Aveyron | Par Marion GHIBAUDO
Un an après Baraqueville, la race Limousine change de cadre pour son National ! Le Zénith du Sommet de l’élevage servira de scène à la présentation des 400 meilleurs spécimens de la race… avec plusieurs éleveurs aveyronnais : l’EARL Calmelly, l’EARL Guimontheil, Jean-Michel du GAEC Lou Clauzet, Jean-Luc- Mouysset, Pierre Pouget, Christophe Rouchès et le GAEC Bélard.
Le Gaec Belard, rompu aux concours
Pour la famille Bélard de Secroup (Thérondels), les concours font partie de l’ADN du GAEC. Pas question cependant de se reposer sur ses lauriers, alors qu’elle va présenter quatre animaux au National Limousin lors du Sommet de l’Élevage à Cournon.

Suffrage est le taureau de cinq ans né à la ferme, dont c’est la 2ème participation à Cournon, il va mener le groupe lors du National Limousin. «En 2025, il termine cinquième meilleur qualifié à Baraqueville», pointe Bernard Bélard, l’un des trois associés du Gaec aux côtés de sa sœur Martine qui a rejoint la ferme en 2001, et de son fils Maxime, tout juste installé au sein de l’exploitation familiale en 2026, et représentant la cinquième génération.
Vartoune, une vache pleine de 30 mois et fille de Suffrage, a terminé 3ème en interdépartemental, et a aussi participé à Baraqueville en 2025.
Cibelle, une vache pleine de cinq ans, a terminé championne du concours départemental en mai 2025, alors que c’était sa première présentation en concours. Et enfin, Altesse, 18 mois tout juste, qui a terminé 4ème à Saint-Mamet en 2026. C’est son premier national.
Quatre animaux qui ont déjà fait leurs armes sur d’autres rings. Les 3 associés espèrent même rester dans les 10 premiers avec leur sélection. «Et si on peut même ramener une plaque, ce sera le bonheur». L’objectif est désormais établi.
«Passer de bonnes journées et comparer son élevage»
Tout commence en 1991. Cette année-là, la famille Bélard se lance dans les concours avec Diamant, un taureau Limousin qui leur permet d’atteindre la 1ère marche du podium à Toulouse.
Diamant avait été acheté par la famille au moment de l’installation de Bernard Bélard, le fils qui reprenait alors le flambeau de l’exploitation familiale en association avec sa maman, Paulette. «On avait fait un effort sur cet achat, parce qu’à l’époque, il coûtait cher, et on avait besoin d’un taureau sur la ferme». Puis Diamant et Bernard Bélard sont partis à Toulouse.
Ils en sont revenus avec une 1ère médaille. Et avec, le virus des concours… Depuis, les associés du GAEC «participent habituellement à 4 ou 5 concours annuels, incluant des concours départementaux, régionaux, nationaux, le Sommet de l’élevage et désormais l’interdépartemental Cantal-Aveyron».
Non seulement ils participent, mais ils raflent aussi régulièrement les premiers prix, à tous les niveaux, des concours départementaux jusqu’au Salon de l’agriculture à Paris. Fastueux, Nevada, Octebele, Rabot… Au fil des ans, autant de noms qui résonnent et de plaques alignées sur les murs de la grange. Octebele a d’ailleurs terminé championne lors du National en 1999, et 2nde au Salon de l’agriculture en 2001.
D’une génération à l’autre
Les concours sont donc une histoire de famille, chez les Bélard, et tout le monde met la main à la pâte pour la préparation des animaux.
«Les concours permettent aussi de voir où on en est par rapport aux autres éleveurs», sourit Martine, «tout en passant une bonne journée avec d’autres éleveurs». Et les 3 associés apprécient particulièrement Cournon, qui, à leur sens, est «avant tout tourné vers l’élevage».
Une comparaison qui s’inscrit directement dans leur manière de conduire le troupeau. Les 3 associés sont clairs : «on reste sur des animaux mixtes». Leur objectif de sélection reste fondé sur le format, le lait, la croissance et le type «mixte élevage», avec davantage de viande dans le dos et les bassins, sans toutefois basculer dans l’extrême. Des animaux qui, considèrent-ils, sont aussi représentatifs du travail mené par les éleveurs avec la race Limousine sur l’Aubrac, loin du berceau de la race, et dans des conditions d’élevage plus difficiles.
Et ce n’est pas la nouvelle génération, avec Maxime Bélard, qui va renoncer à ces critères. Pour son installation, il devrait augmenter le cheptel pour passer de 125-130 mères à 150-160 animaux.
«Un bâtiment neuf avait été construit 2 ans avant mon installation, donc sur le bâti, je n’ai pas eu à investir», note le jeune éleveur. L’exploitation est habituellement autonome en alimentation, mais achète environ la moitié de sa paille et de l’aliment, et produit 60 à 70 tonnes de grain.
L’histoire de la famille Bélard et de la race Limousine dure depuis près de 50 ans. En 1975, les Limousines ont remplacé progressivement le troupeau laitier de Montbéliardes. En 2026, les associés du GAEC toujours aussi passionnés par cette race, et veulent montrer, en concours, ce qu’il est possible de faire loin du berceau…
Marion Ghibaudo


