Fil info

A l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence agricole le 25 juin, le Sénat a adopté un amendement du gouvernement visant à rendre obligatoire l’indication du pays d’origine des viandes utilisées en tant qu’ingrédient dans les produits transformés. L’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes, ainsi que du lait, en tant qu’ingrédients avait été expérimenté de 2017 à 2021, mais le gouvernement n’avait pas donné suite. L’amendement précise que les pays de naissance, d’élevage et d’abattage doivent être indiqués, ou les mentions « UE » ou « Hors UE » ou encore « UE ou Hors UE » quand ils sont plusieurs. Dans l’exposé des motifs, le gouvernement estime que les deux conditions du règlement européen Inco (information des consommateurs) pour rendre l’indication obligatoire sont remplies, à savoir le souhait des consommateurs et les « standards contraignants » de la réglementation européenne et française « qui influent sur le métabolisme et la physiologie de l’animal tout au long de sa vie et jusqu’à son abattage, ainsi sur que les caractéristiques des viandes lors de leur manipulation et transformation ». « Le droit européen nous ouvre une voix de passage en cas de forte demande et si un lien est avéré entre l’origine et la qualité du produit, a résumé le cabinet de la ministre lors d’un point presse. Nous pensons que c’est le cas de la viande française ».

Agra

A l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence en séance publique le 30 juin, les sénateurs ont adopté, avec avis de sagesse du gouvernement, un amendement visant à ajouter un objectif de 10% de signes de qualité (Siqo) autres que la bio dans les objectifs d’approvisionnement Egalim des cantines publiques. Cet amendement avait été proposé pour faire face à l’ouverture à de nombreux cahiers des charges proposée en commission des affaires économiques par les sénateurs, via la création d’une nouvelle catégorie de produits disposant d’un «agrément Egalim compatible », et l’ouverture aux produits de montagne. Mais en séance, les sénateurs ont supprimé ces deux dispositions. Ils ont toutefois retoqué la demande du gouvernement de fixer à 2029 la fin de l’éligibilité des produits bénéficiant de la certification environnementale des entreprises (C2E) de niveau 2 ; ils ont maintenu la version des sénateurs de la commission des affaires économiques qui avaient supprimé la date limite proposée par la loi Climat et résilience, à 2026. Les sénateurs ont par ailleurs supprimé la règle proposée à l’Assemblée d’un minimum de 80% de produits français dans la restauration collective.

Agra

La foncière Feve (Fermes En Vie) et la Fnab (agriculture bio) ont annoncé le 30 juin la prolongation jusqu’en fin d’année de leur partenariat, lancé au dernier Salon de l’agriculture. Cet appel à projets vise à « identifier et accompagner des agriculteurs souhaitant développer ou reprendre une ferme en agriculture biologique », selon un communiqué commun. Initialement ouvert jusqu’au 30 juin, le dispositif est prolongé jusqu’au 31 décembre. En voici le bilan à date : « Plus de 6 000 visiteurs se sont rendus sur la page dédiée et plus de 1 000 demandes ont déjà été déposées », indiquent les partenaires. « 10 projets font actuellement l’objet de visites terrain ou d’une étude approfondie et bien d’autres sont à venir. » Sur sa page internet, Feve décline trois promesses du dispositif : un financement (terres + bâtiments) jusqu’à 97,5 % ; un suivi personnalisé ; une levée de l’option d’achat au moment voulu. Il est réservé aux projets avec un investissement minimum de 200 000 € pour une installation, 100 000 € pour une consolidation, et une valeur des bâtiments ne dépassant pas 50 % du montant total.

Agra

Stéphane Peultier a été élu président d’Elvea France pour la mandature 2026-2029 lors du conseil national du réseau d’organisations de producteurs de bovins viande, tenu le 25 juin. Il est éleveur en Meurthe-et-Moselle, en race Salers, en Gaec. « Après douze années à la présidence d’Elvea France, Philippe Auger a fait valoir ses droits à la retraite. Les membres du conseil, ainsi que le réseau, le remercient chaleureusement de son engagement et de son implication au sein de la fédération », écrit Elvea France dans un communiqué du 29 juin. Stéphane Peultier « a rappelé sa détermination pour renforcer le réseau Elvea ainsi que les relations avec les commerçants, mais également pour accompagner les organisations de producteurs adhérentes sur les sujets qui les animent. » Elvea France, section de la Fédération nationale bovine (FNB), fédère 37 associations d’éleveurs.

Agra

Le compte-rendu du contrôle laitier ovin pour 2025 fait apparaître une hausse de la production par brebis de 13,8 litres (+4,58 %), celle-ci atteignant « 314,9 litres pour une durée de 174 jours de traite, en hausse d’un jour par rapport à celle de l’année précédente », écrit l’Idele (institut de l’élevage) dans son compte-rendu publié le 22 juin. La hausse est constatée pour toutes les races. « En 2025, les races Lacaune, Manech Tête Rousse Basco Béarnaise et Manech Tête Noire voient leurs productions moyennes augmenter de respectivement 17,5 litres, 7,7 litres, 6,9 litres et 6,7 litres par lactation. » Seule la race Corse a une production moyenne stable par rapport à 2024. Le nombre d’animaux par troupeau augmente aussi pour atteindre désormais à 466 brebis par élevage, un chiffre en hausse de quatre brebis par rapport à l’année précédente. Le contrôle laitier ovin est basé sur les données de 741 exploitations qui ont fourni des résultats de lactations en 2025, soit neuf de plus que l’année précédente. « En 2025, le nombre total de brebis présentes à la mise-bas s’élève à 345 655, soit une hausse de 6 662 (+2 %) », note l’Idele.

Agra

Alors que le Conseil de l’UE a finalisé, le 25 juin, la mise en œuvre des engagements tarifaires convenus dans le cadre de la déclaration transatlantique de juillet, le président américain menace à nouveau les Européens de surtaxes douanières. Dans un message posté le 26 juin sur son réseau social Truth Social, Donald Trump avertit qu’il mettra « immédiatement » un droit de douane de 100 % sur toutes les marchandises expédiées aux États-Unis pour les pays de l’UE qui appliqueront une taxe sur les services numériques pour les entreprises américaines. Et d’ajouter : « Ce droit de douane prévaudra sur tous les accords commerciaux conclus avec ce pays, qu’ils soient mis en œuvre, signés ou non ». Une démarche similaire a déjà été utilisée à la mi-juin par le locataire de la Maison Blanche pour faire pression sur la France, promettant d’instaurer de 100 % sur les exportations françaises de vins et de champagnes. De son côté, la Commission européenne a fait savoir qu’elle réagirait « rapidement et avec détermination » en cas d’exécution de ces menaces. Et d’ajouter que « les mesures unilatérales visant des politiques légitimes sont injustifiées ».

Agra

Déposée le 23 juin à l’Assemblée, une proposition de loi (PPL) sur l’agriculture en zone de montagne envisage des mesures concernant le foncier, la taille des haies et des arbres, le défrichement. Le texte de la socialiste Marie-José Allemand vise à assouplir le contrôle de la mise à disposition des surfaces de petite taille. Ce dernier est source de « nombreuses difficultés sur le terrain », il « fragilise l’accès des agriculteurs aux aides de la Pac », selon l’exposé. En cause, l’obligation de fournir à l’administration des justificatifs écrits, alors qu’une part importante des terres sont exploitées dans le cadre de baux verbaux. La PPL propose que les agriculteurs en soient « dispensés (…) pour les parcelles cadastrales situées en zone de montagne d’une superficie inférieure à un hectare, dès lors qu’ils sont en mesure de démontrer l’exploitation effective de ces parcelles ». Un autre article vise à adapter la durée d’interdiction de taille des haies et des arbres. Il s’agit de la ramener de 21 à 17 semaines, « pour tenir compte des spécificités agroclimatiques » afférentes aux zones de montagne. Enfin, la PPL facilite le défrichement. Depuis 2014, cette pratique est soumise à une compensation obligatoire. Le texte prévoit qu’en zone de montagne, l’indemnité soit « plafonnée à une valeur définie par décret ».

Agra

« Au 20 juin 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est conforme à celle observée à cette même date durant la période de référence », constate le service de statistique du ministère de l’Agriculture dans une note Agreste publiée le 26 juin. A noter que la période d’observation n’inclut pas la vague caniculaire débutée le 20 mai. « Toutefois, le manque de pluie se fait progressivement sentir dans l’ensemble des régions ». Sur le dernier mois, la pousse a été nettement inférieure à la normale (entre -20 % et -50 %) sur un axe allant du nord de l’Aquitaine à l’Alsace. La situation se complique dans le Limousin et en Poitou-Charentes où le déficit cumulé est proche de 15 % alors que la pousse était encore excédentaire au 20 mai. La pousse cumulée est encore supérieure de 15 % à la normale en Auvergne-Rhône-Alpes et Franche-Comté, mais dans ces régions également, la situation s’est dégradée puisque l’excédent était de 30 % il y a un mois. Sur la période récente, la situation a été moins défavorable dans le quart nord-ouest où la pousse cumulée demeure légèrement excédentaire. » Les régions de montagne sont préservées pour l’instant avec une pousse restant excédentaire entre le Massif-Central, le Jura et les Alpes.

Agra

Dans un entretien publié par le quotidien Les Échos, le 28 juin, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a livré ses « priorités » pour la discussion du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, en vue duquel le Premier ministre a demandé à ses ministre de faire des propositions d’économies. « La première, c’est tout ce qui concourt à la souveraineté alimentaire », a indiqué Annie Genevard. La ministre précise qu’elle prévoit « une réponse budgétaire » aux conférences de la souveraineté, dont les conclusions des déclinaisons régionales doivent être présentées mi-juillet : « Il y a énormément de projets, nous allons travailler à une réponse budgétaire. L’État ne va pas tout financer, mais viendra aider à amorcer les projets ». La ministre a aussi cité comme « autres priorités » les « projets liés à la gestion de l’eau », « les crédits pour la planification écologique et l’adaptation au changement climatique » et enfin « l’enseignement agricole, où il y a de plus en plus d’élèves ». Pour rappel, le ministère de l’Agriculture a récemment proposé que 97 millions d’euros de reliquats d’aides européennes pour la bio soient fléchés vers l’assurance récolte, faisant craindre une baisse de crédits nationaux pour ce dispositif, par un jeu de modulation du cofinancement.

Agra

Le volume de produits affichant le Nutri-Score a pour la première fois régressé entre 2024 et 2025, du fait du désengagement de marques nationales, a indiqué le 17 juin l’Observatoire de l’alimentation (Oqali) qui suit le déploiement de l’affichage nutritionnel volontaire. Après plusieurs années de forte croissance, la part de marché des marques affichant le Nutri-Score se stabilise depuis 2023, précise dans un communiqué l’Oqali, piloté par l’institut de recherche Inrae et l’autorité sanitaire Anses. Alors qu’elle avait atteint 64% des volumes de ventes en 2023 et 2024, elle recule légèrement à 63% en 2025 en grandes et moyennes surfaces et dans les circuits spécialisés, selon les estimations de l’observatoire. Ce recul s’explique «notamment par des désengagements de marques nationales dans les secteurs des céréales du petit déjeuner et des produits laitiers et desserts frais». A partir de septembre 2024, le géant de l’agroalimentaire Danone avait renoncé à afficher le Nutri-Score sur certains produits, et notamment les yaourts. Cette note de A à E est destinée à aider les consommateurs à comparer la qualité nutritionnelle des aliments d’une catégorie. Plusieurs tentatives de la rendre obligatoire ont échoué ces derniers mois. D’autres industriels comme Lactalis ne l’ont jamais adoptée.

Agra