Aveyron | Par Le Réveil Lozère
La filière de pommes de terre Pépites de l’Aubrac s’est recentrée autour de six producteurs lozériens. Le collectif d’agriculteurs donne rendez-vous samedi 26 septembre au Buisson pour la récolte au champ des pommes de terre cultivées sur l’Aubrac.
La commune du Buisson en Lozère est devenue l’épicentre de la culture des pommes de terre Pépites de l’Aubrac, une filière née en 2018, sur une idée de Bernard Bastide, le restaurateur de Nasbinals, qui jusqu’au mois de mai occupait la présidence du Parc naturel régional de l’Aubrac. Quinze éleveurs de vaches Aubrac s’étaient alors regroupés pour cultiver des pommes de terre selon un cahier des charges strict, et les commercialiser sous la marque Pépites de l’Aubrac. Une véritable filière de proximité, garantissant la qualité du produit, des méthodes de culture respectueuses de l’environnement et une distribution en circuits courts.

Entre 80 et 100 tonnes de pommes de terre de montagne
Au plus fort de leur développement, les agriculteurs investis dans le processus ont produit jusqu’à 280 tonnes de Pépites de l’Aubrac en une saison. Et ils ont lancé aussi une production de chips, qui représentait 20% du volume. Le collectif s’est aujourd’hui recentré autour de six producteurs lozériens basés sur l’Aubrac : un à La Farge-Montivernoux, un autre à Trélans, et quatre au Buisson. Regroupés dans l’Association des producteurs de pommes de terre de l’Aubrac lozérien (APPTAL), ils arrivent désormais à sortir 80 à 100 tonnes de patates cultivées en altitude. «Nous sommes repartis sur du plus humain, et plus local», développe Ludovic Cayrel, agriculteur membre du collectif.
«Chacun a ses clients. Nous sommes dans une entente permanente. Il y a quatre lieux de stockage, dont un pour les chips». «C’est la terre qui donne le goût à cette pomme de terre», poursuit Pierre Ressouche, autre producteur. «Elle n’est pas irriguée. Comme intrant nous y mettons du fumier et du lisier de la ferme. On en sort entre 8 et 20 tonnes à l’hectare. On produit comme le faisaient nos parents. De variétés agria en grande majorité, et aussi juanita. Chaque année on en essaie une nouvelle, pour voir comment elle réagit». Quant aux chips, elles sont commercialisées en deux gammes : des sachets de 125 grammes, ou 50 grammes. «Dans l’esprit un produit simple. Avec moins de sel que les autres chips du marché».
Des patates «comme au jardin»
Les pommes de terre sont plantées plein champ au mois de mai, pour une récolte s’étalant sur septembre et octobre. Mais à cause des «coups de chaud cet été, le nombre de tubercules est passé à six par pied au lieu de dix, et la taille est plus petite», admettent les agriculteurs. «Il y en aura quand même des grosses car on a appris à les travailler. Dans un mois on saura le résultat. Mais je pense qu’on aura a minima une baisse de 20 %. Mais on ne va pas augmenter le prix de 20 %. On veut de la stabilité avec les restaurateurs».
Les Pépites de l’Aubrac sont en effet commercialisées en circuits courts, chez des restaurateurs du plateau, des magasins de proximité, des grandes surfaces comme à Mende, et auprès de particuliers. Une démarche que soutient le Parc naturel régional de l’Aubrac. «On les suit complètement», affirme Serge Franc, président de la commission agricole du PNR. «Il s’agit d’une production locale de territoire, une diversification, un projet collectif. C’est la mission du Parc de les accompagner. Les Pépites bénéficient de la marque Parc. Cela permet de faire vivre un territoire, dans le respect des valeurs qui sont les nôtres. Ce sont les forces vives de ce territoire».
Venir avec des paniers pour la récolte
Et comme chaque année depuis huit ans, ces producteurs de pommes de terre de montagne donnent rendez-vous aux particuliers pour une récolte en plein champ, samedi 26 septembre. L’opération se déroulera autour du Gibertès, un hameau de la commune du Buisson, dans un champ qu’ils désigneront, en fonction de la météo des prochains jours. Une belle occasion de faire son stock de pommes de terres locales, à un prix imbattable (un euro le kilo), et dans une ambiance festive.
«L’année dernière c’était énorme, il y avait même trop de monde», se souviennent les agriculteurs. Ils conseillent donc de «venir avec des paniers. S’il y a des grosses commandes, il faut les passer en amont. Nous en récolterons avant». L’évènement promet d’être «familial et convivial».
Chacun pourra récolter «de 3 à 150 kg de patates. Elles se conservent bien. Il faut juste bien les faire sécher». Ce jour-là, il y aura buvette et restauration sur place. Et même si le menu n’est pas encore calé, la promesse de l’aligot sera tenue !
À partir de cette récolte, les producteurs de Pépites de l’Aubrac pourront en fournir jusqu’à la mi-juin 2027. «Toutes les semaines on trie pour livrer de la qualité», précisent-ils. «Des particuliers viennent fréquemment nous en chercher sur place». Et pour les chips, «on envoie en big bag d’une tonne à l’usine qui les conditionne». Tandis que les déchets finissent chez un éleveur de cochons, ou pour les vaches de ces éleveurs. Pour eux, ces pommes de terre représentent certes du travail supplémentaire, mais ils revendiquent le fait de «cultiver des patates comme au jardin». Comme l’ont fait de tout temps leurs ancêtres sur le plateau de l’Aubrac.
Th. L.
Le Réveil Lozère


