Aveyron | Par La rédaction
A 26 ans, Elisa Fages est une jeune éleveuse passionnée. Un BAC STAV suivi d’un BTSA ACS’Agri à Fonlabour en poche, puis une licence en fromagerie par alternance à Aurillac, cette fille et petite fille d’éleveurs a toujours côtoyé les brebis. Après quelques années à effectuer des remplacements sur des fermes, Elisa est revenue chez elle.

Depuis 2 ans, elle travaille en tant que salariée non pas sur 1 exploitation familiale mais 2 ! Celle de son père et de sa belle-mère à Assac dans le Tarn ainsi que celle de ses beaux-parents associés avec son conjoint et un cousin à Lestrade-et-Thouels. 2 exploitations distantes de 35 minutes en voiture. Cette situation atypique ne pose aucun souci à la jeune femme qui travaille ainsi sur 2 fermes ovines très différentes (voir encadré).
Le projet d’Elisa n’est pas encore acté entre s’installer avec son conjoint ou sur la ferme familiale. «Mais ce qui est sûr, c’est que je vais m’installer avant mes 30 ans» sourit-elle. Confiante dans l’avenir de la filière, elle explique : «nos parents et grands parents se sont battus pour l’AOP. On est dans un bassin de production vivant, on a des laiteries pour notre lait, des acheteurs pour nos agneaux, il faut que ça continue, que des jeunes arrivent pour faire perdurer cette dynamique. Si on est motivé et qu’on s’y tient, ça ne peut que marcher».
En attendant l’installation, Elisa savoure son bonheur : «Je me sens bien, quand je suis là, au milieu des brebis». A la traite matin et soir sur l’exploitation côté Tarn, Elisa est particulièrement investie sur le troupeau : choix de la génétique, plan de monte, contrôle laitier, mise-bas, tonte… «Comme on doit avoir du lait toute l’année pour la transformation, on a 3 troupeaux avec 3 périodes de traite. Du coup, ça bouge tout le temps. Il y a toujours quelque chose à faire !».
Burger de brebis et Beligot à Provinlait
Elisa ira bien entendu au salon Provinlait «pour y voir du monde, échanger, sortir de notre routine».
Elle y sera aussi côté restauration avec un stand où les produits de la ferme tarnaise seront vendus. L’occasion pour les visiteurs de goûter le burger de brebis et de tester le Beligot ! Un cousin tarnais au lait de brebis du traditionnel aligot aveyronnais. «Pour l’instant, nous n’avons jamais vu personne d’autre en proposer» explique Elisa. Et de préciser : «Pour fabriquer la tome destinée au Beligot, il faut un savoir-faire fromager. Le lait de brebis est très facile à fromager. Mais il faut s’adapter tout le temps en raison des taux matière grasse et protéique plus variables. Du coup tout change : les temps de prise, de caillage, il faut couper le caillé différemment…». Un savoir-faire qui demande de la technique. Mais «c’est ce qui est plaisant dans notre métier» résume Elisa dans un sourire.
Pauline Loumont
2 fermes, 2 visages de la production ovine
From d’Aqui (à Assac – 81)
Schéma de sélection Confédération
3 troupeaux soit 500 brebis à la traite pour Société des Caves.
Une partie du lait transformée à la ferme en tome, yaourts, brebis doux (pâte molle), pérail, buchettes, riz au lait, glaces l’été, Béligot.
Commercialisation sur 3 marchés (Villefranche de Rouergue, Carmaux et Réquista), quelques magasins albigeois, chez un grossiste toulousain et sur des marchés de producteurs.GAEC Sarret (à Lestrade-et-Thouels – 12)
Schéma de sélection Ovitest
2 troupeaux :
550 brebis à la traite pour Papillon (avec 2 périodes de mise-bas)
Ovin Viande. Brebis Lacaune inséminées avec Suffolk ou Berrichons (agneaux en label rouge à Aprovia).


