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Dans un communiqué du 24 juillet, Arvalis pointe « des récoltes extrêmement précoces déclenchées par un stress hydrique intense » en matière de maïs fourrage. Contactée par Agra Presse, Anne-Sophie Colart, animatrice de la filière maïs fourrage pour Arvalis, précise que « le fait d’avoir autant de surfaces récoltées aussi tôt, c’est du jamais vu. Les premiers échos de coupes remontent au 5-6 juillet, dans les bocages vendéens ». Aucun taux d’avancement précis des ensilages n’a pu être obtenu au niveau national. « Mais ils devraient bien avancer la semaine prochaine », prévient l’experte. Elle explique que les premières coupes ont concerné les parcelles les plus dégradées. L’animatrice rappelle qu’il est tout de même important de ne pas récolter trop tôt, sous peine d’affecter potentiellement les capacités de conservation des fourrages. Elle indique par ailleurs que des surfaces théoriquement destinées au maïs grains ont dû être ensilées. « La grande question est : combien de surface de maïs grains passera en fourrage ? Nous n’avons pour l’instant aucune estimation précise, mais il est évident que ce sera plus élevé que d’habitude », déclare Anne-Sophie Colart.

Agra

Hugues Triballat, président de la laiterie Triballat à Rians (Cher), s’est expliqué au sujet de l’entrée en négociations exclusives avec Lactalis annoncée le 23 juillet. Selon lui, il est très difficile de continuer à se développer lorsqu’on n’a « pas la taille suffisante pour rivaliser avec des centrales d’achats si peu nombreuses », soulignant que « quatre centrales d’achat achètent 80% de la crèmerie en France » dans une déclaration à Agra Presse. « La grande distribution refuse parfois 1% de hausse que nous demandons, ou impose des baisses, ce qui affaiblit l’entreprise sur le long terme », selon lui. En intégrant le groupe Lactalis, Triballat va pouvoir bénéficier de la force de frappe d’un acteur de poids dans les négociations avec la distribution. Lactalis de son côté va compléter son portefeuille dans l’ultra-frais avec la marque Rians et dans les fromages AOP avec des produits tels que l’époisses, le crottin de chavignol et le selles-sur-cher. Triballat a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2025, selon la société, en incluant ses filiales en Espagne et aux États-Unis, mais sans dévoiler sa rentabilité. Elle détient 17 sites industriels dont 14 en France, et emploie 1600 salariés.

Agra

Plus de 3 500 amendements ont été déposés par les eurodéputés des différents groupes politiques de la commission de l’Agriculture (Comagri) sur le projet de rapport préparé par l’Allemand Norbert Lins (droite) sur la future Pac. C’est sur les modalités d’attribution des aides directes (plafonnement, dégressivité, paiement redistributif et définition de l »agriculteur actif) que se concentrent l’essentiel des débats. Un sujet notamment est discuté : les aides accordées à des agriculteurs retraités que la Commission européenne propose de supprimer d’ici 2032. Le groupe centriste Renew suggère que les États membres instaure « une limitation du soutien du revenu en fonction de l’âge de la retraite, tel que défini par leur législation nationale ». Au contraire, les sociaux-démocrates font un proposition assez proche : les retraités dont l’activité principale n’est pas l’agriculture devrait bénéficier d’un soutien réduit de 50 %. À droite le PPE, opposé à cette mesure, estiment qu’il devrait revenir aux États membres de décider s’ils veulent ou non soutenir ces agriculteurs retraités. Les discussions vont donc maintenant se poursuivre avec les rapporteurs fictifs de chaque groupe politique sur ce texte afin de dégager des amendements de compromis tout au long du second semestre avec pour objectif de finaliser une position de la Comagri d’ici la fin de l’année.

Agra

Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA), a indiqué le 22 juillet qu’il demandera la mise ne place d’une expérimentation sur les tunnels de prix si aucun accord n’est trouvé au sein du Cniel (interprofession laitière) sur les indicateurs de prix d’ici la fin de l’année 2026. Ces indicateurs, notamment l’indicateur beurre poudre, ne font toujours pas l’objet d’un consensus au sein de l’interprofession, et cela depuis plusieurs années. Il s’agit d’un point de blocage majeur ayant déjà provoqué une crise de gouvernance au sein du Cniel en 2025. L’adoption récente de la loi d’urgence agricole pourrait modifier le rapport de force ; elle prévoit l’instauration de tunnels de prix basés sur les coûts de production par un décret du ministre de l’Agriculture, si aucun accord n’est trouvé au sein de l’interprofession. En menaçant de demander la mise la place des tunnels de prix, la FNPL met la pression sur les autres maillons de l’interprofession pour aboutir sur le dossier des indicateurs. Pour rappel, la Fnil (industriels), la FCD (distributeurs) et la Coopération agricole sont opposés aux tunnels de prix.

Agra

Lors de la séance du 22 juillet, les prix du blé tendre sur Euronext ont clôturé en spot à 244,25 €/t, soit un niveau plus observé depuis juin 2024, et en hausse de 9,50 €/t par rapport à la veille. Ceux du maïs s’affichent à 259 €/t, en progression de 2,75 €/t en spot, soit un plus haut depuis mars 2023, mais de 8 €/t sur les échéances nouvelle récolte. Le principal facteur haussier est l’intensification des combats entre Ukrainiens et Russes sur la zone mer Noire. Le principal port d’exportation de blé tendre de Russie, Novorossiysk, aurait décidé de suspendre les chargements nocturnes, en raison des attaques de drones ukrainiens, rapportent des sources privées au média Reuters le 22 juillet. Rappelons que c’est par la mer Noire que deux des plus gros exportateurs internationaux de grains et dérivés (blé tendre pour la Russie, maïs et huile de tournesol pour l’Ukraine) font transiter leurs marchandises (dont le plus gros exportateur en blé tendre, à savoir la Russie). À cela s’ajoutent des inquiétudes sur la production de blé de printemps aux États-Unis, sachant que la production de blé tendre en France s’avère plutôt décevante. Rappelons qu’Argus Media (ex-Agritel) table désormais sur un volume 2026 à seulement 30,8 Mt.

Agra

« Nous élaborons un plan global en lien avec le ministère des Comptes publics pour la rentrée, dès qu’on aura les réponses sur l’étendue des pertes », a indiqué la ministre de l’Agriculture, dans un entretien accordé à nos confrères de Ouest France le 22 juillet. « Si la situation continuait de se dégrader, il faudra évidemment aller plus loin, comme on l’a fait avec des mesures dédiées à l’équarrissage et un plan pour des prêts garantis pour équiper les bâtiments d’élevage de brumisateurs et de ventilateurs », ajoute Annie Genevard. En attendant, la ministre indique avoir prévu de réunir les préfets de région le 27 juillet pour « disposer d’un état des lieux précis, territoire par territoire ». Elle a également demandé à la Commission européenne « que des dispositions en cas de circonstances exceptionnelles puissent être mobilisées ». Les principaux syndicats agricoles ont chacun fait part de leur demande d’un plan de soutien d’urgence pour les agriculteurs les plus touchés. Des demandes sectorielles ont aussi émané des productions de maïs, de fruits et légumes, et des élevages de ruminants.

Agra

Dans un communiqué, les députés de l’Aveyron Pauline Cestrières et Jean-François Rousset défendent la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, estimant qu’elle ne peut être réduite à certaines de ses mesures. « Réduire un texte de 80 articles à une ou deux mesures est trompeur et malhonnête. Cette loi apporte des réponses concrètes aux attentes des agriculteurs en matière d’eau, de protection des exploitations, de souveraineté alimentaire et de lutte contre la concurrence déloyale. »

Les deux députés soulignent que ce texte vise à défendre les outils de production des agriculteurs et, plus largement, à renforcer la souveraineté alimentaire de la France. Ils rappellent les principaux enjeux abordés : la gestion de l’eau, la protection des troupeaux face à la prédation, la sécurisation des exploitations agricoles, les conditions d’utilisation de certains produits phytosanitaires et la lutte contre la concurrence déloyale.

« Défendre notre agriculture, ce n’est pas jouer sur les peurs ou entretenir les caricatures. C’est s’appuyer sur la science, les faits et les réalités du terrain », concluent les deux députés.

La rédaction

« Pourquoi faire compliqué quand l’agriculture demande de la clarté ? » C’est avec cette question que les deux semenciers RAGT et Deleplanque annoncent, sur leur compte LinkedIn, un nouveau cap dans leur processus de rapprochement, acté fin avril 2025. « Pour simplifier les échanges et rendre notre expertise plus lisible, nous faisons évoluer notre communication. Nos deux structures se rassemblent désormais sous une seule et même bannière RAGT Semences France », précisent-ils. Concrètement, toutes les actualités, conseils techniques et innovations seront centralisés au même endroit, sous une seule voix et via un seul logo. Les deux groupes souhaitent ainsi en finir avec « la dispersion des informations ». En revanche, les équipes et l’expertise de Deleplanque restent en place et s’intègreront pour enrichir l’offre globale de RAGT. L’entité ainsi constituée représente près de 500 M€ de chiffre d’affaires dans plus de 50 pays, 1 500 salariés, 15 usines de semences, dont 7 en France et 65 programmes de sélection sur près de 40 espèces agricoles. (Anne Gilet)

Agra

En France, les cours des broutards sont en recul depuis quelques semaines. Au marché de Bourg en Bresse, le charolais de conformation U de 350-400kg âgé de 6 à 12 mois était coté à 4,1 € le kilo le 21 juillet, contre 4,8 €/kg le 30 juin, et 5,25 €/kg le 17 juin, et 5,6 €/kg l’an dernier mi-juillet. Dans un communiqué paru le 21 juillet, les éleveurs de bovins viande de la FNB (FNSEA) estiment que ces pressions sont «totalement injustifiées» et demandent au ministère de l’Agriculture d’investiguer le bon fonctionnement du marché. Pour les éleveurs, «contrairement aux fake news qui circulent, le prétexte d’un prétendu arrêt de l’export ne tient pas. Sur juin et juillet, près de 150 000 animaux vifs ont été exportés vers l’Italie et l’Espagne, soit un niveau équivalent à celui de 2025». À cette période, la DNC touchait toutefois la Lombardie et une partie de la France, précise l’institut de l’élevage dans sa dernière note de conjoncture. La FNB ajoute qu’«en parallèle, les disponibilités ne vont pas s’améliorer, en effet il manquera au moins 70 000 broutards sur le 2e semestre 2026 du fait des baisses de naissance». Notons que les cotations des jeunes bovins finis ont continué de fléchir début juillet «sous l’effet d’un marché européen figé par la canicule», souligne l’institut de l’élevage.

Agra

La FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) a lancé un appel le 22 juillet aux pouvoirs publics pour faire face aux conséquences de la canicule et de la sécheresse qui touchent les pâturages. « Les éleveurs commencent à entamer leur stock de fourrage d’hiver pour nourrir les animaux, ce qui va les obliger à acheter pour tenir jusqu’à l’année prochaine », indique Yohann Barbe, président de la FNPL. Constatant le manque de fourrages dans les territoires, la FNPL formule plusieurs demandes à l’État : d’abord, que les cartes satellitaires mesurant la pousse de l’herbe soient complétées par des relevés sur les zones concernées pour avoir une vision plus précise des pertes herbagères. Pour les éleveurs touchés mais non-assurés, la FNPL demande de mettre en place l’indemnisation de solidarité nationale (ISN). Ensuite, le syndicat souhaite que les éleveurs concernés suspendent le paiement des prochaines échéances de cotisations sociales à la MSA et qu’ils bénéficient d’un fonds d’allègement des cotisations, d’un fonds d’allègement des intérêts d’emprunts, et d’un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti qui doit être appelée à l’automne. A plus long terme, la FNPL alerte sur un risque de décapitalisation si les éleveurs n’ont pas assez pour nourrir les animaux, ce qui entraînerait mécaniquement une baisse des volumes de lait et donc des revenus des agriculteurs.

Agra

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