National | Par Agra
Le Synabio dévoile ses priorités pour la filière bio
À l’occasion de ses 50 ans, le Syndicat national des entreprises agroalimentaires biologiques (Synabio) ambitionne de porter la part du bio à 12 % du marché alimentaire français d’ici 2030. Pour guider cette relance, l’organisation s’invite dans le débat de la présidentielle de 2027 avec quatre propositions phares.
Si le marché biologique français montre des signes de reprise (+3,6 % en volume en 2025), la filière reste confrontée à d’importantes fragilités. Les déréférencements en grande distribution depuis 2021 – soit une baisse de 25 % des assortiments en grande distribution (GMS) – réduisent les débouchés des agriculteurs et des transformateurs. Comme l’a rappellé Louis Pinot de Villechenon, délégué général du Synabio fin octobre lors d’une conférence de presse à Paris, « ces références perdues en distribution, c’est un lien perdu avec les consommateurs pour nos adhérents ». Dans le même temps, les transformateurs subissent l’impact des aléas climatiques sur les coûts des matières premières. Lors des négociations commerciales de 2026, ils n’ont obtenu que +1,6 % de revalorisation tarifaire alors même que la hausse réelle de leurs charges a atteint 3,1 %. « Le bio n’est ni un mouvement politique ni une niche : c’est déjà une filière industrielle française mature et stratégique », a soutenu Thomas Breuzet, président du syndicat, rappelant que 71 % des produits bio consommés en France sont issus de la production nationale. Pour pérenniser ses 204 entreprises et 14 000 emplois directs, le Synabio a interpelé les candidats à l’élection présidentielle de 2027. La première mesure portée par le syndicat demande de stimuler l’offre bio dans tous les circuits d’alimentation. Après la transparence sur les approvisionnements de la GMS obtenue dans la loi d’urgence agricole, le Synabio exige des engagements chiffrés de progression en rayon et en restauration collective. Sa deuxième proposition vise une vision globale de la qualité, alliant mode de production, qualité nutritionnelle et degré d’ultra-transformation. Elle préconise la généralisation du Nutri-Score, l’encadrement des aliments ultra-transformés et la valorisation du mode biologique, exempt de pesticides de synthèse. Louis Pinot de Villechenon l’a martelé : « Le bio ne protège pas de tout, mais il protège l’essentiel. Le soutenir, c’est passer de la réparation à la prévention ». La troisième mesure demande d’encadrer la publicité alimentaire destinée aux enfants. « La France a choisi d’agir sur la publicité pour l’ultra-fast fashion. Le Royaume-Uni encadre celle de certains aliments moins favorables à la santé. Les exemples montrent qu’une volonté politique peut faire évoluer les règles », a insisté Thomas Breuzet. Enfin, le quatrième pilier appelle la France à défendre le label bio et le principe de précaution en Europe face aux nouvelles techniques génomiques. « La consommation repart. Il faut maintenant que cette reprise permette aux fermes et aux entreprises de retrouver les moyens d’investir », a conclu le président du Synabio.
Christophe Soulard, le 2 novembre 2026, pour Actuagri

Moins de taxes, moins de règles, le programme de l’institut Montaigne
Dans une note dédiée à l’agriculture publiée le 6 octobre en vue de l’élection présidentielle, l’institut Montaigne (cercle de réflexion libéral) propose un programme d’allègement de la fiscalité et des normes, ainsi que d’augmentation des aides à la production, qui vise à consolider l’auto-approvisionnement national en alimentation et en engrais. Pour un budget de 3,9 à 9 Md€, l’institut propose d’exempter les jeunes installés d’impôt sur le revenu, de tripler l’investissement dans l’ammoniac vert, constituer des stocks d’engrais pour 90 jours, tripler le stockage d’eau hivernal, renforcer cinq filières « stratégiques », rehausser le taux d’approvisionnement local des cantines. En matière réglementaire, le cercle de réflexion propose un « guichet unique agricole » (fiscalité, foncier), un « moratoire sur les importations de produits non conformes », une réduction des délais de recours contre les projets agricoles. Les Safer sont particulièrement visées : limitation du droit de préemption, suppression d’avantages fiscaux, réorientation vers « le regroupement d’exploitations et le remembrement ». Seule mesure qui ne vise pas à déréglementer : l’institut veut « restructurer les négociations commerciales », pour favoriser le revenu agricole, sans préciser comment.
D’après Agra le 8 octobre 2026
Via son « Pacte coopératif », LCA propose de faciliter les restructurations
Dans un communiqué du 6 octobre, la Coopération agricole (LCA) présente son « Pacte coopératif » destiné à relever l’agriculture française, dans le cadre de l’élection présidentielle 2027. Il constitue un engagement réciproque entre les coopératives et l’État, « autour de dix propositions ». Parmi elles, citons la mise en place d’un « dispositif de paiement pour services territoriaux » (emploi, aménagement des territoires, etc.) versé aux coopératives ; la création d’une exception agricole et alimentaire dans la commande publique ; la suppression des charges sociales « pendant cinq ans pour tout agriculteur qui s’engage en coopérative » ; l’instauration d’un fonds pour la transition agricole qui financerait « des démarches à l’échelle des territoires et des filières » ; ou encore la facilitation des opérations « de restructuration impliquant des coopératives permettant de préserver des outils industriels compétitifs sur les territoires ». De leur côté, les coopératives s’engagent notamment à investir 10 Md€ jusqu’en 2028 dans leurs outils de production, et à abaisser de 40 % leurs émissions industrielles de gaz à effet de serre d’ici 2030.
D’après Agra, le 7 octobre 2026
Eau/présidentielle : le CFE dévoilera bientôt ses propositions sur la politique de l’eau
À l’issue d’un travail de deux ans, le Cercle français de l’eau (CFE), une instance de réflexion sur les politiques de l’eau, présentera dans les prochains jours ses propositions de réforme de la gouvernance et du financement de l’eau en France, a indiqué le 9 septembre son président Thierry Burlot à Agra Presse. « Elles sont presque arrêtées et seront rendues publiques dans quelques jours », a-t-il précisé. Ces propositions seront présentées aux différent partis politiques, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Thierry Burlot regrette toutefois que le dialogue soit encore insuffisant entre les divers acteurs de l’eau. Il déplore notamment que la profession agricole n’ait pas souhaité participer aux travaux du CFE, contrairement aux collectivités et autres parties prenantes. La question du financement de la politique de l’eau sera au cœur des propositions du CFE, pour déterminer notamment la question de la prise en charge de la transition agroécologique. M. Burlot estime nécessaire de réfléchir au financement du « grand cycle de l’eau », consacré à la gestion et à la préservation de la ressource dans son environnement. Les financements restent aujourd’hui davantage destinés au « au petit cycle de l’eau », qui désigne le circuit mis en place pour capter, traiter, distribuer, puis nettoyer l’eau avant de la rendre à la nature.
D’après Agra, le 11 septembre 2026
Climat : Jean-Marc Jancovici lance une « assemblée citoyenne »
Jean-Marc Jancovici, expert engagé dans la transition climatique, a annoncé le 26 août la mise en place d’une assemblée de 150 personnes tirées au sort destinée à « donner de la voix aux citoyens » sur le sujet du réchauffement climatique, à l’occasion de la campagne présidentielle. Baptisée « Un commun accord », cette initiative annoncée dans la presse quotidienne régionale, notamment Ouest-France, et qui se veut « non partisane », est soutenue par une douzaine de personnalités dont l’acteur Thierry Lhermitte, les influenceurs McFly et Carlito, le prix Nobel de physique Alain Aspect ou le général deuxième section de l’armée de l’air Frédéric Chiffot. « L’objectif est de faire revenir une parole citoyenne, partant de problèmes concrets traités avec réalisme et l’envie de faire les choses ensemble, dans une campagne où un peu trop souvent les choses sont traitées à partir de slogans », a expliqué à l’AFP l’ingénieur fondateur du Shift Project, groupe de réflexion axé sur la décarbonation de l’économie. Le panel, tiré au sort par l’institut Toluna Harris Interactive pour représenter la diversité de la société, se réunira pendant six week-ends, débattant et échangeant avec des experts, dès le 19 septembre au Conservatoire national des arts et métiers à Paris. Il exposera ses conclusions en février. En parallèle, une plateforme sur internet « permettra à chacun de contribuer au débat ».
D’après Agra, le 27 août 2026


