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La Commission européenne a fait savoir, le 18 mars, que sa présidente, Ursula von der Leyen, se rendra en visite officielle en Australie du 23 au 25 mars afin de «renforcer les liens avec un partenaire de confiance et partageant les mêmes valeurs dans la région indo-pacifique» alors que les pourparlers commerciaux semblent entrer dans leur dernière ligne droite. De son côté, le Premier ministre australien, Anthony Albanese a confirmé qu’il rencontrerait la présidente de la Commission européenne, le 24 mars à Canberra. Dans un contexte géopolitique complexe marqué par des tensions commerciales avec les Etats-Unis et la Chine, Ursula von der Leyen a fait de la conclusion des discussions avec l’Australie une priorité après avoir finalisé en 2026 celles avec les pays du Mercosur et l’Inde. Mais le sujet agricole demeure un point particulièrement sensible des négociations, notamment l’accès au marché de l’UE pour la viande rouge australienne. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont une nouvelle fois rappelé, le 17 mars, leurs «sérieuses inquiétudes quant à l’équilibre et l’équité du résultat». Source Agra

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Les eurodéputés de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, réunis le 18 mars à Bruxelles, ont unanimement appelé la Commission européenne à intervenir sur le marché laitier européen via notamment un programme de réduction volontaire de la production pour faire face à la crise qui se profile. Plusieurs ministres de l’agriculture (Italie, Hongrie…) ont déjà adressé les mêmes demandes ces derniers mois lors des réunions mensuelles du Conseil. Selon les chiffres de l’observatoire européen du marché laitier, le prix du lait à la ferme dans l’UE a en effet entamé une baisse depuis le mois d’août 2025. Il se situait en décembre 2025 à 48,15 centimes/kg soit un niveau inférieur de 12 % à celui de décembre 2024. Dans de nombreux pays, les coûts de production sont désormais supérieurs au prix de vente. «La question est toute simple : est-ce que la Commission européenne a l’intention d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard ?», résume l’eurodéputé roumain Daniel Buda (PPE). Pour l’instant Bruxelles se contente de surveiller le marché et rappelle qu’en 2016 la programme de réduction de la production avait couté 150 000 millions d’euros. Le Français Éric Sargiacomo (S&D) a par ailleurs demandé l’ouverture d’une enquête de l’Autorité européenne des marché financier (AEMF) pour s’assurer du bon fonctionnement du marché à terme du beurre de l’EEX à Liepzig où, selon lui, la spéculation totalement «déconnectée de la réalité des agents économiques» est en partie responsable de la chute des prix du lait. Source Agra

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Alors que la Commission européenne prévoit de présenter avant l’été une stratégie sur l’élevage, la commission de l’agriculture du Parlement européen a adopté le 18 mars un rapport d’initiative dans lequel elle fixe ses priorités dans cette optique. Les eurodéputés soulignent le rôle stratégique du secteur de l’élevage pour la sécurité alimentaire, les économies rurales et la nutrition. Ils demandent la création d’un groupe de haut niveau sur l’élevage afin d’élaborer des solutions adaptées à la diversité régionale. Les parlementaires insistent sur la nécessité de soutiens renforcés à l’innovation, à la promotion des produits d’élevage de l’UE à l’étranger (étiquetage plus clair, protection des indications géographiques) et aux mesures contre les maladies animales (stratégies coordonnées de vaccination, systèmes de détection précoce et de partage de données, banque de données de vaccination centralisée, dispositifs d’indemnisation des éleveurs). Il souhaitent aussi que des efforts soient faits pour garantir que les normes de l’UE en matière de bien-être animal, de santé et de performance environnementale soient prises en compte dans tous les accords commerciaux. Ce rapport d’initiative doit désormais être adopté lors d’une prochaine plénière à Strasbourg, probablement lors de la session d’avril (27-30). Source Agra

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Dans une brochure publiée en mars détaillant le rôle de la méthanisation dans son scénario Afterres2050, l’association Solagro a élaboré 17 propositions afin de rendre l’activité « durable », soit compatible avec la notion d’agroécologie, tout en sécurisant la rentabilité financière des projets. Parmi ces mesures: l’instauration d’une prime « différenciée selon les catégories d’intrants, en fonction de leur intérêt et de leurs contraintes : effluents d’élevage, résidus de culture, CIVE, herbes de fauche, biodéchets » (aucune prime pour les cultures dédiées). Autre proposition : « ajouter une prime au tarif d’achat du biométhane sous condition de financement participatif, avec preuve annuelle d’un maintien au capital social de la société ». Ensuite, Solagro recommande que les aides actuelles à l’investissement soient complétées par « des aides régionales modulées grâce à un système de notation prenant en compte des critères écologiques et sociaux ». Par ailleurs, afin de garantir la solvabilité des projets auprès des banques, l’association juge nécessaire de « maintenir un tarif d’achat garanti pour des sites inférieurs à 25 GWh/an », et de « moduler les CPB (certificats de production de biogaz) selon la taille » des installations.

La rédaction

Dans le cadre de son projet de « transformation », la FNSEA va présenter son premier chantier, celui du « recalcul de la cotisation », lors de son congrès 2026 à Caen (Calvados), le 25 et 26 mars, a indiqué Arnaud Rousseau le 17 mars lors d’un point avec la presse. Suite au congrès, où le Seine-et-Marnais se présente à sa succession, il prévoit de lancer une «réforme de la gouvernance», notamment les droits des fédérations départementales. «De plus en plus de fédérations départementales n’arrivent pas à se mettre à jour de leur cotisations ce qui ne leur permet pas d’envoyer d’administrateurs à la FNSEA, explique Arnaud Rouseau. Je ne veux pas d’une FNSEA à deux vitesses». Les travaux sur les cotisations et la gouvernance sont deux des six axes du projet « Réseau FNSEA Transformation », lancé en 2024 dans la continuité de « FNSEA 2025 » (démarré lui en 2019). Un autre axe sur la communication devait aussi aboutir au congrès 2026, avec l’objectif de « s’adresser directement aux agriculteurs » et non plus aux seuls adhérents. Les autres axes : influence, stratégie RH pour l’ensemble du réseau et organisation des différents échelons.

La rédaction

Après plusieurs semaines de blocage, les rapporteurs de la commission du Commerce international (Cominta) sont donc parvenus à un accord, à l’occasion de leur réunion du 17 mars, afin de reprendre leurs travaux au sujet des textes mettant en musique l’accord commercial UE/États-Unis conclu en juillet qui visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains. Les eurodéputés de la Cominta se prononceront donc bel et bien sur ces textes le 19 mars. A la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis de déclarer illégales les surtaxes « réciproques », puis l’annonce, dans la foulée, de nouveaux tarifs par Donald Trump, le Parlement européen avait décidé le 23 février de suspendre ses travaux insistant pour obtenir des garanties de Washington avant de procéder au vote. « La coopération concernant la clause « sunrise » permet de trouver le juste équilibre, en nous permettant de faire face aux incertitudes tout en apportant aux entreprises européennes la clarté et la prévisibilité dont elles ont tant besoin », estime le coordinateur du groupe PPE (droite), le Suédois Jörgen Warborn. Le PPE souhaite aller vite et « exige » qu’un vote en séance plénière soit organisé lors de la session du 23 au 26 mars.

La rédaction

Les agriculteurs français se montrent à 88 % favorables aux contrats pluriannuels calculés sur la base de leurs coûts de production, contre 5 % pour un système basé sur les marchés internationaux, avec des prix qui varient selon l’offre et la demande, selon une enquête Toluna-Harris Interactive pour Agri-Éthique France publiée le 13 mars. Toutefois, leur opinion varie selon la conjoncture. Les agriculteurs sondés sont très partagés (50 % d’accord, 49 % opposés) sur le fait de signer un contrat pluriannuel basé sur des coûts de production avec une rémunération « correcte », mais inférieurs aux prix du marché « dans le cas où le prix du marché pour votre production est élevé ». En termes de transparence, ils sont plutôt d’accord pour partager leurs prix de vente et coûts de production, mais pas leurs marges ni les revenus de leur exploitation. Ils s’estiment plutôt mal informés sur « les marges et la répartition de la valeur entre [leur] premier acheteur (collectif ou négoce) et l’aval de la filière (industriels, marques et distributeurs) ». Cette enquête d’opinion est publiée alors que les négociations commerciales annuelles viennent de se terminer. La transparence des marges réalisées par la transformation est une revendication du monde agricole et tout particulièrement de l’amont laitier

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Lors d’une conférence de presse tenue à Poitiers le 12 mars durant son congrès annuel, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) a alerté sur la situation de « permacrise » (situation de crise permanente, NDLR) qui frappe ses adhérents et le secteur agricole de manière générale. Les effets du changement climatique sont croissants, induisant des calendriers d’intervention « de plus en plus contraints », qui fragilisent l’équilibre « économique des chantiers ». La guerre au Moyen-Orient n’arrange rien, à l’origine de la flambée des coûts de l’énergie. La FNEDT rappelle enfin que « les injustices » réglementaires françaises viennent se superposer aux chocs externes. Afin de les corriger, et de permettre à ses adhérents de supporter au mieux les crises, l’organisation a rappelé ses principales doléances auprès des pouvoirs publics. Par exemple, elle demande que soit créé « un cadre équitable entre les différents acteurs », notamment au sujet de l’agrément pour l’application des produits phytosanitaires, mais aussi en matière de foncier. L’organisation réclame ainsi de pouvoir construire leurs bâtiments en zone agricole, et non pas en zone artisanale, les éloignant de leurs clients.

La rédaction

Le projet de loi d’urgence agricole (PLUA) qui a fuité le 11 mars supprime la notion de « point de prélèvement sensible » en effaçant du Code de l’environnement l’article L211-11-1, qui créait ce nouveau type de captage et prévoyait de définir les paramètres et seuils par arrêté interministériel. Ce même arrêté fait l’objet d’âpres négociations depuis des mois en Groupe national captages (GNC). À la place, le PLUA crée la notion de « points de prélèvement prioritaire », dont les conditions seront définies par un décret en Conseil d’État, selon l’article 8 du projet de texte. Pour l’instant, les contours de la notion de « points de prélèvements prioritaire » ne sont pas clairs. « Nous ne savons pas encore si le gouvernement avait l’intention, dans la rédaction, de recouvrir uniquement les captages prioritaires ou d’aller en-deçà ou au-delà », confie l’association Générations futures. De son côté, le ministère de la Transition écologique indique que le travail à venir portera « sûrement sur les captages prioritaires et les captages sensibles », tout en précisant que ce périmètre est « à confirmer », car il n’y a « rien d’acté pour le moment » sur une éventuelle fusion des deux catégories. Il assure que le travail en GNC « reprendra activement une fois la loi votée ». Le 12 février, la ministre Monique Barbut avait tenté de rassurer la FNSEA sur l’étendue des futurs zonages.

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La Commission européenne a ouvert le 13 mars (jusqu’au 10 avril) une consultation publique sur sa future stratégie sur l’élevage qui devrait être présentée avant l’été. L’initiative vise à alléger « un ensemble de pressions structurelles et quotidiennes » qui fragilisent le secteur de l’élevage de l’UE et plus particulièrement le secteur des ruminants, souligne Bruxelles. Parmi elles: décapitalisation, maladies animales, nécessaire réduction de l’empreinte environnementale, ou encore normes strictes de l’UE, notamment en matière de bien-être animal, dont le coût n’est pas toujours récompensé par le marché. La Commission européenne souhaite à la fois apporter des réponses aux exploitations des régions où la concentration de la production est importante qui doivent réduire leurs externalités négatives et à celles des territoires où l’élevage joue un rôle clé dans l’emploi, la gestion des terres et les chaînes de valeur locales. Pour y répondre, elle table sur: l’innovation, les approches territoriales, la valorisation des produits animaux de grande qualité, l’économie circulaire, la promotion des systèmes de pâturage, les investissements dans le bien-être animal, la traçabilité et les systèmes de certification. Au Parlement européen, la commission de l’Agriculture doit de son côté adopter le 18 mars un rapport d’initiative sur les moyens d’assurer « un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE » préparé par le conservateur italien Carlo Fidanza qui donnera la position des eurodéputés sur ce dossier.

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