Aveyron | Par Eva DZ

Concours cantonal Aubrac à Sainte Geneviève sur Argence, samedi 17 octobre : Damien Ampoulier espère confirmer !

Deux semaines après le Départemental à Saint Amans des Côts, la race Aubrac entame la saison des concours cantonaux, dès ce samedi 17 octobre à Sainte Geneviève sur Argence. Damien Ampoulier, éleveur à Lacalm – Argences en Aubrac, y sera exposant pour la deuxième année, après une première participation réussie en 2025.

Damien Ampoulier est la cinquième génération d’éleveur Aubrac sur la ferme familiale à Saintou, à deux pas de Lacalm, commune d’Argences en Aubrac. Mais c’est bien lui qui a initié le travail sur la sélection et l’entrée sur les rings de concours ! «Mon père a spécialisé l’élevage en race pure Aubrac quand mon grand-père, lui, privilégiait le croisement et c’est à mon installation, en GAEC avec mon père, en 2018, que j’ai démarré le travail de sélection», raconte Damien. Il a ainsi inscrit le troupeau au Herd Book Aubrac il y a deux ans et peut, depuis l’année dernière, participer à ses premiers concours.

Mais l’éleveur ne délaisse pas pour autant le croisement au sein de son troupeau de 80 mères Aubrac. «Etant débutant dans la race, je garde un minimum de femelles pour le renouvellement et je mets les autres au croisement», détaille-t-il. Damien a hérité de cette passion pour la sélection de son apprentissage chez Maxime Delrieu, éleveur à Cantoin et de ses copains de lycée, à La Roque notamment pendant son bac pro. «Depuis l’âge de 15 ans, je vais aider les copains, les voisins sur les concours notamment celui de Sainte Geneviève en local. J’aime cette ambiance bon enfant qui y règne. Sur un cantonal, même si on n’est pas un grand champion, on peut exposer, tout le monde a sa chance et ça m’a donné envie de sortir mes bêtes aussi !», confie Damien, qui espère «apprendre des meilleurs».

La rusticité d’abord

Son premier concours, il l’a vécu l’année dernière lors du cantonal à Sainte Geneviève juste avant l’interdiction de tout rassemblement d’animaux en raison de la DNC. «Avant je venais sans pression, je donnais un coup de main aux copains exposants ! Cette fois-ci, j’avais un peu d’appréhension parce que c’était mes animaux. Comme je n’étais jamais sorti, j’espérais bien qu’ils ne bougent pas», se souvient Damien, qui avait préparé une vache et un veau. «J’avais choisi une vache vieille plus calme mais que je n’avais jamais dressé pour défiler». Et tout s’est bien passé jusqu’au classement même car elle a terminé 1ère de sa section ! Et le veau a décroché une 4ème place. «J’avais demandé conseil auprès de copains habitués, notamment Jean-Baptiste Raynal mon voisin, je ne voulais pas être ridicule !», glisse Damien. Ses résultats l’ont motivé pour la suite !

Cette année, il a sélectionné d’autres catégories d’animaux pour continuer de savoir où il se situe. «Personnellement je recherche des vaches qui vêlent seules, racées avec une belle gueule, une belle couleur et surtout de bonnes pattes… Bref des animaux rustiques qui s’adaptent aux années difficiles». D’ailleurs Damien a constaté la différence cette année : «Nos vaches en estives parcourent des kilomètres pour se nourrir, pour boire, si elles n’ont pas de bonnes pattes, elles ne resteront pas en état !». Une rusticité adaptée aussi à son bâtiment où tous les animaux sont à l’attache l’hiver.

Grâce à la mise en estives (sur une montagne du Cantal l’été et sur le Ségala au printemps), Damien arrive à maintenir l’autonomie alimentaire de ses animaux. «Pouvoir faire profiter au printemps des pâtures du Ségala à une partie des animaux fait du bien, parce qu’ils prennent de l’avance alors que nous, sur l’Aubrac, nous avons encore parfois la neige et le froid. Et puis ça permet d’avoir plus de place dans les bâtiments pendant les saillies et de gagner du temps sur le soin», explique l’éleveur. Il se dit aussi chanceux d’avoir des sources sur les montagnes qui n’ont pas tari cet été.
Damien vend ses animaux en maigre via la coopérative CELIA, et finit 2 – 3 vaches en label Bœuf Fermier Aubrac par an.

Voir sur le long terme

Et bientôt, il espère vendre des animaux pour la repro : «Mon objectif n’est pas de vendre pour vendre mais bien de m’inscrire dans la durée». Il est ainsi passé d’un taureau Aubrac à deux voire 3 bientôt achetés chez des éleveurs sélectionneurs et un à la station d’évaluation de La Borie, «le premier» ! «C’est un investissement pour l’avenir». Il mise aussi sur les concours qui «nous permettent de nous faire un nom en présentant des animaux qui correspondent à notre modèle d’élevage», argue-t-il.

Ainsi, cette année, à Sainte Geneviève sur Argence, Damien a sélectionné un groupe de veaux, un groupe de doublonnes, un groupe de femelles et un terson. «Ne sachant pas si les éleveurs pourront exposer autant d’animaux que d’habitude étant donné la sécheresse et la prise de sang obligatoire, nous avons ouvert une nouvelle catégorie de couples mâles et femelles», avance le nouveau membre du bureau du syndicat cantonal Aubrac. «Je suis content de faire partie de cette équipe dynamique et solidaire», avance Damien, qui sera accompagné de deux copains pour l’épauler samedi. Le flambeau continue de se transmettre !

Eva DZ

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Mathéo Nayrolles débute dans les concours Aubrac. Encouragé par la 2ème place de section de sa vache Jolie il y a 2 ans au cantonal de Laguiole, ce passionné de la race est de nouveau de la fête, ce samedi 19 octobre dans la cité du Taureau ! Pour ses 18 ans, ses copains lui ont offert une cloche. Mathéo espère bien leur faire honneur en la mettant à Jolie lors du concours cantonal Aubrac à Laguiole ce samedi. «J’aime que mes vaches portent des cloches ! Ça fait partie de l’Aubrac et c’est agréable dans les pâtures, quand on traverse les villages ou sur les concours !», s’amuse le jeune homme. Il envisage de s’installer prochainement sur la ferme familiale…