Aveyron | Par Eva DZ

«Le Veau d’Aveyron et du Ségala n’est pas une démarche d’opportunistes !»

L’interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala – IRVA, a démarré ses réunions d’hiver à la rencontre des éleveurs, mardi 13 janvier. L’occasion pour son président, Pierre Cabrit, de faire le point sur la filière, en particulier l’évolution positive du prix «sortie de ferme», le maintien des volumes et la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la filière pour valoriser, porter et défendre ce produit d’exception.

Chaque année, l’IRVA emmenée par Pierre Cabrit, vient à la rencontre des éleveurs de Veau d’Aveyron et du Ségala lors de ses réunions d’hiver, comme ici en 2025 à Cassagnes Bégonhès.

2025 a vu le prix «sortie de ferme» en Veau d’Aveyron et du Ségala évoluer de près de 15% (de 7,32 euros/kg carcasse en janvier à 8,37 euros/kg carcasse en novembre). Le travail de la filière pour atteindre le coût de production est-il donc en bonne voie ?

P. Cabrit : «Un grand chemin a en effet été parcouru sur le prix «sortie de ferme» de nos animaux sur cette année. Le Veau d’Aveyron et du Ségala a réalisé une belle partie de la route pour atteindre le coût de production mais il reste encore une dernière ligne droite à franchir. Je veux dire aux producteurs, que nous entrevoyons la ligne d’arrivée. Je suis convaincu que nous l’atteindrons bientôt.

Pour autant l’écart reste peu important avec le prix de la viande hors label au vu de la bonne conjoncture. Quelle est votre analyse ?

P. Cabrit : Dans une phase de turbulences, il est nécessaire de garder des repères stables et fiables… La démarche du Veau d’Aveyron et du Ségala n’est pas une démarche d’opportunistes. Depuis 25 ans, elle a fait la preuve que ce produit sous label apportait de la plus-value dans nos fermes. Et nous ne perdons pas cet objectif de couvrir notre coût de production.  Il faut arriver à s’extraire de l’environnement des marchés fluctuants. En démarche de qualité, quand on augmente la valorisation du produit vers le coût de production, on ne le baisse pas ensuite ! En travaillant pour atteindre le coût de production, nous voulons asseoir une situation durable. Si les éleveurs font le choix de l’opportunisme, et des fluctuations qui l’accompagnent, je ne peux les en empêcher mais ils se privent de visibilité, de sécurité, dans le temps…

Je le rappelle, notre objectif est bien de valoriser un produit qui rémunère ses producteurs et leur permet d’investir et d’installer aujourd’hui et demain. 

S’inscrire dans la durée

Cette progression du prix n’a pas eu d’impact sur les volumes qui se sont bien maintenus. Une satisfaction pour vous ?

P. Cabrit : Evidemment ! Et pourtant le pari était osé et pas gagné d’avance ! Le maintien des volumes est fondamental pour une filière. Les metteurs en marché de nos produits ont pris le risque d’augmenter le prix. Et nous n’avons pas eu de baisse de volumes à la consommation, c’est pour nous, un gros réconfort ! Et pourtant on nous promettait un séisme ! Cela montre aussi que c’est possible de passer des hausses ! Mais pour cela, il faut être sûr de la valeur amenée par le produit au consommateur. Dès lors qu’on ne triche pas et que les consommateurs perçoivent et comprennent la valeur, le prix va de pair. Notre histoire de plus de 25 ans apporte la preuve que les qualités intrinsèques de notre Veau d’Aveyron et du Ségala sont reconnues. 

Quels sont les enjeux de la filière Veau d’Aveyron et du Ségala ?

P. Cabrit : Le premier et le principal, c’est de continuer à produire. Tout en restant attentifs aux attentes des consommateurs. En intégrant les mesures agro-environnementales dans notre cahier des charges, nous apportons un élément d’assurance supplémentaire auprès des consommateurs. 

Quelle est la recette de la réussite de la démarche en Veau d’Aveyron et du Ségala ?

P. Cabrit : Je pense que c’est la mobilisation collective de l’ensemble des acteurs de la filière, des producteurs, aux OP, aux abatteurs, aux distributeurs et bouchers… Je les remercie tous pour leur implication. D’autant que dans le contexte, je le répète, ce n’était pas évident : il a fallu un sacré courage pour relever le challenge, prendre le risque d’augmenter le prix. Les opérateurs auraient pu rester sur les acquis et arguer que le consommateur ne paiera pas… Ils ont prix le risque : merci !

Qu’espérez-vous pour 2026 ?

P. Cabrit : Il reste un dernier effort à réaliser pour atteindre le coût de production. L’enjeu de demain est de s’inscrire dans la durabilité de nos systèmes, un système viable, vivable et durable. L’enjeu pour l’IRVA, notre interprofession, est de renforcer les liens au sein de notre famille. Éleveurs et filières doivent se serrer les coudes et pousser tous dans le même sens. Nous devons fédérer toutes les énergies, éviter tout clivage et finir ce travail que l’on a mis en place : une belle production certifiée, rémunérée au coût de production.

Message d’espoir aux éleveurs

Vos réunions d’hiver démarrent prochainement. Qu’en attendez-vous ?

P. Cabrit : Comme chaque année, les membres du conseil d’administration de l’IRVA vont à la rencontre des éleveurs, à l’occasion de plusieurs réunions au plus près de nos adhérents. Ce sont des moments d’échanges importants où l’on est à l’écoute des attentes, des questions des éleveurs et où on leur apporte aussi un certain nombre d’informations sur la vie et les projets de leur filière. Je veux adresser un message d’espoir aux éleveurs : il y a deux ans, nous étions face à une montagne, aujourd’hui nous sommes dans les derniers lacets… Il ne faut pas quitter l’aventure maintenant !».

Recueillis par Eva DZ    

Prochains rendez-vous :

• Mardi 20 janvier à Montbazens de 10h à 12h, salle des fêtes

• Mardi 20 janvier à Villefranche de Rouergue de 14h à 16h, Institut François Marty, bd de Penevayre niveau -2

• Mercredi 21 janvier à Valence d’Albigeois de 10h à 12h, Communauté de communes VAL 81, 45 avenue Pierre Souyris (81)

• Mercredi 21 janvier à Cassagnes Bégonhès de 14h à 16h, salle des fêtes.

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