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Alors qu’Annie Genevard a annoncé des assouplissements supplémentaires à venir en matière de gestion du loup, les membres du Caf loup* ont rencontré le conseiller agricole du Premier ministre le 13 janvier pour lui présenter leurs propositions, a appris Agra Presse auprès de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA). « Le Premier ministre a demandé aux deux ministres concernés (Agriculture et Transition écologique, NDLR) d’assouplir toutes les règles régissant les modalités possibles d’intervention, c’est-à-dire concrètement de prélèvements de loups », résume Claude Font, élu FNO en charge du dossier. L’ensemble des sujets semblent donc sur la table, et les demandes des professionnels dépassent le seul cadre de l’accès aux tirs de défense. Parmi les requêtes qui pourraient aboutir, selon la FNO : la possibilité pour tous les éleveurs de recourir aux lieutenants de louveterie et à la brigade loup, sans conditionnalité. L’arrêté mis en consultation fin 2025 réservait cette option aux seuls élevages ayant mis en place des mesures de protection. Par ailleurs, les pouvoirs publics et les professionnels s’accorderaient pour accorder le même régime d’accès aux tirs à toutes les espèces, alors que les bovins et équins sont actuellement soumis à un cadre différent, plus strict. Une mesure qui pourrait être incluse dans la future loi d’urgence agricole. * FNSEA, JA, FNO, Chambres d’agriculture France

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La Commission européenne a publié, le 28 janvier, au journal officiel de l’UE un règlement d’exécution reclassant la fièvre catarrhale ovine (FCO) en maladie de catégorie D + E (et non plus C + D + E). Une décision motivée par le fait que ce virus est désormais beaucoup plus persistant en Europe. Les différents sérotypes de la maladie sont tellement présents sur le territoire de l’UE que les services vétérinaires bruxellois estiment qu’il est devenu impossible de mener des opérations d’éradication et préfèrent se concentrer sur la gestion et l’atténuation des risques. Ainsi l’accent sera mis sur la gestion des risques «au moyen de mesures d’atténuation appliquées, par les autorités nationales, aux mouvements entre États membres de ruminants vivants et de leurs produits germinaux». Toutefois, cette modification de la classification de la FCO ne devrait pas s’appliquer immédiatement, plusieurs modifications de la législation secondaire de l’UE étant encore nécessaire avant celle-ci entre pleinement en vigueur.

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Les ambassadeurs de l’UE, lors de leur réunion (Coreper) du 28 janvier, ont validé le transfert des onze articles et quelques paragraphes d’articles actuellement inclus dans le règlement budgétaire vers le règlement sur la réforme de la Pac, tel que proposé par la Commission européenne au mois de novembre pour répondre aux critiques du Parlement européen. Il s’agit, notamment, des dispositions concernant les définitions, les paiements de crise ou les obligations vis-à-vis de l’OMC. Mais les Etats membres sont allés un peu plus loin en décidant de transférer aussi l’article 35 du Cadre financier pluriannuel (CFP) vers la Pac qui concerne les types d’intervention. Il s’agit de l’article qui définit les notions de paiement dégressif à l’hectare, de paiement couplé, d’aides aux petits agriculteurs… Toutefois, précise une source européenne, ces derniers points continueront à être abordés séparément dans le cadre du groupe horizontal du Conseil sur le CFP et donc pas par les experts agricole du CSA.

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Lors d’une conférence de presse le 27 janvier quelques jours avant son congrès, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a rappelé ses attentes pour les Conférences de la souveraineté, lancées en décembre par Annie Genevard. « Il faut faire en sorte qu’on ne perde plus aucune vache », a martelé son président Patrick Bénézit, en écho aux demandes de l’interprofession Interbev. Le plan que la FNB porte « avec la filière » comprend trois points : arrêter la décapitalisation, « garantir des marges pour l’engraissement grâce à la contractualisation » et « garantir l’installation ». L’association spécialisée de la FNSEA a rappelé les domaines dans lesquels elle attend des avancées : réglementation européenne sur le bien-être animal, Assises du sanitaire, prédation ou encore aides Pac. M. Bénézit est aussi revenu sur l’assurance des prairies, estimant que, à l’été et à l’automne 2025, « le satellite a prouvé une nouvelle fois son dysfonctionnement ». « La coupe est pleine, il faut revenir à un système d’expertises terrain », a-t-il résumé. La FNB tiendra son congrès, électif, les 4 et 5 février à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), au même endroit que le Sommet de l’élevage.

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La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé le 27 janvier que le gouvernement a ouvert une enquête administrative sur la nomination d’Anne Le Strat en tant que directrice déléguée à l’Office français de la biodiversité (OFB), selon l’AFP. « Comme toutes les autres nominations, elle a relevé d’une procédure administrative. Compte tenu de l’émotion suscitée par cette décision, je tiens à ce que nous soyons attentifs à ce que ce processus se soit déroulé dans la plus grande neutralité », a déclaré la ministre en séance de questions au gouvernement à l’Assemblée. « C’est pourquoi le Premier ministre a, dès [lundi] soir, saisi l’Inspection générale de l’administration, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (l’IGEDD) pour enquêter sur les modalités de son recrutement » a-t-elle ajouté, en réponse à la députée Christelle Minard (LR, Eure-et-Loir), qui critiquait le choix d’un profil « clivant ». Dans un communiqué le 27 janvier, la FNSEA a salué le lancement de l’enquête administrative.

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Comme prévu, l’UE et l’Inde ont annoncé, le 27 janvier, la conclusion des négociations concernant leur accord de libre-échange, « le plus important de ce type jamais conclu par l’une ou l’autre des parties », indique Bruxelles. Cette possibilité a été facilitée par l’exclusion des principaux produits agricoles sensibles, point d’achoppement des discussions jusqu’à présent. L’UE va donc maintenir ses droits de douane actuels sur le bœuf, le sucre, le riz, la volaille, le lait en poudre, le miel, les bananes, le blé tendre, l’ail et l’éthanol. Et elle devrait ouvrir des « contingents calibrés » pour les importations de viande ovine et caprine, de maïs doux, de raisins, de concombres, d’oignons séchés, de rhum à base de mélasse et d’amidons. En échange, Bruxelles obtient une réduction des tarifs douaniers sur plusieurs produits dont les boissons alcoolisées, un de ses intérêts offensifs majeurs dans les pourparlers. Dans le détail, les droits de douane indiens sur le vin, marché réputé fermé, vont passer de 150% à 75% à l’entrée en vigueur, puis à 20 % (segment haut de gamme, plus de 10 €) et 30 % (moyenne gamme, entre 2,50 € et 10 €) après 7 ans. Les droits de douane sur l’huile d’olive passeront de 45 % à 0 % sur cinq ans. En outre, les droits de douane indiens sur la viande ovine passeront de 33 % à 0 % alors que ceux pour les saucisses seront abaissés à 50 % (contre plus de 110 % actuellement). Enfin, comme pour l’accord avec le Mercosur, le texte prévoit la mise en place d’un mécanisme de sauvegarde bilatéral en cas perturbation du marché. Il va, à présent, suivre la procédure classique de conclusion des accords commerciaux de l’UE. L’accord commercial conclu entre l’Union européenne et l’Inde est «une avancée significative et équilibrée» pour le commerce agroalimentaire, a salué le 27 janvier le Copa-Cogeca. Ce traité «renforce l’accès à un marché clé, tout en reconnaissant clairement le besoin de protection des secteurs les plus sensibles de l’agriculture européenne et de son modèle de production», souligne le comité. En réduisant de manière substantielle ou en éliminant des droits de douane jusqu’ici prohibitifs sur certains produits – aliments transformés, huile d’olive, jus de fruits, vins et spiritueux – il crée des opportunités d’exportation significatives».« L’exclusion des produits les plus sensibles de cette libéralisation (tarifaire), dont le bœuf, le sucre, le riz, la volaille et le miel, reflète une approche pragmatique et responsable». À l’inverse les vins et spiritueux européens verront, sur sept ans, les droits indiens passer de 150% à 20% pour les vins de plus de 10 euros la bouteille (et 30% pour les moins chers), de 150% à 40% pour les spiritueux et la bière de 110% à 50%. La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a salué «une avancée considérable», au moment où le secteur affronte des droits accrus aux États-Unis, son principal marché à l’export, et peine en Chine.

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L’Espagne et le Kosovo ont donné leur accord pour recevoir des bovins français vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 27 janvier. À l’instar de l’accord passé avec l’Italie, ces nouveaux accords s’appliquent aux animaux issus des « zones vaccinales II » (zones vaccinales succédant à une zone réglementée), situées en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et dans 500 communes du Sud-Ouest. Les conditions d’export vers l’Espagne – deuxième débouché français pour les broutards et premier pour les veaux laitiers – sont légèrement moins contraignantes que pressenti : contrairement à l’Italie, aucun test PCR n’est requis, selon le site internet du ministère.

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Le 20 janvier, à l’occasion du marché de la truffe de Lalbenque (Lot), a été lancée la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Truffes d’Occitanie. Elle sera officiellement créée en mars. Cette nouvelle structure a pour fondateurs la Fédération régionale des trufficulteurs d’Occitanie (FRTO), la commune de Lalbenque, le département du Lot, la Région, le transformateur Pierre-Jean Pébeyre et les techniciens Laurent Genola et William Saen, anciens de la station expérimentale de Montat fermée le 31 décembre. Son objectif est d’apporter un cadre aux trufficulteurs, en se fondant sur les avancées de la recherche grâce à une collaboration avec l’Inrae de Montpellier. Pour relancer la production, Laurent Genova pense aux agriculteurs et aux viticulteurs : « On arrache des vignes. On doit proposer la truffe comme produit de substitution ». La filière trufficole occitane regroupe plus de 1 300 adhérents aux associations dans 11 départements, plus de 10 PME spécialisées dans le négoce, l’expédition et la conserve, pépiniéristes (plants truffiers), distributeurs de matériel, métiers de bouche… Un appel a été lancé pour devenir sociétaire de la SCIC (la part sociale est fixée à 200 euros) d’ici la mi-février.  

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Dans un contexte de recul persistant des exportations françaises de bovins vifs, l’Italie, premier débouché, «se tourne vers d’autres fournisseurs de broutards», rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 23 janvier. «Faute de broutards français et face à la bonne demande de leur marché, les engraisseurs italiens ont cherché des alternatives en Europe centrale notamment», note l’institut technique. Premier pays à en profiter : la République tchèque, avec 19 000 broutards importés pendant les dix premiers mois de 2025 (+9 000 en un an), suivie de près par l’Irlande et ses 17 000 têtes (+3 000). L’Italie a aussi fait venir 7 000 broutards de Hongrie (+5 000), 5 000 d’Autriche (+1 000) ou encore 4 000 de Slovénie (+1 000). L’Idele remarque encore le «retour en force de l’Espagne», qui double ses envois, à 4 000 têtes. Des volumes sans commune mesure avec les flux en provenance de la France, qui fournit sur la période «88 % des broutards importés par l’Italie». Les envois hexagonaux sont en baisse constante, en raison de la décapitalisation et du développement de l’engraissement en France. Fin octobre, le ministère avait suspendu l’export de bovins pendant deux semaines en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), aggravant encore le manque. Source Agra

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À l’occasion de la réunion du Conseil Agriculture du 26 janvier, les ministres hongrois et italiens ont appelé la Commission européenne à prendre des mesures pour répondre à la baisse des cours sur le marché laitier de l’UE. La Hongrie souhaite obtenir l’utilisation de fonds issus de la réserve agricole et l’aide au stockage privé pour le fromage et le beurre. De son côté, l’Italie propose à Bruxelles la mise en place d’un «plan laitier européen extraordinaire» alliant différentes mesures de marché : soutien à la réduction volontaire de production, aide au stockage privé, intervention publique extraordinaire, campagnes de promotion exceptionnelles dédiées aux produits laitiers bénéficiant d’une appellation, ou encore recours au fonds européen d’aide aux plus démunis. La plupart des États membres ont fait état de difficultés sur leur marché, tandis que les propositions ont été soutenues par une dizaine de délégations. De son côté, le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, reconnaît que la situation du marché s’est dégradée, mais estime qu’il est encore trop est trop tôt pour dire qu’il y a une crise du lait. Il précise aussi que la demande mondiale reste importante. Il se dit prêt à utiliser les instruments à sa disposition en cas de nécessité. Source Agra

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