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Exportations agroalimentaires : le CNPA à la reconquête des marchés

Malgré des ventes record de 84 milliards d’euros (Md€) à l’international, la balance commerciale agroalimentaire française est tombée à son niveau le plus bas depuis près de cinquante ans. Pour enrayer cette perte d’attractivité face à nos voisins européens, le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA) a dévoilé le 13 octobre lors d’une conférence de presse à Paris douze propositions stratégiques. Il demande aux candidats à la présidentielle de s’emparer de ce sujet « stratégique ». 

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Sur le papier, le commerce extérieur agroalimentaire français affiche une vraie résistance. « En 2025, nos exportations ont atteint 84 milliards d’euros (Md€), soit l’équivalent de 948 avions Airbus », a illustré Yannick Fialip, président du CNPA. La France reste une puissance de premier ordre dans la mesure où elle conserve son rang de 5ᵉ exportateur mondial de produits alimentaires, se classant au 4ᵉ rang pour les produits transformés (63 Md€) et au 9ᵉ rang pour les produits bruts (20 Md€).

Des parts de marché en perte de vitesse

Depuis dix ans, les expéditions tricolores progressent de +3 % par an en moyenne. Dans le secteur agricole brut (19,3 Md€), plus de la moitié des ventes repose sur deux piliers : les céréales (35 %, soit 6,7 Md€) et les animaux vivants (19 %, soit 3,6 Md€). L’Union européenne reste le premier débouché de la France : nos 26 partenaires absorbent 60 % de nos exportations, à l’exception toutefois des boissons principalement vendues vers les pays tiers. Cependant, cette hausse est inférieure de 30 % à celle de la croissance mondiale des produits alimentaires depuis le début des années 2000. En toute logique, la France continue de perdre des parts de marché.

Pourtant, cette façade dynamique masque un décrochage alarmant. Le solde commercial agroalimentaire s’est effondré pour n’atteindre que 122 millions d’euros (M€) d’excédent fin 2025, marquant son niveau le plus bas depuis 1978. « Une année terrible », a commenté Yannick Fialip. Quant à l’excédent des industries agroalimentaires, il est tombé à 478 millions d’euros, bien loin des 4 à 6 milliards d’euros habituels. Ce recul s’explique par la hausse constante des importations et un solde déficitaire avec l’UE27 (-400 M€), auquel s’ajoute le déficit des produits de la mer (-1,2 Md€). « Sur quinze ans, nos exportations ont grandi 30 % moins vite que la demande mondiale », constate l’observatoire du CNPA. Tant et si bien que l’Espagne nous dépasse désormais en produits bruts (28 Md€ contre 20 Md€ en 2025), tandis que l’Italie (59 Md€) menace notre place sur les produits transformés.

Dans ce tableau un peu obscurci du commerce extérieur français, les membres du CNPA voient poindre quelques lueurs d’espoir : « L’excédent commercial alimentaire de la France s’établit à 600 M€ sur les sept premiers mois de l’année, en légère hausse par rapport au déficit de 0,1 milliard d’euros il y a un an », a souligné Emmanuel Bernard, trésorier du CNPA.

 « Chasser en meute »

Pour conserver cette dynamique, le CNPA a dévoilé un plan de reconquête de l’export en quatre axes et douze propositions. « On ne parle pas assez d’agriculture et d’agroalimentaire pour les présidentielles alors même que nous pesons presque 1000 Airbus », a insisté Yannick Fialip, interloqué qu’« aucun débat ne porte sur ce sujet ». Mobiliser la diplomatie française au service de l’export alimentaire constitue le premier axe. « On a une diplomatie extrêmement développée à travers le monde. Et donc la diplomatie économique devrait être un complément à cette dimension », a précisé Emmanuel Bernard, demandant que l’organisation et ses filières (interprofessions notamment) soient associées aux visites d’État et de ministres. « Ce que l’on voudrait, c’est que ce soit un réflexe », a-t-il ajouté.

Dans un deuxième temps, le CNPA souhaite notamment « unifier le pilotage de l’export agricole (…) et déterminer une stratégie nationale ». En effet, tous les autres pays « comme l’Espagne et l’Italie sont sous une même bannière, un même drapeau », quand les Français cultivent leurs spécificités locales et régionales, a regretté Yannick Fialip « Nous devons chasser en meute », a-t-il expliqué. L’association entend également améliorer l’accompagnement des entreprises pour les marchés cibles, notamment en créant un guide national de l’exportateur.

Enfin, le CNPA veut « mieux promouvoir nos productions à l’international », en particulier en renforçant la présence et la visibilité de la France sur les salons internationaux. « Quand on sait qu’on a un problème de croissance et de création de richesses dans notre pays, ce secteur doit être plutôt protégé et soutenu si on veut augmenter notre croissance et notre taux d’emploi », a conclu Yannick Fialip.

Christophe Soulard 

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