Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Un tracteur de pente en inter-CUMA pour entretenir les terrains accidentés

Si le tracteur de pente n’est pas un outil nouveau en Aveyron, il continue de susciter un intérêt croissant, notamment dans les CUMA. Trois modèles sont plutôt répandus : Reform (Autriche), Aebi (Suisse) et Sauerberger(All).

L’inter-CUMA constituée autour de la CUMA du Villefranchois a retenu cette dernière marque, allemande, pour l’achat d’un tracteur en début d’année 2026. Ce tracteur de pente réalise exclusivement des interventions destinées à l’entretien des parcelles, rappellent les organisateurs, et «non à des travaux forestiers».

Les responsables de la machine soulignent de nombreux points positifs. «Cela permet un travail en sécurité, puisque le tracteur est adapté aux terrains accidentés», notent les responsables du projet. Ce tracteur de pente permet un maintien des milieux ouverts plus régulier par rapport aux engagements de chacun (notamment par rapport à la PAC). Enfin, dernier argument – et non des moindres : «ce tracteur permet d’assurer des travaux qui prennent du temps», en palliant le manque de main-d’œuvre disponible dans les exploitations.

La réflexion à propos de cet achat a démarré en 2025, et très vite, l’idée d’une inter-CUMA a émergé pour l’achat, afin amortir les coûts. «Nous avons donc monté un groupe de travail, avec le soutien de la fédération départementale des CUMA», et autour de la CUMA du Villefranchois, une vingtaine de CUMA de la zone se sont regroupées dans le projet.

Un investissement collectif pour un matériel spécialisé

Le coût d’achat de cet équipement s’élève à environ 120 000 euros, broyeur inclus. Adapté aux pentes jusqu’à 45 %, ce tracteur présente un avantage significatif par rapport aux tracteurs classiques, selon la topographie du terrain.
«Nous avons organisé des démonstrations avec tous les modèles de tracteurs de pente disponibles. Un vote majoritaire a ensuite validé le choix», expliquent les responsables de l’inter-CUMA.

Avec l’achat, l’inter-CUMA a décidé de dédier trois chauffeurs à ce service. Ces chauffeurs appartiennent à la CUMA des Serènes avec une mise à disposition dès que la demande est là. Un moyen de s’assurer que seules les trois mêmes personnes conduisent toujours «cet équipement très technique», plutôt que de laisser tous les adhérents le conduire, ce qui obligerait à reprendre les réglages à chaque prise en main. Les trois chauffeurs dédiés réalisent également d’autres tâches durant leur semaine de travail, jonglant entre différents travaux agricoles.
«Cette année, c’est le lancement, donc on essuie un peu les plâtres», soulignent les instigateurs du projet. Mais ils se satisfont d’un point important : un travail efficace, effectué en toute sécurité pour les agriculteurs. Par ailleurs certains agriculteurs, témoins du travail effectué, demandent désormais à intégrer le service.

Avec un objectif initial de 300 heures engagées par an, les responsables précisent que depuis avril 2026, date de début des travaux «le compteur du tracteur indique environ 70 heures». Le fonctionnement organisationnel prévoit deux tournées par an, avec un responsable par secteur géographique pour coordonner les interventions. «Quand le tracteur intervient sur un secteur, il traite toutes les demandes de ce secteur avant de passer au suivant, optimisant ainsi les déplacements», détaillent les responsables de l’équipement.

Marion Ghibaudo

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Marine Boyer est la première femme présidente de la Fédération nationale des CUMA. Installée en Aveyron, en élevage bovin allaitant avec son conjoint, elle a fait le choix de s’engager dans un domaine, la mécanisation, classé très masculin ! «J’ai eu la chance d’être la fille de mon père ! Son profil de mécanicien a fait que ma sœur et moi avons baigné depuis toute petite dans les machines ! Et dès que nous avons eu l’âge et la taille pour atteindre les pédales du tracteur, nous étions à pied d’œuvre !», sourit Marine, fière de cet héritage. D’ailleurs ce profil de «chauffeure», elle l’a fait valoir à son installation. «La pression foncière est très forte chez nous, et on s’est…