Aveyron | Par Marion GHIBAUDO
Mercredi 29 juillet, Versoa, l’association d’éleveurs du Lot, du Cantal et d’Aveyron, a fêté son premier anniversaire sur l’exploitation du Gaec des Hortes, à Bagnac-sur-Célé, en présence de ses partenaires et adhérents.

«L’idée est simple», détaillent les deux co-présidents de l’association Thierry Arnal et Jean-François Exe. «C’est de reprendre la main sur toute la filière par laquelle nos animaux passent, du champ à l’assiette». Pour ce faire, les agriculteurs adhérents, qui sont des naisseurs-engraisseurs en Aubrac, Limousine et Salers, ont décidé de commercialiser eux-mêmes leurs animaux.
«C’est aussi un moyen de mieux valoriser notre travail», notent les deux agriculteurs qui rappellent que dans les filières classiques, une fois les animaux partis dans les camions, les éleveurs n’ont aucune idée de la finition de leurs produits.
Redonner de la fierté aux éleveurs
En 2023, une dizaine d’exploitants se regroupent donc pour mener au bout cette réflexion de la valorisation de leurs animaux. À la suite de cette première analyse, sont créées l’association Versoa, qui s’occupe des animaux à la ferme, de la marque et du cahier des charges, et la SAS Revaset, qui commercialise les animaux. «Nous avons un potentiel de 450 à 500 animaux à écouler et, sur le cheptel naisseur de nos adhérents, environ 1 000 animaux potentiels».
«Nous vendons des animaux de haute qualité bouchère», soulignent les co-présidents avec fierté. Et pour s’assurer de cette qualité, le cahier des charges détaille précisément l’alimentation des animaux, par exemple. Sans oublier que tous les animaux Versoa, sans exception, doivent être nés, élevés et engraissés à la ferme.
«Cet aliment est unique à Versoa ; nous l’avons développé avec le technicien de la coopérative Les Fermes de Figeac qui nous suit depuis le début».
Dans cette ration particulière, on retrouve des céréales, du soja toasté pour la qualité du gras, et du lin pour les oméga-3. Le tout, produit en France. «Tous les éleveurs adhérents à la démarche doivent finir leurs animaux avec l’aliment Versoa», pointent les 2 co-présidents.
Une alimentation unique dont les résultats sont déjà à la hauteur des espérances, avec des carcasses plus imposantes à la commercialisation. Le gain par carcasse est d’environ 10 % (environ 55 kg), sur une moyenne de 535 kg/carcasse en 2025 pour les animaux de l’association, et un record à 645 kg pour une génisse de 42 mois.

Valorex : Spécialistes de la graine de lin extrudée
Alexis Vermeil est le responsable du secteur Sud-Ouest chez Valorex, une entreprise spécialisée dans un procédé breveté d’extrusion (cuisson sous pression) appliqué à des variétés de graines de lin sélectionnées pour leur haute teneur en oméga-3.
L’objectif de Valorex est «d’apporter aux rations animales un complément en oméga-3, déficitaire dans de nombreux pâturages». Si historiquement, ce sont les élevages laitiers qui consomment les graines de lin, les élevages allaitants commencent à s’intéresser à cette petite graine aux nombreux avantages.
Graine de lin : Intéressante en élevage allaitant
Frédéric Figeac est technicien auprès de la coopérative Les Fermes de Figeac. Son rôle couvre l’accompagnement technique des exploitations agricoles, le suivi des troupeaux, l’alimentation et la partie végétale. C’est sous son impulsion que les éleveurs ont décidé d’utiliser de la graine de lin extrudée dans les rations.
«À la coopérative, on connaît la graine de lin depuis 2010, mais ce produit reste peu utilisé en élevage allaitant, en partie à cause de son coût. Lorsqu’on a décidé de porter le taux de matières grasses des rations à 7%, grâce à la graine de lin, tous les compteurs se sont affolés», s’amuse aujourd’hui le technicien.
Dans une ration classique, la matière grasse est souvent réduite à sa portion congrue. Mais Frédéric Figeac était convaincu du bien-fondé de la démarche, notamment parce qu’une expérience similaire menée en 2012 sur des vaches laitières avait donné de bons résultats.
Bilan de l’expérimentation menée avec Versoa : «l’équilibre nutritionnel actuel des rations est très satisfaisant : les animaux reçoivent un kilo de graines de soja et deux kilos de graines de lin extrudées. Cet équilibre entre acides gras saturés et oméga-3 est bon, et les analyses nous confortent dans notre démarche». Au final, un gain de rendement de 3 à 4 % en viande par carcasse a été noté, et permet de maintenir un prix de revient compétitif pour le consommateur, tout en couvrant le prix plus élevé de la graine de lin.


