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La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) va être amenée à se prononcer sur la compatibilité du Nutri-Score avec le droit européen, à la suite d’une décision rendue par le Conseil d’État le 16 juin. Suivant les conclusions du rapporteur public, la plus haute juridiction administrative, qui avait été saisie par Lactalis, a décidé de surseoir à statuer et a transmis deux questions préjudicielles à la CJUE. Il demande si un État membre de l’UE est « en droit de recommander aux exploitants du secteur alimentaire l’apposition sur l’emballage ou l’étiquetage des denrées alimentaires qu’ils mettent sur le marché d’une représentation graphique complémentaire à la déclaration nutritionnelle » et « qui n’exprime pas nécessairement de manière distincte la valeur énergétique et les quantités de nutriments ». La plus haute juridiction de l’ordre administratif s’interroge également sur la possibilité qu’un tel affichage prenne une forme « simple et synthétique, par une lettre ou un code couleur ». Déjà critique du précédent Nutri-Score, Lactalis avait saisi le Conseil d’État au sujet de l’arrêté du 14 mars 2025, qui modifie les règles de calcul du Nutri-Score et les dispositions spécifiques sur les boissons. Il conteste notamment le déclassement de plusieurs de ses produits, et déplore en outre que l’algorithme ne tienne pas compte « des portions couramment consommées », ni des « nutriments d’intérêts apportés par le lait ».

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À l’occasion des « Controverses de l’agriculture », organisées le 16 juin par Réussir-Agra, Pierre-Henri Bono, chercheur en économétrie à SciencesPo/Cevipof, a indiqué que le pourcentage des maires issus du monde agricole (exploitants, retraités agricoles, salariés agricoles) a de nouveau baissé à l’issue des dernières élections municipales. Selon le répertoire national des élus, 14,9 % des maires sont issus du monde agricole en 2026, contre 17,7 % en 2020, et 20,6 % en 2008. La baisse est aussi forte chez les femmes du monde agricole que les hommes, mais elle est d’autant plus marquante chez les femmes que leur place parmi les maires augmente dans le reste de la population, souligne Pierre-Henri Bono. La baisse est particulièrement forte dans les communes de moins de 500 habitants, si bien que la surface administrée par les maires agriculteurs reste stable et que la population concernée augmente. Dans la même ligne, le pourcentage de communes sans élu municipal agriculteur augmente dans les villes de moins de 500 habitants, et reste stable dans les communes de plus de 3 500 habitants. M. Bono souligne l’absence d’élus agriculteurs autour des grandes agglomérations.

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Un mois après qu’Annie Genevard a annoncé que 40 millions d’euros (M€) issus des reliquats d’aides bio iraient aux MAEC (pour les zones intermédiaires et la bio), la chambre d’agriculture de région du Centre-Val de Loire regrette, dans une motion adoptée en session le 12 juin, qu’« aucune garantie n’a été apportée sur la mobilisation de ce cofinancement par le ministère de l’Agriculture, créant une incertitude forte pour les exploitations et les dispositifs MAEC ». Faute de subside du ministère, des discussions ont débuté avec les agences de l’eau pour financer les MAEC visant l’agriculture biologique. Concernant les zones intermédiaires, « le ministère nous refuse le cofinancement », indique le président de la chambre Maxime Buizard-Blondeau, par ailleurs vice-président des Jeunes agriculteurs (JA). Selon des sources proches du dossier, au moins deux conseils régionaux (Occitanie et Bourgogne-Franche-Comté) ont été approchés par les services déconcentrés de l’État pour compléter le cofinancement national. Et ils ont refusé. « Plus les semaines passent, plus il sera difficile de convaincre les agriculteurs, car les MAEC engagent l’assolement de cette année », avertit Maxime Buizard-Blondeau. Par ailleurs, dans le cadre des discussions interministérielles sur les reliquats d’aide bio, le ministère de l’Agriculture demanderait 40 M€ pour les aides à l’investissement.

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Lors de la conférence de presse suivant son Conseil spécialisé grandes cultures le 17 juin, FranceAgriMer (FAM) a indiqué que l’accord annoncé entre l’Iran et les USA, devant déboucher sur la réouverture du détroit d’Ormuz, avait participé au repli des cours des engrais azotés. Reprenant les données de Reuters, l’organisme public signale un recul du prix de l’urée depuis le Moyen-Orient de 205 $/t entre les mois de mai et de juin, pour tomber à 538 $/t (contre 817 $/t en avril, 486 $/t en février et 438 $/t en février 2025). Les opérateurs espèrent une reprise du trafic via le détroit d’Ormuz. D’autres facteurs baissiers sont également cités. Majda En-nourhi, chargée d’études économiques de FAM, pointe la moindre demande des importateurs, qui freinent leurs achats au vu du niveau des prix. À cela s’ajoutent le recul saisonnier de la demande et, enfin, l’assouplissement des restrictions à l’exportation d’urée décidé par la Chine. Prudence néanmoins : l’accord USA-Iran sera suivi d’une période de négociations de 60 jours sur divers sujets – notamment le nucléaire iranien –, susceptible de tout remettre en question. De leur côté, les cours des engrais phosphatés n’ont pas encore connu de détente, prévient l’organisme public.

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La somme des contingents d’importation de viande bovine consentis par l’UE dans le cadre des accords de libre-échange frôle les 500 000 tonnes équivalent carcasse (téc), soit 8 % de la consommation européenne, a-t-on appris lors de la conférence sur les marchés mondiaux de l’Institut de l’élevage le 12 juin. Ce total comprend les accords conclus ces derniers mois (Mercosur, Australie, Mexique et Inde), qui viennent s’ajouter aux contingents déjà ouverts en 2025 et 2024-2025 (pour plus de 363 000 téc). Pour rappel, certains accords prévoient une ouverture progressive : 2031 pour les 99 000 téc du Mercosur, ou encore « fin 2027, début 2028 » pour l’Australie (35 000 téc de viande bovine, 31 000 téc de viande ovine). De son côté, la viande ovine fait l’objet de presque 185 000 téc de quotas en 2025. Selon la présentation de l’Idele, ces concessions de l’UE « atteignent des niveaux significatifs » et pourraient « peser » sur les marchés des viandes bovine et ovine, qui verraient affluer « des produits compétitifs ». L’institut technique rappelle que les quotas actuels ne sont consommés qu’à hauteur de 44 %, avec d’importantes variations selon les pays fournisseurs (entre 1 % et 100 %). Par ailleurs, l’Idele note que la suppression des droits de douane sur la viande bovine prévue dans l’accord UE-Mercosur représente une perte de 378 M€/ par an pour le budget de l’UE.

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Les cours des produits issus du lait atteignent des records et sont toujours orientés à la hausse. « Le prix de la poudre de lait écrémé a sensiblement progressé depuis la fin de l’année 2025 pour se situer désormais à 2 900 € la tonne, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis quatre ans. Cette revalorisation concerne les différents ingrédients protéiques. Les tendances sont, en effet, similaires pour la poudre de lactosérum et les différents concentrés de protéines », écrit le Cniel (interprofession) dans sa dernière note de conjoncture pour le mois de mai. En France, les prix des produits laitiers vendus en magasin affichent des augmentations modérées au cours des douze derniers mois : +1,7% pour le beurre, +0,8% pour le lait liquide. En dépit de ces valorisation haussières, le prix du lait de vache conventionnel payé aux producteurs en France est de 417 €/1000 litres en mars 2026, soit -11% sur un an. En outre, les producteurs sont confrontés à des coûts de production qui repartent à la hausse (+3% en mars 2026 sur un an selon l’indice général Ipampa Lait de vache) après une baisse modérée au cours des derniers mois. « Ce mouvement risque de s’amplifier dans les mois à venir, compte tenu de l’augmentation du prix de l’énergie et des engrais », prévoit le Cniel.

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Le lait biologique reprend des couleurs au premier trimestre 2026 si l’on en croit la dernière note de conjoncture mensuelle sur la filière lait de vache de FranceAgriMer. La collecte est orientée à la hausse à +3,6 % au premier trimestre 2026, comparé à la même période de 2025, grâce à la qualité des fourrages, et alors que les livreurs continuent à être de moins en moins nombreux. Le prix standard du lait biologique s’est amélioré de 3,1% à 521,8 €/1000 litres. Les fabrications sont aussi en progression au T1 2026 : le lait conditionné bio a augmenté de 1,6 %, les yaourts ont augmenté de 10,2% et les desserts lactés frais ont également été très soutenus à + 39%, mais les fabrications de beurre sont en léger retrait. En revanche, les achats des ménages sont mitigés selon les données Worldpanel by Numerator. Les quantités achetées ont reculé pour le lait conditionné de 5,7 % et pour le beurre de 19,3 %. L’ultra-frais a été en hausse grâce aux progressions des quantités achetées de desserts frais (+ 6,4 %) et de fromages frais (+ 8,2 %), tandis que les volumes de yaourts ont reculé de 7,6 %. « Cette divergence entre fabrications et achats des ménages suggère que la consommation en restauration hors domicile est restée solide en ce début d’année 2026 », selon FranceAgriMer.

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La vache égérie du prochain Salon de l’agriculture (Sia), du 27 février au 7 mars 2027 à Paris, sera une ferrandaise, ont annoncé ses organisateurs dans un communiqué le 17 juin. Un choix hautement symbolique : alors que cette race auvergnate à petit effectif a failli disparaître, la ferrandaise « signera le retour des bovins au SIA », espèrent-ils, après une édition 2026 marquée par l’absence des bovins. Alors qu’on comptait 140 000 ferrandaises au début du 20e siècle, « la spécialisation et la mécanisation de l’agriculture dans les années 1960 auraient pu lui être fatales », retrace le Sia. Délaissée en raison de sa rusticité et de sa polyvalence (mixité lait/viande), elle a frôlé l’extinction, avec « moins de 200 femelles recensées à la fin des années 70 ». Comme le rappelle Alain Guéringer, président de l’association de sauvegarde de la race, « il faut savoir qu’il n’y a jamais eu de travail de sélection sur la race ferrandaise, pour améliorer son potentiel de production ». En 1978, des éleveurs créent l’Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise. Après quoi un plan de sauvegarde – « soutenu notamment par l’Institut de l’élevage » – permet de la relancer : en 2025, on compte 4 000 femelles ferrandaises et 750 éleveurs (dont « 150 environ en élevages exclusifs »).

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Les dernières données indiquent une baisse de la collecte de lait de vache en France depuis la semaine du 16 mars, après un pic de collecte. « Cette avancée du pic de la collecte, par rapport aux années précédentes, a pour conséquence que la collecte des semaines les plus récentes baisse par rapport à la même période en 2025 », indique FranceAgriMer dans sa conjoncture lait de vache pour mai. La collecte est en recul de 1,1% la semaine du 4 mai, par rapport à la même semaine de 2025. « Ainsi, en 2026, le pic laitier aura été plus précoce, avec cinq semaines d’avance, et également plus fort (+ 2 %/pic laitier 2025). » « Cette baisse récente de la production est la conséquence d’un décalage des vêlages dans l’ouest de la France, en liaison avec des problèmes de reproduction survenus l’été dernier du fait de la FCO », indique le Cniel (interprofession) dans sa note de conjoncture publiée début juin. Ce décalage des vêlages devrait induire une hausse de la collecte sur les mois de juin et juillet surtout dans l’Ouest. La collecte présente toutefois « une évolution globale très dynamique sur le début de l’année 2026, avec une croissance de 4% sur les quatre premiers mois de l’année 2026 », indique le Cniel, à cause des prix bas de l’alimentation, des fourrages de bonne qualité et du développement de la robotisation.

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Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole le 17 juin, les sénateurs de la Coméco ont adopté tous les amendements sur la gestion du loup déposés par les rapporteurs LR et UDI Duplomb, Menonville et Cuypers, réécrivant ainsi largement la copie des députés. L’amendement 144 inscrit dans le marbre la non-protégeabilité des élevages bovins et équins, tout en supprimant la notion de tirs de « légitime défense », introduite par le RN lors de l’examen par la chambre basse. Via l’amendement 143, les sénateurs ont inscrit explicitement que le régime de déclaration des tirs de défense s’applique aux « troupeaux d’ovins, de caprins, de bovins, d’équins et d’asins » ; ils élargissent aussi ce régime déclaratif au cercle 3 (prédation « possible à moyen terme »), aujourd’hui soumis à autorisation. Et, à travers l’amendement 145, ils facilitent l’accès aux lunettes de tir à vision nocturne pour les éleveurs, en assouplissant la procédure d’autorisation. Par ailleurs, comme proposé par les rapporteurs, la Coméco a décidé de raccourcir le délai pour publier les ordonnances de mise en œuvre des Assises du sanitaire animal, à douze mois. Ce faisant, ils sont revenus à la version initiale du gouvernement, alors que l’Assemblée avait raccourci ce délai à six mois.

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