Aveyron | Par eva dz

Vignerons du Vallon à Valady : un nouveau duo pour le Marcillac !

Nouveau duo à la tête de la coopérative des Vignerons du Vallon à Valady, pour le vignoble de Marcillac. Suite à la disparition de Jean-Marc Gombert l’été dernier et au départ de Kasper Ibfelt en décembre, Jean-Baptiste Couderc et Samuel Mestre ont pris la suite. Présentation.

Samuel Mestre, nouveau directeur de la cave coopérative et Jean-Baptiste Couderc, nouveau président.

Jean-Baptiste Couderc est le nouveau président de la cave coopérative des Vignerons du Vallon. Installé depuis 4 ans, sur la ferme familiale avec son père, à Clairvaux, le vigneron exploite 9 ha de vignes en AOC Marcillac rouge et rosé. Il est aussi éleveur, à la tête d’un troupeau de 60 Aubrac en système broutards et transformation pour quelques colis de viande vendus en direct. Avant son installation, Jean-Baptiste Couderc a pris le temps d’aller «voir ailleurs» : «Mon intérêt pour l’agriculture est venu sur le tard ! Je me suis orienté vers les grandes écoles, notamment Purpan puis j’ai eu plusieurs expériences professionnelles dans le domaine de la formation (à l’ADPSA notamment) et dans les fournitures et distribution sur le domaine viticole de Gaillac…» où il a pu conforter ses connaissances familiales sur la vigne ! Comme un retour aux sources… avant de revenir sur la ferme familiale.
«Mon père avait repris les quelques vignes plantées par mon grand-père et avait suivi l’obtention de l’AOC Marcillac en 1990, le motivant à développer les surfaces, à côté d’un atelier laitier qu’il a converti en viande. La partie viti est aussi importante que l’atelier viande chez nous !», raconte Jean-Baptiste Couderc. Très attachée aux valeurs de la coopération, la famille est adhérente à UNICOR depuis toujours ! «C’est la volonté de faire perdurer la ferme familiale, celle de mes aïeuls, la passion dans la terre qui m’ont motivé à m’installer», dit encore le producteur. Sollicité par Jean-Marc Gombert, ancien président des Vignerons du Vallon, pour entrer au conseil d’administration d’UNICOR, où siège la coopérative, Jean-Baptiste Couderc a accepté de prendre son relais. «Sa disparition a accéléré les choses», regrette-t-il. «Mais je le remercie de m’avoir bien transmis le relais», tient-il à ajouter.


Redonner du sens au collectif

Comme Jean-Baptiste Courderc, Samuel Mestre est lui aussi passé par l’école d’ingénieurs de Purpan, puis par la faculté d’œnologie de Toulouse. Ce «pur produit régional» dont les racines sont dans le Marcillacois, a fait ses armes pendant 25 ans dans plusieurs domaines du Bordelais dont le Domaine Château Roquefort (clin d’œil à son Aveyron natal !) dans l’Entre Deux Mers. A 48 ans, il revient aux sources et a été recruté pour remplacer Kasper Ibfelt, reparti au Danemark, pour diriger la cave coopérative des Vignerons du Vallon. «C’est un retour aux sources aussi pour mon épouse, aveyronnaise elle aussi mais un peu moins pour mes deux filles de 14 et 18 ans qui ont grandi dans le Bordelais !», sourit le nouveau directeur. Regrettant de n’avoir pas eu le temps de travailler avec Jean-Marc Gombert, Samuel Mestre veut mettre au profit des Vignerons de Marcillac, son expérience, son «œil neuf et extérieur» : «Je peux partager mon expérience d’une autre région viticole, d’un autre schéma de commercialisation», explique celui qui a toujours gardé un lien avec sa région natale de Marcillac. «Je n’ai pas manqué beaucoup d’éditions de la Saint Bourrou !», sourit-il Et ses parents ont toujours une «petite vigne» à Marcillac. «Nous sommes heureux de pouvoir nous appuyer sur quelqu’un du cru comme Samuel, qui peut aussi nous faire partager son expérience, c’est une vraie chance pour notre vignoble», a complété Jean-Baptiste Couderc.
De ses premiers mois à la cave coopérative, Samuel Mestre porte un regard bienveillant sur le travail accompli : «Ici les viticulteurs sont bons ! Il y a un joli projet à mener ensemble car les bases, les fondations sont solides. Mais nous sommes face à de nouveaux défis», analyse-t-il. La viticulture comme le commerce du vin, de façon générale en France, sont en effet à un virage : «Nous avons la chance d’être sur un «petit» vignoble de 210 ha (dont 110 ha à la cave coopérative), une goutte de vin dans le monde vigneron ! Mais nous pouvons mettre en œuvre nos projets», poursuit Samuel Mestre. La coopérative représente 55% des surfaces de Marcillac, soit 25% des vignes du département. «Nous aussi nous sommes confrontés à la pyramide des âges de nos producteurs dont beaucoup sont dans la tranche 50-60 ans mais nous avons un certain nombre d’atouts à faire valoir», avancent Jean-Baptiste Couderc et Samuel Mestre.


Un vin de copain !


La fierté du produit élaboré est en effet partagée par tous : «Ce n’est pas parce qu’on est en coopérative, que l’on n’est pas fiers de nos vins ! La cave est une extension de la propriété de chaque coopérateur et lui permet de mutualiser les moyens. Face aux aléas climatiques, nous avons la chance de nous appuyer sur les valeurs de solidarité portées par la coopérative : c’est intéressant et surtout rassurant pour les producteurs», argumente Jean-Baptiste Couderc. «Chez nous, l’Homme est au cœur du projet, il est à la décision et ce projet nous le portons tous ensemble».
«A l’image de ceux qui nous ont précédé et qui ont sauvé l’appellation Marcillac avec la création de la cave, nous voulons redonner de l’attractivité à notre projet. La coopérative c’est d’abord un vin de copain ! Nous sommes tous dans le même bateau, nous allons tous dans le même sens !», poursuit le duo. Leur ambition : donner un cap aux adhérents, les inciter à se réapproprier le Marcillac en Aveyron déjà ! «Nous produisons des vins dans l’air du temps, des vins qui collent au marché, c’est-à-dire des vins d’altitude, au cépage unique et authentique, qui apportent de la fraîcheur et offrent un degré d’alcool peu élevé. Des vins issus d’une agriculture durable c’est-à-dire qui s’inscrit dans son environnement en assurant le maintien et le développement des exploitations et d’une économie locale sur un territoire, qui rémunère ses producteurs et qui crée de l’emploi. Des spécificités à faire connaître…». Et de poursuivre : «Etant engagés aux côtés de la coopérative UNICOR, nous partageons son engagement dans la RSE».
Et si Samuel Mestre convient que «l’on ne pourra rien contre la tendance lourde et profonde de déconsommation de vin rouge en France», il est persuadé que le Marcillac peut «tirer son épingle du jeu» : «il faut être agile et ingénieux ! Nous pouvons jouer la carte du vin plaisir». Confiant sur la qualité de l’outil de transformation installé à Valady, le nouveau directeur évoque des investissements à venir sur l’embouteillage et l’étiquetage mais surtout sur le volet commercial : «Nous avons la chance d’être en Aveyron, un département où l’activité touristique est forte. Il faut se saisir de cette opportunité et continuer de nous faire connaître hors de l’Aveyron. Notre salut viendra de l’extérieur par la reconnaissance de notre qualité», est-il convaincu. La sortie de la cuvée Roi Bœuf, en partenariat avec la race Aubrac et à l’initiative d’un grossiste bien implanté à Paris, est un élément dans ce plan d’action : «Il en faudra d’autres !», concluent Jean-Baptiste Couderc et Samuel Mestre, qui se disent «pleins d’entrain et motivés» pour la suite !

Eva DZ

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Réunie en assemblée générale vendredi 7 juin, l’union de coopératives BEVIMAC Centre Sud a présenté une activité, spécialisée dans l’export d’animaux vifs, en progression malgré la fermeture du marché algérien et un regain de valeur ajoutée pour les animaux destinés à l’Italie. L’assemblée générale de BEVIMAC Centre Sud s’est déroulée vendredi 7 juin. La stratégie de BEVIMAC Centre Sud, union des coopératives décidée il y a 9 ans, continue de porter ses fruits. Le débouché commercial vers les pays tiers bien que conditionné aux aléas géopolitiques et sanitaires, apporte une puissance d’achat aux coopératives adhérentes, CELIA, UNICOR notamment, et permet de capter une valeur ajoutée supérieure à celle des marchés européens. Pour Pierre Terral, le président, ces bons chiffres sont…