Fil info

Face aux sécheresses récurrentes qui fragilisent l’autonomie de 200 000 élevages français, l’Inrae et le pôle de compétitivité dédié au végétal (Vegepolys Valley) ont lancé le projet Gram’in été. Doté d’un budget de 757 000 €, ce programme soutenu par FranceAgriMer vise à généraliser l’usage des graminées fourragères estivales (sorgho, teff grass, millet, moha) d’ici 2029. D’origine tropicale, ces plantes offrent une meilleure efficience de l’eau et une tolérance accrue à la chaleur, produisant plus de biomasse que les prairies tempérées en conditions arides. Le projet explore deux leviers : l’ensilage (sorgho monocoupe en substitution du maïs) et le pâturage estival. Coordonné par l’Inrae avec 14 partenaires, le projet mobilise 11 sites expérimentaux dans six régions clés (Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne et Occitanie). Après une phase d’acquisition de références agronomiques et nutritionnelles (2026-2027), des recommandations d’itinéraires techniques et de rationnement seront diffusées dès 2028. L’objectif est de transformer ces cultures, aujourd’hui marginales, en solutions structurantes pour la résilience des systèmes d’élevage.

Actuagri

«Notre capacité à produire demain recule. Ce n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques qui ont laissé s’imposer la loi du marché, au détriment du revenu paysan et de la cohérence écologique», déplore le Parti socialiste dans un projet de programme en vue de la présidentielle de 2027, dévoilé le 22 avril. Ce document de 144 pages – dont le chapitre agricole a été coordonné par l’eurodéputé landais Éric Sargiacomo – doit désormais être soumis aux amendements des militants dans les semaines à venir avant d’être adopté. Le PS propose de mieux cibler les aides de la PAC pour qu’elles favorisent l’emploi agricole plutôt que la surface d’exploitation. Il insiste pour empêcher toute renationalisation de la PAC, tout en plaidant pour une décentralisation en renforçant le rôle des régions, pour décliner les outils de soutien au plus près des spécificités de chaque territoire. Sur le volet commercial, le PS dit «refuser tout nouvel accord de libre-échange non fondé sur la réciprocité», et vouloir «interdire la consommation en France des produits agricoles fabriqués en utilisant des pesticides et herbicides interdits en Europe». Pour protéger les agriculteurs, il est proposé de relever les prix plancher européens, pour qu’ils soient réellement rémunérateurs. Enfin, le PS souhaite favoriser la reprise des exploitations agricoles françaises, à travers l’adoption d’une grande loi foncière, garante du renouvellement des générations et protectrice vis-à-vis des fonds d’investissements étrangers. Source Agra

Agra

Un décret paru au Journal officiel le 22 avril crée «un nouveau régime contentieux accéléré et unifié» pour certains projets en matière environnementale, dont des projets agricoles. La compétence pour juger les contentieux est confiée aux cours administratives d’appel, qui auront un délai de 10 mois pour statuer. Ce nouveau régime concerne les «150 cathédrales industrielles», ou «grands projets stratégiques» (GPS) – incluant l’agroalimentaire et les biocarburants – évoqués le même jour par le chef de l’État lors d’un Conseil des ministres décentralisé dans l’Allier, rapporte l’AFP. Le décret, qui fait suite à la loi de simplification adoptée au Parlement la semaine passée, concerne également certains projets agricoles «au titre de la souveraineté alimentaire». Sont concernés des projets relevant de la nomenclature IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou déclaration), à savoir certains projets relatifs aux prélèvements d’eau, aux plans d’eau et aux barrages de retenue. Sont aussi concernés certains projets relevant de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), à savoir les projets d’élevage, de couvoirs et d’élevage intensif. En outre, le ministre délégué à l’environnement, Mathieu Lefèvre, a annoncé que les porteurs de projet pourront saisir la justice en cas de recours «abusif», selon l’AFP. Le décret entrera en application le 1er juillet. Source Agra

Agra

La Commission européenne a présenté, le 22 avril, une feuille de route pour accélérer la transition de l’UE vers des sources d’énergie propres et locales et ainsi réduire sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles importés, dont les cours s’envolent dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. Si la communication se concentre sur l’électrification, Bruxelles souligne que «le biogaz et le biométhane peuvent également jouer un rôle plus stratégique». La production de biométhane dans les installations existantes pourrait être augmentée d’environ 10 % à 30 %, estime la Commission. Elle s’engage à continuer de soutenir «les projets de biogaz et de biométhane à l’échelle des exploitations agricoles et des coopératives, en veillant particulièrement à l’extension des installations existantes, à la réduction des obstacles liés aux autorisations et à l’amélioration du transport des matières premières durables entre les régions». La Commission recensera aussi les capacités de raffinage existantes en Europe en vue, notamment, «d’accroître la production nationale de biocarburants durables de l’UE». De plus, Bruxelles devrait présenter d’ici l’été, un état des lieux des capacités européennes permettant de compléter le pétrole et le gaz comme matières premières pour la production de produits chimiques, mais aussi d’engrais par des matériaux biosourcés, et identifier les obstacles à leur déploiement. Source Agra

Agra

La recrudescence des épisodes de chaleur extrême pousse l’agriculture mondiale «à bout» et menace déjà la santé et les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes, alertent l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport publié le 22 avril. Lié au réchauffement climatique, le phénomène fait déjà perdre chaque année 500 milliards d’heures de travail à l’agriculture. Or, ces températures «exceptionnellement chaudes» par rapport aux normales devraient encore s’accentuer. Leur intensité pourrait ainsi doubler dans un scénario de réchauffement à 2°C, préviennent les scientifiques. Partout dans le monde, les effets sont déjà visibles et pas un secteur agricole n’y échappe. Pour l’élevage bovin, la chaleur extrême engendre des troubles physiologiques et réduit la production de lait. Côté cultures, les rendements déclinent au-delà de 30°C, et avant pour les pommes de terre ou l’orge. À ces effets s’ajoutent des maladies, la disparition des pollinisateurs ou encore le stress hydrique. Aussi le rapport appelle-t-il à adapter les systèmes de production à ces conditions nouvelles et à mettre des systèmes d’alerte à disposition des agriculteurs. Mais, sans réduction «ambitieuse» des gaz à effet de serre, «la sévérité des chaleurs extrêmes excèdera de plus en plus la capacité à faire face», note le rapport. Source Agra

Agra

La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) a réagi le 20 avril à la position affichée par le p.-d.g. de la Fnil (industriels privés) François-Xavier Huard, qui craint un surcoût de 500 M€ pour les transformateurs si les coûts de production des éleveurs étaient pris en compte obligatoirement via un indicateur mis au point par l’Idele. «Les discussions sur les tunnels de prix et la prise en compte des coûts de production dans les contrats doivent rappeler une évidence économique : les coûts de production des éleveurs augmentent fortement, tandis que leur revenu reste insuffisamment sécurisé», déclare la FNPL dans un communiqué. Les éleveurs font référence à une disposition qui pourrait être mise en œuvre dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, dont la discussion à l’Assemblée nationale est prévue à partir de la fin avril. Le syndicat demande de longue date que le travail des éleveurs soit pris en compte «sur la base d’un indicateur de prix de revient qui intègre l’ensemble des charges, y compris une rémunération de référence de deux Smic pour plus de 60 heures de travail par semaine – un niveau pourtant plus que modeste au regard de l’engagement demandé». Et de déplorer que les industriels mettent en avant leurs faibles marges, alors que pour les éleveurs «la question n’est même pas celle de la marge», mais celle de la rémunération. Source Agra

Agra

Selon le dernier calendrier publié le 22 avril par la Commission européenne, celle-ci prévoit de présenter son plan d’action sur les engrais le 19 mai, puis sa stratégie sur élevage le 7 juillet. Pressée par la situation au Moyen-Orient, Bruxelles a dû avancer la date de publication du plan sur les engrais, initialement attendu en juin. Celui-ci devrait comporter à la fois des mesures structurelles (substitution de produits, agriculture de précision…) et des dispositifs de court terme. Mais l’exécutif européen a, jusqu’à présent, toujours repoussé l’idée de suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Quant à la stratégie sur l’élevage – qui visera particulièrement à répondre au manque de rentabilité du secteur des ruminants -, elle devrait porter sur l’innovation, les approches territoriales et la valorisation des produits animaux de qualité. La liste des points prévus pour figurer à l’ordre du jour des prochaines réunions de la Commission européenne mentionne également pour le 1er juillet la présentation d’un texte sur les marchés publics. Cette réglementation devrait, entre autre, clarifier la manière dont les cadres de passation de marchés dans la restauration collective peuvent mieux reconnaître les systèmes de qualité, les circuits courts, les normes environnementales et sociales (production biologique par exemple). Une démarche qui s’inscrit plus globalement dans la volonté de la Commission de valoriser le «Made in Europe». Source Agra

Agra

Malgré des conditions de semis agronomiquement favorables et un excellent niveau de recharge hydrique des sols, l’Association générale des producteurs de maïs et l’Institut du végétal (Arvalis) tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué commun du 17 avril. Leurs premières estimations pour la campagne 2026 laissent apparaître une « baisse très préoccupante » de 10 à 15 % des surfaces de maïs grain au niveau national, désormais estimées à 1,33 Mha. Si le maïs fourrage (1,20 Mha) et le maïs semence (63 000 ha) restent stables, le maïs doux poursuit sa chute avec un recul de 40 % depuis 2023. Les baisses sont particulièrement marquées, dépassant les -15 %, dans les bassins du Sud-Ouest, du Centre et de Poitou-Charentes, souligne le communiqué. Ce décrochage massif n’est pas lié au climat mais à une véritable « asphyxie économique » des producteurs, précisent les deux organisations. Pour elles, les agriculteurs ont clairement arbitré en faveur des céréales d’hiver (+300 000 ha), compte tenu de leur trésorerie exsangue face à des coûts d’implantation très élevés (engrais, gaz, GNR). Franck Laborde, président de l’AGPM, dénonce une « déprise des grandes cultures » menaçant directement la souveraineté agricole française.

Actuagri

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 21 avril le renforcement des aides pour les pêcheurs et agriculteurs. Insistant sur sa volonté de ne pas mettre en place des «mesures générales indiscriminée, non financées, non finançables», Sébastien Lecornu a confirmé que les aides sectorielles pour les pêcheurs et agriculteurs seraient reconduites et renforcées en mai. Celle pour les agriculteurs sera multipliée «par quatre» pour atteindre 15 centimes d’euros par litre, a-t-il ajouté. Dans un communiqué, la FNSEA a accueilli «positivement» cette annonce, et annonce qu’elle sera «vigilante à ce que les modalités d’application soient simples et rapides, afin que les agriculteurs en bénéficient sans délai». De même, les Jeunes agriculteurs ont salué l’annonce. Ils préviennent toutefois : « Si le conflit perdure et pour prévenir les prochaines crises, nous attendons maintenant de l’exécutif une vision de long terme sur l’avenir énergétique du secteur agricole. »

Agra

Sur le réseau social Linked’In le 21 avril, la directrice d’Inaporc, Anne Richard salue au nom de l’interprofession porcine « l’arrivée des premiers containers d’abats blancs en Chine ». En effet, rappelle-t-elle, cinq entreprises françaises ont eu l’agrément chinois pour les estomacs et intestins. « La France est le premier pays à obtenir cet agrément pour les intestins de porc », vante-t-elle, en remerciant la DGAL (ministère de l’Agriculture), FranceAgrimer et l’ambassade de France en Chine pour leur concours. Pour célébrer cette réussite, une soirée a été organisée réunissant « tous les acteurs du port de Tianjin, l’un des ports principaux pour le dédouanement du porc congelé », rapporte-t-elle. En 2025, malgré les taxes chinoises sur le porc, la France a exporté 105 000 tonnes vers ce pays, qui est la première destination des abats porcins produits en France, constate Inaporc, qui table sur une augmentation de 10% des tonnages grâce aux abats blancs. Il aura fallu deux ans de travaux franco diplomatiques et sanitaires pour parvenir à cette ouverture chinoise aux estomacs et intestins de porcs.

Agra