Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Les manifestations continuent contre les assurances prairies

Alors que le Sommet de l’élevage s’ouvre mardi 6 octobre, les éleveurs aveyronnais se sont mobilisés ce week-end. Ils veulent maintenir la pression sur les services de l’État et les assureurs. Avec un message clair : le système assurantiel actuel n’est pas à la hauteur. Des bâches ont donc été déployées dans tout le département avec des messages clairs sur les demandes des agriculteurs.

À Vezins, les agriculteurs ont installé leur banderole sur une prairie qui a souffert de la sécheresse historique de 2026.

Dans les élevages, la pousse de l’herbe est faible depuis la fin du printemps et les stocks destinés à l’hiver ont été entamés dès le début de l’été. Sans rattrapage possible à l’automne du fait de l’absence de précipitations, de nombreux éleveurs devront acheter jusqu’à 50 % des fourrages nécessaires pour nourrir leurs troupeaux.

« Le maintien des cheptels est directement menacé » ont souligné FDSEA et JA en accrochant des banderoles dans tout le département. Ils dénoncent un insupportable manque de soutien face à une situation intenable pour les agriculteurs.

En effet, le système d’évaluation des pertes sur prairies, l’Indice satellite de Pousse des Prairies (IPP), est dysfonctionnel. Les éleveurs soulignent depuis des mois, et même des années, les problématiques de reconnaissance des pertes climatiques sur prairies mesurées par l’indice, dont la diffusion reste tardive et partielle.

Par ailleurs, dénonce le syndicat majoritaire, aucune information n’est encore disponible concernant l’évolution possible du satellite. « Quand bien même cela fait plusieurs années que le satellite est atteint de daltonisme et confond la couleur verte et jaune de l’herbe », pointe la FDSEA.

À ce jour, aucune annonce n’a été faite concernant le déploiement d’enquêtes départementales visant à estimer la réalité des pertes, malgré les demandes répétées des agriculteurs à ce jour.

À Lanuéjouls, les agriculteurs mobilisés ont voulu diffuser leur message au plus grand nombre.

Par ailleurs, les données de l’observatoire national de la Pousse de l’herbe ne sont pas valorisées, dénonce le syndicat majoritaire.

« Ses résultats ne sont pas communiqués, et nous n’avons aucune information quant à son utilisation pour (enfin) améliorer l’indice… alors que c’était l’un des objectifs dès sa mise en place ! Les procédures administratives sont lourdes, inopérantes et opaques, et rien ne semble être fait pour avoir, enfin, un dispositif qui sache estimer, de façon juste, les pertes sur prairies ! Les éleveurs ne peuvent pas être oubliés, encore une fois, dans la gestion de cette crise climatique ! »

Demandant une meilleure transparence, la FDSEA rappelle aussi que « l’État et les assureurs disposent déjà d’estimations des pertes calculées par l’indice satellitaire. Les éleveurs n’y ont accès que partiellement. Il est inadmissible que ces estimations ne soient pas publiques ! »

Pour le syndicat agricole, chaque éleveur doit pouvoir connaître l’estimation retenue en temps réel pour sa commune et la comparer à la situation réellement observée sur son exploitation. « Sans ces informations, aucune contestation sérieuse n’est possible », conclut le syndicat aveyronnais.

À Pont-de-Salars, c’est devant un assureur que les agriculteurs ont déployé leur banderole avec comme message « assureurs satellisés, éleveurs abandonnés ».

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