Aveyron | Par Marion GHIBAUDO
Mardi 29 septembre, l’EPAGE Viaur et l’APABA Aveyron ont présenté un modèle de semoir direct, le T-Sem de SimTech, à Moyrazès, et échangé sur les avantages et inconvénients possibles du méteil fourrager.

Cet après-midi a aussi permis d’évoquer les difficultés de semis pour les agriculteurs aveyronnais, alors que la sécheresse se prolonge. La question de l’autonomie fourragère se posant de manière concrète et urgente pour les éleveurs, tout en préservant la qualité des sols et en sécurisant les rendements, l’APABA et l’EPAGE Viaur ont donc choisi d’amener des pistes de réflexion lors de cette rencontre technique. Une rencontre organisée dans le cadre du plan d’actions territoriales (PAT) Nauze-Congorbes.
Ce programme, mis en œuvre de 2024 à 2028, permet de mobiliser des moyens financiers et techniques afin d’accompagner les agriculteurs vers des pratiques agricoles durables et favorables à l’environnement.
«Autant de leviers qui contribuent à sécuriser la production fourragère tout en améliorant la durabilité des systèmes d’exploitation», ont rappelé Louis Guarriges, technicien supérieur agricole et conseiller en élevage auprès de l’APABA Aveyron, et Hélène Pouget, chargée de mission à l’EPAGE Viaur.
Des matériels de plus en plus performants pour le semis direct
Le semis direct a pour but d’implanter une culture sans travail préalable du sol. Il est souvent cité comme une conduite permettant des économies de temps de travail et de carburant, ainsi que la préservation des sols et de l’environnement avec une limitation de l’érosion et l’amélioration de la fertilité globale des sols.
Le but du semoir à semis direct est donc de placer la semence à travers les résidus de culture précédents en travaillant le moins possible le sol. Le SimTech T-Sem présenté par Cyril Jouvente, gérant de la société SimTech, est notamment « destiné à être utilisé dans les prairies, les luzernes et en contextes d’élevage». Sa capacité de pénétration du sol étant l’un de ses points forts. Il relève de la catégorie des semoirs à dents. «La dent semeuse offre une forte capacité de pénétration, une mécanique relativement simple, un faible bouleversement du sol et une capacité à travailler dans des conditions difficiles, notamment sèches ou caillouteuses», pointe Cyril Jouvente.
Mais pour que l’outil fonctionne bien, pas de secret : les réglages doivent être adaptés aux conditions de sol et de végétation. Même si des limites techniques à l’utilisation de l’outil ont aussi été évoquées : présence de végéta-
tion abondante, ou de sol très sec, notamment.
La vitesse d’avancement évoquée pour le semis direct est de « cinq à sept kilomètres-heure au maximum», à réduire si le terrain est très dur ou sec. Le T-Sem mécanique, créé en 2006, est le modèle le plus répandu chez SimTech, selon Cyril Jouvente. Disponible en trois mètres et très maniable dans des parcelles compliquées, il offre la possibilité d’utiliser une distribution à disques de mousse, plus intéressante pour les mélanges de graines, selon SimTech. La distribution mécanique est équipée de disques de mousse, qui « s’adaptent avec souplesse à la taille et à la morphologie de toutes les graines ». Si les outils sont essentiels à une bonne production de fourrage, des sols en bonne santé sont tout autant nécessaires.
Le méteil fourrager, un mélange qui intéresse
La dizaine d’agriculteurs présents mardi 29 septembre à Moyrazès ont aussi pu échanger sur les pratiques favorisant l’infiltration et le stockage de l’eau dans les sols, la réduction du ruissellement et de l’érosion, ainsi que le maintien d’une couverture végétale protectrice.
La culture du méteil fourrager (associant des céréales et des protéagineux) est régulièrement mise en avant pour sa souplesse d’utilisation. L’un des objectifs de son utilisation est «d’obtenir une première coupe intéressante à la fois en quantité et en valeur alimentaire».
Le méteil fourrager permet, entre autres, «de sécuriser un stock fourrager avant les périodes de sécheresse, et d’améliorer la structure du sol tout en maintenant une humidité favorable à la culture suivante».
Il est important de choisir des espèces complémentaires pour un mélange plus efficace ; il est d’ailleurs souvent envisagé de récolter précocement les méteils riches en protéagineux, tandis que les mélanges plus équilibrés peuvent être récoltés tardivement.
Différentes études menées sur des fermes en France ont, ces dernières années, démontré que « ce type de fourrage est tout à fait adapté pour l’ensemble des bovins allaitants du moment que la ration est équilibrée par ailleurs», selon une conclusion tirée par Arvalis, par exemple.
«En Aveyron, pour un méteil après ensilage de maïs», note Louis Guarriges, « les habitudes de travail changeraient peu et la sécheresse rend la technique particulièrement favorable ». En revanche, selon le conseiller élevage, « les implantations de céréales à paille ou de maïs, plutôt au printemps, seraient plus complexes en raison de la gestion du salissement et de la compaction, qui peuvent fortement diminuer les rendements en grains ou en paille. L’adoption du semis direct exige de remettre l’agronomie au centre des choix : fertilisation, emploi des fumiers et lisiers, assolement, rotation et variétés végétales », conclut-il.


