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Dans un communiqué du 27 novembre, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) affirme que le gouvernement envisage de « réduire le taux de couverture [de l’assurance des prairies] pour les producteurs non-assurés ». Alors que le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 est en cours d’examen au Parlement, le syndicat dénonce « de faux arguments budgétaires » à l’origine de cette décision. Une perspective d’autant plus inquiétante, aux yeux de la FNB, que « rien n’est réellement fait pour lancer une véritable amélioration de ce dispositif défaillant ». L’association spécialisée de la FNSEA estime que l’indice satellitaire utilisé dans le cadre de l’assurance des prairies n’a pas suffisamment pris en compte la sécheresse de l’été 2025. En revanche, l’indice aurait « surestimé » les pousses d’automne, très abondantes, mais « peu voire pas valorisables », selon la FNB. En conséquence, le système aurait dû « reconnaitre des pertes plus importantes et déclencher des indemnisations », ce qui « n’est majoritairement pas le cas ». Et le syndicat de conclure : « Il est essentiel que les recours soient activés dans les départements », alors que la loi Entraves, promulguée cet été, prévoit des procédures de recours pour les éleveurs.

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Le syndicat Jeunes Agriculteurs a signé le 26 novembre une convention de partenariat avec l’Ifocap (Institut de formation des cadres paysans) pour « renforcer la montée en compétences de son réseau », indiquent-ils dans un communiqué commun. « Ce partenariat va permettre de répondre toujours mieux aux besoins de formation de notre réseau et d’accompagner nos élus dans leur montée en compétences. Pour répondre aux futurs défis de l’agriculture, l’engagement et la formation sont indissociables », considère le président de JA Pierrick Horel. Le syndicat souligne l’importance qu’il donne au sujet, lui permettant d’être reconnu comme l’école de formation des futurs responsables professionnels agricoles. Au programme de la convention avec l’Ifocap : « développer les compétences en leadership, en gestion, communication et engagement citoyen des jeunes agriculteurs d’aujourd’hui et de demain », détaille Stéphane Aurousseau, président de l’institut.

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Les trufficulteurs sont inquiets des importations en provenance d’Espagne alors que commence la saison, rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes le 22 novembre. « L’arrivée de truffes espagnoles casse les prix, souvent aux alentours de Noël », note Martine Voilque, présidente de la Fédération ardéchoise des trufficulteurs, avançant que des cas de francisation ont été observés sur les étals et les marchés de gros. En France, la production annuelle est d’environ 50 t, alors que la consommation atteint les 200 t ; trois truffes vendues sur quatre sont donc étrangères. « La concurrence représente une vraie menace, surtout en début d’année, parce qu’après les fêtes, en général les cours s’effondrent », précise Didier Roche, président de la Fédération Auvergne-Rhône-Alpes de la filière, à France 3. Face à cette situation, la fédération travaille depuis un an et demi avec la DGCCRF pour développer un outil permettant de déterminer l’origine d’une truffe par prélèvement. « Dans un an, on sera capable de définir l’origine d’une truffe sur un étal », promet Didier Roche, espérant la rigueur dans les contrôles officiels. Par ailleurs, en Ardèche, les trufficulteurs ont déposé une marque avec cahier des charges en 2024, suivie plus récemment par un lancement similaire en Drôme, visant à garantir l’origine « made in France ».

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Les négociations consacrées à l’agriculture lors de la Cop30, qui s’est achevée le 22 novembre à Belém au Brésil, n’ont pas abouti à un accord, a indiqué Marie Cosquer, analyste plaidoyer « systèmes alimentaires et crise climatique » chez Action contre la faim (ACF), à Agra Presse le 26 novembre. Les discussions se sont interrompues dès la première semaine, sans qu’un texte de compromis ne puisse être finalisé. Conformément aux procédures de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les parties poursuivront leurs travaux à partir du cadre en vigueur, l’initiative commune de Charm el-Cheikh sur la mise en œuvre d’une action climatique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Adopté en novembre 2022, le dispositif devrait être examiné lors de la prochaine session des organes subsidiaires de mise en œuvre, prévue en juin 2026. Selon l’association humanitaire, le document de travail actuel comporte des décisions « problématiques », notamment une place « trop importante » accordée aux nouvelles technologies agricoles, peu accessibles aux pays en voie de développement. Parallèlement, ACF regrette que la déclaration finale de la Cop30 ne mentionne pas la transition des systèmes alimentaires, alors qu’ils représentent environ « un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre » et demeurent « un facteur majeur de déforestation ».

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À l’issue d’une réunion du Conseil national de la restauration collective (CNRC) le 26 novembre, la ministre de l’Agriculture a dévoilé les résultats de la campagne 2025 de télédéclaration des achats des restaurants collectifs, qui semblent indiquer une stagnation dans l’atteinte des objectifs d’approvisionnement de la loi Egalim. Les données d’achats 2024 montrent une légère baisse de la part des produits bio (11,8 %, contre 14 % l’an passé) et une progression des «produits durables et de qualité » (29,5 %, contre 25,3 % l’an passé). Le ministère note une progression du nombre de participants (40 % des sites de restauration collective, contre 20 % en 2024), ce qui ne lève toutefois pas les doutes sur la fiabilité de ces chiffres, la télédéclaration étant volontaire, et donc possiblement sujette à d’importants biais de sélection de l’échantillon. Le ministère note par exemple que les cantines télédéclarant depuis trois ans sont en avance sur les autres, leurs parts atteignant plus de 15 % en bio et plus de 32 % en « produits durables et de qualité ». Le ministère précise enfin que le bilan statistique complet, en cours de transmission au Parlement, sera prochainement publié dans la rubrique Documentation de la plateforme numérique « ma cantine ».

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Les éleveurs de canards doivent renoncer à l’idée de pouvoir simplifier la vaccination des canards à compter de janvier 2026, l’Anses ayant informé cette semaine qu’elle ne donnerait pas les résultats de son expérimentation du « protocole mixte » avant janvier. Ce protocole consiste en une première injection au couvoir avec le vaccin le plus adapté à ce stade et un rappel en élevage avec l’autre vaccin. Ils attendent de cette simplification une meilleure protection et d’être dispensés de pratiquer une troisième injection sur des canards âgés, une opération fastidieuse pratiquée en général par des prestataires spécialisés. En revanche, indique le président du Cicar (canard de chair) Bruno Mousset, les abatteurs ont décidé le 21 novembre de prendre en charge dans leur prix d’achat le coût de la troisième vaccination, le jour où le ministère l’a imposée en Vendée et dans trois départements voisins. Cette troisième dose, fortement recommandée dans les départements où des élevages de canards ont été contaminés, concerne plus particulièrement les élevages de canards à foie gras, mais aussi certains élevages de canard de chair. Le soutien des abatteurs, prévu dans un premier temps jusqu’à la fin de l’année, vise surtout à protéger les volailles pour la saison festive.

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Plus de huit mois après le vote de la loi instaurant un plan de lutte national contre le frelon asiatique, les apiculteurs de l’Unaf, soutenus par de nombreux députés, ont demandé le 26 novembre la « mise en œuvre immédiate d’un plan national d’urgence ». Adoptée par le Parlement le 6 mars, la loi n°2025-237 prévoit un plan de lutte national contre ce prédateur des abeilles, décliné par département, ainsi qu’une indemnisation des pertes des « exploitants apicoles » par le FNGRA. Ce texte nécessite un décret d’application, mais « aucune mesure concrète n’a encore été mise en œuvre par le gouvernement », déplore l’Unaf dans son communiqué, doublé d’une pétition. Or, en raison de la douceur de cet automne, « la situation s’aggrave de manière dramatique », alerte le syndicat, faisant état de « dizaines de milliers de ruches détruites en quelques semaines ». L’Unaf demande cinq mesures d’urgence : un « programme national de piégeage au printemps » ; un système de détection des nids ; la ré-autorisation du SO₂ pour détruire les nids ; un certificat Certibiocide « simplifié et adapté aux apiculteurs » ; et enfin une indemnisation. Des demandes appuyées par une dizaine de questions écrites de députés de tous bords, demandant à l’exécutif de faire paraître le décret d’application.

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Dans un communiqué du 26 novembre, la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) conteste le fait que des loups ciblés lors de tirs mais dont le cadavre n’a pas été retrouvé soient considérés comme prélevés, et donc déduits du plafond annuel. Selon le syndicat, ce cas de figure s’est produit pour « deux loups, l’un dans la Drôme, l’autre dans le Var » : ceux-ci « ont été déduits du quota annuel alors même qu’aucune dépouille n’a été retrouvée par les services de l’Office français de la biodiversité (OFB) à l’issue de tirs de défense ». Selon le bilan officiel au 21 novembre, 185 loups ont été tués en France (dont 19 illégalement), un nombre que la FNO souhaite voir abaissé à 183. Le plafond annuel pour 2025 est de 192 loups (19 % de la population estimée). Cette règle a « des conséquences directes pour les éleveurs et la gestion de la prédation », affirme la FNO, qui étaye son propos en rappelant un précédent cas en Saône-et-Loire : « Un loup blessé puis considéré comme prélevé avait été retiré du plafond. Or, l’animal est réapparu plusieurs semaines plus tard et a provoqué de nombreux dégâts sur les troupeaux environnants. » L’association spécialisée de la FNSEA exige « une règle simple, lisible et cohérente : sans cadavre de loup, aucun décompte ne doit être retenu ».

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Emmanuel Besnier, représentant légal de la SAS BSA, maison mère de Lactalis, a été assigné en référé, le 25 novembre devant le tribunal des affaires économiques de Paris par Alexandre et Maxime Renahy, rapporte leur avocat Renaud Portejoie. Ils demandent qu’Emmanuel Besnier dépose et publie les comptes consolidés et les « procès-verbaux de chacune des décisions de l’assemblée générale », selon le document consulté par Agra Presse, sous astreinte de 20 000 euros par document et par jour de retard. Ces demandes couvrent les exercices 2020 à 2024. L’audience est fixée au 11 février 2026. Le but de l’action en justice est de pouvoir vérifier que la minoration des bénéfices, pour laquelle Lactalis a bénéficié d’un règlement d’ensemble fin 2024 contre le paiement de 475 millions d’euros au fisc, s’est bien concrétisée par le versement aux salariés de primes de participation réduites. Lactalis précise que « les comptes sociaux sont publiés auprès du tribunal des affaires économiques de Paris » et que les deux sociétés internationales concernées par le règlement d’ensemble « ne sont en aucun cas concernées par le dispositif de participation aux résultats des salariés. » Lait : 500 salariés attaquent Lactalis pour obtenir leurs primes Selon Me Renaud Portejoie, représentant « plus de 500 salariés » de Lactalis, une action en justice est enclenchée, depuis le 20 novembre, contre le géant laitier pour obtenir le versement de primes de participation « indûment réduites ». Ces salariés se sont constitués partie civile dans l’enquête menée actuellement par le Parquet national financier sur des faits de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale contre la SAS BSA, société mère de Lactalis. Ils s’estiment victimes de fraude fiscale puisque la participation qui leur a été versée a été calculée sur la base de bénéfices minorés par Lactalis. La société a déjà réglé au fisc 475 millions d’euros fin 2024 pour éviter des poursuites sur ce dossier. Les salariés déposent aussi plainte contre X pour escroquerie. Il est reproché à la SAS BSA de ne pas avoir publié ses comptes consolidés, ce qui « interdit tout recours des salariés en remboursement des primes de participation spoliées », selon le courrier de l’avocat qu’Agra Presse a pu consulter. Contactée, la communication de Lactalis indique que « les comptes sociaux sont publiés auprès du tribunal des affaires économiques de Paris» et que «le règlement d’ensemble conclu avec l’administration fiscale fin 2024 a permis de mettre un terme à un différend d’interprétation portant sur l’imposition de deux sociétés internationales, lesquelles ne sont en aucun cas concernées par le dispositif de participation aux résultats des salariés. »

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La FNSEA a jugé le 25 novembre que le calendrier des aides à l’arrachage de vignes n’était « pas à la hauteur de ce qui avait été demandé », après un échange avec Annie Genevard, présente à l’ouverture du salon Sitevi à Montpellier. « Le 130 M€ d’hier soir n’est plus à ce stade que 70 M en 2026 », a déploré auprès de l’AFP le président Arnaud Rousseau. « La ministre vient de préciser que ce ne serait que 70 M€ en 2026 », a-t-il déploré, précisant que le reste serait « étalonné en 2027. À 4 000 euros l’hectare arraché, ça ne fait qu’un peu moins de 20 000 hectares », loin de la première phase de 50 000 ha souhaités par la FNSEA. « Ça n’est pas ce que les viticulteurs avaient compris hier soir », d’après lui. « Nous ferons une première évaluation à 70 M€ pour un déploiement ensuite à la hauteur de ce que nous avons dit, a déclaré à la presse la ministre de l’Agriculture. Nous verrons bien ce que nous aurons consommé en 2026 », a-t-elle précisé, ajoutant qu’« il n’y avait absolument aucun doute sur la somme des 130 M€ sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». « Nous, nous demandons que cet arrachage ne soit pas définitif, mais temporaire, a souligné Rémi Dumas, président JA de l’Hérault. Nous voulons des perspectives pour planter de la vigne qui s’adapterait aux consommateurs, tels que de nouveaux cépages par exemple ».

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