Aveyron | Par La rédaction

Concours des prairies d’estive de l’Aubrac : le GAEC des Bouysses, lauréat

En cette année internationale du pastoralisme, le Parc naturel régional de l’Aubrac a orienté son Concours des pratiques agro-écologiques vers les estives pour mettre en valeur ces prairies exceptionnelles.

En juin, le jury présidé par le label de qualité Fleur d’Aubrac, a prospecté les parcelles candidates. Botanistes, spécialistes de la faune et agronomes, ont analysé les prairies en termes de biodiversité et de valeur nutritionnelle pour les vaches. Le 18 septembre, Marc Guibert, président du Parc naturel régional de l’Aubrac et Serge Franc, président de la Commission agriculture du Parc, ont remis le premier prix du concours des pratiques agro-écologiques à Hervé Balitrand pour l’estive qu’il exploite avec son frère, Vincent Balitrand, aux Salces, à plus de 1 300 mètres d’altitude.


«Je remercie le Parc et Fleur d’Aubrac pour ce concours, c’était vraiment très intéressant d’échanger avec le jury sur ma parcelle» réagit l’éleveur. «J’ai découvert plusieurs plantes, notamment carnivores sur un secteur plus humide», précise-t-il amusé. «Nous avons trouvé Drosera rotundifolia et une espèce grassette», confirme Chloé Sillon, chargée de mission Agroenvironnement au Parc, «ce sont effectivement des plantes carnivores rares et qui doivent être conservées. Si elles sont présentes, c’est signe d’une excellente gestion agricole de cette parcelle».

Une diversité parfois insoupçonnée

«Cette parcelle, nous l’avons engagée en MAEC il y a quelques années», ajoute Bertrand Cayrel, son propriétaire qui vend l’herbe sur pied au GAEC des Bouysses. «Nous la travaillons sans engrais depuis 1992 et nous avons toujours souhaité ne pas la drainer pour conserver son biotope», ajoute-t-il.

Lors de la délibération, le jury a en effet souligné la diversité floristique de la parcelle ainsi que la diversité des milieux naturels qui la composent. Il a aussi tenu à faire remarquer le soin avec lequel l’éleveur opérait les traitements antiparasitaires sur ses vaches : après analyses et uniquement si c’est nécessaire, en hiver et en bâtiment, suffisamment tôt par rapport à la sortie des bêtes au pâturage pour que les produits n’impactent pas les bousiers qui se nourrissent de leurs bouses.

Cette bonne pratique est impulsée par les labels Fleur d’Aubrac et Bœuf Fermier Aubrac qui accompagnent les éleveurs en ce sens. «On est connectés à la nature avec laquelle on travaille tous les jours, c’est normal de prendre ce genre de précautions. On aime avoir de belles parcelles, avec une belle diversité de plantes et une alimentation de qualité pour nos vaches», ajoute l’éleveur.

Drosera rotundifolia © JP Viguier


«Ces prairies ont d’abord un rôle nourricier, économique pour les exploitants, mais elles sont aussi «multi-services» ! Au Parc, nous nous plaisons toujours à valoriser toute l’étendue de leurs vertus : biodiversité, stockage et épuration de l’eau, stockage du carbone et lutte contre le réchauffement climatique, attractivité touristique du territoire…», énumère le président du Parc.
Grâce à son premier prix, Hervé Balitrand participera au concours national des prairies. RDV en février au Salon de l’agriculture à Paris !

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