Lors d’une conférence de presse le 16 juin, l’Agence bio a confirmé le recul de 1,1 % des surfaces bio en 2025, à 2,69 Mha (-30 737 ha). Un niveau en ligne avec la baisse pressentie en début d’année, alors que l’Agence ne disposait pas encore des chiffres consolidés transmis par les certificateurs. Malgré cette troisième année de baisse consécutive, la surface en bio « se maintient à 10 % de la surface agricole française ». Pour la première fois, le nombre d’exploitations engagées en bio diminue lui aussi, de 1,3 %, à 61 159 fermes ; un rythme toutefois moins appuyé que l’ensemble de la ferme France (-3,6 %). Des signaux plus récents dessinent un rebond à venir dans les prochains mois. En 2025, les surfaces en première année de conversion repartent à la hausse en grandes cultures (+24 %) et en légumes frais (+44 %). Et les dernières déclarations Pac, réalisées en mai, font apparaître que « de nouvelles fermes s’engagent dans la conversion », observe le président de l’Agence bio, Bruno Martel, qui se dit « optimiste pour des filières qui avaient baissé en 2025 », comme le lait ou les bovins viande. Quant à la consommation, sa reprise est confirmée, dans tous les circuits de distribution, avec une croissance de 3,6 % en un an (à 12,6 Md€), largement supérieure à celle du marché alimentaire global (+2 %).
Alors que l’Agence bio a confirmé, le 16 juin, le recul de la capacité de production française en 2025, des organisations de l’amont ont réagi, le même jour, en faisant part de leurs inquiétudes. Dans un communiqué de presse, la Fnab (producteurs) estime que « la bio française [est] menacée à moyen terme ». « L’incitation économique à produire en bio n’a jamais été aussi faible », souligne le syndicat, selon qui les trois piliers économiques de la bio « se sont dégradés » depuis 2022 : réduction des charges, prix « plus rémunérateurs qu’en conventionnel » et aides « incitatives ». La Fnab rappelle trois de ses demandes pour pérenniser le secteur : augmenter l’éco-régime bio avec les reliquats de l’aide à la conversion non utilisés ; maintenir le financement des campagnes de communication ; et « une vraie application d’Egalim dans les filières biologiques ». De son côté, Forebio alerte, dans un communiqué, sur le risque d’une « crise structurelle » pour la bio. « Après trois années de manque de débouchés, certaines filières 100 % bio craignent désormais de devoir gérer, à court ou moyen terme, un manque de volumes », avec des « tensions » sur l’approvisionnement « en œufs, beurre et viande bovine », explique la fédération, qui regroupe 18 organisations de producteurs 100 % bio.
Agra