Agra
Fil info
Après un printemps particulièrement sec et chaud et deux épisodes caniculaires successifs, la sécheresse gagne du terrain en France, et plusieurs département français sont d’ores et déjà touchés par des restrictions d’eau. Au 6 juillet, « 35 départements sont placés au moins partiellement en situation de crise, soit deux fois plus qu’en 2025 à la même date et davantage qu’en 2022 (21), année pourtant marquée par une sécheresse historique, selon la plateforme gouvernementale VigiEau.
Pour rappel, en situation de crise, seuls les usages prioritaires de l’eau sont préservés, tandis que les prélèvements d’eau pour l’agriculture sont interdits, totalement ou partiellement, ainsi que de nombreux usages domestiques et publics. À l’issue du comité d’anticipation et de suivi hydrologique (Cash), réuni le 1er juillet, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre a relevé dans une déclaration une « dégradation de la ressource en eau » alors que « l’épisode de sécheresse en cours est appelé à se poursuivre et à s’intensifier dans les semaines à venir ». Il a annoncé une intensification des contrôles « pour garantir le respect des règles et précisé que « les préfets doivent appliquer les restrictions d’usage dans les 5 jours suivant le franchissement des seuils ».
Dans un rapport publié le 3 juillet faisant le bilan de près de 20 ans de plans Écophyto, le CGGAER (ministère de l’Agriculture) estime que « les 26 dispositifs principaux (…) mis en place par l’État et ses opérateurs », qui ont mobilisé « jusqu’à près d’un milliard d’euros par an ces deux dernières années », sont « principalement complémentaires », mais les auteurs font plusieurs recommandations pour rendre la stratégie Ecophyto plus efficace. Tout d’abord, le CGAAER constate qu’il est difficile d’engager « la plus grande part des exploitants » dans la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires. Pour y remédier, il appelle à « renforcer le niveau régional dans l’animation des collectifs d’agriculteurs (GIEE, Dephy ferme, groupes 30 000).
Il souligne que « la priorité » d’Écophyto doit être « le déploiement de nouvelles pratiques et de nouveaux itinéraires techniques » dans les exploitations, et que l’État doit mobiliser ses leviers (financements publics, fiscalité) pour « améliorer nettement la compétitivité des solutions agroécologiques performantes ». Le CGAAER recommande aussi d’engager la coopération agricole, l’agro-fourniture, le négoce et les banques dans la « conduite du changement ». Concernant la gouvernance, il appelle à étendre le rôle du Conseil scientifique et technique (CST) d’Écophyto « en lui confiant une mission d’analyse assurant la cohérence et l’efficience de l’ensemble des dispositifs » liés à Écophyto. Il appelle enfin à « déconcentrer le pilotage » et à renforcer le suivi du ministère de l’Agriculture.
Agra
La Fnab (agriculteurs bio) dénonce, dans un communiqué du 3 juillet, la suppression, « à l’initiative de la ministre de l’Agriculture française », de l’obligation pour les États de financer le maintien de l’agriculture bio dans la future Pac. La Commission européenne a proposé pour la prochaine Pac 2028-2024 l’obligation pour les États de financer à la fois la conversion et le maintien en agriculture biologique. Mais, dans le projet de compromis mis sur la table fin juin par la présidence chypriote du Conseil de l’UE à l’issue de discussions avec les Vingt-sept, cette obligation de prévoir un dispositif pour le « maintien » a été remplacé par un dispositif de « soutien ». Un changement que la Fnab impute à Annie Genevard.
Pourtant, déplore le syndicat, « le choix de la France de mettre tout le budget bio de la Pac 2023-2027 sur la conversion et d’abandonner le maintien a amené une sous-consommation historique des enveloppes, un arrêt quasi total de la dynamique de conversion et, pour la première fois, une régression du nombre de fermes ». Le projet de compromis incriminé est toutefois appelé à encore évoluer au fil des prochains mois. Un accord entre les Vingt-sept sur ce dossier ne pourra être conclu au plus tôt qu’au premier semestre 2027 une fois le cadre financier pluriannuel finalisé. L’organisation européenne de défense du bio (Ifoam) vient aussi de remettre une déclaration sur la Pac 2028-2034 au commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, appelant à un soutien fort et spécifiquement dédié à l’agriculture biologique après 2027 via des dispositifs d’aide à la conversion et au maintien.
Agra
Après deux épisodes de canicules de grande ampleur en moins d’un mois, les cabinets des ministres de l’Agriculture et de l’Économie ont réuni, le 1er juillet, les principaux assureurs du monde agricole pour dresser un premier état des lieux des dommages. La réunion a notamment permis d’apporter des solutions pour anticiper les versements aux agriculteurs assurés comme à ceux relevant de l’indemnité de solidarité nationale. Le ministère de l’Agriculture et les assureurs se sont notamment accordés pour accélérer les procédures d’indemnisation et de versement des acomptes.
Selon France Assureurs, près d’un tiers des agriculteurs couverts par une assurance « multirisque climatique sur récoltes » ont déclaré un sinistre lié aux récents épisodes de canicule. « Les deux épisodes de canicule que nous avons récemment connus ont fragilisé de nombreux agriculteurs, touchés par des pertes de rendement et de bétail », détaille Florence Lustman, présidente de France Assureurs. Le bilan reste toutefois provisoire. « À ce stade, il est encore trop tôt pour disposer d’une évaluation consolidée des impacts par filière ou par type de culture. Les conséquences d’un épisode de chaleur extrême ne sont pas toujours immédiatement visibles et les expertises de terrain sont toujours en cours », indique Groupama à Agra presse le 3 juillet. Une nouvelle réunion est prévue mi-juillet, afin de préciser l’ampleur des dommages, les filières concernées et l’avancement des dossiers.
Agra
À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence agricole le 2 juillet, les sénateurs ont assoupli à nouveau le cadre de protection des loups, le plus souvent contre l’avis du gouvernement. Trois amendements proposent respectivement, malgré l’avis négatif de l’exécutif, de laisser la possibilité au préfet d’autoriser les éleveurs touchés par des attaques « répétées » d’effectuer des tirs de prélèvements ; d’effectuer un report à l’année suivante du reliquat de quota de prélèvement lorsque le plafond national n’a pas été atteint ; et de « sécuriser juridiquement » les mesures d’effarouchement non létales pour l’ours brun et le vautour.
Les sénateurs ont par ailleurs adopté deux amendements du gouvernement : le premier est de réintroduire la possibilité donnée aux lieutenants de louveterie, supprimée par en commission, de détenir des armes de catégorie C (semi-automatique). Par contre, ils n’ont pas adopté l’amendement gouvernemental qui visait à supprimer la disposition adoptée en commission autorisant les éleveurs à utiliser des lunettes de tir à visée nocturne. Pour rappel, en commission, les sénateurs avaient adopté deux modalités pour fixer le plafond de destruction des loups : « En fonction de la population lupine et de la pression de prédation » ou « en tenant compte du nombre minimal de loups compatible avec un état favorable de conservation ». Introduite par les députés, cette deuxième modalité ouvre potentiellement la voie à un nouveau mode de gestion.
Agra
Le Sénat a adopté le 3 juillet le projet de loi d’urgence agricole dans une version nettement modifiée par la droite pour lever les contraintes au métier d’agriculteur, suscitant l’inquiétude des associations environnementales et du gouvernement avant des négociations incertaines au Parlement pour faire aboutir le texte. Après les députés début juin, les sénateurs ont donné leur feu vert à 219 voix contre 111 à ce projet gouvernemental. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a salué l’adoption d’un texte « fait avec et pour les agriculteurs », évoquant des « avancées importantes ».
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut l’a en revanche comparé à
« une nouvelle loi Duplomb » qui met « gravement en péril » la garantie du partage de l’eau, dans une déclaration à l’AFP. Les deux chambres du Parlement ont abouti à deux versions très différentes : celle des députés contient des dispositions jugées contraires au droit européen ou inapplicables par le gouvernement ; celle des sénateurs comporte de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales ainsi qu’un volet très abrasif sur la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits. Le texte aboutira-t-il définitivement avant la fin du mois de juillet, comme l’espère l’exécutif ? Il faudra pour cela accorder les points de vue des parlementaires des deux chambres, ce qui s’annonce corsé. Une commission mixte paritaire (CMP), réunion de 14 députés et sénateurs, en sera chargée le 16 juillet, avant une adoption définitive envisagée la semaine suivante.
Agra
Dans un communiqué du 3 juillet, Culture Viande (industriels des viandes de boucherie) alerte sur le risque de déconnexion des prix français des viandes bovines après que le Sénat a adopté un amendement du gouvernement prolongeant l’expérimentation des tunnels de prix pour la filière bovins viande. « Ce n’est pas le principe d’un tunnel de prix qui est en cause, mais le choix d’en fonder la borne basse sur les coûts de production », préviennent les abatteurs à l’intention de la commission mixte paritaire qui doit examiner le 16 juillet le projet de loi d’urgence agricole intégrant cet amendement.
En achetant à des prix progressivement déconnectés des réalités du marché européen, les entreprises françaises, débouchés des éleveurs, se fragiliseraient au profit des importations, font-ils valoir. Le syndicat argumente que le tunnel de prix expérimenté depuis 2021 n’est pour rien dans le doublement des prix des animaux entre 2020 et 2025, qui résulte « avant tout de la contraction de l’offre liée à la décapitalisation des cheptels. » Dans un communiqué le même jour, la FNB (éleveurs, FNSEA) estime à l’inverse qu’il s’agit «avancée majeure pour le respect du coût de production».
Agra
Les autorités états-uniennes et canadiennes ont indiqué le 30 juin, dans des rapports, tabler sur des reculs sensibles de leurs assolements de blés (blé tendre d’hiver, de printemps, blé dur) entre 2025 et 2026. Selon le département américain de l’agriculture (USDA), la sole nationale de blé s’effriterait de 6 % par rapport à l’an dernier, à 42,7 millions d’acres (Ma), soit 17,28 Mha.
Ce chiffre inclut le repli de celle de blé de printemps 2026, de 6 % par rapport à 2025, pour tomber cette année à 9,39 Ma, soit 3,8 Mha. Celle de blé dur décrocherait de manière encore plus drastique, de 16 %, à 1,83 Ma, soit 740 000 ha. Le même jour, StatCan rapportait un recul de la sole canadienne de 5,9 %, à 25,3 Ma (10,2 Mha). Celle de blé de printemps décrocherait de 3,9 %, à 18,1 Ma (7,32 Mha). Comme aux USA, l’effritement en blé dur est particulièrement intense, de 10,3 %, à 5,9 Ma (2,38 Mha). Notons la hausse de surfaces d’oléagineux dans les deux pays. Aux USA, celle de soja atteindrait 85,4 Ma (34,56 Mha), en hausse de 5 % par rapport à 2025. Celle de canola au Canada atteindrait un record de 23,4 Ma (9,46 Mha), en hausse de 8,4 % par rapport à l’an dernier.
Agra
Dans un document de travail, publié en avril, le cabinet d’étude anglo-saxon Systemiq estime que la Chine est capable d’atteindre un solde commercial positif pour les protéines animales d’ici 2030 et de devenir un « exportateur majeur » sur le marché mondial d’ici 2040. Les analystes s’appuient sur deux hypothèses fortes. Ils prévoient d’abord que la démographie déclinante de la Chine pèsera fortement sur la demande intérieure, avec une demande totale de protéine en déclin dès 2040. Ils estiment ensuite que la stratégie du pays dans les biotech (NGT, fermentation de précision, protéines alternatives) est comparable à celle qu’il avait suivie il y a trente ans avec les véhicules électriques et le photovoltaïque (clusters, financement, régulation).
Et qu’elle pourrait connaître le même succès. « Des signaux précoces indiquent que la Chine est entrée dans l’année zéro de la transformation du système alimentaire », estiment les auteurs. « Des politiques gouvernementales nouvelles et émergentes ciblent la sécurité alimentaire, avec un pilier central autour de la reconfiguration de l’offre de protéine par l’innovation technologique, notamment les process alternatifs de production de protéine ». Ainsi, le cabinet prévoit que les protéines alternatives représenteront 35 %-55 % de la demande de viande bovine, produits laitiers et produits de la mer en 2050. Trois experts interrogés partagent à grands traits l’analyse, mais prennent leurs distances avec la vitesse des changements de consommation prévus par les auteurs
Agra
À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence en séance publique le 2 juillet, les sénateurs ont à nouveau restreint la définition des zones humides, pour limiter le classement des zones agricoles dans cette catégorie et assouplir les conditions de construction d’installations hydrauliques. Un amendement a été adopté qui aménage une exception à la définition d’une zone humide pour « des parcelles agricoles cultivées depuis au moins cinq ans hors systèmes herbagés permanents » et les « zones humides créées consécutivement à des aménagements hydrauliques. »
Il ajoute également que «les installations hydrauliques ayant pour objet le stockage de l’eau et contribuant à la création de milieux présentant des fonctionnalités écologiques équivalentes sont assimilées à des opérations de restauration de zones humides». Lors de l’examen en commission des affaires économiques, les sénateurs avaient remis sur la table la définition proposée dans la proposition de loi Entraves, à laquelle le gouvernement s’est systématiquement opposé. Dans le texte initial, le gouvernement visait à «proportionnaliser la compensation exigée des porteurs de projet en zone humide en fonction de l’état de fonctionnalité de ladite zone», et à assouplir es prescriptions techniques applicables aux plans d’eau de moins d’un hectare en zone humide.
Agra
À la une
Aveyron | Par Marion GHIBAUDO
Les bonnes pratiques pour une conduite plus économique
Aveyron | Par La rédaction
Prélèvements et usages de l’eau : Renforcement des restrictions


