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Dans un rapport paru le 3 juin, la Rabobank prévoit un recul de la production mondiale de viande bovine de 2,2 % en 2026, lit-on dans un article des Marchés (groupe Réussir-Agra). La banque néerlandaise chiffre la baisse au premier trimestre à 2,5 % sur un an. Ce fléchissement de l’offre devrait provoquer « une hausse des prix », même si la demande mondiale reste incertaine, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient qui plombe le pouvoir d’achat. Malgré un premier trimestre à -4 %, l’ancienne UE-28 (avec le Royaume-Uni), frappée par la décapitalisation bovine, réussirait à contenir la baisse à 1 % sur l’année. Selon Les Marchés, malgré les récents accords commerciaux avec le Mercosur et l’Australie, Rabobank « ne s’attend pas à un flot de viande supplémentaire à court terme » vers l’Europe. Il n’en reste pas moins que le Vieux continent « devient de plus en plus un marché d’importation ». Et pourrait le devenir encore plus, par ricochet, en raison des restrictions aux importations vers la Chine, qui contraindront le Brésil et l’Australie à trouver d’autres débouchés. En instaurant des droits de douane sur ses importations de viande bovine depuis le 1er janvier, Pékin est devenu « le plus grand « facteur de troubles » pour le marché mondial de la viande bovine, estime Rabobank.

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Le Cnaol (AOP laitières) multiplie les initiatives pour défendre les fromages sous signes de qualité et d’origine. Le 10 juin, il a dévoilé un étude « prospective » confiée au cabinet de conseil en tendances NellyRodi, initialement présent dans la mode et qui se diversifie dans l’alimentaire. Selon l’étude, « les AOP laitières disposent aujourd’hui d’un potentiel culturel et émotionnel inédit », qui pourrait se concrétiser grâce aux évolutions en cours comme la valorisation par les consommateurs des produits dont l’origine et les méthodes de fabrication et les engagements sont clairement identifiables, et l’intérêt pour le « vivant » à travers le lait cru et la fermentation. L’étude permet au Cnaol de soutenir le lancement de son prochain AOP Festival, dont la quatrième édition de tiendra à Paris du 13 au 15 novembre. La manifestation gratuite vise à séduire les jeunes urbains et renouveler la clientèle des AOP laitières. Les produits laitiers sous AOP, dont la grande majorité sont au lait cru, sont confrontés à un contexte difficile d’un point de vue sanitaire et économique, alourdi par les mises en garde des autorités sanitaires conseillant à de larges segments de la population (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes immunodéprimées et personnes âgées) d’éviter les fromages au lait cru.

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L’UE et quatre États d’Afrique orientale et australe (Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles) ont annoncé le 10 juin la finalisation des négociations sur la modernisation de leur accord de partenariat économique (APE). Au niveau agricole, l’APE va mettre en place un partenariat agricole favorisant un dialogue renforcé visant à soutenir des chaînes de valeur agroalimentaires plus durables. L’accord offre également aux producteurs de la région un accès préférentiel, sans droits de douane ni contingents au marché de l’UE. De son côté, l’UE bénéficie d’une libéralisation progressive de ses exportations même si l’APE préserve la marge de manœuvre politique de ces pays africains pour protéger les secteurs agricoles sensibles. Par ailleurs, l’exécutif européen précise que l’UE protégera les deux indications géographiques existantes de la région à savoir le rhum et le sucre non raffiné de Maurice. Il ajoute que 135 indications géographiques de l’UE seront protégées à Madagascar, à Maurice et aux Seychelles après une période de transition. L’APE prévoit la possibilité d’ajouter de nouvelles dénominations. Bruxelles assure enfin que « tous les produits alimentaires importés doivent continuer à respecter pleinement les normes de l’UE ». L’accord va à présent suivre la procédure classique de conclusion des accords commerciaux de l’UE.

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À l’occasion d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat, le 10 juin, le président de la FNSEA a indiqué qu’il poussait le gouvernement à aider la reconversion du site de production d’ammonitrates LAT Nitrogen (Agrofert) de Grandpuits, dont la fermeture est annoncée depuis un an et demi, vers la production d’engrais azotés décarbonés. « Nous sommes allés voir l’État pour dire :  » C’est le moment de se poser la question de la production d’engrais décarbonés  » », a expliqué Arnaud Rousseau, soulignant la proximité du site avec la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. L’agriculteur en a discuté avec le Premier ministre, la ministre de l’Agriculture et le ministre de l’Industrie, qu’il doit rencontrer prochainement pour discuter « du retour sur investissement, qui n’est pas garanti à ce stade ». Le président de la FNSEA s’est par la suite interrogé, au vu de la dépendance de la France aux importations de gaz : « Est-ce qu’on peut avoir une stratégie interne dans laquelle nous essayerions de passer un cap technologique avec des politiques publiques qui compensent le gap de prix au départ ? » Au printemps, l’État a déjà annoncé 144 millions d’euros d’aide pour soutenir l’entreprise Hynamics (filiale d’EDF) dans la production d’hydrogène renouvelable et bas carbone pour le secteur des engrais. Concrètement, le projet HyforSeeds installera et exploitera une unité de production d’une capacité de 50 MW sur le site de LAT Nitrogen dans la zone industrielle d’Ottmarsheim-Chalampé (Haut-Rhin).

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La Commission européenne a publié, dans la soirée du 9 juin, son projet de budget rectificatif pour 2026 qui prévoit d’ajouter 300 millions d’euros à la réserve agricole afin de venir en aide aux agriculteurs affectés par l’envolée des prix des engrais. Cette nouvelle enveloppe, dont le montant restait à préciser, avait été annoncée dans le cadre du plan d’action sur les engrais présenté le 19 mai. À la Commission européenne, on précise être en train d’évaluer le montant exact qu’il reste dans cette réserve. Environ 200 millions d’euros seraient disponibles selon des estimations préliminaires ce qui porterait l’enveloppe de l’aide d’urgence du plan engrais à au moins 500 millions d’euros au total. Les détails en seront présentés le 12 juin mais il faudra attendre environ deux semaines pour connaître la clef de répartition exacte entre les États membres (au moment de l’examen du texte en comité permanent). Le même jour, Bruxelles présentera aussi ses propositions législatives d’amendement ciblé de la Pac prévue dans le plan d’action. Elles permettront notamment, une fois validées par les colégislateurs, de créer un nouveau fonds de liquidités autorisant les États membres à allouer des fonds de développement rural non utilisés aux agriculteurs affectés et procéder à des paiements anticipés.

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Lactalis France a justifié le prix du lait pratiqué dans le cadre de son accord avec l’association d’organisations de producteurs Unell. Interrogé sur la question, Lactalis France a indiqué, le 8 juin, qu’il avait engagé sur les cinq premiers mois de l’année « un ajustement positif au-delà de la formule de prix, correspondant à un total de 5 millions d’euros. Cet effort visait à maintenir un prix du lait égal ou supérieur à 400 €/1000 litres, malgré des négociations commerciales marquées par une faible prise en compte de l’évolution des charges et une tendance à la déflation. » Pour expliquer le prix trop bas selon l’Unell, soit en juin « 400,05 €/1000 litres en moyenne nationale (38/32) et à 415,05 €/1000 litres (41/33), hors prime RSE », Lactalis France rappelle que la formule de prix a été arrêtée avec l’Unell en novembre : « 50 % de produits de grande consommation vendus sur le marché national, 20 % à l’export et 30 % d’ingrédients de type beurre-poudre ». Or, comme le rappelle l’industriel, d’une part, les ingrédients de type beurre-poudre ont des cours très volatils, et d’autre part, « la légère amélioration du marché de la poudre (…) compense en partie le recul du beurre ». Pour rappel, l’Unell estime que le prix du lait actuellement payé par Lactalis France est trop bas alors que les éleveurs subissent des hausses de charges.

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Lors de son audition en commission au Sénat le 9 avril, la ministre de l’Agriculture a insisté sur deux mesures de gestion du loup contenues dans le projet de loi d’urgence agricole (PLUA). La première, inscrite par le gouvernement dans son texte initial et maintenue par les députés, stipule que « la gestion du loup dépend aussi du niveau de prédation », selon elle. Dans son alinéa 5, l’article 14 du PLUA prévoit que l’exécutif précise dans son arrêté-cadre des mesures de gestion « adaptées à l’évolution de la pression de prédation », sans plus de précision. La seconde mesure est la création, par un amendement de la députée Émilie Bonnivard, d’un « plancher » appliqué à l’effectif de loups permettant le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable, comme prévu par la réglementation européenne. Une nouvelle fois, la ministre s’est refusée à préciser le nombre minimal de loups correspondant à ce « plancher ». Par ailleurs, Annie Genevard a écarté la possibilité d’un nouvel abaissement du statut de protection du loup dans la convention de Berne et la directive européenne Habitats, récemment réclamé par une mission sénatoriale. « Vous pouvez le décréter ici, au Sénat français. Vous savez bien que, en l’état actuel des choses, ce n’est pas le seul Parlement français qui a la main, c’est évidemment au niveau européen que les choses se décideront. »

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Dans un communiqué du 9 juin, le Space, le Sommet de l’élevage et le Salon international de l’agriculture annoncent qu’ils « s’accordent sur un « certificat sanitaire commun ». Leurs organisateurs réaffirment « leur volonté d’avoir des animaux dans leurs prochaines éditions », alors que les maladies animales ont récemment perturbé ces évènements. « Le but est de ne pas effrayer les éleveurs en évitant de multiplier les obstacles pour amener leurs animaux », résume Laurent Griffon, directeur de Races de France (organismes de sélection), partie prenante de cette démarche annoncée fin avril. Par exemple, pour la fièvre catarrhale ovine (FCO), « on n’exigera pas des éleveurs de vacciner leurs animaux contre les sérotypes endémiques (FCO-3 et 8) pour participer aux salons, mais on les incite à le faire dans leur élevage », illustre-t-il. Dans le détail, le certificat sera un « document qui recense les conditions pour venir à un évènement », dont certaines parties seront « remplies par l’éleveur » et d’autres « par le vétérinaire sanitaire, voire les GDS ou l’administration ». Cette base sera commune, et « il pourra y avoir des différences dans les détails pour chaque salon », notamment en fonction de la situation sanitaire. Cette trame était en cours de finalisation le 9 juin, au lendemain d’une réunion entre la ministre de l’Agriculture et les présidents de salon.

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Un état « satisfaisant » mais qui continue de se détériorer : le niveau des ressources souterraines en eau en France métropolitaine présente « une tendance à la baisse généralisée », faute de pluies suffisantes, laissant planer l’incertitude sur une éventuelle sécheresse estivale. Au 1er juin, 77% des nappes phréatiques métropolitaines présentent des niveaux en baisse, « sous l’effet d’une vidange des réserves en lien avec le déficit pluviométrique observé en avril puis en mai », indique le 9 juin le Bureau de recherches géologiques et minières dans son bulletin mensuel. En raison d’une bonne recharge à l’automne et cet hiver, « la situation globale reste cependant satisfaisante », avec 58% des points d’observation au-dessus ou autour des normales. De manière générale, « l’intensité de la vidange apparaît légèrement plus marquée que celle de mai 2025 », et la situation est « plus dégradée » qu’à la même période l’an dernier, où 69% des nappes étaient supérieures ou comparables aux normales. En cause, des précipitations en berne depuis deux mois: en avril le déficit pluviométrique sur le territoire était de près de 70% par rapport aux normales et la deuxième quinzaine de mai, marquée par une vague de chaleur intense et précoce, a été particulièrement sèche.

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Dans une lettre ouverte publiée le 7 juin dans Le Journal du Dimanche, plusieurs membres des Républicains alertent le commissaire européen à la Santé, Oliver Varhelyi, sur la possible « mainmise » du groupe brésilien JBS sur le marché européen de la viande par le biais de l’accord UE-Mercosur, une polémique qui a vu le jour juste avant l’entrée en vigueur provisoire du traité commercial le 1er mai. Les auteurs de cette lettre* avancent que la Commission européenne a laissé la gestion des contingents tarifaires agricoles de l’accord aux autorités des pays exportateurs, faisant craindre des conséquences économiques et sanitaires pour les agriculteurs européens. Ils saluent, toutefois, l’action du commissaire hongrois visant à suspendre l’accès au marché européen pour les opérateurs ne respectant pas les exigences sanitaires de l’UE. Et d’ajouter : « Nous vous appelons à maintenir cette exigence dans la durée et à ne céder à aucune pression. » Enfin, ils exhortent Bruxelles à analyser l’impact d’une potentielle concentration des importations et, le cas échéant, à « mettre en œuvre les sanctions qui s’imposent ». * Céline Imart, Julien Aubert, François-Xavier Bellamy, Julien Dive, Laurent Duplomb, Christophe Gomart, Isabelle Le Callennec et Nadine Morano

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