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Les distributeurs français ne parviennent pas à promouvoir une alimentation plus saine, révèle une évaluation publiée le 5 février, menée par la fondation mondiale «Initiative pour l’accès à la nutrition» (ATNi). L’étude a analysé les stratégies d’E.Leclerc, Carrefour et Intermarché, qui représentent près de la moitié du marché de la grande distribution alimentaire en France. Premier constat : les promotions privilégient les produits les moins favorables à la santé, avec moins d’un quart de l’espace publicitaire consacré à la promotion d’aliments plus sains. L’étude souligne également la mauvaise qualité nutritionnelle des produits de marque propre. «Sur plus de 8 000 produits de marque propre évalués, seuls 25 % obtiennent un Nutri-Score A ou B», précise l’ATNi. Autre frein identifié : le prix. Chez Carrefour et E. Leclerc, les paniers alimentaires plus sains sont en moyenne 23,5 % plus chers que les paniers moins sains. Face à ces constats, la fondation appelle les distributeurs et les décideurs politiques, notamment, à fixer des objectifs clairs pour promouvoir et augmenter les ventes de produits plus sains, à accélérer la reformulation des produits de marque propre, à renforcer l’encadrement du marketing ciblant les enfants et à rendre les aliments sains plus abordables.  Source Agra

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La consommation alimentaire à domicile est repartie à la hausse en France en 2025, à +2,6% sur un an en valeur, selon les données du panel consommateurs Worldpanel by Numerator qui suit les achats de produits de grande consommation (PGC) et de produits frais traditionnels (PFT). Avec 137,5 milliards d’euros dépensés, il s’agit du niveau le plus élevé des dernières années, à +22% par rapport à 2022. Les PGC, qui représentent 71% des achats alimentaires, sont en hausse en volume à +1,2% en 2025 vs 2024, tandis que les PFT progressent de 2,4%. Cette reprise est d’autant plus notable qu’elle fait suite à plusieurs années de baisse de la consommation. Les PGC et les PFT étaient en recul chaque année depuis 2021. Même changement pour les marques nationales dont les ventes redeviennent positives (+0,8%) en 2025 vs 2024, et pour la première fois depuis 2022. Les marques de distributeurs continuent leur progression soutenue à +1,4% par rapport à l’année précédent. Autre évolution notable : la stabilisation des ventes de PGC et de produits frais en libre-service (FLS) bio en GMS, une première après 4 années de recul, selon les données du panel distributeurs Circana. Les MDD bio se renforcent encore par rapport aux marques nationales en 2025, représentant 35,9 % des ventes de produits bio en GMS, soit + 2,5 % vs 2019.

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A l’occasion d’un point presse le 5 février, François-Xavier Huard, le PDG de la Fnil (industriels), s’est montré particulièrement offensif pour dénoncer le comportement des centrales d’achat européennes. Selon lui, une centrale d’achat comme Everest (Intermarché, Auchan, Casino, Edeka, Picnic…) déréférence 100% des produits de grande consommation de Lactalis en Allemagne et 30% en France depuis deux semaines, dans le cadre des négociations commerciales annuelles. Or cela est « illégal », a-t-il souligné. Autre grief : l’obligation faite aux industriels par les distributeurs d’acquérir des données auprès des centrales de services, alors que ces données sont « inutilisables », avant même de pouvoir accéder aux centrales d’achat. Or les tarifs des centrales des services relèvent du « racket ». La Fnil dénonce aussi une concentration renforcée des centrales d’achat européennes. Face à ce constat, la Fnil demande d’exclure des alliances internationales les produits à forte composante agricole comme les produits laitiers et d’imposer la négociation à l’échelle française pour les produits fabriqués, vendus et consommés en France. La Fnil veut aussi alourdir les sanctions infligées aux distributeurs pour dissuader les pratiques déloyales.

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L’Anses a diffusé le 5 février de nouvelles mesures à prendre pour réduire le nombre de cas de toxi-infections liées à la consommation de fromages au lait cru. Cet avis, dont une première partie a été publiée en 2022, fait suite à une saisine de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) datant de 2019. L’Anses préconise de rendre les troupeaux bovins indemnes de bactéries identifiées comme particulièrement à risque pour l’être humain comme les Salmonella Dublin et des Escherichia coli producteurs de shigatoxines, plus précisément celles du sérogroupe O26 appartenant au groupe I (STEC O26 groupe I). En fonction des pathogènes, les auteurs recommandent de tester (sérologie) le lait ou les animaux, ou d’introduire dans les troupeaux uniquement des nouveaux animaux issus de troupeaux indemnes, ou de renforcer l’hygiène. Des propositions visent aussi la fabrication : l’acidification rapide du lait ralentit la multiplication des bactéries, toute comme l’utilisation de ferments lactiques adaptés. « Les auto-contrôles réalisés par les professionnels constituent un outil efficace », notent les auteurs. Enfin, l’Anses rappelle que « les populations les plus à risques devraient éviter de manger des fromages au lait cru, à l’exception des fromages à pâte pressée cuite » et qu’il faut conserver les fromages à une température ne dépassant pas 4°C. La filière du lait cru rassemblée au sein du Cnaol demande la mise en place depuis plusieurs mois d’un plan de sauvegarde du lait cru.

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L’Espagne a donné son accord pour recevoir des bovins vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) issus de la zone vaccinale du Sud-Ouest (ZV 1), jusque-là exclue, a annoncé Annie Genevard sur X le 5 février. Les exportations d’animaux (en premier lieu des petits veaux et des broutards) pourront « reprendre dès le mois de mars sous certaines conditions », non précisées, indique la ministre de l’Agriculture. La ZV 1 regroupe les départements concernés par la campagne de vaccination préventive élargie qui ne présentent pas de foyer de DNC : Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Tarn et Hérault. Le 27 janvier, la Rue de Varenne avait annoncé avoir obtenu l’accord de l’Espagne pour les importations des seuls bovins issus de la ZV 2. Cette zone vaccinale comprend les départements ayant connu des foyers ou inclus dans des zones réglementées : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et 500 communes dans le Sud-Ouest. Les sorties de bovins sont encore interdites dans la dernière zone réglementée, qui englobe les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Ariège, ainsi qu’une partie de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées. Par ailleurs, la campagne de vaccination dans les dix départements du Sud-Ouest est quasiment achevée (à 96,5 %, selon le bilan du ministère au 29 janvier).

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Au 9 décembre, la crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a coûté 42 millions d’euros (M€) à l’État, selon un rapport d’information adopté par les sénateurs de la commission des Affaires économiques le 4 février. Une somme qui ne comprend ni la vaccination élargie dans le Sud-Ouest (750 000 bovins) ni le fonds d’urgence de 22 M€ pour les aides économiques. Devant ce coût «écrasant», les élus proposent de «solliciter l’activation de la réserve de crise européenne pour tenter d’obtenir un cofinancement», selon le rapporteur Christian Redon-Sarrazy (socialiste, Haute-Vienne). Dans le détail, les deux principaux postes sont les frais vétérinaires (21,3 M€) et les indemnisations sanitaires aux élevages dépeuplés (15 M€). La vaccination représentait à l’époque 3,1 M€, les analyses 100 000 € et les frais liés la biosécurité 800 000 € ; 1,7 M€ de dépenses diverses sont regroupées dans un catégorie «autres». «Les acteurs du monde agricole [sont] globalement satisfaits» des indemnisations, notent les sénateurs, à l’exception des aides aux élevages laitiers touchés par un abattage sanitaire. Outre la valeur des animaux abattus, ces indemnisations prennent en compte un «déficit de momentané de production» sur une période de trois mois. Des pertes «sous-estimées», selon M. Redon-Sarrazy, qui propose de passer à six mois.

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Alors que la stratégie vaccinale 2026 contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) doit bientôt être décidée, un rapport d’information du Sénat adopté le 4 février propose «d’anticiper le déploiement de ces opérations pour ne pas être pris de court». Les sénateurs de la commission des Affaires économiques ont adopté à l’unanimité ce document issu d’une mission d’information «flash» transpartisane, lancée en novembre 2025. Une réunion du Cnopsav («Parlement du sanitaire») est prévue le 9 février, au cours de laquelle sera fixée la nouvelle stratégie vaccinale. Sans préjuger de la décision, les sénateurs – qui ne siègent pas au Cnopsav – posent «la question de la revaccination des zones vaccinales au printemps». Le rapport souligne que «certains animaux [risquent] de se retrouver sans protection vaccinale à l’été 2026» (veaux, bovins adultes vaccinés depuis plus d’un an, etc.) et invite les pouvoirs publics à s’assurer «que le stock de vaccins disponibles est suffisant». En revanche, les élus s’opposent à une vaccination préventive dans toute la France. Selon le rapport (qui cite le ministère), une telle campagne présenterait un coût direct de 345,8 M€. Quant à la perte du statut indemne, elle provoquerait «5 à 10 Md€ de pertes annuelles», directes et indirectes.

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Aux Pays-Bas, une vache laitière a été testée positive au virus de l’influenza aviaire H5N1 le 15 janvier, selon le Bulletin hebdomadaire de veille sanitaire internationale sur la santé animale (BHVSI SA) de l’Anses daté du 27 janvier. « Le dépistage de ce bovin a été réalisé dans le cadre d’une enquête épidémiologique dans une ferme où un chat avait été confirmé infecté par un virus de l’IAHP H5N1 fin décembre 2025. La vache avait présenté une mammite et des signes respiratoires en décembre 2025 mais était rétablie au moment de la réalisation des prélèvements », indique l’Anses. Les autorités locales précisent que des tests PCR ultérieurs réalisés sur des échantillons individuels de lait, de lait de tank et de sang n’ont révélé aucune preuve de circulation virale active. D’autres tests sont en cours pour savoir si d’autres animaux ont été touchés par le virus. Tout le lait de la ferme a été pasteurisé, permettant d’éliminer le virus, et celui de la vache contaminée exclu de la consommation humaine du fait de la mammite. C’est le premier cas à l’échelle européenne d’une vache laitière touchée par le virus de l’influenza aviaire H5N1. Aux Etats-Unis, environ 1000 troupeaux de vaches laitières ont été touchés depuis 2024 par ce virus. En décembre, l’Efsa estimait le risque d’introduction en Europe très faible, et l’impact potentiel important, notamment pour la filière lait (voir notre enquête).

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Le Président Emmanuel Macron a indiqué, le 3 février à l’occasion d’un déplacement dans une ferme en Haute-Saône, vouloir pousser pour «des objectifs de production au niveau européen, filière par filière», afin d’éviter de «dépendre» et de «déléguer notre alimentation à d’autres», sans préciser exactement dans quel cadre ces objectifs pourraient être fixés. Il en existe déjà pour la production protéines végétales dans l’UE assortis d’outils incitatifs, comme les aides couplées à la production, dont les Etats membres peuvent se saisir dans le cadre de leurs plans stratégiques nationaux. Dans ses propositions pour la future Pac, la Commission européenne a décidé de porter le plafond pour ces aides couplées de 15% actuellement 20%. Bruxelles va aussi lancer, dans les prochaines semaines, des discussions filière par filière avec les partie prenantes pour faire le point sur la situation des secteurs. A l’échelle française, des objectifs de production – non contraignants – doivent être fixés pour chaque filière dans le cadre des Conférences de la Souveraineté, dont les groupes de travail livreront leurs premiers résultats au Salon de l’agriculture, avant des synthèses régionales au printemps, et «un plan de production national et territorialisé» d’ici la fin de l’année.

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À l’occasion des Assises du déclin agricole le 2 février, le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé, a émis le souhait qu’il y ait « davantage de programmes opérationnels dans la Pac », pour mieux « orienter la production ». Interrogé en marge de l’évènement, l’éleveur explique qu’il souhaite en faire « un des éléments contributifs des conclusions des Conférences de la souveraineté ». Dans le détail, le vice-président de Terrena mise davantage sur la prochaine programmation de la Pac que l’actuelle, même s’il faut utiliser « toutes les latitudes ». Dans la déclinaison nationale de la Pac actuelle (PSN), la France avait prévu de réorienter 0,5 % des aides directes vers le cofinancement de nouveaux PO (hors filière fruits et légumes), pour un montant de 10 M€. Les secteurs suivants avaient été choisis : fourrages séchés ; plantes vivantes et produits de la floriculture ; veaux sous la mère Label rouge ; oléoprotéagineux et légumes secs ; et cuniculture. De nombreuses autres filières ont lorgné sur ces enveloppes, gérées par les organisations de producteurs (OP) : les filières luzerne, porc, lait conventionnel (Poplait) et bio – cette dernière a obtenu gain de cause en 2025 avec un programme opérationnel de 5 M€. Le secteur du riz avait finalement renoncé au dispositif.

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