Aveyron | Par Eva DZ
La plateforme départementale d’approvisionnement alimentaire entre dans sa phase finale de concrétisation. Vendredi 13 mars, lors de la session, les élus de la Chambre d’agriculture ont validé, à l’unanimité, la participation de la Chambre consulaire à ce projet, développé en partenariat avec le Département.

Depuis plus de 2 ans, la Chambre d’agriculture et le Conseil départemental travaillent conjointement à la création d’une plateforme d’approvisionnement alimentaire à l’échelle de l’Aveyron. L’objectif : valoriser les produits issus des fermes aveyronnaises et favoriser l’approvisionnement de la restauration collective en produits locaux et de qualité.
«L’ambition est de développer l’apprentissage au goût, aux produits de qualité et d’éduquer le consommateur à ce qu’il met dans son assiette et au prix des produits. Aux familles, acteurs du monde éducatif, nous voulons aussi signifier que l’alimentation a une valeur et qu’un repas ne peut pas coûter moins d’un euro voire rien du tout !», résume Arnaud Viala. Accompagné d’Anthony Quintard, élu à la Chambre d’agriculture, ils ont expliqué la structuration de cette démarche. «C’est un travail de longue haleine autour d’un projet qui a du sens», relève Anthony Quintard. «Il s’agit de mettre en avant les produits, les filières et d’aller au plus près des jeunes qui seront nos futurs consommateurs». La première cible est en effet les cantines de collèges, les cuisines des collectivités, des lycées puis les restaurateurs. «En simplifiant l’approvisionnement local par la commande directe sur cette plateforme numérique, nous entendons favoriser le respect de la loi d’orientation agricole qui préconise 50% de produits SIQO dont 20% en AB, dans les cantines», complète Arnaud Viala.
Une gouvernance partagée
En février, une association de préfiguration a été créée dont la gouvernance est partagée entre le Département et la Chambre d’agriculture, en partenariat avec les 3 Programmes Alimentaires Territoriaux (PAT PNR Aubrac, des Grands Causses et Ouest Aveyron), l’association de gestion des marchés de producteurs de pays (AGMPP) et l’APABA. Charles Siemiatycki a été recruté pour animer cette association et gérer les relations commerciales. Aux côtés de Catherine Adnet, de la Chambre d’agriculture il a expliqué les modalités de fonctionnement. «Nous sommes aujourd’hui à la veille de la mise en place concrète de cette plateforme avec la transformation de l’association de préfiguration en SCIC, société coopérative d’intérêt collectif», a-t-il précisé. Un projet co-construit à la gouvernance partagée et qui permet pour les producteurs d’accéder à de nouveaux débouchés commerciaux, à une organisation logistique et une gestion administrative optimisées, à des marchés publics. La plateforme proposera un catalogue unique, centralisé des produits et des producteurs.
Après consultation, la société GALDIS a été retenue pour la logistique qui démarrera de la collecte des produits directement dans les fermes jusqu’à la livraison finale aux clients. Le modèle de fonctionnement se veut «hybride» avec la possibilité d’une mise en relation simple entre le producteur et son client ou bien d’une massification de l’offre type «grossiste» en fonction des volumes demandés par les clients. Le même principe a été retenu pour la détermination des prix : le producteur peut fixer ses propres prix ou bien les ajuster par une offre grossiste en fonction des volumes commandés.
Les agriculteurs accompagnés
«La Chambre d’agriculture est l’interface entre la plateforme et les producteurs et intervient à plusieurs titres dans leur accompagnement», a indiqué Catherine Adnet : construction de fiches produit, inscription à la plateforme numérique, calcul des prix de revient, informations sur la nature, la quantité et le conditionnement des produits dont a besoin la plateforme… par le biais de formations et d’appui technique. Des liens pourront être établis avec des plateformes de même type développées à l’échelle régionale pour élargir l’offre produits.
Le capital social de la SCIC, dont l’équilibre est attendu «d’ici 4-5 ans» est réparti entre le Département, la Chambre d’agriculture, les 3 PAT, l’AGMPP, l’APABA, les producteurs et salariés de la structure. Tous se partagent la gouvernance au sein de 5 collèges, avec une part croissante pour les producteurs-salariés. Si la priorité est donné aux producteurs en vente directe, les porteurs de projets n’excluent pas la sollicitation de filières ou groupements de producteurs pour compléter l’offre.
A la difficile question de l’équilibre carcasse dans la valorisation des produits, Charles Siemiatycki répond par la diversité des clients et de leur besoin : la valorisation des avants par les cantines dont les budgets sont serrés et la valorisation des pièces plus nobles par la restauration privée.
A ce jour, un pool de producteurs est prêts à démarrer et d’autres vont les rejoindre progressivement, au fil des besoins et de la montée en puissance : «Il n’y a pas de rotation de produits à concurrence, l’idée est de maintenir une offre large, diversifiée, dans une relation classique de producteurs à client, de faire correspondre les besoins des uns, à l’offre des autres», a conclu Charles Siemiatycki.
Cette initiative a été saluée par le député Jean-François Rousset, présent à la session Chambre d’agriculture, aux côtés d’autres parlementaires, le sénateur Jean-Claude Anglars et élus, le président de l’association des maires, Jean-Marc Calvet et Christian Naudan, en charge de l’agriculture au Département. Et Laurent Saint Affre, président de la Chambre d’agriculture, a obtenu l’unanimité sur la participation de la Chambre consulaire au capital social et à la gouvernance de cet outil.
Eva DZ


