Aveyron | Par Eva DZ

Marine Boyer : « défendre la vision d’une agriculture plus collective »

Marine Boyer est la première femme présidente de la Fédération nationale des CUMA. Installée en Aveyron, en élevage bovin allaitant avec son conjoint, elle a fait le choix de s’engager dans un domaine, la mécanisation, classé très masculin !

«J’ai eu la chance d’être la fille de mon père ! Son profil de mécanicien a fait que ma sœur et moi avons baigné depuis toute petite dans les machines ! Et dès que nous avons eu l’âge et la taille pour atteindre les pédales du tracteur, nous étions à pied d’œuvre !», sourit Marine, fière de cet héritage. D’ailleurs ce profil de «chauffeure», elle l’a fait valoir à son installation.

«La pression foncière est très forte chez nous, et on s’est servi de mon statut de femme pour invoquer le fait que je n’arriverai pas à gérer une ferme, pourquoi lui donner des terres ? Mais j’étais déjà impliquée dans la CUMA locale, et de fait, il n’y a pas eu de sujet quant à mon installation. Pour moi, c’était l’occasion de dire : vous m’avez jugée trop vite, mon investissement à la CUMA vous a prouvé que j’avais toute légitimité. J’ai pris simplement la place qui m’était due parce que j’ai choisi ce métier».

Défendre une vision


A toutes les remarques, les questions, Marine prend le temps de répondre, d’argumenter. «Au sein de nos CUMA, à mon grand désespoir, les femmes sont souvent absentes et pourtant il n’est pas seulement de question de machines. Personnellement si je m’implique c’est pour œuvrer au développement de l’agriculture et défendre ma vision d’une agriculture plus collective. C’est la position que j’ai défendue au moment de ma candidature à la présidence de la FN CUMA et c’est celle qui a convaincu les administrateurs de choisir mon projet», témoigne-t-elle, révélant qu’elle a passé l’équivalent d’une «vingtaine d’oraux» pour convaincre !

«J’ai montré ma capacité à aller vers un projet réfléchi et finalement, ce n’est pas tant le fait d’être une femme à la tête du machinisme agricole qui m’a été reprochée, mais davantage mon âge ! A 37 ans, j’étais jugée trop jeune mais mon énergie, ma vision, mes compétences, acquises par une formation de haut rang, ont convaincu les administrateurs à suivre ma dynamique».

Dans son engagement, Marine ne fait pas de différence : «si, aujourd’hui un tracteur est plus facile à conduire qu’avant, la hauteur et le réglage des fauteuils, le maniement des attelages… sont encore pensés par et pour des hommes. Pourtant une amélioration de leur accessibilité serait un progrès pour tous, y compris les hommes».

Eva DZ

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