Aveyron | Par Eva DZ
Alors que les négociations commerciales vont s’achever dans quelques jours, pendant le Salon de l’agriculture, la FDSEA et JA Aveyron sont allés à la rencontre d’acteurs de la restauration hors foyer et de la distribution sur l’agglomération ruthénoise pour exiger de la transparence sur les prix et sur l’origine des produits laitiers.

Les producteurs de lait de la FDSEA et de JA ont discuté pendant plus d’une heure avec les responsables de la cuisine centrale de Rodez, sur l’origine des produits laitiers qu’ils achètent (© FDSEA Aveyron).
«Comme d’habitude au Salon de l’agriculture, nous allons assister au spectacle des GMS qui se congratulent aux côtés des agriculteurs, qui affichent leur retour aux producteurs… Mais c’est loin d’être suffisant !», s’indigne Claude Falip. Le co-responsable de la section bovins lait accompagné d’une délégation de producteurs de la FDSEA et de JA est allé rencontrer les responsables de la cuisine centrale de Rodez qui sert plus de 1 300 repas par jour ainsi que les responsables du magasin Intermarché des Quatre Saisons à Onet le Château. Parce que la restauration collective est un gros pourvoyeur de volume de lait et produits laitiers, les producteurs demandent davantage de transparence sur le prix et sur l’origine. «Nous sommes venus mettre la pression» alors que les négociations commerciales sur le prix du lait entre transformateurs et distributeurs doivent s’achever pendant le Salon de l’agriculture.

A l’Intermarché des Quatre Saisons à Onet le Château, les producteurs de la FDSEA et des JA sont venus vérifier l’origine et les prix des produits laitiers alors que l’enseigne fait le pressing lors des négociations commerciales.
(© FDSEA Aveyron).
Pour un vrai partage de la valeur
«Nous exigeons plus de transparence sur les marques mais aussi sur les produits MDD – marque de distributeur et nous demandons un prix du lait sur le marché intérieur qui soit amortisseur d’un contexte compliqué pour l’élevage laitier», a rappelé Claude Falip. «Dans les négociations, les matières premières agricoles ne doivent en aucun cas servir de variable d’ajustement. La loi EGAlim prévoit un vrai partage de la valeur ajoutée du lait, jusqu’aux producteurs», dit-il encore.
«Et ces dernières années, on a vu que passer des hausses de prix, ça fonctionne», argue Claude Falip. Il s’appuie sur la différenciation entre 2017 où la brique de lait s’affichait à 50 centimes le litre quand aujourd’hui, elle atteint quasiment 1 euro le litre. «Grâce à EGAlim, nous avons pu faire monter la chaîne de valeur». Le co-responsable de la section bovin lait veut s’appuyer sur la bonne dynamique de 2025 : «une année de référence, qui a eu une bonne influence sur nos trésoreries et la filière laitière en a besoin !».
En effet, en défendant la valeur de leur lait, les producteurs de la FDSEA et de JA défendent leurs exploitations et l’avenir de la filière. «Notre premier enjeu est le renouvellement des générations. Avec la moitié des producteurs qui partiront à la retraite d’ici 10 ans, nous avons plus que jamais besoin d’un prix rémunérateur et d’un accompagnement aux investissements pour maintenir les volumes et le nombre de producteurs sinon c’est tout notre territoire qui sera appauvri !», alerte Claude Falip.
Eva DZ


