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La Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) a lancé un appel aux régions et à l’Etat pour qu’ils « flèchent » les reliquats d’aides à la conversion en agriculture biologique (qui s’élèveraient à 150 M€ sur 2025), vers les fermes installées en agriculture biologique. Selon la Fédération, le montant non dépensé de ce dispositif PAC grimperait à 1 milliard d’euros sur la période 2023-2027, confirmant selon elle « un déséquilibre dangereux avec une aide conversion cinq fois plus dotée que l’aide au maintien ». « Ce sont les fermes bio qui en font les frais et qui arrêtent la bio, il faut arrêter l’hémorragie » explique Loïc Madeline, co-président de la FNAB rappelant que les surfaces bio ont reculé de 2 % en 2024 pour la deuxième année consécutive. Pour que ces fonds ne soient pas perdus, l’organisation propose qu’ils soient réaffectés en « dézonant » les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) « Systèmes Herbagers, Réduction des pesticides et Gestion de la fertilisation » afin que l’ensemble des producteurs bio puissent en bénéficier mais aussi en « priorisant » les projets bio dans les aides aux investissements.

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La Commission européenne a donné son feu vert, le 21 avril, à un régime d’aides d’Etat français de 300 millions d’euros (M€) destiné à octroyer des aides pour des services de conseil aux entreprises actives dans la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles. L’exécutif européen a estimé que ce régime est limité au strict minimum nécessaire et qu’il aura un impact limité sur la concurrence et les échanges entre États membres. Dans le détail, Bruxelles précise que l’aide sera accordée sous la forme de services subventionnés. Les services de conseil doivent être liés à l’un des objectifs spécifiques de la Pac complétés par l’objectif transversal de modernisation de l’agriculture et des zones rurales, notamment par l’amélioration de l’accès à la recherche et à la formation ainsi que par la promotion des connaissances, de l’innovation et de la transition numérique. Si l’aide couvre essentiellement des services de conseil individuels, des services collectifs pourront également subventionnés dans certains cas. Le régime s’applique jusqu’au 31 décembre 2032.

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À l’occasion d’un évènement à l’Assemblée nationale le 28 avril, Max Havelaar a présenté la première édition de son Observatoire de la rémunération agricole équitable, montrant que 43 % des agriculteurs dégagent un résultat courant avant impôt (RCAI) inférieur au Smic. Un indicateur qui, à lui seul, ne suffit pas à traduire fidèlement le niveau de vie des foyers agricoles. Pour rappel, au 1er janvier 2026, le Smic a été fixé à 1 443 € net par mois. L’association s’est basée sur les « micro-données » du Rica (Réseau d’information comptable agricole) pour la période 2015-2024. En moyenne, 14 % des exploitations enregistrent un résultat négatif, selon l’étude. Pour arriver jusqu’au niveau du Smic, il manque « en moyenne 3,3 milliards d’euros par an » (Md€), estime l’Observatoire. Un « déficit structurel » qui s’est récemment aggravé, atteignant 4,7 Md€ en 2023 et en 2024. Pour rappel, les fermes françaises perçoivent chaque année un peu moins de 9 Md€ d’aides européennes (premier et deuxième pilier de la Pac). Dans le détail, seules deux filières « apparaissent globalement plus résilientes » : viticulture (38 % d’exploitants sous le Smic) et grandes cultures industrielles (pommes de terre, betteraves, 34 %). Au niveau géographique, comme attendu, la précarité agricole frappe plus fort dans une grande moitié sud : 57 % d’agriculteurs sous le Smic en Occitanie, 51 % en Corse et Nouvelle-Aquitaine, 47 % en Auvergne-Rhône-Alpes.

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Le Parlement européen, réuni en plénière le 28 avril, a validé sa position sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, dans laquelle il demande une rallonge de 139,31 milliards d’euros (Md€) pour le budget de la Pac. Contrairement à ce que propose la Commission européenne, les eurodéputés souhaitent « un financement distinct, suffisant et clairement affecté à la Pac ». Ils se prononcent pour réintroduire le second pilier de la Pac (supprimé par la Commission européenne dans sa proposition initiale) avec une enveloppe pour les zones rurales de 106,41 Md€. L’enveloppe consacrée aux aides aux revenus serait, elle, revue à la hausse de 26,6 Md€. Au total, le budget de la Pac devrait donc atteindre donc 433 Md€ sur la période (contre 293,7 Md€ dans la proposition de Bruxelles). Enfin, les eurodéputés confirment le renforcement de la réserve agricole, dotée de 6,3 Md€ sur la période, soit 900 M€ par an. De leur côté, les dirigeants des pays de l’UE ont eu, le 24 avril à Nicosie (Chypre), une première discussion informelle sur le CFP qui doit alimenter les réflexions de la présidence chypriote pour élaborer un cadre de négociation chiffré en vue du sommet européen de juin. Ensuite, l’objectif affiché est de parvenir à un accord avant 2027, année électorale dans plusieurs États membres, notamment en France.

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Lors d’un conseil d’administration le 28 avril, Christophe Moulin a été réélu président de GDS France (groupements de défense sanitaire) pour un troisième mandat de trois ans. Il est accompagné d’un bureau de 15 membres, dont deux nouveaux. L’un d’eux est un apiculteur, ce qui constitue « un signe fort attendu par notre réseau », souligne M. Moulin. Pour les GDS, qui tenaient leur congrès les 23 et 24 avril à Avignon, ce nouveau mandat sera celui de « l’adaptation à la nouvelle ère sanitaire », dans un contexte de multiplication des épizooties et de réforme en cours (Assises du sanitaire). Dans son discours, Christophe Moulin a insisté sur l’importance du « maillage territorial » en matière sanitaire. « Sans la présence sur le terrain, on perd rapidement la légitimité pour mettre en œuvre les protocoles sanitaires » visant à lutter contre les maladies animales, rappelle-t-il. Un risque illustré par la récente crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et la controverse autour de l’abattage total. Le congrès d’Avignon a été marqué par la présence de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui a souligné « l’engagement sans faille » des GDS face aux crises sanitaires. Un signe de « reconnaissance » salué par le président de GDS France, après une année 2025 « éprouvante ».

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Après des éditions perturbées par les maladies animales, le Salon de l’agriculture, le Space et le Sommet de l’élevage ont envoyé un courrier à la ministre de l’Agriculture pour « se concerter et travailler ensemble » sur le volet sanitaire, annonce le directeur du Ceneca* Arnaud Lemoine le 28 avril sur LinkedIn. La démarche vise « à trouver ensemble les solutions pour continuer à montrer à nos visiteurs professionnels ou grand public, la diversité de l’élevage français ». Cette initiative est menée avec Races de France (organismes de sélection) et GDS France (groupements de défense sanitaire), et elle est « soutenue » par quatre associations spécialisées de la FNSEA (bovins viande, bovins, ovins, caprins). Elle « reste ouverte » à d’autres salons qui seraient intéressés, précise M. Lemoine, ajoutant qu’une « réunion de travail se tiendra après la loi d’urgence agricole ». En parallèle du cadre réglementaire, « l’idée est de définir des règles préalables pour maintenir autant que faire se peut les rassemblements d’animaux », précise le président de GDS France, Christophe Moulin. Le tout en évitant de « faire courir des risques aux exposants et aux acheteurs d’animaux ». * Société propriétaire du Salon de l’agriculture

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Dans un communiqué du 27 avril, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) réclame l’instauration, dans le cadre de la loi d’urgence agricole en discussion, des « sanctions dissuasives » à l’encontre des opérateurs qui ne respecteraient pas les organisations de producteurs (OP) et des « règles contraignantes » de détermination des prix d’achats du lait. Parmi ses « propositions concrètes », le syndicat suggère « une séparation claire entre le prix de base et la rémunération liée aux exigences environnementales spécifiques » et un encadrement strict de la durée des négociations commerciales. Ces dernières, lorsqu’elles « s’éternisent », profitent aux acheteurs et fragilisent les fermes, constate la FNPL, qui demande aussi « d’assurer un recours effectif au CRDCA (règlement des différends commerciaux, NDLR) pour mettre fin aux situations de blocage ». En termes de transparence, elle souhaite que des données économiques complètes soient transmises à l’OFPM (observatoire de la formation des prix et des marges) et que le « mix de produits » utilisé dans les formules de prix soit certifié par un tiers.

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Dans un communiqué du 24 avril, les Jeunes agriculteurs alertent sur la récente chute des prix des bovins viande, soulignant que « c’est l’ensemble des marchés du maigre et du gras qui recule ». Cette baisse intervient « avant même que les premiers veaux d’automne arrivent sur le marché », rappelle le syndicat, et alors que « l’offre reste structurellement basse » et que « la consommation européenne se maintient ». Accusant les « opérateurs de l’aval », les JA menacent de « durcir le ton » si ces entreprises « continuent de comprimer les prix dès que l’occasion se présente ». Selon les indicateurs publiés par Interbev (interprofession), les cours décrochent dans toutes les catégories d’animaux depuis la semaine 15 (du 6 avril). La semaine suivante, les baisses s’échelonnent entre 1 ct€/kg vif (broutards limousins de 300 kg) et 8 ct€/kgéc (jeunes bovins R et U). Toutes les cotations restent largement supérieures à celles de la même période en 2025. Dans son bulletin Tendances du 23 avril, l’Institut de l’élevage note que, malgré leur fléchissement, les prix des vaches françaises restent supérieurs de 54 centimes à la moyenne européenne ; un écart habituel en raison de l’appétit des Français pour la viande de femelles. Quant aux cours des jeunes bovins, s’ils « s’érodent », cette baisse est « habituelle en cette saison », rappelle l’Idele.

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Le niveau de risque en France lié à l’influenza aviaire est abaissé à partir de lundi 27 avril sur le territoire métropolitain, passant d’« élevé » à « modéré », une décision qui met fin à la quasi-totalité des mesures contraignantes de confinement des volailles, accueillie avec soulagement par les éleveurs. Le ministère de l’Agriculture a pris la décision en « considérant l’amélioration de la situation sanitaire au sein des élevages et dans l’avifaune sauvage », selon un arrêté paru le 27 avril au Journal officiel. Elle va permettre un allègement des mesures sanitaires : « Les obligations de mise à l’abri des volailles ne concernent plus que certaines zones sensibles du territoire national », a précisé le ministère à l’AFP. Prise « après concertation avec les scientifiques et les professionnels du secteur », selon le ministère, cette décision a été accueillie avec soulagement notamment dans le Sud-Ouest. Depuis août 2025, 121 foyers d’infection ont été recensés en France dans des élevages commerciaux et 30 foyers dans des basses-cours et chez des oiseaux captifs non commerciaux, selon un point du ministère de l’agriculture arrêté au 16 avril. En Europe, des cas subsistent en Pologne. Mais depuis le 16 avril, « il n’y a plus de cas actifs sur le territoire » métropolitain, a indiqué le ministère.

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En déplacement au congrès de GDS France (groupements de défense sanitaire), à Avignon le 24 avril, la ministre de l’Agriculture a annoncé une revalorisation du forfait « d’abattage diagnostique » pour la tuberculose bovine. Cette indemnisation est versée aux éleveurs dont les bêtes sont abattues pour détecter la présence de lésions internes, une opération nécessaire à la confirmation de l’infection après un test positif. Ce forfait passera à 3 350 € pour les bovins de plus de 24 mois, contre 2 500 € auparavant (soit une hausse de 850 €). La revalorisation se fera « avec effet rétroactif sur la campagne de prophylaxie 2025-2026 », a précisé Annie Genevard sur le réseau social X. Autant de modalités proches de ce que demandaient, lors d’une mobilisation fin mars, plusieurs FDSEA de départements touchés (Côte-d’Or, Calvados, Orne). Maladie transmissible à l’homme, la tuberculose bovine n’est présente que dans certaines régions bien définies (Sud-Ouest, Normandie, etc.), mais elle y provoque localement des impacts considérables. Par exemple, « environ 200 à 250 bovins » sont abattus en Côte-d’Or pour un diagnostic de confirmation, selon la FDSEA. Le début de l’année 2026 a été marqué par de nombreux cas, avec 50 foyers détectés à la mi-mars, selon le bilan officiel du ministère.

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