National | Par La rédaction

Lait et viande, le ticket gagnant des éleveurs de brebis laitières

Localisés dans les deux aires de production des AOP Roquefort et Ossau-Iraty, les producteurs de brebis laitières ont bénéficié de la baisse des charges variables, de la hausse du prix du lait et de la flambée des cours de l’agneau.

Brebis dans les Pyrénées ©iStock-JIHO WON

La zone Roquefort en tête

Les revenus des éleveurs de brebis laitières ont doublé en trois-quatre ans, selon l’Institut de l’élevage (Idele). Dans la zone AOP Roquefort, le résultat courant par unité de main d’œuvre (RC/UMO) a atteint 41 900 € (k€) en 2025 après avoir progressé de 71 % en un an. Il n’a jamais été aussi élevé depuis 2015. Pourtant ces 41,9 K€/UMO prennent en compte une partie des investissements réalisés l’an passé pour renouveler une partie du parc matériel des exploitations et pour rajeunir bâtiments et salle de traite. Avant 2022, les capacités d’investissement de cette catégorie d’éleveurs étaient inexistantes puisque le RC/UMO n’excédait pas 19 k€.

L’an passé, tous les indicateurs de la filière « Lait de brebis » étaient passés au vert. Les charges variables indicées Ipampa ont diminué de -2,7 % après -4,2 % en 2024. Le prix du lait (1 256 €/1000l en moyenne annuelle) et la collecte (290 000 tonnes), en hausse respectivement de +6,1 % et de +4,9 %, ont accru le produit lait de plus de 11 %. En ajoutant la vente des agneaux dont les prix ont progressé de 40 %, l’ensemble du produit des ventes « ovins lait » a crû l’an passé de +22 k€/UMO. Cette hausse s’est intégralement répercutée sur le RC/UMO (+18 k€/UMO), une fois les charges de structures déduites.

La conjoncture très favorable de la filière laitière a davantage profité aux éleveurs du quart supérieur les plus performants techniquement. Leur RC/UMO a atteint 54,7 k€ grâce à la combinaison de plusieurs facteurs : meilleur rendement laitier et une excellente maitrise des charges. Le gain par brebis est de 30 €.

Pyrénées Atlantiques

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la situation des éleveurs basques s’est redressée pour la seconde année consécutive, selon l’Idele. Le RC/UMO a progressé l’an passé de 40 % comme en 2024 mais il n’excède pas 20 k€/UMO. Son montant est toutefois le plus élevé des huit dernières années. Les producteurs de lait doivent l’augmentation de leur RC au prix du lait (1 382 €/1 000 l), au cours de la viande sous IGP « Agneaux de lait des Pyrénées » et pour ceux qui ont un troupeau complémentaire de vaches allaitantes, au marché bovin. Les résultats du quart supérieur des éleveurs les plus performants (27 k€/UMO) montrent qu’il existe des marges de progrès jusque-là inexploitées par leurs collègues, en atteignant l’autonomie notamment l’autonomie fourragère.

Union européenne : mauvaise passe ou fin d’une époque ?

La France (290 000 t collectées) est le cinquième pays européen producteur de lait de brebis après la Grèce (785 000 t), l’Espagne (478 000 l), l’Italie et la Roumanie. 10 % du lait français produit provient d’élevages convertis à l’agriculture biologique. En Grèce, le prix lait payé aux producteurs (1381 €/1000 l) a baissé de 170 €/1 000 l ces deux dernières années pour rendre la production de feta plus compétitive à l’export. En Espagne, le prix du lait (1 312 €/1 000 l) a chuté de 270 € en un an. Par ailleurs, le nombre d’élevages espagnols a baissé de 30 % en 5 ans faute de repreneurs. La collecte de lait se replie. La filière laitière n’est pas attractive auprès des jeunes Espagnols et les consommateurs préfèrent les fromages au lait de vaches.

Courant été 2025 en Italie, les droits de douanes étasuniens ont freiné l’expansion de la production de Pecorino, générant des stocks et une baisse des prix du lait (1 500 €/l en juillet) et du fromage (- 6 %). En France, le lait collecté équivaut à 88 % du lait produit. Ce taux de collecte est le plus élevé après celui de l’Italie (96 %). En Roumanie, 4ème pays européen producteur, 96 % du lait est autoconsommé. Les épizooties n’épargnent aucun des pays occidentaux. La fièvre catarrhale ovine (FCO) a frappé l’Espagne et en Grèce, la peste des petits ruminants et cas de Clavelée ont décimé les troupeaux.

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