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A la veille de la présentation du projet de loi d’urgence en conseil des ministres, le cabinet de la ministre de l’Agriculture a indiqué, le 7 avril, que la mesure visant à interdire les produits non-européens dans la restauration collective publique a été maintenue après l’avis du Conseil d’Etat. L’équipe d’Annie Genevard indique que la plus haute juridiction administrative a proposé de supprimer deux articles du projet soumis par le gouvernement, mais elle n’a pas voulu préciser lesquels. Selon nos informations, le cabinet de la ministre de l’Agriculture n’était pas optimiste concernant l’avis du Conseil d’Etat, et misait sur des avancées en parallèle au niveau communautaire. Les commissaires européens Christophe Hansen (Agriculture) et Stéphane Séjourné (Marché intérieur) ont lancé, le 5 mars, un dialogue sur l’alimentation, dont la première réunion était consacrée aux produits locaux et de saison. Le cabinet a aussi confirmé que le texte prévoit de contraindre les chaines de restauration collective et les enseignes de supermarchés à publier la part de produits durables et de qualité dans leurs achats.
Plus d’une vingtaine d’organisations agricoles européennes (Copa-Cogeca, Euroseeds, croplife, europabio…) s’inquiètent, dans une déclaration commune du 7 avril, de la disparition des références à l’agriculture et à la bioéconomie dans le projet de rapport du Parlement européen sur le programme-cadre pour la recherche et l’innovation Horizon Europe 2028-2034. Le rapporteur parlementaire Christian Ehler (Allemagne, PPE), au sein de la commission de l’Industrie et de la recherche (ITRE), propose en effet de renommer le chapitre «Santé, biotechnologies, agriculture et bioéconomie» par le terme plus général de prospérité durable. «Si le changement de nom proposé peut sembler d’ordre technique ou éditorial, il comporte des implications pratiques et politiques importantes», préviennent les organisations agricoles. Alors que la proposition de cadre financier pluriannuel pour 2028-2034 pourrait conduire à une baisse importante de l’enveloppe de la Pac, les fonds consacrés à la recherche ou aux investissements stratégiques sont vus par le secteur agricole comme une bouée de secours. Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture devraient, de leur côté, adopter leur avis sur ce dossier lors de leur réunion du 8 avril sur la base du travail mené par le conservateur néerlandais Bert-Jan Ruissen. Il y insiste sur l’octroi de ressources budgétaires spécifiquement à la recherche et à l’innovation dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la bioéconomie. Mais une fois adopté, son avis sera adressé (parmi d’autres) à la commission ITRE qui a la main sur le dossier.
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Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 7 avril, La Coopération Agricole (LCA) Luzerne de France a expliqué que la guerre au Moyen Orient, provoquant une hausse des coûts de l’énergie, affecte la filière hexagonale, mais bien moins que ses concurrents européens (Espagne, Italie etc.). « Nos usines de déshydratation sont largement décarbonées. Contrairement à d’autres pays, nos sites tournent à 100 % », précise Yann Martinet, directeur de LCA Luzerne de France. Ainsi, la France espère tirer au maximum son avantage compétitif sur le marché européen de la luzerne déshydratée, d’autant que l’Italie et l’Espagne sont davantage tournés vers le grand export. « Nous n’excluons pas de nous tourner à 100 % vers les clients européens en cas de prolongement du conflit », précise Pierre Bergoc. Mais « nous n’excluons absolument pas les autres débouchés du grand export, notamment les pays asiatiques […] Nous espérons placer quelques volumes en Chine, ayant obtenu l’autorisation d’y exporter en 2025 », pointe-t-il. Pierre Bergoc, directeur général de France Luzerne et de Désialis, représentant le plus important acteur de la commercialisation de la filière luzerne déshydratée, a indiqué avoir renforcé sa présence commerciale en Europe, via « l’embauche en janvier 2026 d’un commercial en Allemagne ». Un communiqué de LCA Luzerne de France précise que l’équipe commerciale des Pays-Bas a aussi été renforcée.
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Un arrêté paru au Journal officiel le 4 avril renforce la traçabilité des mouvements d’ovins et de caprins en raison des « risques de maladies de catégorie A dans les pays de l’Est ». Du 28 avril au 28 mai inclus, les détenteurs de ces petits ruminants doivent déclarer les mouvements d’animaux dans un délai de 48 heures, au lieu de sept jours en temps normal. Sont concernés les mouvements d’entrée et de sortie des élevages, centres de rassemblement et marchés de bétail vif, ainsi que les départs pour l’abattoir et l’équarrissage. Au moins trois maladies de catégorie A (éradication obligatoire et immédiate) sont actuellement présentes dans les pays de l’Est. La clavelée, qui touche les ovins et caprins, est très présente en Grèce (1 600 foyers depuis le 1er juillet 2025), ainsi que dans d’autres pays de la région. Quant à la fièvre aphteuse, très contagieuse pour de nombreuses espèces d’élevage, elle a été détectée en Grèce (île de Lesbos) et dans les deux parties de Chypre (Turquie et UE). Enfin, avec moins d’une dizaine de cas, la peste des petits ruminants semble moins active ; la situation reste toutefois « incertaine » dans les Balkans (Albanie, Croatie, Kosovo), où la plateforme française ESA suspecte une « circulation à bas bruit ». La France n’importe pas ni ovin ni caprin de ces régions.
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Le ministère de l’Economie a annoncé le 3 avril au soir le lancement prochain d’un «prêt flash carburant» avec Bpifrance, pour soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient. Des sommes de 5.000 à 50.000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles: transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent « au minimum 5% du chiffre d’affaires », a précisé Bercy. Les prêts seront «distribués via un canal 100% numérique par Bpifrance», la banque publique d’investissement, avec une «mise à disposition des fonds sous 7 jours», a indiqué le ministère dans un communiqué. Les entreprises devront cependant répondre à un certain nombre de critères pour éviter les effets d’aubaine: avoir été créées il y a plus d’un an, et accepter de donner accès à Bpifrance à leurs derniers mois de relevés de compte bancaire. La durée de ces prêts sera de 36 mois, «incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois», selon le communiqué. Ils seront disponible dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer.
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Réagissant aux critiques des entreprises de travaux agricoles (ETA), la fédération nationale des Cuma (FNCuma) a répondu, dans un communiqué du 3 avril, que le crédit d’impôt mécanisation collective, voté en 2026 « ne crée pas une nouvelle distorsion : il corrige un déséquilibre historique en reconnaissant la mutualisation ». Elle pointe le fait que « depuis les années 70, les incitations fiscales sont orientées vers la seule mécanisation individuelle ». Chiffres à l’appui, elle précise que « l’écart de soutien public reste considérable : l’exonération d’impôt sur les plus-values liée à l’équipement individuel représente plus d’1 milliard d’euros par an, contre 30 millions d’euros pour le crédit d’impôt mutualisation, soit 0,03 % ». Les Cuma répondent à la FNEDT (représentant les ETA), critique envers la mesure, dénonçant une distorsion de concurrence. La FNCuma tient d’ailleurs à ménager les ETA, expliquant qu’il existe « une complémentarité des solutions (…) 90 % des agriculteurs en Cuma ont aussi recours à d’autres services pour externaliser certains travaux et accéder à du matériel qu’ils n’ont pas sur leur exploitation », dont les ETA.
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Une étude publiée en mars 2026, pilotée par Sofiprotéol et réalisée par Céréopa, pour le compte du Fonds d’actions stratégique pour les oléagineux et protéagineux (FASO), chiffre la hausse attendue de la production de tourteau de soja français d’ici 2032. Dans le détail, elle augmenterait de 17 % par rapport à la campagne commerciale 2022-2023, à 81 000 t. La publication ajoute que la part du tourteau français à l’horizon 2032 « représenterait ainsi 40 % des environ 200 000 t de tourteau de soja non OGM consommé en France, contre 26 % aujourd’hui ». Cette progression serait notamment permise par l’entrée en vigueur du RDUE (règlement européen contre la déforestation) et la reconfiguration des cheptels français. L’application du RDUE représenterait d’ailleurs un surcoût de 110 M€ pour l’élevage français d’après l’étude, soit 30 €/t sur le tourteau de soja importé, améliorant donc la compétitivité de la matière première hexagonale. Attention néanmoins : « Le RDUE ajoute des contraintes de traçabilité pour le soja français, alors que le développement de la production de graines est déjà un facteur limitant de l’offre en tourteau de soja origine France », peut-on lire dans le document. Il indique par ailleurs que la demande française en tourteau de soja (hors bio) s’élevait à 2,8 Mt environ en 2022-2023, et tomberait à 2,6 Mt en 2032.
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À l’occasion de l’assemblée générale de la FNSEA le 2 avril, le président des Jeunes agriculteurs Pierrick Horel a indiqué qu’il ne briguera pas un second mandat. Il avait été élu président du syndicat en 2024, après quatre ans de mandats en tant que secrétaire général adjoint, puis secrétaire général national. «Il est à présent temps pour moi de me consacrer à de nouveaux projets plus personnels», a déclaré Pierrick Hortel. «Parce qu’un responsable syndical ne doit pas s’accrocher à un mandat. Il doit préparer la suite». Dans son discours, le président des JA est revenu sur la relation de son syndicat avec la FNSEA qui «pâtit de préjugés et d’une image dégradée, qui remonte du terrain», et que «nous devons (…) entendre». Pierrick Horel va jusqu’à affirmer que «JA et FNSEA, c’est un couple fort, mais pas une évidence. Il faut savoir se poser les bonnes questions pour repartir plus fort. Et pour que, aux prochaines élections, JA et FNSEA renversent la vapeur».
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La FNSEA a appelé le 2 avril à une «réforme constitutionnelle» visant à «supprimer le principe de précaution» inscrit dans la Charte de l’environnement pour lui substituer un «principe d’innovation», a déclaré son président Arnaud Rousseau en clôture du congrès du puissant syndicat agricole à Caen. Appelant à «déverrouiller la porte du progrès» pour «redonner du revenu et de la visibilité aux agriculteurs», il a déclaré que la FNSEA avait pris à Caen «la décision de porter à tous les candidats à l’élection présidentielle [de 2027] la nécessité impérieuse d’une réforme constitutionnelle». Cette décision a été inscrite dans le rapport d’orientation qui portait cette année sur les propositions du syndicat pour la présidentielle.
«À la FNSEA, nous assumons la nécessité de rouvrir le débat sur le principe de précaution, pour le supprimer et lui substituer un principe d’innovation», a-t-il dit, sous les applaudissements de la salle du parc des expositions de la ville normande. Le «principe de précaution» figure dans la Charte de l’environnement, intégrée à la Constitution française en 2005. Conformément à cette charte, les autorités publiques doivent veiller à son respect «lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement».
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Le Premier ministre a indiqué le 2 avril qu’il envisageait «en début de semaine prochaine» de nouvelles aides «ciblées» pour compenser la flambée des prix des carburants provoquée par la guerre au Moyen-Orient, sans préciser les secteurs économiques visés. «Je suis favorable à ce qu’il y ait des aides ciblées. Donc, des ministres ont reçu un certain nombre de commandes pour me faire de nouvelles propositions en début de semaine prochaine», a déclaré Sébastien Lecornu. Le locataire de Matignon n’a pas explicitement cité l’agriculture, mais a indiqué : «J’ai vu le président de la FNSEA, j’ai eu des contacts avec de nombreux syndicats agricoles depuis le début de la semaine».
Présente au congrès de la FNSEA le 2 avril, la ministre de l’agriculture n’a pas annoncé de nouvelle aide, malgré la pression mise par la profession. Le syndicat majoritaire menace de nouvelles mobilisations si aucune mesure forte n’est prise «dans les prochains jours». Son président Arnaud Rousseau demande «une remise de 30 centimes du litre de GNR» (gazole non routier), estimant insuffisante la suppression des droits d’accise annoncée pour le mois d’avril, correspondant selon lui à «environ 4 centimes par litre».
Source Agra
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