Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Dégâts de gibier : Des dégâts aggravés par la sécheresse et le déficit fourrager

En 2026, les dégâts causés par le gibier sont plus difficiles à gérer pour les agriculteurs, notamment en raison du déficit fourrager lié à la sécheresse : les récoltes étant déjà faibles, toute perte supplémentaire creuse davantage ce déficit.

Le sanglier est l’un des principaux responsables des dégâts causés par la faune sauvage dans les parcelles agricoles, s’attaquant au maïs, aux céréales, mais aussi aux prairies – qui représentent 85 % du territoire de l’Aveyron – parfois sur des zones pentues, difficiles à remettre en état, ce qui peut entraîner notamment de l’érosion.

Les cervidés (biches, cerfs) entraînent également des prélèvements d’herbe significatifs : des groupes de 20 à 30 animaux peuvent représenter une pression importante sur les pâturages. Les zones les plus touchées par les sangliers, autrefois concentrées dans le sud du département, sont désormais réparties sur l’ensemble du territoire, avec des secteurs particulièrement affectés comme le Vallon de Marcillac, ou encore le secteur de Rieupeyroux. Le nombre de sangliers prélevés a été multiplié par deux en une dizaine d’années.

© Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron

Des dégâts «trop peu» déclarés

Selon la FDSEA de l’Aveyron, «de trop nombreux agriculteurs hésitent encore à déclarer les dégâts qu’ils subissent à cause de la faune sauvage».
Les dégâts déclarés représentaient «entre 150 000 et 200 000 euros» l’an dernier, mais «ce chiffre reste sous-estimé par rapport à la réalité» selon le syndicat.

La FDSEA souhaite donc encourager les agriculteurs à déposer des dossiers, «au moins lorsque les dégâts sont conséquents (nécessité de racheter du fourrage, temps de travail mobilisé)», car c’est l’accumulation de dossiers qui permet de maintenir ce sujet en bonne place dans les discussions.
Au niveau national, un accord entre chasseurs et agriculteurs prévoit une «boîte à outils» de gestion notamment pour les dégâts causés par la faune sauvage.

La FDSEA de l’Aveyron demande la mise en place de «points noirs» dans les zones où les dégâts sont avérés, et où des solutions alternatives pourraient être testées : par exemple, la modification des consignes de tir, voire le classement du sanglier en espèce susceptible d’occasionner des dégâts, permettant le piégeage. Un premier test a été conduit en 2025 sur une seule commune ; d’autres tests sont prévus.

Un secteur à fort taux de dégâts («points noirs») est un territoire de chasse soumis à des dégâts agricoles ou forestiers récurrents et importants.
Pour 2025, il avait été retenu comme critère de classement en Aveyron, «les communes ayant plus de 3 % de leur surface impactée par des dégâts pendant trois années consécutives». Une seule commune a ainsi été classée point noir : Arnac-sur-Dourdou.

Ce résultat avait été jugé «décevant car il n’est pas représentatif de la situation du département en termes de dégâts. Le critère retenu est trop élevé et exclut beaucoup de territoires», avait estimé la FDSEA de l’Aveyron à l’époque. Un an plus tard, la situation semble stagner.

Des liens à renforcer entre fédération départementale des chasseurs et agriculteurs

Cependant, des initiatives ont vu le jour dans le département pour rapprocher agriculteurs et chasseurs.
Des formations au permis de chasse ont été organisées conjointement par la FDSEA et la Fédération de chasse, à des horaires adaptés aux agriculteurs. Ces dernières ont rencontré «un certain succès», selon la FDSEA. Ces formations sont proposées à la demande notamment via l’ADPSA.
Par ailleurs, plus de 200 agriculteurs participent aux 22 unités de gestion cynégétique qui structurent l’Aveyron, ce qui leur permet d’être présent lorsque des décisions relatives à la chasse sont prises.

Marion Ghibaudo

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Mercredi 17 décembre, était prévue, en soirée, une conférence «Prédation ou agriculture, va-t-il falloir choisir ?» organisée par JA Aveyron avec le Groupe de Camboulazet et le soutien du Département. Elle est reportée en 2026. Pour aborder les conséquences des attaques de loups et des dégâts occasionnés par les sangliers sur l’élevage et évoquer les solutions à apporter, le scientifique, Romain Lasseur, partagera son expertise en faune sauvage et espèces invasives. Qui est Romain Lasseur ? R. Lasseur : «De formation scientifique, je suis docteur en toxicologie. Je travaille sur les espèces invasives (moustiques, tiques, punaises de lit, frelon asiatique,…) et à ce titre, je dirige un groupe d’une cinquantaine de collaborateurs à Lyon, qui travaillent sur la gestion de ces espèces…