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Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 31 juillet, FranceAgriMer a une nouvelle fois revu à la baisse le taux de cultures de maïs se développant dans des conditions « bonnes » à « très bonnes ». Entre le 21 et le 27 juillet, il chute de 38 % à 34 %. L’an dernier à la même époque, il s’élevait à 69 %. Le stade floraison femelle, très sensible au déficit hydrique, passe de 87 % à 95 %, contre 93 % en 2025 à la même période, et 79 % sur la moyenne 2021-2025. « La date médiane de ce stade présente deux jours d’avance par rapport à 2025 et sept jours d’avance par rapport à la moyenne [sur] cinq ans », précise le bulletin. Le stade « humidité du grain 50 % » débute à 1 %, contre 2 % l’an dernier à la même période et 1 % sur la moyenne quinquennale. La profession s’attend à une récolte hexagonale catastrophique cette année. Il y a quelques jours, l’AGPM (maïsiculteurs, FNSEA) tablait sur 9,5 Mt au mieux, chiffre qui risque de plus en plus de ne pas être atteint. Par ailleurs, les tournesols sont également en difficulté, et les entrepreneurs de travaux agricoles de la FNEDT ont alerté sur les conditions de culture de betteraves.

Agra

Pour soutenir les agriculteurs pénalisés par la sécheresse et les canicules « à répétition », les assureurs peuvent leur verser des acomptes allant jusqu’à « 80 % du montant prévisionnel d’ISN » (indemnité de solidarité nationale), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 31 juillet. Cette mesure est rendue possible par un arrêté interministériel paru au Journal officiel le même jour qui modifie le cahier des charges de l’assurance récolte. « Cet arrêté modificatif vise à faciliter et accélérer le versement aux agriculteurs assurés d’acomptes, à la fois pour la part « assureurs » et pour l’indemnité de solidarité nationale », précise la Rue de Varenne. Ainsi, les assureurs pourront « apporter un soutien financier aux agriculteurs les plus affectés par les canicules et la sécheresse sans avoir à attendre l’achèvement des récoltes pour les cultures concernées ». Pour rappel, une réunion s’était tenue le 1er juillet entre les assureurs et les cabinets des ministres de l’Économie et de l’Agriculture. À cette occasion, la fédération France Assureurs indiquait que près d’un tiers des agriculteurs couverts par une assurance « multirisque climatique sur récoltes » avaient déclaré un sinistre lié aux récents épisodes de canicule. Un bilan provisoire qui ne pourra être consolidé qu’à l’issue de la campagne.

Agra

Face à l’envolée des prix des engrais provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la Commission européenne a adopté, le 31 juillet, une série d’ajustements portant sur la Pac. Déjà approuvées par le Conseil de l’UE le 17 juin, puis par le Parlement européen le 7 juillet, ces mesures vont pouvoir devenir opérationnelles. D’après un communiqué du 31 juillet, ces trois « adaptations ciblées » de la Pac « permettront aux États membres d’apporter aux agriculteurs un soutien plus rapide et plus souple afin de faciliter leur accès aux engrais », explique l’exécutif européen. Première mesure : la création d’un nouveau dispositif de liquidités « destiné à améliorer la trésorerie des exploitations agricoles ». Il sera cofinancé à 65 % par le Feader (deuxième pilier de la Pac), à partir de « fonds inutilisés qui risqueraient autrement d’être perdus ». Les États membres pourront « compléter ce financement par une contribution nationale pouvant atteindre 200 % ». La seconde mesure consiste à permettre aux États membres de « verser aux agriculteurs des avances sur les paiements directs avant le 16 octobre, selon un taux d’avance relevé ». Enfin, les États membres « disposeront d’une plus grande souplesse » pour adapter les montants des paiements directs « pour l’année civile 2027 ». Ce train de mesures vient compléter l’aide d’urgence de 540 M€ de la réserve agricole, « annoncé[e] dans le plan d’action sur les engrais et adopté[e] le 27 juillet ».

Agra

Dans un communiqué paru le 28 juillet, la FNSEA et la Coopération agricole «dénoncent les orientations envisagées pour les prochains appels d’offres photovoltaïques de la Commission de régulation de l’énergie (CRE)». Selon les deux organisations agricoles, la commission prévoit «d’abaisser les niveaux de soutien» et de «mettre l’agrivoltaïsme en concurrence sur le seul critère du prix», ce qui menacerait «directement des centaines de projets agricoles partout en France.» Elles appellent le gouvernement «à suspendre les évolutions annoncées et ouvrir une concertation urgente avec les représentants du monde agricole», pour «garantir dès maintenant, une place spécifique et identifiable à l’agrivoltaïsme dans les futurs appels d’offres» ; «préserver les conditions de développement des projets déjà engagés» ; «retrouver une simplicité de réalisation pour le photovoltaïque sur bâtiments agricoles » ; et «donner rapidement de la visibilité sur les volumes et calendriers des futurs appels d’offres.»

Actuagri

En mai 2026, les achats de steak haché frais par les ménages français ont reculé de 17 % par rapport à mai 2025, alerte Patrick Rietmeyer, spécialiste des achats chez Carrefour, dans un message sur LinkedIn. Le recul de consommation s’accélère pour ce segment habituellement dynamique : les achats des ménages avaient cédé 8 % en avril (pour un chiffre d’affaires en hausse de 6 %), selon les derniers chiffres disponibles sur le site d’Interbev. L’acheteur de Carrefour évoque une « chute historique des volumes », et ce « malgré le fait que les distributeurs ont réduit leur taux de marge sur ce type de produit ». Il attribue cette baisse à la flambée de la viande bovine, qui a connu selon lui « une inflation de 16,5 % sur un an ». Plus largement, la consommation globale de viande bovine, calculée par bilan (ne comprenant pas les stocks des industriels), a reculé de 5,7 % en mai 2026 par rapport à mai 2025. En cumul depuis le début de l’année, la consommation reste stable sur un an (-0,6 %). Ce chiffre officiel est mis en avant par les éleveurs de la FNB (FNSEA), actuellement en mobilisation contre Bigard, pour contester les baisses de prix pratiquées par les abatteurs, « injustifiées » à leurs yeux.

Actuagri

La Commission européenne a ouvert, le 27 juillet et jusqu’au 24 août, une consultation publique sur un projet de règlement d’exécution établissant, pour la première fois, une liste de produits biologiques et en conversion importés considérés comme « à haut risque ». Il prévoit d’imposer des contrôles renforcés sur un certain nombre de produits originaire de cinq pays : Chine, Pérou, Equateur, Togo et Turquie. Entre 5 à 20 % des lots seront contrôlés au départ et à l’arrivée pour protéger l’intégrité du label bio européen. La Chine est la plus concernée, avec trois produits dans la ligne de mire: le gingembre, le thé et le soja. Sont également concernées les avocats, le cacao et les bananes du Pérou, les bananes d’Equateur, le soja du Togo et les raisins secs de Turquie. Une fois adoptée (théoriquement au troisième trimestre 2026), cette liste sera réexaminée au moins une fois par an sur la base des non-conformités constatées, des alertes enregistrées dans le système d’information sur l’agriculture biologique (OFIS) et des contrôles réalisés par les États membres.

Agra

D’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), investir 28,4 milliards de dollars (Md$) au niveau mondial permettrait de diviser par deux l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance. Cet investissement correspond à la somme « requise pour absorber le coût économique de la transition », autrement dit compenser les pertes des éleveurs en matière de productivité et d’efficacité alimentaire. En se basant sur cinq études publiées par ses experts, la FAO a comparé l’impact économique de la réduction des antimicrobiens et celui de l’antibiorésistance, ainsi que leur évolution d’ici 2040. Les deux s’avèrent sans commune mesure : les pertes globales causées par la réduction des facteurs de croissance atteindraient 53 Md$ en 2040, contre 318 Md$ pour l’antibiorésistance. Les deux courbes se croisent en 2028, après quoi l’antibiorésistance devient « le facteur dominant des pertes de production à long terme ». Selon l’organisation onusienne, « supprimer progressivement les antibiotiques facteurs de croissance provoque des coûts d’ajustement immédiats et visibles, mais ces effets diminuent au fur et à mesure que les producteurs s’adaptent ». L’antibiorésistance, elle, « suit le chemin inverse ».

Agra

Dans un communiqué du 30 juillet, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a livré les premières estimations de rendements français 2026 d’Arvalis de blés et d’orges. En blé tendre, ils atteindraient 70 q/ha, soit un repli de 3 % par rapport à la moyenne quinquennale. Dans son rapport du 16 juillet, le ministère de l’Agriculture (Agreste) tablait sur 69,3 q/ha, soit une récolte d’environ 32 Mt. Sur une surface de 4,616 Mha, un rendement de 70 q/ha donnerait 32,3 Mt environ. D’autres analystes sont plus pessimistes. Courant juillet, Argus Media tablait sur 30,8 Mt, tandis que Soufflet Agriculture annonçait une fourchette de 31,5 à 32 Mt. En blé dur, Arvalis table pour le moment sur 51 q/ha (51,7 q/ha, selon Agreste), en repli de 4 % par rapport à la moyenne sur cinq ans. Sur 210 000 ha, les volumes attendraient 1,07 Mt. En orge d’hiver, la productivité moyenne est estimée à 63 q/ha, « proche de la moyenne ». Celle des orges de printemps atteindrait 53 q/ha, « un niveau globalement inférieur aux références habituelles ». La baisse des rendements incite l’AGPB à réclamer des « mesures rapides de la part du gouvernement à intégrer d’urgence dans le prochain budget de l’État », spécialement concernant les zones intermédiaires.

Agra

Selon la presse spécialisée, le groupe ABN, poids lourd britannique et européen de l’alimentation animale, a annoncé le 29 juillet qu’il allait arrêter la production d’aliments pour monogastriques (volailles, porcins) au Royaume-Uni. La décision a été prise par la maison-mère AB Agri, selon un communiqué. Elle juge les perspectives du secteur trop incertaines pour poursuivre l’activité. AB Agri ajoute que la décision « implique d’examiner différentes options, y compris une cession, pour nos usines ABN restantes ». Sans donner la date précise de la cessation de ses activités dans le domaine, le groupe assure qu’il va assurer, le temps de sa sortie, les livraisons à ses clients. Il ajoute que, « tout au long de ce processus, notre priorité sera de soutenir nos équipes, de communiquer ouvertement et de manière responsable, et d’apporter autant de certitude que possible ». L’annonce intervient alors que les autorités britanniques veulent réformer les productions de porcs et de volailles via sa nouvelle « stratégie pour le bien-être animal », présentée fin 2025. Ce plan prévoit notamment d’abolir les cases de mise-bas pour truies, en avance de phase avec l’Union européenne.

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Le géant français de l’agroalimentaire Danone a définitivement tourné, au deuxième trimestre, la page des rappels de lait infantile, grâce au dynamisme de ses ventes, malgré l’inflation et un décollage qui prend du temps aux États-Unis. Fort de sa stratégie de recentrage sur ses activités les plus lucratives, avec un bénéfice en hausse de 13 % au premier semestre, à 1,18 milliard d’euros (Md€), le groupe poursuit ses acquisitions tous azimuts dans les produits axés sur la santé et les protéines, qui ont inondé le monde. Au deuxième trimestre, ses ventes ont augmenté de 4,4 %, à 7,21 Md€, compensant la baisse de 2 % du premier trimestre due aux effets de change et aux rappels de lait infantile en Europe, selon un communiqué du groupe publié le 29 juillet. Danone a observé une croissance de ses ventes dans toutes ses catégories de produits, avec une augmentation des volumes (1,9 %) mais aussi des prix (2,3 %), « encore une fois grâce aux yaourts riches en protéines et à la nutrition médicale », ainsi qu’à la « très forte performance » des eaux Évian et Volvic, a expliqué son directeur financier Juergen Esser. Sur le semestre, le chiffre d’affaires progresse de 1,4 %, à 13,93 Md€, supérieur aux prévisions des analystes interrogés par Bloomberg et Factset. Aux États-Unis, le groupe affronte une concurrence accrue, notamment dans les produits renforcés en protéines.

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