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Après six mois de travaux, et près de 200 responsables auditionnés, la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs a dévoilé son rapport le 21 mai. La rapporteur Antoinette Guhl (écologiste) et la présidente de la commission Anne-Catherine Loisier (centriste) émettent 24 recommandations, dont plusieurs portent sur la transparence en rendant obligatoire «l’affichage des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes, voire sur les produits transformés labellisés (bio, AOP, Label rouge)», en rendant publique, chaque année, «la comparaison entre l’évolution des prix de vente aux consommateurs et celle des tarifs négociés avec les fournisseurs» ou encore en faisant apparaître la part de matière première agricole française lorsqu’un transformateur a recours à l’option 3. Le rapport préconise aussi d’encadrer le recours aux centrales d’achat européennes en excluant de leur champ les entreprises dont les produits intègrent au moins 80 % de matière première agricole française ou qui produisent et vendent majoritairement en France. Autres recommandations : imposer aux distributeurs une déclaration annuelle des flux financiers avec les centrales d’achats et de services européennes et rendre publique les montants des marges arrière. Source Agra

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Le marché du foncier agricole a globalement confirmé en 2025 les tendances de prix des années précédentes, selon une présentation le 21 mai par la FNSafer. En hausse «mesurée», les terres et prés libres s’affichent à 6 460 €/ha (+0,9 %), soit une inflation contenue par rapport à 2024 (+3,2 %). Les zones de grandes cultures grimpent à 8 150 €/ha (+4,2 %), portées par de meilleures récoltes. Tandis qu’en élevage bovin, à 4 740 €/ha (-1 %), les prix reculent  «dans une conjoncture toujours porteuse pour la viande mais baissière en fin d’année pour le lait». Une quatrième augmentation consécutive est observée pour les terres et prés loués, à 5 350 €/ha (+2,5 %). De leur côté, les vignes AOP plongent encore, à 171 400 €/ha (-2,9 %). Cette tendance cache des situations encore plus variées qu’en 2024. La baisse des prix s’accentue dans les bassins Sud-Ouest (-28,1 %) et Bordeaux-Aquitaine (-23,8 %), la quasi-totalité des appellations girondines subissant un décrochage. À l’inverse, la hausse se poursuit en Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (+3,9 %), soutenue par la Côte-d’Or et les meilleurs terroirs de Champagne. Une stabilité est notée en Languedoc-Roussillon (-0,2 %). Enfin, la crise s’accentue dans le Cognac. Cela fait chuter de moitié le prix des vignes à eaux-de-vie AOP, à 23 200 €/ha (-54,5 %). Source Agra

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A l’occasion d’une conférence de presse du gouvernement le 21 mai, la ministre de l’énergie, Maud Bregeon, a annoncé que les aides à l’achat de gazole non routier (GNR), de 15ct/l, sont reconduites jusqu’en août. Concernant le prix des engrais, le ministre de l’économie Roland Lescure a renvoyé le secteur au plan récemment présenté par Bruxelles, dont les montants doivent encore être précisés d’ici l’été. Le gouvernement n’a pas précisé le financement des aides. Il n’a pas non plus fait la lumière sur le sort des reliquats d’aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimés à 100 M€/an, et convoités par Bercy. Enfin le ministre du commerce, Serge Papin, a indiqué que le gouvernement n’appelle toujours pas à la réouverture des négociations commerciales, renvoyant les opérateurs aux clauses de révision des prix. Source Agra

Agra

La FNSEA a demandé la «réouverture immédiate des négociations commerciales» entre industriels et distributeurs, pour prendre en compte la «flambée des coûts» du gaz, du carburant et des engrais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. «Les agriculteurs font face à une succession de crises sanitaires, réglementaires, économiques et climatiques qui fragilisent profondément les exploitations agricoles», rappelle la fédération dans un communiqué. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ 20 % des hydrocarbures et 30 % des engrais mondiaux, a conduit à une hausse brutale des coûts de production dans les fermes. La FNSEA «appelle donc à une réouverture rapide des négociations commerciales afin que la hausse des coûts de production agricole se traduise concrètement par une revalorisation du prix payé aux producteurs». La grande distribution est hostile à une réouverture de ces négociations, tandis que les industriels de l’agroalimentaire plaident pour une répercussion rapide de leurs hausses de coûts dans un contexte inédit. De son côté, le gouvernement temporise, appelant au dialogue entre acteurs pour répercuter les hausses «au cas par cas». Source Agra

Agra

La France, l’Autriche et l’Italie demanderont une nouvelle fois, lors de la réunion du Conseil Agriculture du 26 mai, à la Commission européenne de présenter une modification de la règlement sur l’information alimentaire des consommateurs (FIC) afin de renforcer l’étiquetage obligatoire du pays d’origine à l’échelle de l’UE et de l’étendre au plus grand nombre possible de produits alimentaires. «Une telle mesure permettrait aux consommateurs de prendre des décisions d’achat éclairées, renforcerait la position des agriculteurs européens dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire et favoriserait une concurrence loyale en rendant les conditions de production plus transparentes», justifient ces pays dans une note préparée pour l’occasion. Plusieurs autres délégations devraient soutenir l’initiative (Suède, Grèce, Espagne, Finlande, Roumanie). Déjà au mois de janvier, lors de la réunion du Conseil des ministres à Bruxelles, plusieurs de ces pays avaient appelé de la Commission européenne à présenter «dans les meilleurs délais» une proposition en ce sens «en précisant les pays d’origine lorsque cela n’entraîne pas de complication trop importante». Mais certains s’étaient montrés réticents préférant se limiter à une mention «UE/hors UE». Source Agra

La rédaction

Sous pression après les menaces par Donald Trump d’imposer de nouvelles surtaxes, les colégislateurs européens sont finalement parvenus, le 19 mai à l’issue de leur troisième trilogue, à un compromis sur les textes mettant en musique l’accord transatlantique conclu en juillet à Turnberry (Ecosse). Dans le détail, en échange du maintien à 15% du taux de droits de douane américains sur ses exportations, l’UE va faciliter l’accès au marché européen de certains produits industriels et agricoles des Etats-Unis. Toutefois, le Parlement européen a réussi, moyennant plusieurs concessions, à intégrer un ensemble de clauses de protection additionnelles qui ont longtemps été le point d’achoppement des discussions. Un mécanisme de suspension renforcé est inclus si Washington ne respecte pas les engagements pris dans la déclaration commune ou s’ils perturbent les relations commerciales avec l’UE. Il peut également être déclenché s’il existe des indices suffisants laissant présager de telles actions à l’avenir. Le texte comprend également une clause de déchéance (ou «Sunset Clause») limitée dans le temps, jusqu’au 31 décembre 2029 (contre le 31 mars 2028 dans la position initiale de Strasbourg). La clause de conditionnalité (ou «Sunrise Clause») a, elle, été abandonnée. Enfin, un mécanisme de sauvegarde est prévu dans le cas où les préférences tarifaires accordées aux États-Unis entraînent une hausse des importations susceptible de porter gravement atteinte à l’industrie de l’UE, notamment au secteur agricole. Les textes doivent à présent être formellement validés par les colégislateurs avant d’être publiés au Journal officiel de l’UE et d’entrer en vigueur.

Agra

À l’occasion de l’adoption en séance publique de la proposition de loi (PPL) « pour une montagne vivante et souveraine », le 15 mai, les députés ont voté un amendement de Marie Pochon (écologiste, Isère) créant les « abattoirs paysans ». Le but : définir cette catégorie d’abattoirs « pour pouvoir par la suite y adosser des politiques volontaristes afin de les développer », selon le texte. Aux termes de l’article 7 ter ajouté par l’amendement, les abattoirs paysans peuvent être fixes ou mobiles, et leur gouvernance « garantit une place décisionnelle majoritaire et directe aux agriculteurs du territoire, exerçant une activité d’élevage, qui en sont utilisateurs ». Ce type d’outil est tourné vers le marché local : il traite des animaux « issus du bassin d’élevage dans lequel il est situé », « acheminés directement » depuis les élevages, et il produit des viandes « exclusivement destinées aux circuits courts ». Il doit respecter « un tonnage annuel maximum et une cadence d’abattage maximum garantissant la protection des animaux et des conditions de travail adaptées ». Autant de critères qui doivent être précisés par décret. Dans un contexte de « manque de solutions d’abattage » en France, les abattoirs paysans constituent « une solution d’avenir pour les territoires d’élevage » pour la députée.

Agra

D’ici un an après la promulgation de la loi « pour une montagne vivante et souveraine », le gouvernement devra remettre au Parlement un rapport sur « l’opportunité d’instaurer, au niveau national, une servitude légale de passage » afin de « garantir la mobilité des troupeaux pastoraux ». C’est ce que prévoit un amendement voté le 15 mai par les députés, lors de l’adoption en séance publique de cette proposition de loi (PPL). Selon ce texte déposé par Inaki Echaniz, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques, la servitude étudiée devra aussi permettre aussi « l’exploitation pastorale des troupeaux » (accès à l’eau, broutage, fauchage et « équipement pastoral mobile »). Enfin, le rapport de l’exécutif « devra notamment examiner les modalités juridiques, foncières et opérationnelles d’un tel dispositif, ainsi que son articulation avec le droit de propriété et les usages locaux », selon l’exposé sommaire de l’amendement. Le député basque rappelle que la circulation des troupeaux pastoraux « peut se heurter à des difficultés d’accès aux chemins, aux points d’eau et aux espaces nécessaires au pâturage ». Après l’adoption de la PPL « pour une montagne vivante et souveraine » par l’Assemblée, l’Anem (élus de montagne) demande « une inscription rapide de ce texte à l’ordre du jour du Sénat ».

Agra

Dans un communiqué de presse le 18 mai, le député Julien Brugerolles (GDR, Puy-de-Dôme) indique que sa proposition de loi sur la revalorisation des retraites agricoles déposée en avril 2025, sera débattue en séance publique le 2 juin. Auparavant, elle sera examinée en commission des affaires sociales le 27 mai. « Le texte entend corriger plusieurs injustices persistantes, qui pénalisent encore des dizaines de milliers d’anciens exploitants agricoles, mais surtout les femmes, souvent veuves, qui ont travaillé comme aides familiales ou conjointes collaboratrices, et qui continuent de percevoir des pensions de retraite extrêmement faibles, souvent inférieures à 800 € mensuels », explique le successeur d’André Chassaigne. Il propose l’extension de la revalorisation à 85 % du SMIC, issue des lois dites « Chassaigne » de 2020 et 2021, aux anciens conjoints collaborateurs et aides familiaux, par l’élargissement de l’application du complément différentiel de points de retraite complémentaire obligatoire (CD-RCO). Le texte entend aussi améliorer le calcul de la pension majorée de référence qui, aujourd’hui, prend en compte les pensions de réversion et les bonifications pour enfants. Il prévoit également la suppression du mécanisme d’écrêtement et l’exonération de certains prélèvements sociaux (CSG,CRDS et CASA) des revalorisations de pensions obtenues par les retraites complémentaires obligatoires agricoles.

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Après les tracteurs et le matériel agricole, c’est au tour du bétail de s’ouvrir à la location avec option d’achat (LOA). Ainsi, une start-up, appelée Bovicash vient de lever 100 millions d’euros auprès de banques pour financer le cheptel des 48 000 éleveurs de vaches à viande français. Dès cet automne, ce dispositif de portage de capitaux proposera des contrats de 6, 12 ou 24 mois, des durées calquées sur les cycles biologiques de l’animal. Pour un loyer mensuel de 15 à 20 euros par tête, l’éleveur assure l’engraissement ou la préparation à la reproduction des bêtes. Au terme du contrat, il dispose de la flexibilité d’acquérir l’animal pour 60 % de sa valeur résiduelle ou de le revendre. Cette solution proposée par deux ex-financiers Frédéric Senan et Sébastien Dumais, vise à soutenir une profession souvent en difficulté en facilitant la recapitalisation des cheptels et en levant les barrières financières à l’entrée pour les nouvelles installations. Dans ce montage, Bovicash agit comme « nu-propriétaire », tandis que l’éleveur conserve l’usufruit, ses droits à la PAC et la pleine propriété de la descendance des animaux. Le groupe ambitionne de financer ainsi entre 50 000 et 75 000 bêtes par an.

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