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Dans un communiqué du 27 avril, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) réclame l’instauration, dans le cadre de la loi d’urgence agricole en discussion, des « sanctions dissuasives » à l’encontre des opérateurs qui ne respecteraient pas les organisations de producteurs (OP) et des « règles contraignantes » de détermination des prix d’achats du lait. Parmi ses « propositions concrètes », le syndicat suggère « une séparation claire entre le prix de base et la rémunération liée aux exigences environnementales spécifiques » et un encadrement strict de la durée des négociations commerciales. Ces dernières, lorsqu’elles « s’éternisent », profitent aux acheteurs et fragilisent les fermes, constate la FNPL, qui demande aussi « d’assurer un recours effectif au CRDCA (règlement des différends commerciaux, NDLR) pour mettre fin aux situations de blocage ». En termes de transparence, elle souhaite que des données économiques complètes soient transmises à l’OFPM (observatoire de la formation des prix et des marges) et que le « mix de produits » utilisé dans les formules de prix soit certifié par un tiers.
Dans un communiqué du 24 avril, les Jeunes agriculteurs alertent sur la récente chute des prix des bovins viande, soulignant que « c’est l’ensemble des marchés du maigre et du gras qui recule ». Cette baisse intervient « avant même que les premiers veaux d’automne arrivent sur le marché », rappelle le syndicat, et alors que « l’offre reste structurellement basse » et que « la consommation européenne se maintient ». Accusant les « opérateurs de l’aval », les JA menacent de « durcir le ton » si ces entreprises « continuent de comprimer les prix dès que l’occasion se présente ». Selon les indicateurs publiés par Interbev (interprofession), les cours décrochent dans toutes les catégories d’animaux depuis la semaine 15 (du 6 avril). La semaine suivante, les baisses s’échelonnent entre 1 ct€/kg vif (broutards limousins de 300 kg) et 8 ct€/kgéc (jeunes bovins R et U). Toutes les cotations restent largement supérieures à celles de la même période en 2025. Dans son bulletin Tendances du 23 avril, l’Institut de l’élevage note que, malgré leur fléchissement, les prix des vaches françaises restent supérieurs de 54 centimes à la moyenne européenne ; un écart habituel en raison de l’appétit des Français pour la viande de femelles. Quant aux cours des jeunes bovins, s’ils « s’érodent », cette baisse est « habituelle en cette saison », rappelle l’Idele.
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Le niveau de risque en France lié à l’influenza aviaire est abaissé à partir de lundi 27 avril sur le territoire métropolitain, passant d’« élevé » à « modéré », une décision qui met fin à la quasi-totalité des mesures contraignantes de confinement des volailles, accueillie avec soulagement par les éleveurs. Le ministère de l’Agriculture a pris la décision en « considérant l’amélioration de la situation sanitaire au sein des élevages et dans l’avifaune sauvage », selon un arrêté paru le 27 avril au Journal officiel. Elle va permettre un allègement des mesures sanitaires : « Les obligations de mise à l’abri des volailles ne concernent plus que certaines zones sensibles du territoire national », a précisé le ministère à l’AFP. Prise « après concertation avec les scientifiques et les professionnels du secteur », selon le ministère, cette décision a été accueillie avec soulagement notamment dans le Sud-Ouest. Depuis août 2025, 121 foyers d’infection ont été recensés en France dans des élevages commerciaux et 30 foyers dans des basses-cours et chez des oiseaux captifs non commerciaux, selon un point du ministère de l’agriculture arrêté au 16 avril. En Europe, des cas subsistent en Pologne. Mais depuis le 16 avril, « il n’y a plus de cas actifs sur le territoire » métropolitain, a indiqué le ministère.
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En déplacement au congrès de GDS France (groupements de défense sanitaire), à Avignon le 24 avril, la ministre de l’Agriculture a annoncé une revalorisation du forfait « d’abattage diagnostique » pour la tuberculose bovine. Cette indemnisation est versée aux éleveurs dont les bêtes sont abattues pour détecter la présence de lésions internes, une opération nécessaire à la confirmation de l’infection après un test positif. Ce forfait passera à 3 350 € pour les bovins de plus de 24 mois, contre 2 500 € auparavant (soit une hausse de 850 €). La revalorisation se fera « avec effet rétroactif sur la campagne de prophylaxie 2025-2026 », a précisé Annie Genevard sur le réseau social X. Autant de modalités proches de ce que demandaient, lors d’une mobilisation fin mars, plusieurs FDSEA de départements touchés (Côte-d’Or, Calvados, Orne). Maladie transmissible à l’homme, la tuberculose bovine n’est présente que dans certaines régions bien définies (Sud-Ouest, Normandie, etc.), mais elle y provoque localement des impacts considérables. Par exemple, « environ 200 à 250 bovins » sont abattus en Côte-d’Or pour un diagnostic de confirmation, selon la FDSEA. Le début de l’année 2026 a été marqué par de nombreux cas, avec 50 foyers détectés à la mi-mars, selon le bilan officiel du ministère.
Agra
Face aux sécheresses récurrentes qui fragilisent l’autonomie de 200 000 élevages français, l’Inrae et le pôle de compétitivité dédié au végétal (Vegepolys Valley) ont lancé le projet Gram’in été. Doté d’un budget de 757 000 €, ce programme soutenu par FranceAgriMer vise à généraliser l’usage des graminées fourragères estivales (sorgho, teff grass, millet, moha) d’ici 2029. D’origine tropicale, ces plantes offrent une meilleure efficience de l’eau et une tolérance accrue à la chaleur, produisant plus de biomasse que les prairies tempérées en conditions arides. Le projet explore deux leviers : l’ensilage (sorgho monocoupe en substitution du maïs) et le pâturage estival. Coordonné par l’Inrae avec 14 partenaires, le projet mobilise 11 sites expérimentaux dans six régions clés (Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne et Occitanie). Après une phase d’acquisition de références agronomiques et nutritionnelles (2026-2027), des recommandations d’itinéraires techniques et de rationnement seront diffusées dès 2028. L’objectif est de transformer ces cultures, aujourd’hui marginales, en solutions structurantes pour la résilience des systèmes d’élevage.
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«Notre capacité à produire demain recule. Ce n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques qui ont laissé s’imposer la loi du marché, au détriment du revenu paysan et de la cohérence écologique», déplore le Parti socialiste dans un projet de programme en vue de la présidentielle de 2027, dévoilé le 22 avril. Ce document de 144 pages – dont le chapitre agricole a été coordonné par l’eurodéputé landais Éric Sargiacomo – doit désormais être soumis aux amendements des militants dans les semaines à venir avant d’être adopté.
Le PS propose de mieux cibler les aides de la PAC pour qu’elles favorisent l’emploi agricole plutôt que la surface d’exploitation. Il insiste pour empêcher toute renationalisation de la PAC, tout en plaidant pour une décentralisation en renforçant le rôle des régions, pour décliner les outils de soutien au plus près des spécificités de chaque territoire. Sur le volet commercial, le PS dit «refuser tout nouvel accord de libre-échange non fondé sur la réciprocité», et vouloir «interdire la consommation en France des produits agricoles fabriqués en utilisant des pesticides et herbicides interdits en Europe». Pour protéger les agriculteurs, il est proposé de relever les prix plancher européens, pour qu’ils soient réellement rémunérateurs.
Enfin, le PS souhaite favoriser la reprise des exploitations agricoles françaises, à travers l’adoption d’une grande loi foncière, garante du renouvellement des générations et protectrice vis-à-vis des fonds d’investissements étrangers.
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Un décret paru au Journal officiel le 22 avril crée «un nouveau régime contentieux accéléré et unifié» pour certains projets en matière environnementale, dont des projets agricoles. La compétence pour juger les contentieux est confiée aux cours administratives d’appel, qui auront un délai de 10 mois pour statuer. Ce nouveau régime concerne les «150 cathédrales industrielles», ou «grands projets stratégiques» (GPS) – incluant l’agroalimentaire et les biocarburants – évoqués le même jour par le chef de l’État lors d’un Conseil des ministres décentralisé dans l’Allier, rapporte l’AFP.
Le décret, qui fait suite à la loi de simplification adoptée au Parlement la semaine passée, concerne également certains projets agricoles «au titre de la souveraineté alimentaire». Sont concernés des projets relevant de la nomenclature IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou déclaration), à savoir certains projets relatifs aux prélèvements d’eau, aux plans d’eau et aux barrages de retenue. Sont aussi concernés certains projets relevant de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), à savoir les projets d’élevage, de couvoirs et d’élevage intensif.
En outre, le ministre délégué à l’environnement, Mathieu Lefèvre, a annoncé que les porteurs de projet pourront saisir la justice en cas de recours «abusif», selon l’AFP. Le décret entrera en application le 1er juillet.
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La Commission européenne a présenté, le 22 avril, une feuille de route pour accélérer la transition de l’UE vers des sources d’énergie propres et locales et ainsi réduire sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles importés, dont les cours s’envolent dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. Si la communication se concentre sur l’électrification, Bruxelles souligne que «le biogaz et le biométhane peuvent également jouer un rôle plus stratégique». La production de biométhane dans les installations existantes pourrait être augmentée d’environ 10 % à 30 %, estime la Commission. Elle s’engage à continuer de soutenir «les projets de biogaz et de biométhane à l’échelle des exploitations agricoles et des coopératives, en veillant particulièrement à l’extension des installations existantes, à la réduction des obstacles liés aux autorisations et à l’amélioration du transport des matières premières durables entre les régions».
La Commission recensera aussi les capacités de raffinage existantes en Europe en vue, notamment, «d’accroître la production nationale de biocarburants durables de l’UE». De plus, Bruxelles devrait présenter d’ici l’été, un état des lieux des capacités européennes permettant de compléter le pétrole et le gaz comme matières premières pour la production de produits chimiques, mais aussi d’engrais par des matériaux biosourcés, et identifier les obstacles à leur déploiement.
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La recrudescence des épisodes de chaleur extrême pousse l’agriculture mondiale «à bout» et menace déjà la santé et les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes, alertent l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport publié le 22 avril. Lié au réchauffement climatique, le phénomène fait déjà perdre chaque année 500 milliards d’heures de travail à l’agriculture. Or, ces températures «exceptionnellement chaudes» par rapport aux normales devraient encore s’accentuer. Leur intensité pourrait ainsi doubler dans un scénario de réchauffement à 2°C, préviennent les scientifiques. Partout dans le monde, les effets sont déjà visibles et pas un secteur agricole n’y échappe.
Pour l’élevage bovin, la chaleur extrême engendre des troubles physiologiques et réduit la production de lait. Côté cultures, les rendements déclinent au-delà de 30°C, et avant pour les pommes de terre ou l’orge. À ces effets s’ajoutent des maladies, la disparition des pollinisateurs ou encore le stress hydrique. Aussi le rapport appelle-t-il à adapter les systèmes de production à ces conditions nouvelles et à mettre des systèmes d’alerte à disposition des agriculteurs. Mais, sans réduction «ambitieuse» des gaz à effet de serre, «la sévérité des chaleurs extrêmes excèdera de plus en plus la capacité à faire face», note le rapport.
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La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) a réagi le 20 avril à la position affichée par le p.-d.g. de la Fnil (industriels privés) François-Xavier Huard, qui craint un surcoût de 500 M€ pour les transformateurs si les coûts de production des éleveurs étaient pris en compte obligatoirement via un indicateur mis au point par l’Idele. «Les discussions sur les tunnels de prix et la prise en compte des coûts de production dans les contrats doivent rappeler une évidence économique : les coûts de production des éleveurs augmentent fortement, tandis que leur revenu reste insuffisamment sécurisé», déclare la FNPL dans un communiqué. Les éleveurs font référence à une disposition qui pourrait être mise en œuvre dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole, dont la discussion à l’Assemblée nationale est prévue à partir de la fin avril.
Le syndicat demande de longue date que le travail des éleveurs soit pris en compte «sur la base d’un indicateur de prix de revient qui intègre l’ensemble des charges, y compris une rémunération de référence de deux Smic pour plus de 60 heures de travail par semaine – un niveau pourtant plus que modeste au regard de l’engagement demandé». Et de déplorer que les industriels mettent en avant leurs faibles marges, alors que pour les éleveurs «la question n’est même pas celle de la marge», mais celle de la rémunération.
Source Agra
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