Fil info

Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture du Parlement européen ont très largement adopté (par 44 voix et deux abstentions), le 4 novembre, le projet de rapport d’initiative de l’Irlandaise Maria Walsh (PPE, droite) concernant le renouvellement des générations en agriculture. Alors que les discussions sont en cours, ils appellent notamment à ce que 10 % du budget de la prochaine Pac soient réservés exclusivement aux jeunes agriculteurs. Une recommandation que Maria Walsh estime « sans aucun doute ambitieuse, mais absolument nécessaire ». Les eurodéputés plaident également en faveur d’instruments financiers adaptés, qui pourraient prendre la forme de prêts à taux réduit par exemple, ainsi que d’outils pour protéger les jeunes agriculteurs contre l’instabilité climatique et des marchés. Par ailleurs, ils souhaitent que des mesures soient mises en place afin de garantir la présence de services essentiels, d’infrastructures et des conditions de vie nécessaires dans les territoires ruraux afin d’attirer les jeunes agriculteurs. Enfin, ils demandent des mesures pour lutter contre les inégalités de genre alors que seulement 26 % des agriculteurs de moins de 40 ans sont des femmes. Le texte doit à présent être définitivement validé en séance plénière.

Agra

La réinscription du Brésil dans la liste des pays autorisés à exporter de la volaille et du miel vers l’Union européenne sera soumise au vote des experts des États membres lors du prochain Scopaff* sur les contrôles et conditions d’importation les 16 et 17 novembre, a indiqué un porte-parole de la Commission européenne à Agra Presse le 4 novembre. Le premier exportateur mondial en avait été exclu le 3 septembre en raison de son incapacité à prouver qu’il n’utilise pas d’antibiotiques comme facteur de croissance dans les volailles destinées au marché européen. Lors du dernier Scopaff, les 20 et 21 octobre, « la Commission a présenté les résultats de l’audit mené au Brésil sur la viande de volaille et le miel, qui se sont révélés positifs, sans formuler de recommandations ». L’exécutif européen « a confirmé son intention de proposer la réinscription du Brésil pour ces deux produits », a précisé son porte-parole. En 2025, l’UE a représenté 4,5 % des exportations brésiliennes de poulet (pour 672 M€). En revanche, pour la viande bovine, également exclue du marché européen pour les mêmes raisons, « la Commission n’a actuellement pas l’intention de proposer la réinscription ». Selon son porte-parole, « le Brésil n’est pas encore en capacité de certifier sa conformité de manière fiable sur toute la durée de vie » des animaux. *Comité permanent sur les plantes, les animaux et l’alimentation

Agra

À 9,21 €/kgéc en semaine 43 (du 19 octobre), le cours de l’agneau entrée abattoir était supérieur de 4,5 % à celui de la même semaine de 2025, apprend-on dans le bulletin hebdomadaire d’Interbev. Une hausse due à la faiblesse des volumes disponibles, résultat d’importations de viande ovine « toujours en repli » et d’une « production [française] relativement stable », analyse l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du mois d’octobre. Cumulée sur les huit premiers de 2026, l’offre de viande ovine disponible est en repli de 2,8 % par sur un an, à « 23 % sous la moyenne 2015-2019 (avant Covid et Brexit) ». La sécheresse estivale a encore aggravé le manque en freinant la croissance des agneaux. Après son habituel creux estival, le cours des agneaux va donc entamer sa remontée saisonnière (fêtes de fin d’année) depuis un niveau déjà élevé. Comme le remarque l’Idele, « pour certaines conformations, on constate toujours un écart de plus d’un euro entre les bassins Nord et Sud de la France, avec un prix plus élevé dans le Sud ». L’institut technique rappelle que « la saison de production bat son plein dans le Nord », ce qui « pèse sur les prix ». Au contraire, dans le Sud, « le creux de production démarre tout juste, et devrait se prolonger jusqu’à fin novembre ».

Agra

L’Ilec, qui représente les grands industriels fournisseurs de la distribution, a dénoncé le 3 novembre le comportement d’une alliance à l’achat dans le cadre des prochaines négociations commerciales, sans toutefois la nommer. «Une alliance à l’achat représentant plus d’un tiers du marché français impose actuellement de la déflation pour 2027. Elle fixe la fin des négociations dès l’automne et généralise les arrêts de commande», déplore l’Ilec, alors même que les négociations commerciales commenceront officiellement le 1er décembre et que les fournisseurs envoient actuellement leurs conditions générales de vente. Elle demande que cesse immédiatement cette pratique. L’Ilec demande aussi à l’Etat plusieurs mesures : «un suivi resserré des négociations, avec la participation directe des dirigeants des enseignes», qui n’ont pas participé au comité de suivi du 2 novembre, sous forme de «deux réunions supplémentaires d’ici fin décembre, puis deux par mois en janvier et en février ; le contrôle, dès maintenant, de la non-négociabilité de la matière première agricole (MPA) ; la non-négociabilité des coûts des matières premières agricoles, notamment lorsque les manquements résultent d’aléas agricoles ; et la sortie des centrales d’achat européennes de tous les produits contenant de la matière première agricole française». Source Agra

Agra

Entre sécheresse et faible prix du lait, le cheptel français de vaches laitières continue de reculer, tandis que celui de vaches allaitantes «confirme sa reprise» démarrée cet été, indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. Avec 3,159 millions de vaches au 1er septembre, le troupeau laitier recule de 1,7 % en un an ; une baisse dont le rythme ralentit toutefois depuis début 2026. Ces dernières semaines, le mouvement s’est poursuivi, avec des réformes laitières «un peu plus nombreuses» et des abattages en hausse de 5,6 % sur un an durant les semaines 34 à 41 (17 août-4 octobre). Une offre supplémentaire qui «pèse quelque peu sur les cours» : selon le bulletin hebdomadaire d’Interbev pour la semaine 43 (du 19 octobre), la vache O cotait 5,61 €/kgec, soit 34 ct de moins en dix semaines. De leur côté, «les réformes allaitantes demeurent jusqu’ici très ralenties ce qui permet aux cours de résister à la baisse saisonnière» (-8,4 % d’abattages sur les semaines 34-41), constate l’Idele. Au 1er septembre, la France comptait 3,326 millions des vaches allaitantes (+0,8 % sur un an). À l’œuvre depuis juillet, cette résistance s’explique par «la progression du prix des animaux et au retour d’une meilleure fertilité après les épisodes de maladies vectorielles». Source Agra

Agra

Les importations françaises de viande bovine «ont plongé en été», avec des baisses annuelles de 10 % en juin, 21 % en juillet, puis 14 % en août, rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances d’octobre. En cumul de janvier à août, les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée sont inférieures de 6 % par rapport à la même période de 2025 (à 217 000 téc). Ce ralentissement peut être relié à un coup de frein sur la demande, qui peut s’expliquer par les fortes chaleurs de l’été : la consommation par bilan a chuté de 7 % en juin et de 8 % en juillet par rapport à 2025. Comme le note l’Idele, «les importations d’août 2026 ont été d’autant plus faibles que les abattages ont progressé en France ce mois-là» (+5 % en gros bovins, notamment grâce aux vaches laitières). Résultat : la part des importations dans la consommation hexagonale est au plus bas depuis trois ans, à 22 % en août (24 % en cumul depuis le début 2026, contre 26 % sur la même période de 2025). L’ensemble des origines recule – UE comme pays tiers – à l’exception notable de l’Allemagne, qui profite d’un « différentiel de prix» de «48 ct€/kgéc en moyenne depuis le début de l’année». Source Agra

Agra

Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, les députés ont instauré, le 2 novembre en séance publique, divers crédits d’impôt sur le bien-être animal, un éco-prêt à taux zéro, ou encore la formation des exploitants. Ils ont adopté, malgré les avis défavorables du gouvernement et du rapporteur général Philippe Juvin (DR), un amendement socialiste créant un dispositif fiscal pour accompagner la fin des systèmes en cage. Le taux du crédit d’impôt est fixé à 25 % du montant des dépenses, dans la limite de 15 000 € par exploitation et par an. Toujours malgré les avis défavorables du gouvernement et du rapporteur, les députés ont voté un amendement Modem créant un éco-prêt à taux zéro agricole. Cette mesure prend la forme d’une avance, jusqu’à 100 000 € par exploitation avec dix ans de remboursement maximum, pour financer des investissements de transition agroécologique, d’adaptation au changement climatique ou de réduction de la consommation d’énergie et d’intrants. Enfin, un amendement du bloc central, adopté contre les avis du gouvernement et du rapporteur, réintroduit le crédit d’impôt formation au titre de l’année 2027.

Agra

Le Syndicat français de la nutrition spécialisée (SFNS) s’est alarmé le 2 novembre de la hausse des prix des protéines laitières pour les industriels. « Il est essentiel que la hausse durable de ces coûts soit pleinement prise en compte, aussi bien dans les négociations commerciales que dans les discussions relatives aux prix des produits remboursés, afin de préserver l’accès à ces produits essentiels », souligne Ghislain Ehrmann, président du SFNS, dans un communiqué. Le syndicat – qui représente 7 628 emplois directs et 2,3 Md€ de chiffre d’affaires annuel – rappelle ainsi que, depuis janvier 2026, le lait en poudre écrémé a connu une hausse de 50 % et le lactosérum une hausse de 63 %. Or, les industriels français de la nutrition spécialisée (alimentation infantile, sportive et médicale) sont d’importants consommateurs de protéines laitières. S’agissant de produits soumis à de fortes contraintes réglementaires, ils ont peu de marges de manœuvre pour reformuler leurs produits. Cette prise de position intervient alors que les négociations commerciales entre industriels agroalimentaires et distributeurs débutent le 1er décembre, et que d’autres organisations professionnelles ont également demandé la prise en compte par les acheteurs de hausses de prix.

Agra

Le gouvernement a mis en consultation, jusqu’au 22 novembre, un projet d’arrêté fixant le plafond annuel d’élimination de loups. Principale nouveauté de ce texte prévu par la loi d’urgence agricole : en cas d’atteinte du plafond – inchangé, à 21 % de la population estimée – avant la fin de l’année, le préfet coordonnateur pourra décider la poursuite de tirs jusqu’à « 2 % de l’effectif moyen de loups » dans les départements subissant une « pression de prédation ». Une telle possibilité existe déjà dans le cadre actuel, mais de manière uniforme au niveau national ; la ministre de l’Agriculture a d’ailleurs annoncé début octobre son activation. Selon le projet de texte, « la pression de prédation est estimée au regard du nombre d’attaques constatées en comparaison avec les années précédentes ». Par ailleurs, comme annoncé par Annie Genevard fin septembre, l’arrêté en consultation introduit le report de tirs d’une année sur l’autre quand le plafond n’est pas atteint. Cette nouvelle disposition sera soumise à une condition : que « la population estimée [n’ait] pas baissé par rapport à la précédente estimation ». Enfin, le texte inscrit dans le marbre la méthode de comptage et le calendrier de publication de l’estimation de la population lupine.

Agra

À l’issue d’une rencontre avec la filière viticole le 29 octobre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a indiqué la prolongation pour un an du dispositif Gretea – surtout sollicité par le secteur viticole -, qui consiste à prendre en charge les frais de commission de garantie facturés par la banque pour les prêts de consolidation de 5 à 12 ans, garantis par l’État via Bpifrance. Le remboursement est calculé sur un montant de prêt limité à 200 000 €, en cumulant les dispositifs Gretea 2025 et 2026, explique le ministère de l’Agriculture, sur le site aide-agri. Si le prêt dépasse ce montant, la commission correspondant à la part supérieure reste à la charge de l’agriculteur. L’aide peut atteindre 16 460 € pour un prêt de 200 000 € sur 12 ans. Pour en bénéficier, les exploitations agricoles doivent présenter un taux d’endettement global supérieur à 50 % ou un rapport EBE/chiffre d’affaires inférieur à 35 % sur le dernier exercice comptable clos. Destiné au agriculteurs, le dispositif est également ouvert depuis 2026 aux sociétés coopératives agricoles et unions de coopératives agricoles spécialisées dans les secteurs de la viticulture ou de l’arboriculture.

Agra