National | Par Actuagri
Les indicateurs de la filière lait biologique virent progressivement au vert. Mais question prix, les éleveurs français restent bien moins lotis que leurs voisins européens.
La filière française « lait biologique de vache » semble avoir touché le fond. « Entre 2022 et 2025, 13 % de lait en moins avait même été transformé », souligne l’Institut de l’élevage (Idele). Mais depuis le début de l’année, la quantité de lait collectée est chaque mois, supérieure à celle de l’an passé à pareille époque. En février dernier, 84,7 millions de litres de lait avaient été livrés après avoir progressé de 2,6 % sur un an.
La production d’herbe insuffisante et surtout, les retards de vêlages engendrés l’été passé par la fièvre catarrhale ovine (FCO) dans le Grand Ouest devraient atténuer le pic laitier printanier. Lot de consolation : le prix du lait payé aux producteurs et la consommation de produits laitiers progressent après plusieurs années de replis. Les 1 000 litres étaient payés 553 € au mois de février dernier selon la Commission européenne (derniers chiffres connus), soit 37 € de plus que l’an passé à la même époque.
Comme les prix du lait bio et du lait conventionnel évoluent à contre-courant, le différentiel de prix entre ces deux denrées est dorénavant supérieur à 100 €. Il était nul été 2025. Il faut remonter à 2022 pour observer un tel écart. Le prix du lait conventionnel avait entre-temps fortement progressé. Alors que celui du lait bio stagnait quand il ne baissait pas.

Retour de la consommation
Pour autant, le prix du lait bio payé en France reste bien inférieur à ceux observés dans de nombreux pays européens. En Allemagne, les 1 000 litres valaient 695 € en février dernier selon la Commission européenne et 844 € en Irlande. Dans ces deux pays, le prix du lait bio a toujours été supérieur à celui payé en France. Surtout le différentiel de prix avec le lait conventionnel est très important. Il dépasse en Allemagne 250 €/1 000 l et en Irlande il atteint 400 €/1 000 l.
En France, produire du lait biologique n’est plus attractif. « La filière a perdu 5,3 % de ses producteurs en un an. Elle compte seulement 3 500 exploitations en février 2026 », souligne l’Idele. De nombreux éleveurs cessant leur activité ne sont pas remplacés. « Les fabrications de produits laitiers biologiques sont portées par le retour de la consommation », analyse l’Idele. Elles progressent au fil des mois. En février dernier, la quantité de lait liquide conditionné était supérieure de 12 % à celle de février 2025. Toutefois, en cumul sur douze mois, la hausse n’excède pas 3 %.
Des hausses similaires sont constatées pour les fromages, les yaourts et les crèmes conditionnées. Selon l’étude « Où va le lait bio collecté et transformé en France » conduite par l’Idele en 2025, « les circuits de détail captent 83 % de la consommation totale exprimée en équivalent lait ». La grande distribution reste le principal canal de commercialisation (62 % ; – 7 points versus 2019). Quand la restauration hors foyer et les industries de seconde transformation (dont les boulangeries-pâtisseries) pèsent pour 17 %.
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