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D’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), investir 28,4 milliards de dollars (Md$) au niveau mondial permettrait de diviser par deux l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance. Cet investissement correspond à la somme « requise pour absorber le coût économique de la transition », autrement dit compenser les pertes des éleveurs en matière de productivité et d’efficacité alimentaire. En se basant sur cinq études publiées par ses experts, la FAO a comparé l’impact économique de la réduction des antimicrobiens et celui de l’antibiorésistance, ainsi que leur évolution d’ici 2040. Les deux s’avèrent sans commune mesure : les pertes globales causées par la réduction des facteurs de croissance atteindraient 53 Md$ en 2040, contre 318 Md$ pour l’antibiorésistance. Les deux courbes se croisent en 2028, après quoi l’antibiorésistance devient « le facteur dominant des pertes de production à long terme ». Selon l’organisation onusienne, « supprimer progressivement les antibiotiques facteurs de croissance provoque des coûts d’ajustement immédiats et visibles, mais ces effets diminuent au fur et à mesure que les producteurs s’adaptent ». L’antibiorésistance, elle, « suit le chemin inverse ».

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Dans un communiqué du 30 juillet, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a livré les premières estimations de rendements français 2026 d’Arvalis de blés et d’orges. En blé tendre, ils atteindraient 70 q/ha, soit un repli de 3 % par rapport à la moyenne quinquennale. Dans son rapport du 16 juillet, le ministère de l’Agriculture (Agreste) tablait sur 69,3 q/ha, soit une récolte d’environ 32 Mt. Sur une surface de 4,616 Mha, un rendement de 70 q/ha donnerait 32,3 Mt environ. D’autres analystes sont plus pessimistes. Courant juillet, Argus Media tablait sur 30,8 Mt, tandis que Soufflet Agriculture annonçait une fourchette de 31,5 à 32 Mt. En blé dur, Arvalis table pour le moment sur 51 q/ha (51,7 q/ha, selon Agreste), en repli de 4 % par rapport à la moyenne sur cinq ans. Sur 210 000 ha, les volumes attendraient 1,07 Mt. En orge d’hiver, la productivité moyenne est estimée à 63 q/ha, « proche de la moyenne ». Celle des orges de printemps atteindrait 53 q/ha, « un niveau globalement inférieur aux références habituelles ». La baisse des rendements incite l’AGPB à réclamer des « mesures rapides de la part du gouvernement à intégrer d’urgence dans le prochain budget de l’État », spécialement concernant les zones intermédiaires.

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Selon la presse spécialisée, le groupe ABN, poids lourd britannique et européen de l’alimentation animale, a annoncé le 29 juillet qu’il allait arrêter la production d’aliments pour monogastriques (volailles, porcins) au Royaume-Uni. La décision a été prise par la maison-mère AB Agri, selon un communiqué. Elle juge les perspectives du secteur trop incertaines pour poursuivre l’activité. AB Agri ajoute que la décision « implique d’examiner différentes options, y compris une cession, pour nos usines ABN restantes ». Sans donner la date précise de la cessation de ses activités dans le domaine, le groupe assure qu’il va assurer, le temps de sa sortie, les livraisons à ses clients. Il ajoute que, « tout au long de ce processus, notre priorité sera de soutenir nos équipes, de communiquer ouvertement et de manière responsable, et d’apporter autant de certitude que possible ». L’annonce intervient alors que les autorités britanniques veulent réformer les productions de porcs et de volailles via sa nouvelle « stratégie pour le bien-être animal », présentée fin 2025. Ce plan prévoit notamment d’abolir les cases de mise-bas pour truies, en avance de phase avec l’Union européenne.

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Le géant français de l’agroalimentaire Danone a définitivement tourné, au deuxième trimestre, la page des rappels de lait infantile, grâce au dynamisme de ses ventes, malgré l’inflation et un décollage qui prend du temps aux États-Unis. Fort de sa stratégie de recentrage sur ses activités les plus lucratives, avec un bénéfice en hausse de 13 % au premier semestre, à 1,18 milliard d’euros (Md€), le groupe poursuit ses acquisitions tous azimuts dans les produits axés sur la santé et les protéines, qui ont inondé le monde. Au deuxième trimestre, ses ventes ont augmenté de 4,4 %, à 7,21 Md€, compensant la baisse de 2 % du premier trimestre due aux effets de change et aux rappels de lait infantile en Europe, selon un communiqué du groupe publié le 29 juillet. Danone a observé une croissance de ses ventes dans toutes ses catégories de produits, avec une augmentation des volumes (1,9 %) mais aussi des prix (2,3 %), « encore une fois grâce aux yaourts riches en protéines et à la nutrition médicale », ainsi qu’à la « très forte performance » des eaux Évian et Volvic, a expliqué son directeur financier Juergen Esser. Sur le semestre, le chiffre d’affaires progresse de 1,4 %, à 13,93 Md€, supérieur aux prévisions des analystes interrogés par Bloomberg et Factset. Aux États-Unis, le groupe affronte une concurrence accrue, notamment dans les produits renforcés en protéines.

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Dans un communiqué du 29 juillet, les entreprises de travaux agricoles (ETA) de la FNEDT ont fait part d’inquiétudes « sur la capacité de certains clients (agriculteurs, NDLR) à régler les travaux réalisés ». La fédération cite des cas dans les Pays de la Loire et la Charente, régions qui ont subi de grosses baisses de rendements en céréales notamment. Elle ajoute que le repli de la production « signifie aussi moins de volumes à récolter, arracher ou déterrer ». La situation des cultures de printemps, spécialement le maïs, le tournesol, mais aussi la betterave, est difficile, souligne l’organisation. Sans oublier les éleveurs, qui souffrent de disponibilités fourragères plus restreintes, et que le déroulé de la future campagne de semis d’hiver interroge, dans un contexte de hausse des prix des intrants. Ces éléments cumulés engendrent « allongement des délais de paiement, tensions de trésorerie, investissements différés ». La FNEDT craint donc que la situation précaire des agriculteurs ne se répercute sur ses entreprises adhérentes. Elle appelle donc les autorités à « préserver la souveraineté alimentaire », en soutenant les agriculteurs, mais aussi les ETA.

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Après un début de saison favorable, les canicules successives ont mis un coup d’arrêt à la pousse de l’herbe partout en France : au 20 juillet, « la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 26 % » à la période de référence (1989-2018), constate Agreste dans une note publiée le 28 juillet. D’après le service statistique du ministère de l’Agriculture, « les températures extrêmes relevées en particulier fin juin et la sécheresse persistante ont depuis un mois détruit l’herbe qui avait repoussé après la première coupe ». Alors qu’elle représente au 20 juillet habituellement 70 % de la production annuelle, la pousse cumulée plafonne cette année à 52 %. La production « est déficitaire quasiment partout en France », souligne Agreste : seule la région Paca connaît une pousse dans la moyenne (98 % de la référence). « Le déficit est important (au moins 25 %) dans la moitié des régions fourragères » (soit la moitié des surfaces). Les chutes les plus importantes s’observent dans le Sud-Ouest, avec des déficits de 33 % en Nouvelle-Aquitaine et 31 % en Occitanie, voire « jusqu’à 50 % de déficit à l’Ouest du Massif central ». À l’inverse, dans le nord du pays, « le déficit est un peu moins important (souvent 15 à 20 %) au nord d’une ligne reliant Nantes à Reims ».

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Quelques jours après le lancement du guichet d’aide à l’achat d’engrais, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard appelle, dans un communiqué du 28 juillet, « à la responsabilité de tous quant aux prix pratiqués depuis l’annonce de l’aide à l’achat d’engrais, destinée à sécuriser la campagne 2027 ». A l’issue d’une réunion de la filière engrais (importateurs, producteurs etc.) le même jour, la ministre fait état « de premières remontées faisant état de possibles tensions sur les prix». Au cours de cette réunion, elle a souligné «sans préjuger de leur réalité (…) la nécessité d’une vigilance collective afin que le soutien public bénéficie pleinement aux agriculteurs », peut-on lire dans le communiqué. Annie Genevard a aussi rappelé « l’effort exceptionnel de 145 M€ consenti par la Nation et la Commission européenne » pour inciter les producteurs à couvrir leurs besoins. Ainsi, l’aide « ne saurait alimenter des marges supplémentaires ou des comportements opportunistes ». Le ministère de l’agriculture s’engage à suivre l’évolution des prix des engrais azotés simples durant la période d’éligibilité du dispositif, courant jusqu’au 30 septembre prochain. Un point sera réalisé le 1er octobre pour décider d’un éventuel prolongement du dispositif d’aide. Rappelons que bon nombre de professionnels de la filière ont critiqué cette fenêtre d’éligibilité aux aides, la jugeant bien trop courte pour être efficace.

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Dans le cadre de l’application de la loi d’orientation agricole promulguée en mars 2025, le ministère de l’Agriculture a fait paraître au Journal officiel, le 28 juillet, un décret encadrant la délégation de certains actes vétérinaires. Il s’agit d’actes de médecine et de chirurgie, que les praticiens peuvent déléguer à des salariés non vétérinaires (auxiliaires spécialisés vétérinaires, ASV) ou à des « élèves vétérinaires salariés d’un établissement de soins vétérinaires ». Le texte vient « légaliser et encadrer une évolution des pratiques déjà engagée », rappelle l’exécutif dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 27 juillet. Rappelant l’existence de « tensions fortes sur le maillage vétérinaire », le décret vise à « optimiser l’organisation du travail dans les établissements de soins vétérinaires ». Dans le détail, la délégation devra s’effectuer « en présence d’au moins un des vétérinaires exerçant dans l’établissement ». Pour devenir « délégataires certifiés », les ASV devront suivre une formation obligatoire dans un centre habilité par le ministère de l’Agriculture, et obtenir un « certificat complémentaire de compétences ». Les ASV réalisant déjà ces actes seront dispensés de la formation (clause d’antériorité). Enfin, le Conseil national de l’ordre des vétérinaires devra tenir une liste des délégataires certifiés.

Actuagri

Dans un décret paru au Journal officiel le 29 juillet, la ministre de l’Agriculture assouplit les conditions d’accès à l’audit et à l’aide au redressement des exploitations agricoles (Area), dont l’enveloppe est régulièrement sous-consommée et a été réduite dans le projet de loi de finances (PLF) 2026. Annie Genevard prend trois décisions : la condition d’exercer depuis plus de trois ans pour obtenir l’aide est supprimée ; la quantité maximale de main-d’œuvre salariée pour bénéficier de l’aide et de l’audit passe de 10 à 50 équivalents temps plein (ETP). Enfin, la ministre supprime l’une des trois conditions financières d’accès à l’aide. Cette conditionnalité est basée sur les quatre indicateurs financiers suivants : taux d’endettement, niveau de trésorerie, EBE/produits, revenu disponible par UTH non salariée. Concernant la situation financière, la ministre ne conserve que les critères basés sur les pertes de capital social ou de fonds propres, ainsi que la conduite préalable de l’audit, avec plan d’action et perspective de retour à la viabilité.

Actuagri

Une semaine après l’adoption, dans la loi d’urgence agricole, d’une ouverture possible du principe de tunnel de prix à de nouvelles filières, les organisations de producteurs de lait de France OP Lait craignent, dans un communiqué paru le 27 juillet, que cette disposition, qui doit préalablement être activée par le gouvernement, ne transforme l’indicateur interprofessionnel « en prix plancher, voire en prix administré », et « fragilise la liberté de négociation des organisations de producteurs (OP) et de leurs associations ». Pour Loïc Adam, président de France OP Lait, cité dans le communiqué, « les indicateurs interprofessionnels (…) ne doivent pas se substituer à la négociation des OP ». France OP Lait considère par ailleurs que ces dispositions « présentent une fragilité juridique, en raison de l’atteinte potentielle à la liberté contractuelle et au rôle reconnu aux OP par le droit européen ». De son côté, Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA), a indiqué le 22 juillet qu’il demandera la mise en place d’une expérimentation sur les tunnels de prix si aucun accord n’est trouvé au sein du Cniel (interprofession laitière) sur les indicateurs de prix d’ici la fin de l’année 2026. Pour rappel, la Fnil (industriels), la FCD (distributeurs) et la Coopération agricole sont opposés aux tunnels de prix.

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