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Lors d’une réunion avec le préfet de l’Orne lundi 12 janvier regroupant environ 200 participants, « on a pu sentir les éleveurs inquiets et en colère » devant les récents cas de tuberculose bovine dans le département, indique Guillaume Larchevêque, président de la chambre d’agriculture, à Agra Presse le 14 janvier. Dans les quatre élevages foyers, 1 300 bovins en tout pourraient être abattus dans le cas où tous les éleveurs choisiraient l’abattage total. « Le sujet est ultra-sensible, et il y a une confusion avec l’abattage total qui est appliqué pour la DNC » (dermatose nodulaire contagieuse), note l’élu consulaire. Contrairement à la DNC, un abattage sélectif est possible en cas d’infection par la tuberculose bovine, sous certaines conditions, récemment assouplies. Une procédure qui implique de lourdes contraintes pendant plusieurs mois pour les élevages concernés. Un « collectif tuberculose » s’est monté en Orne et a appelé à la mobilisation le 12 janvier à Athis-Val-de-Rouvre, commune où sont situés les foyers. Finalement, la manifestation n’a pas eu lieu, mais certains de ses membres étaient présents à la réunion avec le préfet, selon M. Larchevêque. Le président de la chambre appelle les éleveurs à respecter l’obligation de prophylaxie (surveillance), en vigueur dans une partie de l’Orne, du Calvados et de la Manche.

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À l’occasion des vœux à la presse de Chambres d’agriculture France le 14 janvier, ses représentants nationaux ont soutenu la stratégie sanitaire du gouvernement contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et proposé des pistes pour améliorer la gestion d’une éventuelle nouvelle crise. « La stratégie fonctionne », a répété le président de Chambres d’agriculture France, Sébastien Windsor. « Il n’y a pas de nouveaux cas depuis le 2 janvier». Questionné sur l’enveloppe allouée aux indemnisations, dont le gouvernement a récemment proposé le doublement, à 22 M€, l’agriculteur estime qu’il est satisfaisant : « Est-ce suffisant ? Dans l’état actuel, oui. Cela permet d’indemniser les animaux et les pertes indirectes ». Pour mieux gérer la survenue d’une nouvelle épidémie, les élus des chambres d’agriculture ont proposé deux pistes : d’une part « un retour de l’engraissement au plus près du naissage pour limiter les mouvements » et pour limiter la dépendance de la France aux pays engraisseurs (Italie, Espagne) ; et, d’autre part, une accélération de la dématérialisation de l’identification des bovins. « Cette crise a révélé le mauvais fonctionnement du système actuel, il faut pouvoir tracer, cela passe par la dématéralisation ». Selon l’interprofession bovine, l’État prévoyait, en décembre, que la dématérialisation de l’identification des bovins serait opérationnelle en 2028. Interbev pousse pour qu’elle soit opérationnelle dès 2027.

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A l’occasion des vœux à la presse des Chambres d’agriculture France, le 14 janvier, son vice-président Guillaume Lefort a présenté les calculs réalisés par le réseau consulaire qui montrent que la France ne sera pas le principal bénéficiaire de la récente rallonge budgétaire proposée par la Commission européenne pour la future Pac. Ainsi, l’avance de 45 milliards d’euros et la possibilité de consacrer l’«objectif rural» de 48,7Md € à des mesures agricoles conduiraient, selon ces mêmes calculs, à une hausse de 2% du budget de la Pac par rapport à la période actuelle. Mais pour la France, il s’agirait d’une baisse de 13,3% en raison de la méthode de répartition des fonds qui favorise les Etats membres disposant d’une moindre part consacrée à la Pac dans les futurs Plans de partenariat nationaux et régionaux (c’est-à-dire le fonds unique). Une analyse que partage le chercheur irlandais spécialiste de la Pac Alan Matthews dans un billet du 7 janvier. Par rapport à la précédente proposition de budget, les pays qui ont adhéré à l’UE le plus récemment bénéficieraient, selon lui, d’une augmentation de leurs enveloppes Pac supérieures à la moyenne de l’UE (39% pour la Slovaquie, 35% pour la Pologne, 28% pour la Hongrie). En revanche, «les États membres plus anciens (à l’exception du Portugal et de la Grèce) recevraient une augmentation de leur budget Pac inférieure à la moyenne européenne. Si les hausses pour l’Italie (15%) et l’Espagne (11%) sont significatives, celles pour la France (6%), l’Autriche (4%) et l’Irlande (4%) le sont beaucoup moins», constate-t-il.

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La Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) a pris la parole le 13 janvier pour demander une hausse du prix du lait de 50 euros les 1000 litres. En septembre 2025, le prix réel payé à l’éleveur était de 956 euros les 1000 litres, selon FranceAgriMer. Pour justifier cette demande, les éleveurs mettent en avant des charges en hausse. « Ces cinq dernières années, les éleveurs font face à une hausse de 500 € de coût à l’installation ou rénovations par place de chèvre en bâtiment », indique la fédération. Et les coûts de production ne baissent pas et restent toujours élevés, à +25% par rapport à 2020. La Fnec alerte sur une situation d’autant plus difficile que le prix du lait n’a pas augmenté en 2023 et 2024 et que les volumes collectés ont été en recul ces deux dernières années. La Fnec prend position alors que les négociations commerciales battent leur plein actuellement et doivent se terminer mi-janvier pour les PME et fin février pour les grands industriels. « Transformateurs et distributeurs doivent aujourd’hui répondre aux obligations de la loi Egalim pour tenir compte des coûts de production des éleveurs et permettre la modernisation des élevages, ainsi que l’installation des nouveaux éleveurs », souligne la Fnec.

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Le gouvernement souhaite renforcer l’épargne de précaution et favoriser la mécanisation collective, a annoncé le 13 janvier Sébastien Lecornu détaillant plusieurs mesures concernant l’agriculture. Ce « plan fiscal » sera « déposé ce soir » par voie d’amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2026, dont l’examen a repris en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Il comprend « un dispositif renforcé d’épargne de précaution, afin de mieux faire face aux chocs économiques via une possibilité de réintégration partiellement défiscalisée en cas de survenance d’un aléa économique ». Rappelons que le gouvernement s’était opposé, en première lecture, à l’ouverture de la DEP (déduction pour épargne de précaution) au cas de survenance d’un aléa économique. Le Sénat l’avait, pour sa part, adoptée. Sébastien Lecornu a aussi annoncé « un dispositif favorable à la mécanisation collective, sans que celui-ci touche au dispositif de traitement fiscal des plus-values ». En première lecture du PLF, des amendements (notamment du gouvernement) sur un crédit d’impôt « mécanisation collective » avaient été adoptés. Ce crédit d’impôt de 7,5 % s’appliquerait aux dépenses facturées par les Cuma à leurs coopérateurs au titre des charges de mécanisation collective, dans la limite de 3 000 € par an et par exploitation, et sous réserve d’un seuil minimal de 500 €, d’après les auteurs.

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Dans un message diffusé le 13 janvier sur le réseau X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait quatre annonces visant à répondre aux agriculteurs de la FNSEA venus manifester à Paris. La première est de faire examiner, comme demandé par la FNSEA, un « projet de loi d’urgence agricole » d’ici l’été, sur les thématiques de l’eau, de la prédation et des « moyens de production » (sans préciser lesquels). Le syndicat majoritaire souhaitait y voir figurer une réforme des installations classées pour l’environnement (ICPE). A ce stade, l’opportunité d’y insérer le dossier de l’acétamipride n’a pas été discutée par le gouvernement, indique Annie Genevard. Dans son message, le Premier ministre indique que ce projet de loi « sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été ». « Il devra associer en amont toutes les forces politiques parlementaires », assure le locataire de Matignon. Le 6 janvier, la FNSEA a réclamé une « loi d’exception » pour l’agriculture, sans détailler le contenu précis de ses demandes. Sur la forme, ce texte doit permettre au gouvernement d’agir par ordonnance avant la présidentielle de 2027, sur le modèle de la loi pour la reconstruction de Notre-Dame. Entre autres mesures, la « loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris » du 29 juillet 2019 avait donné au gouvernement la possibilité de « prendre par ordonnance les mesures d’aménagement ou de dérogation à certaines dispositions législatives qui seraient nécessaires » au chantier de reconstruction.

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Plusieurs dirigeants d’enseignes de la grande distribution française ont manifesté leur opposition à la vente de produits importés de pays du Mercosur dans leurs magasins. Thierry Cotillard, patron d’Intermarché, a indiqué le 12 janvier sur France info : « On l’a clairement dit, et je le redis ce matin, on n’achètera pas ces produits-là. On ne le fera pas pour acheter le poulet qu’on mettrait dans notre paella à marque de distributeur. » Et d’ajouter : « On peut rassurer les agriculteurs sur le fait qu’on n’achètera pas ces produits à l’étranger. » Le patron d’Intermarché s’est toutefois interrogé sur l’attitude des industriels, en proposant de rendre obligatoire le logo Origin’Info pour que les consommateurs soient informés sur l’origine des ingrédients. Autre interrogation soulevée : les cantines achèteront-elles des produits du Mercosur ? Alexandre Bompard, p.-d.g. de Carrefour, a déclaré le 7 janvier sur BFM TV que « la décision du groupe Carrefour et de ses confrères est de s’approvisionner quasi exclusivement, voire exclusivement selon les filières, en produits français », ajoutant qu’il n’y aura « pas de changement ». Système U et E. Leclerc sont sur la même position.

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À l’appel de la FRSEA du Grand bassin parisien, environ 350 tracteurs sont entrés dans Paris mardi 13 janvier – pour les premiers dès 6h du matin – pour une nouvelle journée de mobilisation visant à décrocher une rencontre avec le Premier ministre, rapporte l’AFP. Venu des départements de la grande couronne parisienne, mais aussi des Hauts-de-France, les tracteurs de la FNSEA et des JA se sont installés non loin de l’Assemblée nationale, où Sébastien Lecornu a décidé de leur permettre de passer la journée, selon une source proche du dossier. La préfecture de police, qui a autorisé le rassemblement, a recensé 350 tracteurs, tandis que la FNSEA en attend jusqu’à 500, a déclaré à l’AFP son vice-président Damien Greffin.

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Malgré l’aval des autorités sanitaires, les organisateurs du Salon de l’agriculture ont annoncé, à l’occasion d’une conférence de presse le 13 janvier, que l’évènement n’accueillera aucun bovin cette année, pas même la vache égérie, de race brahman (outre-mer), à la suite d’une décision prise par les organismes de sélection (OS). Les organismes de sélection ont motivé leur décision par précaution sanitaire et par « solidarité avec les autres éleveurs », a expliqué Olivier Alleman, commissaire général du Concours général agricole. Les organisateurs avaient déjà annoncé il y a quelques jours qu’aucun concours bovin ne serait organisé cette année au Salon. Les affiches du Salon vont être modifiées très prochainement, et un nouveau slogan va être mis en avant : « Venir c’est soutenir ».

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Parmi la « série de mesures fortes » pour l’agriculture présentée en conférence de presse le 9 janvier, puis dans un communiqué le lendemain, le gouvernement promet de créer « une brigade spéciale pérenne » pour contrôler les denrées importées. « Ces contrôles renforcés seront menés dans les ports, les aéroports, et plus largement partout sur le territoire », détaille le communiqué. Interrogé, le cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard indique que la création de cette brigade renvoie au plan de renforcement des contrôles sanitaires et phytosanitaires aux frontières présenté par la Commission européenne le 9 décembre. Bruxelles s’est engagée notamment à augmenter de 33 % les audits des postes de contrôle frontaliers européens, de 50 % le nombre d’audits réalisés dans les pays tiers au cours des deux prochaines années, tout en renforçant la surveillance des produits et des pays non conformes. Au moins dix personnes seront recrutées dans les principaux ports de l’UE. La Commission a assuré qu’elle prendrait sa part à l’effort, même si la charge reposera principalement sur les épaules des États membres. La « brigade » française sera donc créée dans ce cadre. « Ce sont des redéploiements de personnels du ministère de l’Agriculture, donc pas de nouveau budget pour cela », précise le cabinet d’Annie Genevard.

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