Aveyron | Par Eva DZ
Eleveurs, bénévoles, partenaires, élus, tous étaient réunis à Bozouls, à la ferme de Maroquiès chez la famille Galtier pour présenter l’édition 2026 de la Fête de la Transhumance à Aubrac, dont les festivités débuteront jeudi 21 mai et s’achèveront avec la traditionnelle montée des troupeaux dimanche 24 mai.

L’édition 2026 de la fête de la Transhumance a été lancée à la ferme de Maroquiès à Bozouls, élevage transhumant, en présence des élus locaux, départementaux, régionaux et du sénateur, Jean-Claude Anglars.
En cette année internationale du pastoralisme, le président de Traditions en Aubrac aux manettes de la Fête de la Transhumance, espère pouvoir «monter les vaches». Les six éleveurs transhumants participant à la fête sont prêts, les fleurs et décorations des jougs se terminent, les animaux piaffent d’impatience de retrouver leur montagne, les animations s’étoffent et certaines affichent déjà même complet ! Bref tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette nouvelle édition, une réussite.
«Quoi qu’il arrive, si les troupeaux ne devaient pas pouvoir monter pour raison sanitaire, nous avons décidé de maintenir la fête», assure Christian Bonal. Pour l’éleveur de Saint Côme d’Olt, lui-même transhumant, il serait «vraiment dommage» de se priver de la Fête de la transhumance qui apporte tant à son territoire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 4 000 repas servis, plus de 10 000 visiteurs sur un week-end dont 7 000 le dimanche, 78 départements représentés, des visiteurs étrangers (Belgique, Pays bas, Espagne, Irlande…) «sans compter les retombées directes et indirectes de séjours à venir car certains visiteurs découvrent l’Aubrac grâce à la Transhumance et y reviennent !», souligne le président de Traditions en Aubrac.
Maintenir la flamme
Le retour financier de l’événement sur le «grand Aubrac» est estimé autour de 1,2 million d’euros… mais Christian Bonal ne cache pas son inquiétude sur la perte de certains financements pour maintenir la fête : «Nous ne sommes pas là pour faire des bénéfices», avance-t-il d’emblée. N’empêche, l’objectif est de «rentrer dans les frais». Une manifestation totalement en plein air comme la Transhumance requiert un budget autour de 250 000 euros, essentiellement pour financer les chapiteaux. «Si en 2024, nous avons dégagé 7 euros de bénéfices, en 2025, nous accusons une perte de 8 000 euros en raison de la baisse des soutiens publics et de factures supplémentaires pour la mise en place de déviations !», regrette Christian Bonal. «C’est difficile de baisser le coût d’une manifestation comme celle-ci parce qu’à Aubrac tout a une valeur !», confie-t-il. Les terrains où se déroule la fête sont en effet privés. Alors les organisateurs, avec le soutien de nombreux partenariats privés, cherchent de nouvelles idées : le remplacement d’un parking par des navettes depuis la station du Bouyssou, l’ouverture de l’estive de Fontanilles à quelques kilomètres d’Aubrac pour élargir la fête et permettre aux visiteurs de suivre en sécurité les troupeaux transhumants et d’échanger quelques instants avec les éleveurs.
La force de la Fête de la Transhumance réside aussi dans les bénévoles : ils sont une quinzaine mobilisés deux semaines avant l’événement et une semaine après pour le rangement et plus de 250 bénévoles le week-end issus d’une quinzaine d’associations du territoire et parfois au-delà. «Sans eux, rien ne serait possible !», tient à souligner Christian Bonal.
Il n’oublie pas non plus l’investissement des 6 éleveurs transhumants et leur famille : «ils sont le pilier de la fête». Mais il n’est pas facile chaque année de renouveler les élevages participants car l’événement requiert beaucoup d’énergies… «Ma mère disait qu’elle préparait chaque année un mariage !», sourit Christian Bonal. Si ces préparatifs participent au folklore, ils cachent une réalité économique pour ces exploitations : «Nous ne pouvons pas garder pendant tout l’été, l’ensemble des animaux sur nos fermes. De plus c’est grâce aux vaches, à nos éleveurs que les montagnes sont entretenues et leurs prairies riches en biodiversité», argumente le président de Traditions en Aubrac. «Le pastoralisme est le dernier rempart avant les friches… sans cette pratique on peut commander les canadair pour lutter contre les incendies !», lance-t-il.
D’ailleurs, les élus présents, Stephan Molteni, maire de Saint Chély d’Aubrac , son homologue de Bozouls, Jean-Luc Calmelly, Christine Sahuet, vice-présidente du PNR Aubrac et élue à la Région Occitanie ainsi que le sénateur Jean-Claude Anglars ont salué cette manifestation emblématique qui «nous plonge dans les valeurs de ce qu’est la transhumance, de son rôle pour notre territoire tant économique que culturel et historique». «Bluffés» par une organisation «qui repose sur l’engagement des éleveurs», ils ont invité à «maintenir la flamme» de cette fête.
A Saint Geniez, Fête de l’estive
Comme chaque année, la cité marmotte se met à l’heure de la transhumance avec la Fête de l’estive.

Jeudi 21 mai : projection-rencontre au cinéma de Saint Geniez d’Olt – «Éleveurs d’horizons» de Thomas Berzosa. Documentaire de 1h en présence d’André Valadier.
Vendredi 22 mai : Journée découverte, visite d’un élevage sur le Causse, repas traditionnel au buron, rencontre d’une famille d’éleveurs sur l’Aubrac
Samedi 23 mai : défilé des troupeaux de vaches Aubrac sur la place du général De Gaulle.
Randonnées pour accueillir un troupeau sur l’Aubrac :
La Petite marche depuis St Geniez d’Olt – Rieuzens vers la Croix des Vergnes, sur sentier difficile et caillouteux : 5 km, 250 D+. Départ à 14h – Rendez-vous Pl. du Gal De Gaulle.
La Montée Gourmande depuis St Geniez d’Olt (pour randonneurs aguerris encadrée par l’association Rand’Olt) : 15 km, 850 D+. Départ 9h15 – Rendez-vous Pl. du Gal De Gaulle. Pause gourmande et passage d’un troupeau au buron du Cartayroux et repas au Buron du Puech Ibers.
Eva DZ


