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À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence agricole le 2 juillet, les sénateurs ont assoupli à nouveau le cadre de protection des loups, le plus souvent contre l’avis du gouvernement. Trois amendements proposent respectivement, malgré l’avis négatif de l’exécutif, de laisser la possibilité au préfet d’autoriser les éleveurs touchés par des attaques « répétées » d’effectuer des tirs de prélèvements ; d’effectuer un report à l’année suivante du reliquat de quota de prélèvement lorsque le plafond national n’a pas été atteint ; et de « sécuriser juridiquement » les mesures d’effarouchement non létales pour l’ours brun et le vautour. Les sénateurs ont par ailleurs adopté deux amendements du gouvernement : le premier est de réintroduire la possibilité donnée aux lieutenants de louveterie, supprimée par en commission, de détenir des armes de catégorie C (semi-automatique). Par contre, ils n’ont pas adopté l’amendement gouvernemental qui visait à supprimer la disposition adoptée en commission autorisant les éleveurs à utiliser des lunettes de tir à visée nocturne. Pour rappel, en commission, les sénateurs avaient adopté deux modalités pour fixer le plafond de destruction des loups : « En fonction de la population lupine et de la pression de prédation » ou « en tenant compte du nombre minimal de loups compatible avec un état favorable de conservation ». Introduite par les députés, cette deuxième modalité ouvre potentiellement la voie à un nouveau mode de gestion.

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Le Sénat a adopté le 3 juillet le projet de loi d’urgence agricole dans une version nettement modifiée par la droite pour lever les contraintes au métier d’agriculteur, suscitant l’inquiétude des associations environnementales et du gouvernement avant des négociations incertaines au Parlement pour faire aboutir le texte. Après les députés début juin, les sénateurs ont donné leur feu vert à 219 voix contre 111 à ce projet gouvernemental. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a salué l’adoption d’un texte « fait avec et pour les agriculteurs », évoquant des « avancées importantes ». La ministre de la Transition écologique Monique Barbut l’a en revanche comparé à « une nouvelle loi Duplomb » qui met « gravement en péril » la garantie du partage de l’eau, dans une déclaration à l’AFP. Les deux chambres du Parlement ont abouti à deux versions très différentes : celle des députés contient des dispositions jugées contraires au droit européen ou inapplicables par le gouvernement ; celle des sénateurs comporte de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales ainsi qu’un volet très abrasif sur la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits. Le texte aboutira-t-il définitivement avant la fin du mois de juillet, comme l’espère l’exécutif ? Il faudra pour cela accorder les points de vue des parlementaires des deux chambres, ce qui s’annonce corsé. Une commission mixte paritaire (CMP), réunion de 14 députés et sénateurs, en sera chargée le 16 juillet, avant une adoption définitive envisagée la semaine suivante.

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Dans un communiqué du 3 juillet, Culture Viande (industriels des viandes de boucherie) alerte sur le risque de déconnexion des prix français des viandes bovines après que le Sénat a adopté un amendement du gouvernement prolongeant l’expérimentation des tunnels de prix pour la filière bovins viande. « Ce n’est pas le principe d’un tunnel de prix qui est en cause, mais le choix d’en fonder la borne basse sur les coûts de production », préviennent les abatteurs à l’intention de la commission mixte paritaire qui doit examiner le 16 juillet le projet de loi d’urgence agricole intégrant cet amendement. En achetant à des prix progressivement déconnectés des réalités du marché européen, les entreprises françaises, débouchés des éleveurs, se fragiliseraient au profit des importations, font-ils valoir. Le syndicat argumente que le tunnel de prix expérimenté depuis 2021 n’est pour rien dans le doublement des prix des animaux entre 2020 et 2025, qui résulte « avant tout de la contraction de l’offre liée à la décapitalisation des cheptels. » Dans un communiqué le même jour, la FNB (éleveurs, FNSEA) estime à l’inverse qu’il s’agit «avancée majeure pour le respect du coût de production».

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Les autorités états-uniennes et canadiennes ont indiqué le 30 juin, dans des rapports, tabler sur des reculs sensibles de leurs assolements de blés (blé tendre d’hiver, de printemps, blé dur) entre 2025 et 2026. Selon le département américain de l’agriculture (USDA), la sole nationale de blé s’effriterait de 6 % par rapport à l’an dernier, à 42,7 millions d’acres (Ma), soit 17,28 Mha. Ce chiffre inclut le repli de celle de blé de printemps 2026, de 6 % par rapport à 2025, pour tomber cette année à 9,39 Ma, soit 3,8 Mha. Celle de blé dur décrocherait de manière encore plus drastique, de 16 %, à 1,83 Ma, soit 740 000 ha. Le même jour, StatCan rapportait un recul de la sole canadienne de 5,9 %, à 25,3 Ma (10,2 Mha). Celle de blé de printemps décrocherait de 3,9 %, à 18,1 Ma (7,32 Mha). Comme aux USA, l’effritement en blé dur est particulièrement intense, de 10,3 %, à 5,9 Ma (2,38 Mha). Notons la hausse de surfaces d’oléagineux dans les deux pays. Aux USA, celle de soja atteindrait 85,4 Ma (34,56 Mha), en hausse de 5 % par rapport à 2025. Celle de canola au Canada atteindrait un record de 23,4 Ma (9,46 Mha), en hausse de 8,4 % par rapport à l’an dernier.

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Dans un document de travail, publié en avril, le cabinet d’étude anglo-saxon Systemiq estime que la Chine est capable d’atteindre un solde commercial positif pour les protéines animales d’ici 2030 et de devenir un « exportateur majeur » sur le marché mondial d’ici 2040. Les analystes s’appuient sur deux hypothèses fortes. Ils prévoient d’abord que la démographie déclinante de la Chine pèsera fortement sur la demande intérieure, avec une demande totale de protéine en déclin dès 2040. Ils estiment ensuite que la stratégie du pays dans les biotech (NGT, fermentation de précision, protéines alternatives) est comparable à celle qu’il avait suivie il y a trente ans avec les véhicules électriques et le photovoltaïque (clusters, financement, régulation). Et qu’elle pourrait connaître le même succès. « Des signaux précoces indiquent que la Chine est entrée dans l’année zéro de la transformation du système alimentaire », estiment les auteurs. « Des politiques gouvernementales nouvelles et émergentes ciblent la sécurité alimentaire, avec un pilier central autour de la reconfiguration de l’offre de protéine par l’innovation technologique, notamment les process alternatifs de production de protéine ». Ainsi, le cabinet prévoit que les protéines alternatives représenteront 35 %-55 % de la demande de viande bovine, produits laitiers et produits de la mer en 2050. Trois experts interrogés partagent à grands traits l’analyse, mais prennent leurs distances avec la vitesse des changements de consommation prévus par les auteurs

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À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence en séance publique le 2 juillet, les sénateurs ont à nouveau restreint la définition des zones humides, pour limiter le classement des zones agricoles dans cette catégorie et assouplir les conditions de construction d’installations hydrauliques. Un amendement a été adopté qui aménage une exception à la définition d’une zone humide pour « des parcelles agricoles cultivées depuis au moins cinq ans hors systèmes herbagés permanents » et les « zones humides créées consécutivement à des aménagements hydrauliques. » Il ajoute également que «les installations hydrauliques ayant pour objet le stockage de l’eau et contribuant à la création de milieux présentant des fonctionnalités écologiques équivalentes sont assimilées à des opérations de restauration de zones humides». Lors de l’examen en commission des affaires économiques, les sénateurs avaient remis sur la table la définition proposée dans la proposition de loi Entraves, à laquelle le gouvernement s’est systématiquement opposé. Dans le texte initial, le gouvernement visait à «proportionnaliser la compensation exigée des porteurs de projet en zone humide en fonction de l’état de fonctionnalité de ladite zone», et à assouplir es prescriptions techniques applicables aux plans d’eau de moins d’un hectare en zone humide.

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Lors de l’examen de la loi d’urgence agricole le 2 juillet en séance publique, les sénateurs ont renforcé l’obligation de mise en valeur des terres incultes Outre-mer. Ils ont adopté, malgré les avis défavorables du gouvernement et de la commission, un amendement socialiste ramenant à deux ans (contre trois) le délai avant mise en demeure par le préfet. Les auteurs s’alarment d’une situation qui, laissée en l’état, « rendrait impossible la réalisation des objectifs de souveraineté alimentaire des territoires ultramarins ». Près de 12 000 hectares de zones agricoles sont aujourd’hui en friche à La Réunion, 12 000 en Martinique et 9 000 ha en Guadeloupe, d’après eux. En 2021, seuls 18 à 27 % de la superficie des départements et régions d’Outre-mer (hors Guyane) est destinée à l’agriculture, contre 52 % dans l’Hexagone, ajoutent-ils citant les données du ministère. Une plus forte artificialisation des terres est aussi relevée : 12 à 17 % dans les Drom (hors Mayotte et Guyane), contre 9,5 % en métropole. « Les terres agricoles en friche résultent de causes multiples : des difficultés pour les transmissions d’exploitation (occupations sans titre, indivisions non réglées), des retraites agricoles très basses, l’espoir de voir ses terrains déclassés en zone constructible, des jeunes qui manquent de moyens financiers », souligne l’exposé.

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La coopérative Sodiaal a dévoilé le 2 juillet le prix du lait payé aux adhérents en 2025 : 505 euros les 1000 litres, toutes primes et résultat inclus, soit un niveau « historique », selon Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal. Mais « l’exercice 2026 s’ouvre dans un contexte sensiblement plus difficile pour la coopérative, et en particulier pour ses éleveurs » à cause de la surproduction mondiale, amorcée au second semestre 2025, qui « continue de peser sur les marchés et les cotations. » La coopérative souligne « les pressions inflationnistes sur l’énergie, les intrants et la logistique » qui renchérissent des charges de production déjà élevées, auxquelles s’ajoute les vagues de chaleur précoces. A l’aval, la situation est aussi difficile. Sodiaal « a reçu une fin de non-recevoir de la part des enseignes opposées à une réouverture des épineuses négociations annuelles », selon le Figaro, alors que la coopérative voulait revoir ses tarifs à cause de la hausse des emballages. « Les agriculteurs et notre coopérative ne peuvent pas encaisser l’ensemble de ces surcoûts. Il faut une responsabilité collective de toute la chaîne de valeur, y compris des consommateurs », plaide le directeur général Antoine Collette.

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Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole (LUA) le 2 juillet, les sénateurs ont rétabli des dispositions visant à renforcer les droits des Safer, qui avaient été supprimées en commission. Ils ont adopté des amendements, issus du gouvernement et des bancs de la gauche jusqu’à la droite, portant de cinq à dix ans la durée pendant laquelle la Safer peut intervenir sur la préemption de bâtiments agricoles. Avec les avis favorables de la commission et du gouvernement, les sénateurs ont également réintroduit l’instauration d’un droit de visite avant l’exercice du droit de préemption des Safer, votée par les députés. À l’Assemblée le 29 mai, des amendements du gouvernement et des socialistes avaient introduit cette disposition en complétant la LUA par une version retravaillée de la PPL Dufau sur le renforcement du droit de préemption. Via d’autres amendements du gouvernement et de la gauche jusqu’à la droite, les sénateurs ont rétabli le 2 juillet l’obligation d’informer les Safer de l’ensemble des baux emphytéotiques portant sur des biens ou droits immobiliers à usage ou à vocation agricole. Il s’agit entre autres de « détecter d’éventuels contournements », soulignent plusieurs exposés.

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Dans un communiqué de presse le 2 juillet, la MSA indique que son Conseil d’administration a adopté la veille la Convention d’objectifs et de gestion (COG) 2026-2030 qui fixe les priorités pour les cinq prochaines années. Les crédits de l’action sanitaire et sociale (FNASS) sont en augmentation. Le budget consacré à la prévention du mal-être agricole progresse également de 50 %. Les fonds dédiés à la prévention santé (FNPEISA) augmentent de 11% permettant de renforcer la contribution de la MSA aux politiques de santé publique au bénéfice de ses adhérents. Des investissements dans les systèmes informatiques et le patrimoine immobilier sont aussi prévus. Reste l’épineux dossier des effectifs. Un objectif de diminution de 575 CDI à l’horizon 2030 est fixé, ce qui correspond au remplacement d’environ deux départs à la retraite sur trois. Par ailleurs, le transfert complémentaire de 130 autres postes, initialement financés dans le cadre de la COG, vers les activités autofinancées de la MSA est également acté. « Après avoir connu durant les cinq dernières années une baisse de 15%, les moyens attribués au fonctionnement – indispensables à l’exercice des missions des agents et des délégués – sont stabilisés » note la MSA.

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