Fil info

Donald Trump a annoncé le 21 août la suspension des taxes sur l’importation de 300 000 t de bœuf aux États-Unis dans les 90 prochains jours, avec le souhait affiché de faire baisser le prix de ce produit à l’approche des élections législatives de mi-mandat. D’après des données officielles sur l’inflation en mai, il fallait débourser en magasin 15 % de plus qu’il y a un an pour un steak de bœuf. Les prix reflètent notamment les tensions sur l’offre, avec un cheptel au plus bas depuis les années 1950. Les acteurs mettent en avant des raisons économiques et climatiques, notamment les sécheresses à répétition qui grillent les pâturages. « Alors que nous nous efforçons de reconstituer ce troupeau et de soutenir nos éleveurs, pendant les 90 prochains jours, les États-Unis autoriseront l’importation de jusqu’à 300 000 tonnes de produits destinés au bœuf haché, sans droits de douane hors quota », a donc soutenu le président américain sur sa plateforme Truth Social vendredi. Donald Trump a affirmé que la viande importée serait vendue « à un prix inférieur de 25 % aux prix actuellement pratiqués sur le marché ». Le président américain n’a toutefois pas précisé les pays d’où elle proviendrait. Le pouvoir d’achat est l’une des principales préoccupations des Américains à moins de trois mois des élections de mi-mandat, prévues en novembre.

Agra

« Une flambée des prix du maïs non-OGM » et un écart « considérable » avec ceux du maïs transgénique : ce scénario « est jugé aujourd’hui probable par les acteurs du marché », alerte La Dépêche – Le petit meunier dans un article publié le 14 août. En cause, l’effondrement attendu de la production européenne, « principale source de maïs non-OGM sur la planète ». Le média spécialisé indique que « le cabinet Expana a récemment révisé à la baisse de 4,6 Mt sa projection en maïs, à 49,1 Mt » pour le Vieux continent. Quant à la récolte française, « plusieurs analystes la situent désormais sous les 7 Mt », largement en dessous de la prévision du ministère début août (9 Mt), déjà au plus bas depuis 1980. Or, au niveau mondial, la récolte de maïs (très majoritairement OGM) « ne suscite pas d’inquiétude », avec 1 300 Mt attendues par l’USDA, « au même niveau élevé que l’an passé ». La Dépêche estime que, « pour la France, la solution passera principalement par l’Ukraine », dont les exportations sont entravées par la guerre avec la Russie. En cas de poursuite du blocage de ses expéditions, « on ne peut pas exclure un maïs européen qui effleurerait les 300 €/t », estime un courtier interrogé par nos confrères. Un surcoût potentiel à venir pour les filières d’élevage sous cahier des charges imposant une alimentation non OGM.

Agra

Le lait de consommation atteint actuellement des prix particulièrement bas dans plusieurs enseignes de la grande distribution française. Par exemple, le 21 août, sur le site Carrefour.fr, le pack de 6 litres de lait demi-écrémé stérilisé UHT Verneuil, vendu en livraison ou en drive, était proposé à 4,14 €, soit 0,69 €/l. Cet état de fait a été récemment souligné par le magazine Linéaires, qui a relevé en juin et juillet des offres à 0,79 €/l (E. Leclerc), 0,89 €/l (Aldi) et 0,82 €/l chez Netto (Intermarché). Cette situation semble paradoxale, alors que les distributeurs ont annoncé le 18 août des facilités pour les filières fruits et légumes touchés par la sécheresse et que la filière laitière est également très affectée par les conditions climatiques estivales entraînant des baisses de production et des manques de fourrages. Marie-Andrée Luherne, vice-présidente de la FNPL (éleveurs, FNSEA) a d’ailleurs déploré le 7 août « qu’aucun signe des transformateurs privés comme coopératifs, aucune revalorisation du prix du lait pour le mois d’août » n’ait été décidé. Elle demande « la réouverture immédiate des négociations commerciales et que 100 % des hausses qui seront in fine payées par les consommateurs reviennent dans les cours de ferme ». Les industriels du lait conditionné (Syndilait) réclament de longue date un prix public du litre de lait d’au moins un euro.

Agra

Dans un message publié sur LinkedIn le 18 août, l’agroéconomiste à l’Ifip (institut français du porc) Christine Roguet avance qu’une baisse de la production porcine et des exportations de porcelets est en vue au Danemark, sous l’effet du durcissement de la réglementation et de l’arrivée au gouvernement en juin d’une coalition de centre gauche. « Les contraintes envisagées pour la production porcine sont très fortes », explique-t-elle, énumérant l’interdiction de la coupe systématique des queues des porcelets (d’ici à 2030), une durée minimale de quatre semaines d’allaitement, l’interdiction de la contention des truies en maternité ou encore l’augmentation de la surface par porc, etc. Le gouvernement souhaite recentrer la production vers l’abattage au Danemark, avec un objectif de conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays, et encourager la production biologique. L’experte française envisage de fortes hausses des coûts de production, provoquant une perte de compétitivité et l’accélération de la restructuration. Résultat attendu, selon elle : « jusqu’à 10 % des élevages de truies susceptibles de disparaître rapidement » et une forte baisse de la production et des exportations de porcs vivants. En effet, le Danemark, rappelle-t-elle, exporte chaque année 17 millions de porcelets, notamment vers l’Allemagne (7,3 millions) et la Pologne (7,8 millions).

Agra

Le ministère britannique de l’Environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (Defra) a annoncé allouer 20 M£ (environ 23,4 M€) au développement de technologies agricoles permettant de pallier la pénurie de travailleurs saisonniers outre-Manche, rapporte le site FruchtHandel le 20 août. Les fonds soutiendront des technologies pouvant faciliter diverses tâches agricoles, des semis à la récolte, en passant par l’entretien des cultures, et ce dans un nombre de domaines plus large que dans le précédent appel à projets, lancé en 2023. La cueillette des fruits est également mentionnée. Ce programme de financement est mis en œuvre conjointement avec Innovate UK, l’organisme britannique de financement de l’innovation et des technologies. « La robotique et l’automatisation deviennent des outils de plus en plus importants pour aider les agriculteurs à améliorer leur productivité et à bâtir des exploitations plus résilientes », explique Chris Danks, responsable du secteur agroalimentaire. Cette subvention entre dans le cadre du Programme d’innovation agricole du gouvernement britannique, d’un total de 123 M£ pour l’année 2026 (144 M€). D’ici 2030, le gouvernement ambitionne d’investir au moins 200 M£ (234 M€) dans l’innovation agricole.

Agra

Dans un message publié sur LinkedIn le 19 août, la DGCCRF (Fraudes) diffuse la note d’information réalisée avec les services des Douanes sur l’étiquetage des fruits et légumes produits dans la zone du Sahara occidental et commercialisés au sein de l’Union européenne. Destiné aux importateurs, conditionneurs et distributeurs implantés en France, le document présente les règles d’indication de l’origine « dans les formalités douanières et sur les colis, emballages, pancartages et documents d’accompagnement ». Les opérateurs français doivent notifier ces importations en renseignant dans la case « pays d’origine du produit » le nom d’une des deux régions de récolte : « Dakhla Oued Ed-Dahab » ou « Laâyoune-Sakia El Hamra ». En outre, les opérateurs devront joindre à leur notification d’importation la preuve d’origine des marchandises (certificat EUR.1 ou déclaration d’origine). La traçabilité est maintenue à toutes les étapes de commercialisation (stade de détail, publicité et prospectus), par le biais du marquage des colis, de l’étiquetage des préemballés et des documents d’accompagnement, y compris lors d’une éventuelle étape de reconditionnement. En octobre 2025, la Commission européenne avait publié un règlement délégué sur « l’étiquetage de l’origine des fruits et légumes originaires du territoire non autonome du Sahara occidental ».

Agra

Via un arrêté pris le 12 août, le préfet de l’Ariège a autorisé les agents de l’OFB à réaliser des tirs de « conditionnement aversif » sur un ours dans la commune de Seix, après une récente attaque sur un éleveur. Il s’agit de tirs visant directement l’arrière-train de l’animal au moyen de balles en caoutchouc, afin de l’inciter à ne pas s’approcher de l’homme. Cette opération constitue la deuxième étape du protocole dit « ours à problèmes », récemment renommé « ours présentant un comportement anormal ou dangereux ». Ce protocole ne concerne plus la prédation sur les troupeaux, mais seulement les individus jugés « trop familiers » ou « agressifs » envers l’être humain. Selon l’arrêté du préfet de l’Ariège, l’OFB a préconisé ce protocole dans son expertise rendue le 11 août. Quelques jours plus tôt, le 7 août, l’éleveur ovin Daniel Delteil avait été chargé par un ours sur l’estive d’Arréou ; il en est sorti sain et sauf, mais sa chienne de troupeau a été gravement blessée. Pour rappel, fin juillet, la justice avait suspendu un arrêté préfectoral autorisant des tirs d’effarouchement renforcé sur l’estive d’Arréou, pour insuffisance de moyens de protection ; quelques jours plus tard, la préfecture a pris de nouveaux arrêtés, qui ont connu le même sort.

Agra

Aux États-Unis, le ministère de l’agriculture (USDA) prévoit une très forte progression des exportations de fromages pour l’année 2026, de 23 % par rapport à 2025 (à 751 000 t, contre 613 000 t un an plus tôt), selon ses dernières prévisions. À titre de comparaison, les exportations des autres grands exportateurs progresseraient beaucoup moins : +4 % pour l’UE, +2 % pour la Nouvelle-Zélande, +2 % pour l’Australie, ou encore +6 % pour le Royaume-Uni. Pour expliquer cette forte progression, l’USDA avance la forte compétitivité des fromages américains. Les investissements réalisés depuis plusieurs années dans de nouvelles capacités de transformation, combinés à la progression de la production de lait, ont renforcé la compétitivité-prix du fromage américain face à ses concurrents. D’autres facteurs d’explication entrent aussi en ligne de compte : une demande mondiale particulièrement dynamique, notamment dans la restauration en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Chine ; une diversification accrue des débouchés, bien au-delà de l’Amérique du Nord, débouché traditionnel des USA ; et une concurrence notamment européenne et néo-zélandaise moins agressive. Ces deux grands exportateurs ont davantage orienté leur production vers des produits industriels à plus forte spécification destinés au B to B, et se sont moins positionnés sur les produits destinés directement aux consommateurs.

Agra

Selon l’AFP, le Canada et les États-Unis ont repris leurs négociations commerciales jeudi 20 août à Washington en vue de la finalisation d’un accord, après que le Premier ministre Mark Carney en a communiqué les termes aux dirigeants des provinces la veille. Le 19 août, le Canada et les États-Unis s’étaient dit proches de la conclusion formelle d’un accord commercial, au lendemain de la suspension, pour trois jours, par Donald Trump de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane punitifs de 50 % sur une série de produits canadiens. Les détails de l’accord – qui n’ont pas à ce stade été dévoilés publiquement – ont été communiqués par Mark Carney aux dirigeants des provinces et des territoires. Ces derniers disposent en propre de plusieurs compétences, à l’instar de celle d’ordonner la remise en vente de l’alcool américain, retiré des rayons dans plusieurs provinces en 2025. De son côté, la dirigeante du Québec, Christine Fréchette – qui ne s’est pas encore positionnée sur l’ensemble de l’accord – a qualifié de « ligne rouge » la politique de la gestion de l’offre dans le secteur du lait et de la volaille, remise en cause par Donald Trump. Quant au président états-unien, il a assuré le 19 août que l’accord bénéficierait aux agriculteurs américains, qui se plaignent d’un accès limité au marché canadien en particulier pour leurs produits laitiers.

Agra

Dans une note publiée le 20 août, Arvalis et FranceAgriMer dévoilent les premiers résultats d’analyse de la récolte 2026 de céréales à paille. Alors que le rendement moyen du blé tendre est estimé à 69,2 q/ha (-1,7 % par rapport à la moyenne quinquennale), la qualité est, elle, jugée « prometteuse » : teneur en protéines souvent supérieure à 11,5, poids spécifiques (PS) moyens compris entre 77 et 81 kg/hl, indices d’Hagberg très bons, teneurs en eau basses à très basses (un atout pour les marchés). « Attention toutefois à la casse possible des grains lors du stockage et lors de la préparation des blés meuniers », soulignent les deux organismes. Pour le blé dur, baisse également des volumes (-16,6 %) avec une qualité, là aussi, « bonne à très bonne » : taux de protéines entre 13 et 14,5 %, PS entre 79 et 80 kg/ha, faible taux de grains mouchetés… De bons résultats permettant de répondre à tous les cahiers des charges. Pour les orges d’hiver, la qualité, au rendez-vous, présente de fortes disparités régionales : taux de protéines entre 10 et 11,5 % et des calibrages entre 80 et 90 %. Les orges de printemps enregistrent la plus forte baisse de production (-36 6 %), expliquée par le recul des surfaces et des rendements : les taux de protéines, parfois trop élevés pour la filière brassicole, ont conduit à des déclassement en orges fourragères.

Agra