National | Par Didier Bouville

Le gouvernement présente un plan pour faciliter l’embauche de saisonniers

Dans un communiqué paru le 24 mars, les ministères de l’Economie, du Travail et de l’Agriculture, présentent un «plan de soutien spécifique» pour faciliter l’embauche de saisonniers dans le «secteur agricole et agroalimentaire», dans un contexte de manque de main d’oeuvre saisonnière étrangère.

Principale mesure : le gouvernement annonce que, dans le cadre de l’application de la loi d’urgence du 23 mars, il sera permis à un salarié de cumuler une indemnité de chômage partiel avec un salaire provenant de la filière agroalimentaire. Seule condition : obtenir un accord des deux entreprises sur un délai de prévenance de 7 jours avant la fin du contrat et la reprise de son travail initial.

Deuxième mesure : le ministère du Travail va mettre en place, «avec Pôle emploi», une «plateforme dédiée aux secteurs qui ont, dans cette période des besoins particuliers de recrutement» (offres disponibles sans créer de compte, présélection des candidats possible par Pôle emploi).

Enfin, concernant les mesures de protection sanitaire, un guide pratique spécifique à la filière va être «largement diffusé avant la fin de la semaine» par le ministère du Travail pour donner aux «entreprises et aux exploitations» des «solutions très concrètes et opérationnelles».

La FNSEA insiste sur le besoin de main-d’oeuvre dans les exploitations

Lors d’un point presse tenu sur Twitter le 24 mars, la présidente de la FNSEA a insisté sur le besoin de main-d’oeuvre dans les exploitations afin de continuer à nourrir les Français. Christiane Lambert a relayé et précisé l’appel du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui évoquait le même jour 200 000 postes à pourvoir.

Ce chiffre recouvre «45 000 saisonniers nécessaires en mars, 80 000 en avril et à peu près autant en mai», a-t-elle détaillé. En temps normal, «plus des deux tiers» de ces besoins sont couverts par des salariés d’origine étrangère, indisponibles pour cause de fermeture des frontières.

Pouvoirs publics et représentants agricoles appellent notamment les salariés en chômage partiel à se tourner temporairement vers l’agriculture. «Il sera sera possible de cumuler le chômage partiel et un emploi [agricole saisonnier] en heures plafonnées», affirme Christiane Lambert.

La FNSEA a mis en ligne la plateforme desbraspourtonassiette.wizi.farm pour mettre en relation agriculteurs et salariés potentiels.

Par ailleurs, la présidente de la FNSEA a «noté avec satisfaction (…) que des bénévoles se manifestent», comme en l’Alsace, où une centaine ont proposé leur aide dès le lendemain d’un appel lancé par Christiane Lambert, le 20 mars sur BFMTV

Didier Guillaume appelle les Français sans activité s’engager dans l’agriculture

Invité sur RMC et BFMTV le 24 mars au matin à l’émission de Jean-Jacques Bourdin, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a appelé «toutes celles et ceux qui n’ont pas d’activité de rejoindre la grande armée de l’agriculture française». «Je veux lancer un grand appel à l’armée de l’ombre, aux femmes et aux hommes qui ne travaillent pas».

Il a lancé cet appel à ceux qui sont confinés dans leur appartement ou dans leur maison, en raison de l’épidémie, et qui peuvent être actuellement «serveur dans un restaurant, hôtesse d’accueil dans un hôtel, coiffeur du quartier», a-t-il énuméré.

«Il y a la possibilité d’avoir 200 000 emplois directs dans l’agriculture. Rejoignez celles et ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine, durable», a encore martelé le ministre de l’Agriculture. Il a déclaré que les salariés «seront payés par les agriculteurs» et que «le problème en agriculture n’est pas de payer la main d’œuvre mais d’en trouver».

Il a conclu ce chapitre en soulignant que «les agriculteurs n’ont pas besoin d’être protégés mais d’être soutenus».

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