National | Par Agra
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, est venue sur le Sommet de l’élevage ce jeudi 8 octobre. Initialement annoncée le 6 octobre, la ministre avait annulé ce premier déplacement.

Annie Genevard est arrivée le mercredi 7 octobre au soir à Clermont-Ferrand et a fait une « visite de courtoisie » sur la Place de Jaude, au cœur de la vieille ville, pour découvrir ‘Pâture’ l’événement grand public organisé par le Sommet pour célébrer l’Année internationale du pastoralisme.
Le lendemain matin, la ministre, après avoir rencontré les représentants des filières d’élevage, a prononcé un discours annonçant les mesures complémentaires pour soutenir les agriculteurs après la sécheresse et les épisodes de canicule de 2026. Des mesures attendues par les éleveurs et annoncées par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors de son allocution du 7 octobre en soirée.
Cas les plus fragiles
Les premières mesures visent à soutenir la trésorerie des exploitations. « Je vous annonce que l’État permettra l’équivalent de prêts à taux zéro, pour 2 milliards d’euros de prêts », a-t-elle indiqué.
Concrètement, si une banque propose un prêt de trésorerie sécheresse à un taux réduit (autour de 2,5 % dans l’exemple de la ministre), l’État comblera les 2,5 % manquants, « de telle sorte que, pour l’agriculteur qui contracte un prêt à 2,5 %, ce soit in fine un prêt à taux zéro », précise Annie Genevard.
Par ailleurs, l’État prendra en charge le surcoût du report en fin de tableau, d’un an de remboursement de prêt pour un agriculteur nouvellement installé. Troisième mesure, le fonds d’urgence de 235 millions d’euros « désormais réparti entre les départements » sera abondé par la réserve de 21 millions d’euros, qui sera débloquée « au plus vite ».
Un autre point concerne le dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti annoncé en septembre par le Gouvernement. 350 millions avaient été débloqués. « Nous avons aussi veillé à ce qu’une attention particulière soit apportée aux cas des plus fragiles : concrètement, cela veut dire que nous remettrons au pot », a précisé la ministre.
« Dossier loup »
« Pour le guichet GNR, nous rouvrirons les périodes d’avril, mai et juin pour ceux qui n’ont pas eu le temps de faire leur demande. Je rappelle que nous avons prolongé de quatre mois ce guichet, pour environ 200 M€ », a précisé la ministre.
En ce qui concerne l’assurance récolte, Annie Genevard a pris acte des interrogations exprimées sur le fonctionnement du système, notamment sur l’évaluation satellitaire des pertes. Elle s’est engagée à faire vérifier « en toute transparence » la fiabilité du dispositif.
Parmi les autres sujets évoqués, Annie Genevard a confirmé une annonce attendue sur l’épineux dossier loup. Le plafond de « prélèvement » sera augmenté de 2 % et passera de 21 % à 23 %. « Il y aura des conditions pour le tir, car si la barre des 23 % est atteinte trop tôt, plus personne n’aura le droit de tirer, et je veux éviter cela. (…) Si le plafond de tir n’est pas atteint une année, les loups non-éliminés pourront être additionnés au plafond de l’année d’après », a-t-elle précisé. Le décret sera présenté aux professionnels d’ici le 12 octobre et publié en décembre. Ce même décret facilitera l’usage des lunettes thermiques, a-t-elle promis.
Enfin, Annie Genevard s’est engagée à ce que « les textes d’application très attendus » de la loi d’urgence agricole (concernant notamment le régime des élevages et le stockage de l’eau) « sortent avant le Salon de l’agriculture, et avant fin 2026 chaque fois que c’est possible ». La ministre confirme ainsi la volonté du Premier ministre, exprimée dans son allocution du 7 octobre : « L’agriculture ne peut pas attendre la présidentielle ».
L’action syndicale de Jeunes agriculteurs et de la FNSEA « entendue »
Dans un communiqué commun du 8 octobre, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA « saluent les mesures annoncées par la ministre de l’Agriculture, qui répondent à plusieurs demandes portées par nos réseaux ». « Le Gouvernement semble aujourd’hui avoir pris la mesure de l’urgence de la situation », se félicitent les deux organisations, qui actent notamment le déclenchement des prêts à taux zéro et les dispositifs de report d’annuités spécifiquement destinés aux jeunes agriculteurs.
« Ces avancées sont le fruit de la mobilisation syndicale engagée depuis plusieurs mois pour faire entendre l’urgence vécue dans les exploitations et obtenir des réponses à la hauteur de la situation ». « Maintenant que les engagements ont été pris, nous attendons que les actes soient à la hauteur des paroles », insistent les deux organisations, qui ajoutent : « La concrétisation des mesures que nous réclamons depuis plusieurs mois sera au cœur de notre prochain rendez-vous avec le Premier ministre, à la mi-octobre ».


