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Le plafond annuel de prélèvement de loups va « augmenter de 10 % », a annoncé la ministre de l’Agriculture en conférence de presse le 9 janvier. Au lieu de 19 % de la population estimée, « le quota est porté à 21 % », a précisé son cabinet dans la foulée. Selon la dernière estimation, publiée fin novembre, la France comptait autour de 1 082 loups à la sortie de l’hiver 2024-2025. Cet effectif est en légère hausse sur un an, mais les dégâts causés par la prédation augmentent, eux, davantage. « Il y a eu plus de 4 000 attaques en 2025, plus de 12 000 bêtes qui sont mortes. C’est infernal », s’est émue Annie Genevard. Le plafond sera ainsi porté à 227 loups, contre 206 actuellement. « Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n’est plus adapté au fait que le loup s’étend de plus de plus dans des territoires nouveaux et qu’il se multiplie. » Par ailleurs, la ministre présentera les nouvelles conditions assouplies d’accès aux tirs de défense « lors d’un déplacement dans les jours prochains ». Les actuelles dérogations individuelles seront remplacées par un système de déclarations, selon l’arrêté mis en consultation. Ce texte sera publié « avant le Salon de l’agriculture », a précisé Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique , avec « une mise en œuvre rétroactive sur l’année 2026 ».

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Le fonds d’aide de 11 millions d’euros (M€) pour les éleveurs subissant les conséquences économiques de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), annoncé le 16 décembre par le Premier ministre, sera doublé, à 22 M€, a indiqué Annie Genevard le 9 janvier. Il sera destiné aux « acteurs touchés économiquement par le blocage des bovins », a-t-elle précisé en conférence de presse. Lors de la première annonce de ce fonds en décembre, Sébastien Lecornu avait déclaré qu’il s’adresserait aux « petits élevages ». Le 9 janvier, la ministre de l’Agriculture n’a pas évoqué ce critère de taille, mais a évoqué les exploitations « les plus en difficulté ». ». « Nous serons dans moins de dix jours en Italie pour négocier des laissez-passer » pour les exportations de bovins vivants, a ajouté Annie Genevard. Les exportations d’animaux vaccinés contre la DNC sont fortement restreintes vers l’Italie et encore interdites vers l’Espagne, les deux premiers débouchés des broutards français. « La crise nous montre aussi que nous sommes démunis lorsque le pays d’export nous ferme ses portes », a estimé la ministre, qui a annoncé le lancement d’« une étude flash pour que la France dispose des outils industriels d’engraissement suffisants si jamais l’export faiblit ».

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« La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) regrette la nouvelle profondément décevante de l’intention des États-Unis de se retirer de l’IPBES », a déclaré son président David Obura dans un communiqué le 8 janvier. Cette annonce intervient dans le cadre d’un décret pris par le président américain Donald Trump, dans lequel il ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations, environ la moitié d’entre elles étant liées à l’ONU. « Les Etats-Unis sont membres fondateurs de l’IPBES », ils « comptent parmi les contributeurs les plus actifs » aux travaux de l’organisation, et les décideurs américains « ont également été parmi les utilisateurs les plus prolifiques », souligne M. Obura. Par le même décret, les Etats-Unis se retirent également du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), selon l’AFP le 8 janvier. De même, la nation américaine quitte l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’ONU-Eau, mécanisme de coordination pour l’eau et l’assainissement. En juillet, Donald Trump avait déjà annoncé se retirer à nouveau de l’Unesco, après le retrait de l’OMS annoncé il y a un an.

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D’après les premiers résultats de son observatoire de l’agriculture urbaine, publié en 2025, l’Afaup constate un ralentissement des nouvelles installations. Après avoir connu un pic de nouveaux projets en 2022 avec 74 créations, le rythme a baissé, à seulement 13 projets en 2025. Le secteur a connu une décennie d’euphorie, marquée par le développement de politiques publiques (voir notre enquête). C’est ainsi que le nombre de «fermes participatives» est passé de 200 à 440 sur la période entre 2015 et 2025. «Ce comptage n’est pas exhaustif, précise Marie Fiers, coordinatrice de projet à l’Afaup. En revanche, on est certainement arrivé à un plateau en termes de nouvelles installations». Au total, l’Afaup a recensé 4545 sites, couvrant un peu moins de 600 hectares, dont une très grande majorité de jardins et potagers collectifs (3683, 80%), qui se situent hors des circuits commerciaux. L’Afaup recense aussi 862 fermes commerciales (20% du total), dont la moitié (422) de «fermes spécialisées» et l’autre moitié (440) de «fermes participatives» (moins de 50% des revenus tirés des ventes de légumes). Selon l’observatoire, une ferme urbaine couvre 0,5 ha en moyenne, contre 24,7 ha pour une exploitation maraîchère moyenne en France. Mais les résultats sont à prendre avec prudence. Sur l’ensemble des lieux sélectionnés, 11% ont des données complètes (surfaces, surface cultivées, production…).

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Lors du nouvel examen du budget de l’Etat pour 2026 en commission des finances le 8 janvier, les députés ont étendu et pérennisé le crédit d’impôt pour dépenses de remplacement. Ils ont adopté, malgré l’avis défavorable du rapporteur DR Philippe Juvin, un amendement LFI visant une prise en charge à 100 % (contre 60 % proposés par le gouvernement) sur les 17 premiers jours pour les motifs de congé, maladie, formation, puis à 75 % les 7 jours suivants. «Ce taux est fixé à 50 % au titre des dépenses engagées par un maire d’une commune de moins de 1 000 habitants, exerçant à titre principal une activité d’exploitant agricole, pour assurer un remplacement en raison de l’exercice de son mandat dans la limite de douze jours par an». Le dispositif est, de plus, pérennisé au-delà du 31 janvier 2027. Pour rappel, en première lecture du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, les députés avaient voté un même renforcement du crédit d’impôt remplacement. En vain, puisque l’ensemble du texte s’était vu rejeté par l’Assemblée nationale. Le Sénat avait lui adopté l’élargissement de 12 jours du dispositif pour les exploitants agricoles en activité exerçant les fonctions de maire d’une commune de moins de 1 000 habitants. Source Agra

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Spécialiste des effets du dérèglement climatique sur l’agriculture, l’agroclimatologue Serge Zaka a révélé, le 31 décembre au micro d’Ici Hérault, avoir été placé sous protection policière du ministère de l’Intérieur, après avoir reçu de « nombreuses » menaces de mort liées à ses prises de parole publiques. Très présent sur les réseaux sociaux, M. Zaka y décrypte les effets concrets du réchauffement climatique sur l’agriculture. Ces derniers jours, l’agroclimatologue a notamment dénoncé l’emballement médiatique autour de l’épisode de froid observé en France en décembre, qualifié à tort de « vague de froid ». Il rappelle que cette notion repose sur des critères scientifiques précis qui n’étaient pas réunis. Selon lui, ce type de confusion nourrit les discours climatosceptiques et contribue à la violence des réactions en ligne. À la suite de son intervention, M. Zaka a été la cible, pendant 72 heures, d’un flot d’insultes et de menaces sur le réseau X, mais également par mail et SMS, comme il l’a précisé sur son compte LinkedIn.

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Alors que les ambassadeurs de l’UE doivent se prononcer le 9 janvier à l’occasion d’une réunion du Coreper II sur l’accord commercial UE-Mercosur, la question de l’application provisoire de l’accord intérimaire suscite la controverse. En cause : le retrait à la dernière minute d’une déclaration annexe qui précisait que cette application provisoire serait bien soumise au consentement formel du Parlement européen. « Un déni de démocratie pur et simple après plusieurs passages en force », dénonce avec vigueur le 8 janvier l’eurodéputée Française Céline Imart (droite) dans un message posté sur le réseau social X, qualifiant la décision de Nicosie de « faute lourde ». Un sentiment partagé par son collègue centriste Pascal Canfin qui avance que « le Parlement européen ne peut pas l’accepter ! ». Cette possibilité d’application provisoire sans avis du Parlement européen ne serait cependant pas contraire à ce que prévoient les traités européens en la matière. Toutefois, pour qu’elle puisse se matérialiser, la ratification par au moins un des pays du bloc sudaméricain reste nécessaire. Elle commencerait alors le premier jour du deuxième mois suivant la notification de l’accomplissement des procédures internes des deux côtés. De son côté, la présidence chypriote du Conseil de l’UE assure vouloir suivre la procédure standard en lien avec les traités sans mettre de côté le Parlement européen.

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«La France a décidé de voter contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur», a déclaré le président Emmanuel Macron, dans un communiqué publié le 8 janvier. Cette intervention confirme la position de la France à la veille d’une réunion décisive des ambassadeurs de l’UE qui devraient entériner l’autorisation de signature de l’accord commercial par la Commission européenne. Si le chef de l’Etat reconnaît «des avancées concrètes» sur les demandes françaises (clause de sauvegarde spécifique, réciprocité des normes, renforcement des contrôles), «le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord». Mais, comme la ministre de l’agriculture Annie Genevard, il veut croire que «l’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire» alors que le texte devra obtenir le consentement du Parlement européen. Source Agra

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Comme annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 4 janvier, la France suspend, par un arrêté paru au Journal officiel le 7 janvier, l’importation, l’introduction et la mise sur le marché de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l’Union européenne (UE) contenant des résidu de cinq substances actives phytopharmaceutiques interdites d’utilisation dans l’UE : bénomyl, carbendazime, glufosinate, mancozèbe, thiophanate-méthyl. La mesure, qui concerne principalement des fruits et légumes (avocats, mangues, agrumes, pommes, poires, tomates…), suscite toutefois des critiques au sein de la filière des fruits et légumes. Pour Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, la réponse apportée « manque sa cible, la principale concurrence étant intra-européenne ». Selon lui, « si le message envoyé au consommateur est de vouloir le protéger, il aurait été possible d’ajouter l’acétamipride à la liste des substances interdites, ce qui aurait eu un effet direct sur la concurrence au sein même de l’UE ». En outre, M. Sauvaitre s’inquiète que cette mesure « jette le trouble sur la qualité sanitaire de ce que les consommateurs ont sur les étals, pourtant garantis par l’Anses et l’Efsa ». Prise à titre conservatoire, l’interdiction prendra fin dès l’entrée en application de mesures appropriées par la Commission européenne ou à défaut un an après son entrée en vigueur

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A l’occasion d’une réunion, le 7 janvier en format Triangle de Weimar plus avec leur homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, les ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais ont appelé à la conclusion rapide d’un accord commercial et sécuritaire entre l’UE et l’Inde. « L’accord de libre-échange est une étape importante vers davantage de diversification », a affirmé l’Allemand Johann Wadephul, alors que le contexte commercial international reste incertain. Et d’ajouter: « C’est pourquoi nous travaillons intensément à Bruxelles pour conclure bientôt cet accord ». Un sommet entre l’UE et l’Inde est d’ailleurs prévu le 27 janvier. Serpent de mer des négociations commerciales depuis plusieurs années en raison notamment de divergences sur l’agriculture, les pourparlers entre les parties se sont, semble-t-il, intensifiés à la fin de l’année 2025. Pour faciliter la négociation, le sucre et les produits laitiers ont d’ailleurs été exclus des discussions. Bruxelles plaide notamment pour l’ouverture du marché indien à ses voitures et ses boissons alcoolisées (les vins et spiritueux sont fortement taxés) alors que, de son côté, l’Inde souhaite vendre plus facilement ses produits textiles ou ses médicaments.

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