Fil info

Les députés ont rejeté le 4 novembre à l’unanimité le projet de budget de l’État pour 2027. 458 députés issus des tous les groupes, y compris ceux soutenant le gouvernement, ont rejeté la partie « recettes ». Un résultat qui envoie tout le texte au Sénat dans sa version initiale, pour un examen à partir du 20 novembre dans l’hémicycle. Passent ainsi à la trappe deux amendements de l’exécutif qui étendaient à l’agriculture le Pacte Papin, pour faciliter la transmission. Le gouvernement en avait proposé deux autres afin d’assouplir la fiscalité du secteur agricole, comme prévu dans le cadre du plan de relance. L’un étendait le bénéfice du suramortissement des projets d’avenir agricoles (PAA) aux membres des coops ou Cuma portant ce type d’initiative. L’autre assouplissait les conditions de reprise de Dotation pour épargne de précaution (DEP) « en cas de consommation des stocks de fourrage assimilés à de l’épargne monétaire », en autorisant les exploitants à différer la réintégration des déductions jusqu’au deuxième exercice suivant l’exercice de consommation du fourrage, le temps pour eux de reconstituer leurs stocks. Enfin, l’exécutif soutenait le dégrèvement de la TFPNB (taxe sur le foncier non bâti), en garantissant l’effectivité de l’obligation faite au bailleur de répercuter le bénéfice de cette remise sur le fermier.

Agra

Le secteur laitier se caractérise par des « perspectives de ralentissement de la production laitière et d’augmentation des coûts d’alimentation des vaches laitières en Europe et en France dans les mois à venir », indique le Cniel (interprofession) dans sa dernière note de conjoncture publiée le 5 novembre. L’hémisphère Sud, de son côté, « sous la menace d’un phénomène météo El Niño exceptionnel, pourrait là aussi ralentir la production laitière ». Pour l’Europe, « les prévisions sur les mois à venir sont davantage pessimistes, compte tenu du manque de fourrage dans de nombreux pays », ce qui pourrait déboucher sur des décapitalisations et une réduction des capacités de production. Sur les 12 derniers mois, la production reste toutefois très dynamique, à au moins +3 % en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis ou dans l’UE. En France, la collecte de lait de vache était en légère progression (+0,4 %) an août, par rapport à août 2025 (1,89 milliard de litres), selon la note de conjoncture d’octobre de FranceAgriMer, publiée le 2 novembre. D’après le sondage réalisé début octobre, « la hausse de la collecte s’amenuisait dans les Hauts-de-France, et n’était plus visible dans le Grand-Est », et « les volumes semblaient décrocher plus nettement dans les Pays-de-la-Loire et en Bretagne ». Des tendances qui restent à confirmer, selon FranceAgriMer.

Agra

D’après le bulletin d’Interbev paru le 5 novembre, les cotations de presque toutes les catégories de bovins ont décroché en semaine 44 (du 26 octobre), à l’exception des jeunes bovins (JB). Ces animaux engraissés en France (par opposition aux broutards exportés maigres) voient leur cours progresser de 2 ct€/kgéc en une semaine, à 6,49 €/kgéc pour la conformation U et 6,29 €/kgéc pour les JB R. Dans son bulletin Tendances, l’Institut de l’élevage note que « les abattages de jeunes bovins sont très dynamiques depuis fin août, ce qui a permis de répondre à une demande européenne qui se renforçait avec la rentrée de septembre ». La viande des JB français est en grande partie exportée. De leur côté, les broutards poursuivent leur seconde phase de baisse de l’année, entamée à la mi-septembre. Les limousins de 300 kg accusent une lourde chute (-11 ct, à 4,89 €/kg vif) ; les charolais de 300 kg progressent, eux, de 4 ct, restant à un niveau bas depuis la chute des prix du printemps (4,40 €/kg vif). Du côté des vaches, les laitières, plus nombreuses à être réformées pour cause de sécheresse, reculent plus fortement que les allaitantes : les vaches O (laitières) cèdent 7 ct en une semaine (à 5,54 €/kgéc), quand les vaches U et R (allaitantes) reculent de 2 ct (à 7,78 €/kgéc et 7,07 €/kgéc respectivement).

Agra

Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen ont très largement adopté (par 44 voix et deux abstentions), le 4 novembre, le projet de rapport d’initiative de l’Irlandaise Maria Walsh (PPE, droite) concernant le renouvellement des générations en agriculture. Alors que les discussions sont en cours, ils appellent notamment à ce que 10 % du budget de la prochaine Pac soient réservés exclusivement aux jeunes agriculteurs. Une recommandation que Maria Walsh estime « sans aucun doute ambitieuse, mais absolument nécessaire ». Les eurodéputés plaident également en faveur d’instruments financiers adaptés, qui pourraient prendre la forme de prêts à taux réduit par exemple, ainsi que d’outils pour protéger les jeunes agriculteurs contre l’instabilité climatique et des marchés. Par ailleurs, ils souhaitent que des mesures soient mises en place afin de garantir la présence de services essentiels, d’infrastructures et des conditions de vie nécessaires dans les territoires ruraux afin d’attirer les jeunes agriculteurs. Enfin, ils demandent des mesures pour lutter contre les inégalités de genre alors que seulement 26 % des agriculteurs de moins de 40 ans sont des femmes. Le texte doit à présent être définitivement validé en séance plénière.

Agra

La réinscription du Brésil dans la liste des pays autorisés à exporter de la volaille et du miel vers l’Union européenne sera soumise au vote des experts des États membres lors du prochain Scopaff* sur les contrôles et conditions d’importation les 16 et 17 novembre, a indiqué un porte-parole de la Commission européenne à Agra Presse le 4 novembre. Le premier exportateur mondial en avait été exclu le 3 septembre en raison de son incapacité à prouver qu’il n’utilise pas d’antibiotiques comme facteur de croissance dans les volailles destinées au marché européen. Lors du dernier Scopaff, les 20 et 21 octobre, « la Commission a présenté les résultats de l’audit mené au Brésil sur la viande de volaille et le miel, qui se sont révélés positifs, sans formuler de recommandations ». L’exécutif européen « a confirmé son intention de proposer la réinscription du Brésil pour ces deux produits », a précisé son porte-parole. En 2025, l’UE a représenté 4,5 % des exportations brésiliennes de poulet (pour 672 M€). En revanche, pour la viande bovine, également exclue du marché européen pour les mêmes raisons, « la Commission n’a actuellement pas l’intention de proposer la réinscription ». Selon son porte-parole, « le Brésil n’est pas encore en capacité de certifier sa conformité de manière fiable sur toute la durée de vie » des animaux. *Comité permanent sur les plantes, les animaux et l’alimentation

Agra

À 9,21 €/kgéc en semaine 43 (du 19 octobre), le cours de l’agneau entrée abattoir était supérieur de 4,5 % à celui de la même semaine de 2025, apprend-on dans le bulletin hebdomadaire d’Interbev. Une hausse due à la faiblesse des volumes disponibles, résultat d’importations de viande ovine « toujours en repli » et d’une « production [française] relativement stable », analyse l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du mois d’octobre. Cumulée sur les huit premiers de 2026, l’offre de viande ovine disponible est en repli de 2,8 % par sur un an, à « 23 % sous la moyenne 2015-2019 (avant Covid et Brexit) ». La sécheresse estivale a encore aggravé le manque en freinant la croissance des agneaux. Après son habituel creux estival, le cours des agneaux va donc entamer sa remontée saisonnière (fêtes de fin d’année) depuis un niveau déjà élevé. Comme le remarque l’Idele, « pour certaines conformations, on constate toujours un écart de plus d’un euro entre les bassins Nord et Sud de la France, avec un prix plus élevé dans le Sud ». L’institut technique rappelle que « la saison de production bat son plein dans le Nord », ce qui « pèse sur les prix ». Au contraire, dans le Sud, « le creux de production démarre tout juste, et devrait se prolonger jusqu’à fin novembre ».

Agra

L’Ilec, qui représente les grands industriels fournisseurs de la distribution, a dénoncé le 3 novembre le comportement d’une alliance à l’achat dans le cadre des prochaines négociations commerciales, sans toutefois la nommer. «Une alliance à l’achat représentant plus d’un tiers du marché français impose actuellement de la déflation pour 2027. Elle fixe la fin des négociations dès l’automne et généralise les arrêts de commande», déplore l’Ilec, alors même que les négociations commerciales commenceront officiellement le 1er décembre et que les fournisseurs envoient actuellement leurs conditions générales de vente. Elle demande que cesse immédiatement cette pratique. L’Ilec demande aussi à l’Etat plusieurs mesures : «un suivi resserré des négociations, avec la participation directe des dirigeants des enseignes», qui n’ont pas participé au comité de suivi du 2 novembre, sous forme de «deux réunions supplémentaires d’ici fin décembre, puis deux par mois en janvier et en février ; le contrôle, dès maintenant, de la non-négociabilité de la matière première agricole (MPA) ; la non-négociabilité des coûts des matières premières agricoles, notamment lorsque les manquements résultent d’aléas agricoles ; et la sortie des centrales d’achat européennes de tous les produits contenant de la matière première agricole française». Source Agra

Agra

Entre sécheresse et faible prix du lait, le cheptel français de vaches laitières continue de reculer, tandis que celui de vaches allaitantes «confirme sa reprise» démarrée cet été, indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. Avec 3,159 millions de vaches au 1er septembre, le troupeau laitier recule de 1,7 % en un an ; une baisse dont le rythme ralentit toutefois depuis début 2026. Ces dernières semaines, le mouvement s’est poursuivi, avec des réformes laitières «un peu plus nombreuses» et des abattages en hausse de 5,6 % sur un an durant les semaines 34 à 41 (17 août-4 octobre). Une offre supplémentaire qui «pèse quelque peu sur les cours» : selon le bulletin hebdomadaire d’Interbev pour la semaine 43 (du 19 octobre), la vache O cotait 5,61 €/kgec, soit 34 ct de moins en dix semaines. De leur côté, «les réformes allaitantes demeurent jusqu’ici très ralenties ce qui permet aux cours de résister à la baisse saisonnière» (-8,4 % d’abattages sur les semaines 34-41), constate l’Idele. Au 1er septembre, la France comptait 3,326 millions des vaches allaitantes (+0,8 % sur un an). À l’œuvre depuis juillet, cette résistance s’explique par «la progression du prix des animaux et au retour d’une meilleure fertilité après les épisodes de maladies vectorielles». Source Agra

Agra

Les importations françaises de viande bovine «ont plongé en été», avec des baisses annuelles de 10 % en juin, 21 % en juillet, puis 14 % en août, rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. En cumul de janvier à août, les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée sont inférieures de 6 % par rapport à la même période de 2025 (à 217 000 téc). Ce ralentissement peut être relié à un coup de frein sur la demande, qui peut s’expliquer par les fortes chaleurs de l’été : la consommation par bilan a chuté de 7 % en juin et de 8 % en juillet par rapport à 2025. Comme le note l’Idele, «les importations d’août 2026 ont été d’autant plus faibles que les abattages ont progressé en France ce mois-là» (+5 % en gros bovins, notamment grâce aux vaches laitières). Résultat : la part des importations dans la consommation hexagonale est au plus bas depuis trois ans, à 22 % en août (24 % en cumul depuis le début 2026, contre 26 % sur la même période de 2025). L’ensemble des origines recule – UE comme pays tiers – à l’exception notable de l’Allemagne, qui profite d’un « différentiel de prix» de «48 ct€/kgéc en moyenne depuis le début de l’année». Source Agra

Agra

Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, les députés ont instauré, le 2 novembre en séance publique, divers crédits d’impôt sur le bien-être animal, un éco-prêt à taux zéro, ou encore la formation des exploitants. Ils ont adopté, malgré les avis défavorables du gouvernement et du rapporteur général Philippe Juvin (DR), un amendement socialiste créant un dispositif fiscal pour accompagner la fin des systèmes en cage. Le taux du crédit d’impôt est fixé à 25 % du montant des dépenses, dans la limite de 15 000 € par exploitation et par an. Toujours malgré les avis défavorables du gouvernement et du rapporteur, les députés ont voté un amendement Modem créant un éco-prêt à taux zéro agricole. Cette mesure prend la forme d’une avance, jusqu’à 100 000 € par exploitation avec dix ans de remboursement maximum, pour financer des investissements de transition agroécologique, d’adaptation au changement climatique ou de réduction de la consommation d’énergie et d’intrants. Enfin, un amendement du bloc central, adopté contre les avis du gouvernement et du rapporteur, réintroduit le crédit d’impôt formation au titre de l’année 2027.

Agra