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La recrudescence des épisodes de chaleur extrême pousse l’agriculture mondiale «à bout» et menace déjà la santé et les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes, alertent l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport publié le 22 avril. Lié au réchauffement climatique, le phénomène fait déjà perdre chaque année 500 milliards d’heures de travail à l’agriculture. Or, ces températures «exceptionnellement chaudes» par rapport aux normales devraient encore s’accentuer. Leur intensité pourrait ainsi doubler dans un scénario de réchauffement à 2°C, préviennent les scientifiques. Partout dans le monde, les effets sont déjà visibles et pas un secteur agricole n’y échappe. Pour l’élevage bovin, la chaleur extrême engendre des troubles physiologiques et réduit la production de lait. Côté cultures, les rendements déclinent au-delà de 30°C, et avant pour les pommes de terre ou l’orge. À ces effets s’ajoutent des maladies, la disparition des pollinisateurs ou encore le stress hydrique. Aussi le rapport appelle-t-il à adapter les systèmes de production à ces conditions nouvelles et à mettre des systèmes d’alerte à disposition des agriculteurs. Mais, sans réduction «ambitieuse» des gaz à effet de serre, «la sévérité des chaleurs extrêmes excèdera de plus en plus la capacité à faire face», note le rapport. Source Agra

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La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) a réagi le 20 avril à la position affichée par le p.-d.g. de la Fnil (industriels privés) François-Xavier Huard, qui craint un surcoût de 500 M€ pour les transformateurs si les coûts de production des éleveurs étaient pris en compte obligatoirement via un indicateur mis au point par l’Idele. «Les discussions sur les tunnels de prix et la prise en compte des coûts de production dans les contrats doivent rappeler une évidence économique : les coûts de production des éleveurs augmentent fortement, tandis que leur revenu reste insuffisamment sécurisé», déclare la FNPL dans un communiqué. Les éleveurs font référence à une disposition qui pourrait être mise en œuvre dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, dont la discussion à l’Assemblée nationale est prévue à partir de la fin avril. Le syndicat demande de longue date que le travail des éleveurs soit pris en compte «sur la base d’un indicateur de prix de revient qui intègre l’ensemble des charges, y compris une rémunération de référence de deux Smic pour plus de 60 heures de travail par semaine – un niveau pourtant plus que modeste au regard de l’engagement demandé». Et de déplorer que les industriels mettent en avant leurs faibles marges, alors que pour les éleveurs «la question n’est même pas celle de la marge», mais celle de la rémunération. Source Agra

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Selon le dernier calendrier publié le 22 avril par la Commission européenne, celle-ci prévoit de présenter son plan d’action sur les engrais le 19 mai, puis sa stratégie sur élevage le 7 juillet. Pressée par la situation au Moyen-Orient, Bruxelles a dû avancer la date de publication du plan sur les engrais, initialement attendu en juin. Celui-ci devrait comporter à la fois des mesures structurelles (substitution de produits, agriculture de précision…) et des dispositifs de court terme. Mais l’exécutif européen a, jusqu’à présent, toujours repoussé l’idée de suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Quant à la stratégie sur l’élevage – qui visera particulièrement à répondre au manque de rentabilité du secteur des ruminants -, elle devrait porter sur l’innovation, les approches territoriales et la valorisation des produits animaux de qualité. La liste des points prévus pour figurer à l’ordre du jour des prochaines réunions de la Commission européenne mentionne également pour le 1er juillet la présentation d’un texte sur les marchés publics. Cette réglementation devrait, entre autre, clarifier la manière dont les cadres de passation de marchés dans la restauration collective peuvent mieux reconnaître les systèmes de qualité, les circuits courts, les normes environnementales et sociales (production biologique par exemple). Une démarche qui s’inscrit plus globalement dans la volonté de la Commission de valoriser le «Made in Europe». Source Agra

Agra

Malgré des conditions de semis agronomiquement favorables et un excellent niveau de recharge hydrique des sols, l’Association générale des producteurs de maïs et l’Institut du végétal (Arvalis) tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué commun du 17 avril. Leurs premières estimations pour la campagne 2026 laissent apparaître une « baisse très préoccupante » de 10 à 15 % des surfaces de maïs grain au niveau national, désormais estimées à 1,33 Mha. Si le maïs fourrage (1,20 Mha) et le maïs semence (63 000 ha) restent stables, le maïs doux poursuit sa chute avec un recul de 40 % depuis 2023. Les baisses sont particulièrement marquées, dépassant les -15 %, dans les bassins du Sud-Ouest, du Centre et de Poitou-Charentes, souligne le communiqué. Ce décrochage massif n’est pas lié au climat mais à une véritable « asphyxie économique » des producteurs, précisent les deux organisations. Pour elles, les agriculteurs ont clairement arbitré en faveur des céréales d’hiver (+300 000 ha), compte tenu de leur trésorerie exsangue face à des coûts d’implantation très élevés (engrais, gaz, GNR). Franck Laborde, président de l’AGPM, dénonce une « déprise des grandes cultures » menaçant directement la souveraineté agricole française.

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Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 21 avril le renforcement des aides pour les pêcheurs et agriculteurs. Insistant sur sa volonté de ne pas mettre en place des «mesures générales indiscriminée, non financées, non finançables», Sébastien Lecornu a confirmé que les aides sectorielles pour les pêcheurs et agriculteurs seraient reconduites et renforcées en mai. Celle pour les agriculteurs sera multipliée «par quatre» pour atteindre 15 centimes d’euros par litre, a-t-il ajouté. Dans un communiqué, la FNSEA a accueilli «positivement» cette annonce, et annonce qu’elle sera «vigilante à ce que les modalités d’application soient simples et rapides, afin que les agriculteurs en bénéficient sans délai». De même, les Jeunes agriculteurs ont salué l’annonce. Ils préviennent toutefois : « Si le conflit perdure et pour prévenir les prochaines crises, nous attendons maintenant de l’exécutif une vision de long terme sur l’avenir énergétique du secteur agricole. »

Agra

Sur le réseau social Linked’In le 21 avril, la directrice d’Inaporc, Anne Richard salue au nom de l’interprofession porcine « l’arrivée des premiers containers d’abats blancs en Chine ». En effet, rappelle-t-elle, cinq entreprises françaises ont eu l’agrément chinois pour les estomacs et intestins. « La France est le premier pays à obtenir cet agrément pour les intestins de porc », vante-t-elle, en remerciant la DGAL (ministère de l’Agriculture), FranceAgrimer et l’ambassade de France en Chine pour leur concours. Pour célébrer cette réussite, une soirée a été organisée réunissant « tous les acteurs du port de Tianjin, l’un des ports principaux pour le dédouanement du porc congelé », rapporte-t-elle. En 2025, malgré les taxes chinoises sur le porc, la France a exporté 105 000 tonnes vers ce pays, qui est la première destination des abats porcins produits en France, constate Inaporc, qui table sur une augmentation de 10% des tonnages grâce aux abats blancs. Il aura fallu deux ans de travaux franco diplomatiques et sanitaires pour parvenir à cette ouverture chinoise aux estomacs et intestins de porcs.

Agra

À l’approche de l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles au Parlement, la FNPL a rappelé, le 20 avril, dans un communiqué que « la rémunération des éleveurs laitiers doit rester au cœur des débats ». Face à l’envolée des charges, le syndicat a insisté sur la nécessité de « couvrir un prix de revient incluant une rémunération de référence de deux SMIC pour plus de 60 heures de travail hebdomadaires ». La FNPL a également dénoncé l’échec du compromis issu des lois ÉGalim : alors que le relèvement du seuil de revente à perte (SRP +10 %) a sécurisé la valeur à l’aval, celle-ci ne se traduit toujours pas de manière effective dans le prix payé aux producteurs. Selon l’association spécialisée de la FNSEA, rémunérer les éleveurs à hauteur de leurs coûts représenterait un investissement de « 500 millions d’euros » pour les transformateurs privés, un montant jugé légitime au regard de la valeur captée par la filière. Pour le syndicat des éleveurs laitiers, la loi d’urgence doit impérativement instaurer des outils de renégociation efficaces pour protéger les fermes lorsque les coûts évoluent et mieux répartir la valeur, tout le long de la filière, jusqu’aux producteurs.

Actuagri

Cinq mois après l’annonce d’un recentrage sur la diffusion d’annonces, Eloi lance sa plateforme digitale, indique le spécialiste de la transmission d’exploitations agricoles dans un communiqué le 20 avril. L’outil permet « de centraliser l’ensemble des informations liées à la transmission d’une exploitation et de faciliter la collaboration entre tous les acteurs impliqués » (chambres d’agriculture, Safer, coopératives, banques…), selon le document. Un espace est dédié au cédant, qui peut consulter les projets de reprise et en sélectionner. S’il accepte une candidature, ses coordonnées sont transmises au porteur de projet. Les OPA ont leur propre espace sur la plateforme, qui leur permet de contacter le cédant, laisser un avis sur chaque candidature et coordonner des actions avec les autres acteurs impliqués. Le 26 novembre, Eloi expliquait ainsi son recentrage sur la diffusion d’annonces : il s’agit de « faire évoluer notre modèle pour clarifier notre rôle : nous ne sommes plus un intermédiaire mais une plateforme de diffusion experte au service des cédants, des porteurs de projets et des OPA ».

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Le gouvernement ne souhaite pas «rouvrir l’ensemble des négociations commerciales» entre les supermarchés et leurs fournisseurs agroalimentaires et appelle les industriels à être «raisonnables» dans les hausses de prix, a indiqué le 19 avril sa porte-parole, Maud Bregeon. Il n’y a «pas aujourd’hui nécessité de rouvrir l’ensemble des négociations commerciales», a-t-elle dit. La porte-parole du gouvernement a renvoyé aux propos du ministre des PME Serge Papin, où il estime que «nous ne sommes pas dans la situation de 2022, lorsque les négociations avaient été rouvertes». «Aujourd’hui, il faut d’abord observer l’évolution des prix des matières premières, de l’emballage, de la logistique ou encore du carburant», selon M. Papin. Ce dernier avait d’abord jugé le 14 avril qu’il allait «falloir sans doute rouvrir» ces négociations commerciales, au regard de «l’inflation» qu’entraînera selon lui, l’envol des prix des carburants. Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon des produits (hors marques propres des distributeurs). Les tarifs pour 2026 ont été négociés avant le début des bombardements en Iran.

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Le gouvernement devrait annoncer le 21 avril, lors d’une réunion du comité d’alerte des finances publiques, des mesures d’économies pouvant aller jusqu’à six milliards d’euros, alors que la guerre au Moyen-Orient pèse sur les finances publiques, ont indiqué à l’AFP des sources concordantes proches des discussions. Cette annonce est «transversale et concerne tous les ministères, précise-t-on au cabinet de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Son équipe confirme que le portefeuille agricole «sera concerné au même titre au les autres ministères.» Selon l’AFP, la clé de répartition pourrait mettre certains ministères moins à contribution, comme la Défense. «Un travail interministériel est en cours pour déterminer la répartition entre ministères de cette mesure d’économie», déclare-t-on chez Annie Genevard. Tel que voté cet hiver, le budget de l’Etat 2026 incluait déjà une baisse de 200 millions d’euros (M€) pour la mission Afaar (agriculture, forêt, ruralité), à 3,8 milliards d’euros (Md€). Au total, selon les sources de l’AFP, confirmant des informations du Monde, le gouvernement pourrait annoncer ce mardi des mesures d’économies de 4 milliards d’euros sur les dépenses de l’Etat et 2 milliards sur la Sécurité sociale. «Ce serait six milliards, deux tiers pour les dépenses de l’Etat et un tiers pour les dépenses sociales», a indiqué à l’AFP l’une de ces sources.

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