Fil info

Le 27 septembre, quelque 93 000 grands électeurs (maires et délégués des conseils municipaux) éliront 178 sénateurs, soit la moitié de la chambre haute, correspondant aux membres élus en 2020. Parmi eux, le président des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau (Vendée), ainsi que la présidente de la commission des Affaires économiques Dominique Estrosi Sassone (LR, Alpes-Maritimes), tous deux candidats pour un nouveau mandat. De nombreux spécialistes des dossiers agricoles remettront aussi leur siège en jeu. Chez Les Républicains (majoritaires), c’est le cas de Daniel Gremillet (Vosges) et d’Olivier Rietmann (Haute-Saône), selon le site du Sénat consacré aux élections. Idem pour les socialistes Nicole Bonnefoy (Charente), Franck Montaugé (Gers), Serge Mérillou (Dordogne) ou encore Christian Redon-Sarrazy (Haute-Vienne), ainsi que l’écologiste Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) et la centriste Anne-Catherine Loisier (Côte-d’Or). La quasi-totalité de ces élus connaisseurs des sujets agricoles ont déjà annoncé être candidats à leur réélection. 64 circonscriptions sont concernées, dont 58 départements de métropole, un département d’outre-mer (Guyane), quatre collectivités d’outre-mer et six sièges pour les Français de l’étranger. Après le scrutin, le mandat, d’une durée de six ans, débutera le 1er octobre, avec l’élection du président du Sénat.

Agra

Dans une déclaration envoyée à la presse le 11 août, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen rappelle que les États membres peuvent considérer comme « des cas de force majeure » les situations d’agriculteurs empêchés de respecter certaines obligations de la Pac en raison de la sécheresse. « Lorsque des conditions climatiques extrêmes, comme une sécheresse, affectent leurs cultures ou leur bétail, les autorités nationales peuvent reconnaître ces situations comme des cas de force majeure », indique-t-il. Un régime qui permet de « continuer à bénéficier des paiements de la Pac auxquels ils ont droit, même lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter certaines exigences en raison de ces circonstances exceptionnelles ». Le dispositif concerne notamment certaines mesures de conditionnalité des aides (BCAE). Dans un communiqué du 5 août, le ministère de l’Agriculture indique avoir « saisi la Commission européenne » sur ce sujet, citant « les obligations de couverture minimale des sols ou de rotation des cultures lorsque les semis n’ont pu être réalisés ou que les couverts n’ont pas levé du fait des conditions climatiques ». En règle générale, après validation aux niveaux européen et national, le dispositif de force majeure implique que chaque agriculteur doit déposer une demande individuelle. Un État membre peut aussi mettre en place des zonages pour accélérer la procédure.

Agra

Alors que les prix du lait reculent depuis l’automne 2025, la FRSEA Ouest (Bretagne et Pays de la Loire) lance, dans un communiqué du 10 août, un « dernier avertissement » aux industriels. Le syndicat exige « des réponses concrètes et des engagements précis de la part des transformateurs laitiers avant le Space » (du 15 au 17 septembre à Rennes), faute de quoi « les éleveurs sauront se faire entendre ». Cela fait déjà « plusieurs mois » que la FRSEA alerte sur « la dégradation du prix du lait ». Après un début 2026 marqué par une production laitière trop importante, « les faits ont changé », martèle-t-elle. Le syndicat souligne que « la collecte laitière a nettement reculé dans l’Ouest » en avril, mai et, encore plus en juin, notamment en raison des canicules. « Dans le même temps, les marchés des principaux produits industriels se stabilisent », mais « les producteurs ne voient toujours aucune revalorisation ». La FRSEA déplore le « silence total » des industriels, alors que « les exploitations traversent une période particulièrement difficile » (sécheresse et canicules, hausse des charges, manque de fourrages, etc.).

Agra

Alors que la sécheresse et les canicules amputent la production fourragère partout en France, au moins deux conseils départementaux ont annoncé des aides pour l’achat de fourrages. Dans un communiqué du 5 août, le département de la Haute-Vienne indique avoir débloqué une enveloppe d’urgence de 100 000 €, « à destination des jeunes agriculteurs et des exploitations en situation de grande précarité ». Un dispositif adopté la veille, en commission permanente. L’aide atteindra au maximum « 400 € par exploitation » et pourra financer l’achat de « fourrage, paille, céréales, compléments, semences fourragères, plants, semis… ». Les bénéficiaires seront identifiés en lien avec « les Jeunes agriculteurs (JA) 87 et l’association Solidarité paysans Limousin », précise la collectivité. De con côté, le département des Landes mettra au vote « dans les prochaines semaines » un « plan fourrage » d’un montant de 550 000 €, élaboré avec les professionnels et la chambre d’agriculture. D’après un communiqué du 7 août, il regroupera cinq aides forfaitaires : achat de fourrages (60 €/t hors ensilage, 360 €/ha pour l’ensilage de maïs), semis de dérobées d’automne et couverts d’intercultures (60 €/ha), réalisation d’ensilage de maïs (30 €/ha), semis de prairies (150 €/ha) et sursemis de prairies (100 €/ha).

Agra

La sécheresse hydrogéologique s’est encore accentuée en juillet en France sous l’effet des vagues de chaleur à répétition et de la hausse des prélèvements en eau, avec près de deux tiers des nappes phréatiques présentant des niveaux sous les normales, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin mensuel du 10 août. Au 1er août, la quasi-totalité (94 %) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse, et la situation des nappes « se dégrade », ajoute l’organisme. Compte tenu des températures élevées et des faibles pluies de ces dernières semaines, 63 % des nappes phréatiques présentent des niveaux sous les normales. C’est quasiment dix points de plus qu’un mois plus tôt (54 % sous les normales au 1er juilllet). Pour les prochains mois, le BRGM indique que les prévisions restent « incertaines » et dépendront en grande partie des éventuelles pluies estivales. Mais, compte tenu des besoins de la végétation, des températures plus élevées attendues dans les scénarios établis par Météo-France pour les trois prochains mois et de l’augmentation des prélèvements, la vidange des nappes devrait « s’accentuer » en août « sur la quasi-totalité des nappes », estime l’organisme.

Agra

La Syrie a atteint cette année l’autosuffisance en blé, pour la première fois en 15 ans, la guerre civile qui avait éclaté en 2011 ayant durement frappé le secteur agricole et contraint le pays à l’importation, a indiqué le 6 août un responsable à l’AFP. Dévastée par cette guerre qui a pris fin en 2024, la Syrie a en outre subi au cours des dernières années des vagues successives de sécheresse, la plus sévère étant survenue en 2025 selon l’ONU, nuisant à la production agricole et poussant les autorités à importer. « Il ne sera pas nécessaire d’importer cette saison », a annoncé le directeur adjoint de l’Organisation générale des céréales, Ahmad Qadoun. Cette dernière a annoncé le 5 août avoir reçu de la part des agriculteurs des différentes provinces 2,7 Mt de blé pour la saison courante, dépassant les besoins annuels, estimés à 2,55 Mt, selon l’agence de presse officielle syrienne Sana. Avant 2011, la production atteignait en moyenne 4,1 Mt/an. Le régime de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste, importait notamment du blé de l’allié russe.

Agra

Dans sa note de conjoncture du 7 août, consacrée aux grandes cultures, Agreste (ministère de l’Agriculture) estime à un peu moins de 40 t/ha les rendements moyens hexagonaux 2026 de pommes de terre de conservation et de demi-saison, soit l’un des plus faibles niveaux depuis 1996. Sur une surface de 166 000 ha, les volumes atteindraient donc 6,5 Mt environ, en recul de 21,5 % par rapport à l’an dernier (qui avait atteint un niveau record), et de 7,2 % par rapport à la moyenne quinquennale. Concernant la pomme de terre de féculerie, la surface est estimée à 10 000 ha, et la production atteindrait 421 000 t, soit un repli de 17,3 % par rapport à 2025 (et de 42,1 % par rapport à la moyenne quinquennale). « Les rendements pourraient être très hétérogènes selon les parcelles et régions, en fonction des possibilités d’irrigation notamment », peut-on lire dans le rapport. Le déficit hydrique pénalise donc les cultures hexagonales. Par ailleurs, notons que le service statistique du ministère a revu à la hausse ses prévisions de surfaces mises en jachère, qui atteindraient 518 000 ha, contre 495 000 ha l’an dernier. Pour rappel, la flambée des coûts des engrais cumulée à la faiblesse des prix de vente des matières premières agricoles (pommes de terre, maïs, etc.) explique cette progression. Tous ces chiffres sont bien entendu encore amenés à évoluer.

Agra

Dans une note d’Agreste publiée le 7 août, le ministère de l’Agriculture projette la production française de maïs grain cette année à un niveau jamais observé depuis « au moins 1980 », à 9 Mt, incluant les semences. Hors semences, elle tomberait même à 8,821 Mt. Si ce volume se confirmait, il s’agirait d’une chute annuelle de la production nationale de 35,5 % par rapport à l’an dernier, et de 34,1 % par rapport à la moyenne quinquennale. La baisse attendue de la production s’explique par le repli annuel des surfaces et surtout par la sécheresse, accompagnée de températures caniculaires, survenue à un stade de développement sensible des plantes, rappelle le ministère. Le rendement moyen tomberait à 70,3 q/ha, un plus bas depuis 2003, et en recul de 16 q/ha par rapport à 2025. De leur côté, les surfaces sont estimées à 1,281 Mha, contre 1,613 Mha l’an dernier. Quant au tournesol, sa production se stabiliserait autour de 1,4 Mt, grâce à la nette hausse des assolements. Les rendements décrocheraient, passant de 20,7 q/ha à 18,1 q/ha. Les récoltes de ces deux cultures n’ayant pas encore commencé, les chiffres sont amenés à évoluer, prévient le ministère.

Agra

Après les épisodes de canicule et de sécheresse exceptionnels, les héliciculteurs alertent sur les conséquences du dérèglement climatique sur leur activité. En Bourgogne, certains d’entre eux estiment avoir perdu entre 50 et 70 % de leur production cet été. Les fortes chaleurs assèchent les parcs d’élevage et favorisent les attaques de prédateurs, en particulier les oiseaux, privés d’une partie de leurs ressources alimentaires. « C’est l’hécatombe. (…) Nous sommes en première ligne du changement climatique. C’est un désastre, tout le revenu est par terre », témoigne Frédéric Marcouyoux, éleveur d’escargots à La Ferme au gré du temps, à Villecomte (Côte-d’Or), auprès de l’AFP. Selon Émilien Bourgeois, président de la Fédération nationale des héliciculteurs, de plus en plus d’exploitations sont menacées, sans qu’il ne soit possible d’en préciser le nombre. La crise est telle que se pose la question de la disparition même de cet élevage en France, alors qu’il est déjà réduit à sa portion congrue, avec quelque 400 éleveurs seulement. Seuls 5 % des escargots consommés dans l’Hexagone y sont produits, le reste étant importé majoritairement d’Europe de l’Est.

Agra

La ministre de l’Agriculture et la ministre de la Transition écologique ont pris un arrêté en application du Code forestier reconnaissant « le sinistre de grande ampleur » des forêts brûlées en Gironde et dans les Landes, indique un communiqué du 6 août. Cette reconnaissance comme un « sinistre de grande ampleur » vise à simplifier les opérations d’abattage d’arbres incendiés afin de sécuriser rapidement les personnes et les biens. Dès que les incendies seront définitivement éteints, les propriétaires privés des forêts sinistrées pourront procéder à l’abattage des arbres brûlés par ces deux feux sans avoir à avertir le Centre régional de la propriété forestière de Nouvelle-Aquitaine, comme l’impose habituellement le Code forestier. Cette dérogation doit permettre de lancer rapidement les chantiers de sécurisation et de remise en état des parcelles. C’est la deuxième fois dans l’histoire récente de la région qu’un tel arrêté est pris, le dernier datant de 2022. Les incendies dits de Saumos (22 juillet) et de Biscarosse (23 juillet), d’une ampleur sans précédent depuis 1949, ont ravagé respectivement environ 39 800 et 3 600 ha de forêts. Ils ont également endommagé plus de 240 bâtiments et entrainé l’évacuation de plus de 250 000 personnes.

Agra