Aveyron | Par Eva DZ

Portrait // «Les femmes ont leur place» au Service de Remplacement

Originaire du Nord Pas de Calais, Maëva Roelens est arrivée en Aveyron il y a quelques années, pour accompagner des balades sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle. Attirée depuis toujours par les animaux, elle s’est formée et assure régulièrement des missions de remplacement auprès des agriculteurs et agricultrices, par le biais du Service de remplacement.

«Je savais que je n’étais pas faite pour travailler dans les bureaux ! Ayant grandi à la campagne, autour de voisins agriculteurs et ayant pratiqué l’équitation depuis petite, j’ai décidé de suivre les saisons agricoles partout en France !», raconte la jeune femme de 28 ans.

Un diplôme pour prendre confiance en soi

«J’ai beaucoup travaillé sur les filières fruits et légumes parce que je ne me sentais pas légitime en élevage où j’ai essuyé beaucoup de refus en raison de mon manque d’expérience et de mon gabarit pas très imposant ! Et puis, arrivée en Aveyron, un voisin agriculteur m’a embauchée pour le remplacer pendant son congé paternité. J’ai été très bien accueillie dans cette famille d’éleveurs laitiers. Leur confiance m’a incitée à me former et j’ai suivi un bac CGEA en formation adulte à La Roque, décroché avec une mention TB. J’ai ainsi pris conscience que j’avais ma place… Ma motivation, ma passion ont fait le reste ! J’ai toujours été attirée par l’agriculture mais j’avais du mal à m’imposer… Avec ce diplôme, j’ai pu acquérir des bases, des connaissances techniques et j’ai pu toucher à tout lors de stages et de mes emplois qui ont suivis : viticulture, arboriculture, maraîchage, élevage bovin, caprin… J’ai appris qu’il n’y avait pas qu’une seule façon de travailler !».

Maëva est salariée auprès d’agriculteurs employeurs en direct ou via le Service de remplacement . «Je garde mon autonomie dans un rayon de 30 km autour de chez moi, sur le bassin de Decazeville. J’aime cette polyvalence, la possibilité de découvrir différentes exploitations, diverses façons de travailler, profiter des astuces de chacun et se voir confier des responsabilités… Tout cela me fait progresser au quotidien !».

Le fait d’être une fille n’a jamais été un frein dans la recherche de missions. «Les agriculteurs parlent beaucoup entre eux et quand une mission est réussie et que le travail donne satisfaction, ils nous rappellent !

Polyvalence et capacité d’adaptation

S’intéresser, être curieuse, rentrer dans la technique les font s’ouvrir plus facilement», confiant même qu’elle a parfois du mal à quitter une ferme où elle se sent bien : «C’est comme une 2ème famille, on s’attache aux personnes, aux animaux !».

Pour ce qui est des tâches plus physiques, «c’est une question d’entraînement, comme pour un marathon ! Et si on n’a pas les bras pour faire, alors on réfléchit autrement et on fait tout aussi bien. Je ne considère pas ce métier comme difficile, il est surtout très technique parce que la seule force ne suffit pas et on peut par la mécanisation, la robotisation, l’évolution du matériel, gagner en confort de travail. «Les nouveaux tracteurs sont bien plus faciles à prendre en main pour mon gabarit !», sourit-elle.

Malgré la prise en main parfois compliquée sur des exploitations ou des productions qu’elle découvre, les horaires décalés dus à l’astreinte (matin et soir), Maëva se plaît dans ce métier : «je sais que je ferai ma carrière dans ce milieu ! Et les femmes y ont toute leur place, ce que je ne pensais pas forcément avant ! Dans toutes les fermes où je travaille, de près ou de loin, il y a toujours une femme… Et certaines sont seules à tout gérer. Elles apportent de la rigueur, de la douceur, de l’attention en complémentarité avec l’homme qui a la force de faire !


Je veux dire que le métier de salariée agricole est tout à fait possible et même si on n’est pas né agricultrice, ça s’apprend ! Aujourd’hui je suis fière d’avoir pris confiance, d’avoir une bonne capacité d’adaptation et de montrer que, même seule sur une ferme, on peut réussir».

Eva DZ

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Sylvie et Antoine Stouff sont à la tête d’une exploitation de brebis laitières, sur la commune de Roussennac, collectée par la laiterie Sodiaal. En 1997, fraîchement diplômée de l’école d’ingénieurs de Purpan, Sylvie Stouff a entamé le parcours à l’installation afin de reprendre la ferme familiale, produisant du lait pour l’AOP Roquefort. «A 18 ans, en intégrant l’école, je savais déjà que je voulais m’installer». Elle exploitera seule cette ferme, d’une référence de 400 hectolitres, pendant une dizaine d’années avant que son mari Antoine Stouff ne la rejoigne en 2008. Entre temps, le couple a eu le bonheur d’avoir deux filles nées en 2001 et 2005. «J’ai bien sûr bénéficié de l’aide de mes parents, ma mère continuant à traire…