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Dans un communiqué du 20 octobre, la MSA indique que le conseil d’administration de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) a décidé de réorienter son budget 2026 d’action sanitaire et sociale pour mobiliser une enveloppe de 4,275 M€ afin de « renforcer l’accompagnement social des personnes et des familles affectées » par la crise agricole. Initialement prévue à 400 000 € dans la COG 2026-2030, l’enveloppe dédiée aux conséquences sociales des crises sera multipliée par plus de dix pour 2026. Financée par un redéploiement de crédits du Fonds national d’action sanitaire et sociale (FNASS), elle permettra de renforcer les secours d’urgence (relogement dans les zones incendiées) et la mise en place d’accompagnement des adhérents fragilisés (aide au répit et au remplacement, soutien psychologique).

Agra

Impactée par la sécheresse et les fortes chaleurs estivales, la récolte française de pommes de terre affiche un rendement historiquement bas de 37,9 t/ha (-7,5 t/ha par rapport à la moyenne décennale). Cumulé à un recul de 10 % des surfaces nationales, le déficit de production globale est estimé à près de 2 millions de tonnes. Devant la faible taille des tubercules, l’interprofession (CNIPT) a acté un abaissement exceptionnel du calibre minimal pour l’allégation « frites », passant de 50 à 45 mm pour la campagne 2026-2027. L’interprofession précise que les exigences d’aptitude à la friture (matière sèche, glucose et coloration) restent strictement inchangées. Le CNIPT appelle désormais la grande distribution à traduire ses promesses publiques de soutien en actes concrets, en ajustant ses cahiers des charges et ses pratiques d’agréage. Sans revalorisation adéquate sur le marché français, les opérateurs pourraient être amenés à réorienter leurs volumes vers l’exportation.

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Après les violences urbaines des 17 et 18 octobre, les enseignes de la grande distribution ont commencé à mesurer l’ampleur des dégâts dans les centres-villes. La FCD (distributeurs) dans un message sur LinkedIn dénombre ainsi « plus de 1 500 commerces touchés » en France. Le p.-d.g. de Carrefour Alexandre Bompard, après s’être rendu auprès des patrons de magasins pillés, écrit sur LinkedIn : « Au total, 50 magasins frappés dont 19 magasins de proximité et supermarchés Carrefour pillés et saccagés partout en France, ici à Paris, mais aussi à Rennes, Lille, Bordeaux et ailleurs ». Selon lui, « des dizaines de salariés de nos partenaires franchisés seront contraints au chômage partiel. La facture des travaux se comptera en plus d’une dizaine de millions d’euros et nos commerçants ont besoin d’une accélération des procédures d’indemnisation comme dans le cas des catastrophes naturelles. » La FCD demande à cette occasion « un accompagnement concret, notamment administratif, pour simplifier et accélérer les démarches, les procédures et les indemnisations ». « Nous ne devons pas nous habituer à ce que la violence et l’affrontement deviennent notre quotidien. Il ne doit pas y avoir un autre 17 octobre », a plaidé Dominique Schelcher (Coopérative U) dans un post LinkedIn, tandis que Thierry Cotillard (Intermarché) a prôné « de lourdes sanctions pour les auteurs », dans Le Parisien.

Agra

Comme prévu par la loi d’urgence agricole, un projet de décret relatif à la consultation du public pour les projets d’ouvrages de stockage d’eau soumis à autorisation environnementale a été mis en consultation publique jusqu’au 4 novembre. Il prévoit notamment la possibilité, à l’initiative du porteur de projet, de remplacer la réunion publique de clôture de la consultation par une permanence du commissaire enquêteur, pour les projets d’ouvrages de stockage soumis à autorisation environnementale. L’objectif étant de simplifier la procédure d’autorisation environnementale pour les exploitants agricoles. Cette mesure prolonge celle introduite par la loi du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur. Elle a notamment permis aux porteurs de projets d’élevage soumis à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) de remplacer, s’ils le souhaitaient, la réunion publique d’ouverture et de clôture de la consultation par une permanence du commissaire enquêteur. La loi d’urgence agricole du 18 août 2026 a étendu cette possibilité aux porteurs de projet d’ouvrages de stockage d’eau soumis à autorisation environnementale, mais uniquement pour la réunion de clôture de la consultation. Le gouvernement souhaite que le décret soit pris avant février 2027, avec une entrée en vigueur la plus rapide possible.

Agra

La réunion du Conseil européen des 15 et 16 octobre à Bruxelles n’a pas permis de percée concernant le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, alors que les chefs d’État et de gouvernement examinaient la base de négociation chiffrée proposée le 10 octobre par l’Irlande. À son arrivée, le chancelier allemand Friedrich Merz – dont le pays figure parmi les « frugaux » – a tout d’abord salué la proposition de Dublin qui, selon lui, va dans le bon sens. Mais il estime aussi qu’elle est « encore loin du niveau où nous devrions parvenir » en termes de réduction budgétaire. Il s’oppose également à des moyens supplémentaires pour l’agriculture et la cohésion. De son côté, Emmanuel Macron a exhorté les dirigeants européens à conclure un accord sur le budget avant la fin de l’année sous peine de discussions encore plus compliquée en 2027, en raison des multiples élections dans plusieurs États membres, dont la France, la Grèce, la Pologne, l’Italie ou la Finlande. Un point partagé par le chancelier allemand, qui reconnaît néanmoins que, « pour la réunion du Conseil de décembre, il faudra probablement prévoir quelques chemises de rechange supplémentaires ». C’est à présent au président du Conseil européen, le Portugais Antonio Costa, que revient la charge de faire avancer les discussions. Dans l’espoir de parvenir à un compromis budgétaire en décembre, Antonio Costa devrait organiser le 26 novembre un nouveau sommet européen informel.

Agra

Dès le 1er novembre, les bovins destinés à être exportés vers l’UE « devront avoir été détenus au minimum 60 jours en zone indemne avant de pouvoir être certifiés  » sans conditions MHE  » », indique le ministère de l’Agriculture à Agra Presse, confirmant une information de la FMBV (marchés de bétail vif). Cette nouvelle condition spécifique à la maladie hémorragique épizootique (MHE) est la conséquence d’une modification du règlement européen n°2020/688. Ce texte prévoyait jusque-là que « les animaux doivent être détenus au minimum 30 jours dans leur établissement d’origine pour pouvoir partir aux échanges » – « une règle générale, non spécifique à la MHE », précise la Rue de Varenne. Du côté de la FMBV, on craint que ce délai de 60 jours pénalise le démarrage de la saison d’exportation des broutards, à l’automne. Par ailleurs, la zone réglementée MHE (150 km autour des foyers) se réduit progressivement, en raison des conditions fixées par le même règlement (deux ans après le dernier foyer). Au 1er octobre, 1 200 communes sont passées en zone indemne, principalement en Bourgogne-France-Comté (Cher, Nièvre et Saône-et-Loire), avec « assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux », selon le site du ministère de l’Agriculture ; d’autres suivront les 1er novembre et 1er décembre.

Agra

L’UE prépare un nouvel outil qui lui permettra de fermer « rapidement et efficacement » l’accès à son marché intérieur, en cas de conflit commercial avec un pays tiers, a confirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 16 octobre. Bruxelles s’inspire ainsi d’une proposition conjointe de la France et de l’Allemagne, qui vise à renforcer l’arsenal de défense de l’UE, en cas de conflit commercial avec la Chine ou un autre pays. « En s’appuyant sur cette proposition franco-allemande, nous allons développer un nouvel outil qui permettra d’agir rapidement et efficacement, dans l’intérêt de l’UE, en fermant l’accès au marché unique européen », a déclaré lors d’une conférence de presse la présidente de l’exécutif européen, à l’issue d’un sommet des 27 à Bruxelles. En outre, cette nouvelle mesure n’empêchera pas l’UE d’utiliser « autant que nécessaire » ses autres instruments de défense commerciale, a-t-elle prévenu. Le président Emmanuel Macron a salué une « vraie convergence franco-allemande qui a permis d’acter des avancées très concrètes, et un changement de cette politique commerciale (…) face à cette concurrence déloyale ». Selon lui, la nouvelle orientation de l’UE traduit « une politique commerciale beaucoup plus pragmatique et qui accepte de protéger (…) ses secteurs, ses acteurs économiques face à la concurrence déloyale » de la Chine et d’autres pays.

Agra

Le Burkina Faso a, une nouvelle fois, suspendu « jusqu’à nouvel ordre » ses exportations de farines de mil, maïs et sorgho (et dérivés) pour en « assurer la disponibilité régulière » et « améliorer leur accessibilité aux consommateurs », selon un communiqué consulté le 11 octobre par l’AFP. Cet embargo intervient après celui de 2022, finalement levé en juillet. Selon l’AFP, depuis cette date, les opérateurs économiques dénoncent la sortie massive de farine vers les pays voisins, où les prix sont plus attractifs, occasionnant sur le marché local la pénurie et la flambée des prix. « Tout contrevenant à cette décision s’expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur », avance le ministre du Commerce Serge Gnaniodem Poda. Et de préciser que « la délivrance des autorisations spéciales d’exportations de ces produits est également suspendue ». Depuis septembre 2022, le Burkina Faso est gouverné par une junte qui a fait de la souveraineté économique une de ses priorités. Le régime promeut l’autosuffisance alimentaire et affirme que la production céréalière a atteint 7,15 Mt en 2025, soit 126 % des besoins nationaux, même s’il a bénéficié ces dernières années de dons de céréales, russes notamment.

Marion GHIBAUDO

À l’occasion d’une conférence de presse le 13 octobre, le CNPA (centre de promotion des produits agricoles et alimentaires) a déploré un décrochage de l’excédent commercial agricole et alimentaire, malgré un « léger rebond » en 2026, et présenté ses « douze propositions » pour dynamiser l’export. Sur les sept premiers mois de l’année, le solde commercial est monté à 0,6 milliard d’euros ; c’est mieux que le déficit de 0,1 milliard en 2025 mais 75 % sous la moyenne triennale (2023 à 2025), et encore plus bas que la barre des 6 milliards presque toujours dépassés depuis les années quatre-vingt-dix. Une « contre-performance » observée tant du côté agricole qu’agroalimentaire. Même si « ce déficit provient surtout des produits de la mer importés », selon son Observatoire des exportations, le CNPA pointe le manque de dynamisme des exportations de France, bien moindre que celui de l’Espagne, de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Allemagne. Parmi ses propositions les plus fondamentales, le CNPA veut que l’enjeu de l’export agricole s’inscrive dans toute démarche diplomatique et négociation internationale, et qu’il soit pesé dans toute décision législative et tout transfert de savoir-faire.

Agra

Les négociations commerciales entre l’UE et la Thaïlande entrent dans leur phase finale. C’est le constat dressé par le rapport de la Commission européenne, publié le 9 octobre, sur le dernier cycle de discussions, qui se s’est déroulé du 28 septembre au 2 octobre à Phuket (Thaïlande). Celui-ci mentionne que la plupart des chapitres du texte sont désormais provisoirement clos, notamment au niveau SPS (sanitaire et phytosanitaire) pour lequel les négociateurs sont parvenus à un accord sur toutes les questions en suspens (régionalisation, procédures d’approbation et audits). Les parties indiquent même qu’il n’y aura plus de nouveau cycle de négociation complet. L’UE et la Thaïlande préfèrent désormais se concentrer sur des formats plus spécifiques afin de régler les derniers points de divergence, sur l’accès au marché notamment. Sur ce dernier point, le rapport mentionne que « les deux parties ont confirmé leur volonté de parvenir à un résultat ambitieux tout en tenant compte de leurs sensibilités respectives ». Il faut dire que le sujet reste particulièrement sensible parmi les parties prenantes agricoles de l’UE, qui craignent l’accumulation des concessions avec les autres accords de libre-échange. L’objectif est de finaliser les discussions d’ici la fin de l’année.

Agra