une référence correspondant à seulement la moitié de la consommation d’engrais de 2025. Dans les faits, ce dispositif écarte mécaniquement de l’aide la majorité des éleveurs de bovins, ovins, caprins », explique le communiqué commun. Pour rappel, d’autres organisations, notamment l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), avaient fait part de leur insatisfaction quant aux modalités d’attribution de l’aide, excluant nombre de potentiels bénéficiaires. Les éleveurs de ruminants indiquent que leur situation est actuellement « extrêmement préoccupante ». Les prix payés aux producteurs ont baissé de manière « injustifiée », alors que les coûts de production sont en hausse, « dans le sillage de la crise du Moyen-Orient ». Sans oublier que la sécheresse les touche également, affectant le potentiel de récoltes « des surfaces herbagères et fourragères ». Les éleveurs aimeraient ainsi un signal de soutien des autorités, et réclament la révision « des dispositions d’éligibilité de cette mesure, pour restaurer l’équité ».

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Après une séance houleuse, plusieurs fois interrompue, l’Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du 20 au 21 juillet, le projet de loi d’urgence tel que proposé par la commission mixte paritaire (CMP), assorti d’une modification par amendement concernant la gestion de l’eau. Le texte a été adopté à 296 pour, 224 contre, 41 abstentions, grâce à l’extrême-droite, la droite et une partie du bloc central. Divisés, les principaux groupes du bloc central (Modem, LREM, Horizons) ont annoncé en séance que leurs députés voteraient «majoritairement» pour. Le gouvernement n’a pas déposé ni accepté d’amendement visant en retirer la réautorisation de l’acétamipride et du flupyradifurone, alors que plusieurs députés, y compris du bloc central, avaient déposé des demandes en ce sens. L’exécutif a toutefois proposé un amendement, rejeté en séance, visant à faire passer de deux à six mois, le délai d’examen préalable de l’Anses. Un autre amendement gouvernemental a été adopté, qui vise à retirer une disposition sur la gestion de l’eau jugée inconstitutionnelle. Le texte, et les amendements votés à la chambre basse, doivent encore être adoptés dans la même chorégraphie au Sénat ce 21 juillet pour être validés définitivement. Près de l’Assemblée, aux Invalides, des centaines de personnes se sont rassemblées à l’initiative d’une vingtaine d’organisations (Confédération paysanne, Générations Futures, Cancer Colère, Greenpeace France ou encore Pollinis) dénonçant les conséquences du texte sur l’eau, la santé et l’avenir de l’agriculture.

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Dans une analyse cartographique inédite publiée le 17 juillet, nos confrères du Monde et de Lighthouse Reports montrent que le groupe Bigard est en situation ultra-dominante pour l’abattage des bovins dans deux régions, une partie de l’Occitanie et une zone recouvrant notamment les Ardennes et la Meuse. La cartographie est basée sur le nombre d’abattoirs disponibles à quatre heures de route de toutes les intercommunalités françaises. Pour les auteurs, l’évaluation du niveau de concurrence effectué par les autorités lors des rachats d’abattoirs par Bigard ces dernières années a omis certaines conséquences régionales. À l’échelle nationale, Bigard possède, selon les deux médias, « plus de 50% des parts de marché dans 343 intercommunalités, soit 66 000 exploitations ». Selon un calcul basé sur l’indice de Herfindahl-Hirschman (concurrence), une ferme française sur cinq peut livrer à un nombre d’abattoirs correspondant à une concurrence inférieure aux « seuils généralement acceptés par la loi ». Ils rappellent que le groupe Bigard ne possédait que trois abattoirs en 1998, et 23 en 2025. Sa prédominance sur le marché français correspond à la fois à ses opérations de rachat (Charal en 2008, Socopa en 2009), et à la disparition de nombreux abattoirs, notamment publics.

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La Fédération nationale des producteurs de fruits ((FNPF, FNSEA) reproche à l’enseigne Lidl, dans un communiqué du 15 juillet, de tourner le dos à la production française en commercialisant des abricots importés de Turquie, et ce en pleine saison nationale. Elle affirme que les abricots vendus par l’enseigne sont de « très mauvaise qualité », majoritairement « immatures, et sans intérêt gustatif ». Elle soutient par ailleurs que plusieurs fruits présentent un calibre inférieur au diamètre minimal autorisé. Selon la FNPF, ces abricots sont vendus à près de six euros le kilos, soit un prix deux fois supérieur à celui pratiqué par plusieurs enseignes concurrentes. « Le bilan carbone de cette offre est déplorable, loin des engagements environnementaux dont l’enseigne se vante souvent », déplore en outre l’organisation, ajoutant que ces fruits bénéficient de conditions techniques bien moins contraignantes que ceux issus des exploitations françaises. Elle reproche enfin à l’enseigne allemande de continuer à se présenter comme un partenaire de l’agriculture française, notamment lors du salon de l’agriculture, alors que ses choix d’approvisionnement sont, selon elle, en contradiction avec ce discours.

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Dans un courrier adressé le 16 juillet à la ministre de l’Agriculture, six élus landais dont le président du conseil départemental et le vice-président de la région, tous socialistes, demandent un soutien de l’État face à une «deuxième année annoncée comme catastrophique pour la très grande majorité des productions» dans ce département, leader national de la production de maïs. Selon les chiffres de la chambre d’agriculture, l’année 2025 avait déjà été marquée « par un revenu agricole moyen inférieur de 4 % à la moyenne décennale ». Outre les mesures de droit commun, députés, sénateurs et élus régionaux demandent «un plan de sauvegarde à destination des agriculteurs », pour apporter une «visibilité à court et moyen termes». Ils proposent un ré-abondement du Fonds d’allègement des charges (FAC) et du dispositif d’Aide à la relance des exploitations agricoles (Area). Le conseil départemental des Landes, annonce qu’il vient de voter «plus de 850 000 € de crédits à destination des agriculteurs impactés par des crises», via les dispositifs « agriculteurs en difficultés » et « fonds d’urgences sanitaires et climatiques ». Il s’engage par ailleurs à «prendre toute sa part dans ce plan». Enfin les élus socialistes demandent de faire passer de 184 à 198 mm3 les volumes d’irrigation prélevables dans les cours d’eau non réalimentés et les nappes d’accompagnements du sous-bassin de l’Adour.

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Les États membres ont, comme prévu, donné le 17 juillet en comité sur l’organisation commune des marchés leur feu vert à l’aide d’urgence de 540 millions € (M€) pour soutenir les agriculteurs face à l’envolée des prix des intrants dans le cadre de la réserve agricole. La répartition entre les Vingt-sept n’a pas évolué par rapport à la proposition initiale : la France va récupérer la part la plus importante avec 107,1 M€ (soit 19,8 % du total) suivie de la Pologne 66,6 M€ (12,3%), de l’Allemagne 60,3 M€ (11,2%), de l’Espagne 50,2 M€ (9,3%) et de l’Italie 45,6 M€ (8,4%). Les États membres pourront compléter cette aide européenne à hauteur de 200 % par des fonds nationaux. « Afin de garantir l’efficacité de cette mesure d’urgence, les agriculteurs devront recevoir l’aide financière le plus rapidement possible. Les États membres devront donc distribuer l’aide d’ici le 28 février 2027 », précise la Commission européenne.

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Le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, a annoncé le 15 juillet, la mise en place, à compter du 22 juillet, de droits de douane définitifs de 25 % à l’encontre de certaines importations en provenance du Brésil. Cette décision a été prise à la suite d’une enquête menée dans le cadre de la section 301 du Trade Act de 1974. Toutefois, ces droits de douane ne s’appliquent pas à plusieurs produits brésiliens, parmi lesquels la viande bovine, le café, les oranges ou encore le jus d’orange. Pour justifier cette sanction, l’USTR avance notamment que le Brésil restreint l’accès à son marché de l’éthanol et que les agriculteurs brésiliens tirent avantage de terres déboisées illégalement. De son côté, le gouvernement brésilien a condamné cette décision. « Rien ne justifie des mesures unilatérales contre notre pays », précise le président Luis Inacio Lula da Silva dans un message publié sur le réseau social X, évoquant « une manœuvre construite avec la collaboration active de la famille Bolsonaro ». Brasília s’engage à porter cette affaire devant le mécanisme de règlement des différends de l’OMC.

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Le gouvernement a publié le 16 juillet son projet de dépenses pour un budget 2027 «de sauvegarde républicaine», selon le ministre des Comptes publics David Amiel, marqué par une hausse des dépenses de l’État quatre fois inférieure à l’inflation, hors défense et intérêts de la dette. Bercy a transmis la veille aux commissions des Finances du Parlement ce document annuel fixant les «plafonds de dépenses du projet de loi de finances pour 2027», le «tiré à part» en jargon budgétaire, dont l’AFP a obtenu une copie. En juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait écrit aux ministres pour leur demander de revoir à la baisse leurs demandes initiales. Résultat, hormis la hausse des dépenses de Défense (+6,4 milliards d’euros) et la charge de la dette (+12,3 milliards), le gouvernement affiche l’ambition de limiter l’an prochain la progression des dépenses ministérielles à 0,4%, «soit quatre fois moins que l’inflation attendue en 2027». Ainsi, hors Défense, les crédits des ministères n’augmenteront que de 1,5 milliard d’euros au total, à raison de 1,5 milliard d’euros pour l’Écologie, notamment après les épisodes de canicule, 0,8 pour l’Enseignement scolaire, 0,6 pour la Recherche et l’enseignement supérieur, ou 0,4 pour la Justice. En revanche, la mission Travail perdrait 2,8 milliards, l’Aide publique au développement 0,3, les missions Agriculture et Santé 0,1 milliard chacune.

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À l’occasion de son conseil spécialisé Grandes cultures, le 16 juillet, FranceAgrimer souligne que les cours de l’urée ont retrouvé leur niveau pré-conflit depuis la reprise des flux par le détroit d’Ormuz. Au Moyen-Orient, l’urée s’échangeait le 9 juillet autour de 415 dollars la tonne contre 483 $/t en février. En revanche, les cours des engrais phosphatés restent élevés : le phosphate diammonique (DAP) s’échangeait à 843 dollars la tonne le 9 juillet, contre 689 $/t avant le conflit. La situation reste toutefois très évolutive avec la récente recrudescence des tensions dans le détroit d’Ormuz. Alors que le transport maritime avait légèrement repris depuis le mois de juin et l’accord entre les États-Unis et l’Iran, France Agrimer s’attend à ce que les flux retombent au niveau d’avant juin. Très réactif, le prix du baril, qui s’échangeait encore autour de 70 $ il y a une semaine, valait 85$ le 14 juillet. Aucun signe d’accalmie n’était constaté entre l’Iran et les États-Unis après une semaine de frappes, qui se sont poursuivies le 15 juillet, les deux parties réduisant en pièces le protocole d’accord en recommençant à bloquer le détroit d’Ormuz et les ports iraniens.

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