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Le géant français de l’agroalimentaire Danone a définitivement tourné, au deuxième trimestre, la page des rappels de lait infantile, grâce au dynamisme de ses ventes, malgré l’inflation et un décollage qui prend du temps aux États-Unis. Fort de sa stratégie de recentrage sur ses activités les plus lucratives, avec un bénéfice en hausse de 13 % au premier semestre, à 1,18 milliard d’euros (Md€), le groupe poursuit ses acquisitions tous azimuts dans les produits axés sur la santé et les protéines, qui ont inondé le monde. Au deuxième trimestre, ses ventes ont augmenté de 4,4 %, à 7,21 Md€, compensant la baisse de 2 % du premier trimestre due aux effets de change et aux rappels de lait infantile en Europe, selon un communiqué du groupe publié le 29 juillet. Danone a observé une croissance de ses ventes dans toutes ses catégories de produits, avec une augmentation des volumes (1,9 %) mais aussi des prix (2,3 %), « encore une fois grâce aux yaourts riches en protéines et à la nutrition médicale », ainsi qu’à la « très forte performance » des eaux Évian et Volvic, a expliqué son directeur financier Juergen Esser. Sur le semestre, le chiffre d’affaires progresse de 1,4 %, à 13,93 Md€, supérieur aux prévisions des analystes interrogés par Bloomberg et Factset. Aux États-Unis, le groupe affronte une concurrence accrue, notamment dans les produits renforcés en protéines.

Agra

Dans un communiqué du 29 juillet, les entreprises de travaux agricoles (ETA) de la FNEDT ont fait part d’inquiétudes « sur la capacité de certains clients (agriculteurs, NDLR) à régler les travaux réalisés ». La fédération cite des cas dans les Pays de la Loire et la Charente, régions qui ont subi de grosses baisses de rendements en céréales notamment. Elle ajoute que le repli de la production « signifie aussi moins de volumes à récolter, arracher ou déterrer ». La situation des cultures de printemps, spécialement le maïs, le tournesol, mais aussi la betterave, est difficile, souligne l’organisation. Sans oublier les éleveurs, qui souffrent de disponibilités fourragères plus restreintes, et que le déroulé de la future campagne de semis d’hiver interroge, dans un contexte de hausse des prix des intrants. Ces éléments cumulés engendrent « allongement des délais de paiement, tensions de trésorerie, investissements différés ». La FNEDT craint donc que la situation précaire des agriculteurs ne se répercute sur ses entreprises adhérentes. Elle appelle donc les autorités à « préserver la souveraineté alimentaire », en soutenant les agriculteurs, mais aussi les ETA.

Agra

Après un début de saison favorable, les canicules successives ont mis un coup d’arrêt à la pousse de l’herbe partout en France : au 20 juillet, « la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 26 % » à la période de référence (1989-2018), constate Agreste dans une note publiée le 28 juillet. D’après le service statistique du ministère de l’Agriculture, « les températures extrêmes relevées en particulier fin juin et la sécheresse persistante ont depuis un mois détruit l’herbe qui avait repoussé après la première coupe ». Alors qu’elle représente au 20 juillet habituellement 70 % de la production annuelle, la pousse cumulée plafonne cette année à 52 %. La production « est déficitaire quasiment partout en France », souligne Agreste : seule la région Paca connaît une pousse dans la moyenne (98 % de la référence). « Le déficit est important (au moins 25 %) dans la moitié des régions fourragères » (soit la moitié des surfaces). Les chutes les plus importantes s’observent dans le Sud-Ouest, avec des déficits de 33 % en Nouvelle-Aquitaine et 31 % en Occitanie, voire « jusqu’à 50 % de déficit à l’Ouest du Massif central ». À l’inverse, dans le nord du pays, « le déficit est un peu moins important (souvent 15 à 20 %) au nord d’une ligne reliant Nantes à Reims ».

Agra

Quelques jours après le lancement du guichet d’aide à l’achat d’engrais, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard appelle, dans un communiqué du 28 juillet, « à la responsabilité de tous quant aux prix pratiqués depuis l’annonce de l’aide à l’achat d’engrais, destinée à sécuriser la campagne 2027 ». A l’issue d’une réunion de la filière engrais (importateurs, producteurs etc.) le même jour, la ministre fait état « de premières remontées faisant état de possibles tensions sur les prix». Au cours de cette réunion, elle a souligné «sans préjuger de leur réalité (…) la nécessité d’une vigilance collective afin que le soutien public bénéficie pleinement aux agriculteurs », peut-on lire dans le communiqué. Annie Genevard a aussi rappelé « l’effort exceptionnel de 145 M€ consenti par la Nation et la Commission européenne » pour inciter les producteurs à couvrir leurs besoins. Ainsi, l’aide « ne saurait alimenter des marges supplémentaires ou des comportements opportunistes ». Le ministère de l’agriculture s’engage à suivre l’évolution des prix des engrais azotés simples durant la période d’éligibilité du dispositif, courant jusqu’au 30 septembre prochain. Un point sera réalisé le 1er octobre pour décider d’un éventuel prolongement du dispositif d’aide. Rappelons que bon nombre de professionnels de la filière ont critiqué cette fenêtre d’éligibilité aux aides, la jugeant bien trop courte pour être efficace.

Actuagri

Dans le cadre de l’application de la loi d’orientation agricole promulguée en mars 2025, le ministère de l’Agriculture a fait paraître au Journal officiel, le 28 juillet, un décret encadrant la délégation de certains actes vétérinaires. Il s’agit d’actes de médecine et de chirurgie, que les praticiens peuvent déléguer à des salariés non vétérinaires (auxiliaires spécialisés vétérinaires, ASV) ou à des « élèves vétérinaires salariés d’un établissement de soins vétérinaires ». Le texte vient « légaliser et encadrer une évolution des pratiques déjà engagée », rappelle l’exécutif dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 27 juillet. Rappelant l’existence de « tensions fortes sur le maillage vétérinaire », le décret vise à « optimiser l’organisation du travail dans les établissements de soins vétérinaires ». Dans le détail, la délégation devra s’effectuer « en présence d’au moins un des vétérinaires exerçant dans l’établissement ». Pour devenir « délégataires certifiés », les ASV devront suivre une formation obligatoire dans un centre habilité par le ministère de l’Agriculture, et obtenir un « certificat complémentaire de compétences ». Les ASV réalisant déjà ces actes seront dispensés de la formation (clause d’antériorité). Enfin, le Conseil national de l’ordre des vétérinaires devra tenir une liste des délégataires certifiés.

Actuagri

Dans un décret paru au Journal officiel le 29 juillet, la ministre de l’Agriculture assouplit les conditions d’accès à l’audit et à l’aide au redressement des exploitations agricoles (Area), dont l’enveloppe est régulièrement sous-consommée et a été réduite dans le projet de loi de finances (PLF) 2026. Annie Genevard prend trois décisions : la condition d’exercer depuis plus de trois ans pour obtenir l’aide est supprimée ; la quantité maximale de main-d’œuvre salariée pour bénéficier de l’aide et de l’audit passe de 10 à 50 équivalents temps plein (ETP). Enfin, la ministre supprime l’une des trois conditions financières d’accès à l’aide. Cette conditionnalité est basée sur les quatre indicateurs financiers suivants : taux d’endettement, niveau de trésorerie, EBE/produits, revenu disponible par UTH non salariée. Concernant la situation financière, la ministre ne conserve que les critères basés sur les pertes de capital social ou de fonds propres, ainsi que la conduite préalable de l’audit, avec plan d’action et perspective de retour à la viabilité.

Actuagri

Une semaine après l’adoption, dans la loi d’urgence agricole, d’une ouverture possible du principe de tunnel de prix à de nouvelles filières, les organisations de producteurs de lait de France OP Lait craignent, dans un communiqué paru le 27 juillet, que cette disposition, qui doit préalablement être activée par le gouvernement, ne transforme l’indicateur interprofessionnel « en prix plancher, voire en prix administré », et « fragilise la liberté de négociation des organisations de producteurs (OP) et de leurs associations ». Pour Loïc Adam, président de France OP Lait, cité dans le communiqué, « les indicateurs interprofessionnels (…) ne doivent pas se substituer à la négociation des OP ». France OP Lait considère par ailleurs que ces dispositions « présentent une fragilité juridique, en raison de l’atteinte potentielle à la liberté contractuelle et au rôle reconnu aux OP par le droit européen ». De son côté, Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA), a indiqué le 22 juillet qu’il demandera la mise en place d’une expérimentation sur les tunnels de prix si aucun accord n’est trouvé au sein du Cniel (interprofession laitière) sur les indicateurs de prix d’ici la fin de l’année 2026. Pour rappel, la Fnil (industriels), la FCD (distributeurs) et la Coopération agricole sont opposés aux tunnels de prix.

Agra

Dans une vidéo publiée sur Facebook le 25 juillet, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) Patrick Bénézit appelle les éleveurs à se mobiliser devant des abattoirs du groupe Bigard, afin d’exiger la fin de la chute des prix des bovins viande. Menée de concert avec la FNSEA et les JA, la mobilisation a démarré tôt dans la matinée du mardi 28 juillet. « Une dizaine de sites d’abattage du groupe Bigard seront effectivement visés », précise le syndicaliste auprès du groupe Pamac (Presse agricole du Massif central). Annoncées par communiqué ou dans la presse locale, des actions ont lieu notamment dans l’Ouest (Côte-d’Armor, Vendée, Orne, Sarthe, Maine-et-Loire), dans l’Est (Marne, Côte-d’Or, Saône-et-Loire), ainsi qu’en Auvergne-Rhône-Alpes (Allier), dans les Pyrénées-Atlantiques et dans le département du Nord. Après plusieurs année de flambée, les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois une baisse des prix « injustifiée », d’abord au printemps sur les vaches et jeunes bovins engraissés en France, puis plus récemment sur les broutards. Au-delà de Bigard, leader hexagonal de l’abattage, le message de la FNB s’adresse à « tous les maillons » de la filière, appelés à « stopper la baisse » et à « reprendre les hausses », alors que les charges des éleveurs « explosent » et qu’ils ont « une sécheresse à affronter », selon M. Bénézit.

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Dans un communiqué du 23 juillet, la préfecture de Bretagne a appelé à « un usage raisonné des cultures agricoles pour la méthanisation afin de répondre prioritairement au besoin de fourrage de l’élevage breton ». Quelques jours plus tôt, la FRSEA et les JA bretons, ainsi que la chambre d’agriculture de Bretagne et l’association des agriculteurs méthaniseurs bretons avaient eux aussi appelé à éviter toute concurrence entre les débouchés énergétiques et fourragers. La préfecture alerte sur le fait que « le département du Morbihan est désormais partiellement placé en niveau de crise » et que « les trois autres départements sont placés au moins partiellement en alerte renforcée ». La sécheresse endommage fortement de nombreuses cultures, dont le maïs, qui dispose d’un important pouvoir méthanogène. La Bretagne compte 280 méthaniseurs environ, sachant que « la très grande majorité sont des petites installations dites « à la ferme », la région comptant très peu d’installations industrielles ou de grande taille », pointent les autorités. Elles rapportent que dans la région, « en moyenne 6 à 7 % seulement des tonnages utilisés dans les méthaniseurs sont du maïs ».

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Dans un communiqué du 24 juillet, Arvalis pointe « des récoltes extrêmement précoces déclenchées par un stress hydrique intense » en matière de maïs fourrage. Contactée par Agra Presse, Anne-Sophie Colart, animatrice de la filière maïs fourrage pour Arvalis, précise que « le fait d’avoir autant de surfaces récoltées aussi tôt, c’est du jamais vu. Les premiers échos de coupes remontent au 5-6 juillet, dans les bocages vendéens ». Aucun taux d’avancement précis des ensilages n’a pu être obtenu au niveau national. « Mais ils devraient bien avancer la semaine prochaine », prévient l’experte. Elle explique que les premières coupes ont concerné les parcelles les plus dégradées. L’animatrice rappelle qu’il est tout de même important de ne pas récolter trop tôt, sous peine d’affecter potentiellement les capacités de conservation des fourrages. Elle indique par ailleurs que des surfaces théoriquement destinées au maïs grains ont dû être ensilées. « La grande question est : combien de surface de maïs grains passera en fourrage ? Nous n’avons pour l’instant aucune estimation précise, mais il est évident que ce sera plus élevé que d’habitude », déclare Anne-Sophie Colart.

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