National | Par Actuagri

Les JA exigent des actes face aux crises

La 12e édition des Terres de Jim, qui s’est tenue à Metz-Magny (Moselle) les 11, 12 et 13 septembre 2026, a rassemblé 100 000 visiteurs. Derrière la grande réussite festive de cet événement, le syndicat des Jeunes Agriculteurs a fermement interpellé le gouvernement et la Commission européenne pour exiger une vraie vision d’avenir.

Crédit : Actuagri

Metz-Magny (Moselle) a accueilli la 12e édition des Terres de Jim, organisée par les Jeunes Agriculteurs (JA). L’événement, qui a mobilisé 1 000 bénévoles, attiré plus de 100 000 visiteurs et qui a été inauguré par la Patrouille de France, a offert une belle vitrine populaire et festive à la profession à travers ses concours de labour, son pôle d’élevage et son marché de producteurs.

Aides concrètes

Toutefois, cette fête agricole s’est déroulée dans un contexte lourd. En effet, les exploitations sont ressorties exténuées après un été marqué par les épisodes caniculaires et une sécheresse inédite : les pertes de rendement ont touché la quasi-totalité du territoire ainsi qu’un nombre considérable de productions : arboriculture, maraîchage, élevage, grandes cultures, viticulture, etc.

Face aux difficultés de trésorerie et au malaise grandissant, le réseau JA a porté des revendications fermes devant certains candidats à la présidentielle venus tester leurs idées, notamment les deux anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal.

Par l’entremise de son président, Jocelyn Dubost, JA a jugé le plan d’urgence « CASI agriculture » d’un milliard d’euros insuffisant à l’échelle des fermes. Les jeunes agriculteurs ont dénoncé des « mesurettes » sans vision de long terme et réclamé des aides concrètes et rapidement versées dans les cours de ferme.

Le syndicat s’est indigné de retards de plus de trois mois sur l’aide au gasoil non routier (GNR). Pour sortir de la gestion des crises au coup par coup, l’organisation a présenté son « Livre blanc sécheresse », exigeant une stratégie d’adaptation face au changement climatique.

Sur le volet de l’installation, les JA exigent la garantie des moyens de promotion des métiers (AITA*), alors que se profile le lancement du guichet unique via France Services Agriculture (FSA) en 2027. Enfin, pour la future Politique agricole commune (PAC), ils réclament un budget sanctuarisé (« pas un euro de moins ») avec au moins 10 % des fonds dédiés au renouvellement des générations.

Réglementation plus flexible 

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, présente lors de l’inauguration, a tenté de rassurer les jeunes agriculteurs en apportant plusieurs garanties. Elle a assuré le maintien et le financement, pour 2027, du volet promotion des métiers de l’AITA.

Concernant le GNR, elle s’est engagée à ce que tous les agriculteurs éligibles perçoivent leur soutien, reconnaissant des retards d’exécution « inacceptables de la part de l’administration fiscale ». La ministre a par ailleurs annoncé l’assouplissement de l’aide à l’achat d’engrais azotés, dont le seuil d’éligibilité par exploitation est abaissé de 750 € à 350 € afin d’en faire bénéficier un plus grand nombre de jeunes installés. Invité aux tables rondes sur la PAC, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen s’est dit favorable à une réglementation plus flexible.

Il a ainsi préconisé des dérogations pour cas de force majeure face aux règles climatiques. Considérant la réserve de crise de 450 millions d’euros insuffisante pour les 27 États membres, il entend mobiliser d’autres fonds européens (dépenses rurales, Horizon Europe) pour investir dans la gestion de l’eau, les retenues et l’irrigation de précision.

Rappelant que la suppression de la PAC ferait chuter le revenu agricole moyen de 11 %, il propose de porter à 6 % les aides PAC réservées aux jeunes agriculteurs (contre 3 % actuellement), tout en renforçant les aides couplées et les services de remplacement en élevage. Comme l’a souligné Jocelyn Dubost dans son discours d’ouverture : « les défis sont immenses. Les crises sont nombreuses. Mais nous continuerons à faire face ». Un coup de pouce serait pourtant le bienvenu. 

(*) Accompagnement à l’installation-transmission en agriculture 

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