National | Par Actuagri

Un salon inauguré sur fond de crise agricole

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a inauguré le 21 février, la 62e édition du Salon international de l’Agriculture (SIA) au Parc des Expositions de Paris. 

© SIA 2026 Pool SIA-DR

Le chef de l’État n’a pas dérogé à la tradition. Il s’est rendu, aux premières heures de la journée, au Hall 1 pour couper le ruban tricolore, notamment en compagnie de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard et du président du Salon, Jérôme Despey. C’est sur fond de crise agricole que cet événement qui rassemble chaque année plus de 600 000 visiteurs s’est ouvert. En témoigne l’absence des bovins pour cause de dermatose nodulaire contagieuse, une absence qui est révélatrice des maux qui frappent le secteur agricole «depuis maintenant trois ans», a souligné Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. Entre les mauvaises récoltes qui ont fait plonger les revenus des céréaliers dans le rouge, la crise viticole, la baisse du prix du lait, les accords de libre-échange passés (Mercosur) et futurs (Australie), les retards dans la publication des décrets d’application pour la loi d’orientation et la loi Duplomb, les distorsions de concurrence sur les produits phytosanitaires avec les autres pays européens, les inondations (Garonne, Loire…) qui touchent de nombreuses exploitations, «la coupe est pleine». Au point que les agriculteurs nourrissent un sentiment de déclassement.

Il faut des actes

Après un traditionnel petit-déjeuner sur place, Emmanuel Macron a rencontré une délégation de la FNSEA conduite par son président Arnaud Rousseau. «Un entretien assez, très franc et très direct», a relaté Arnaud Rousseau. Le dialogue a tourné autour de la négociation de la PAC et Emmanuel Macron a déclaré au patron du syndicat majoritaire «qu’il comptait jusqu’au dernier moment être à la manœuvre», c’est-à-dire jusqu’au mois de mai 2027. Lors des échanges, il a aussi été question de la balance agroalimentaire française qui, «seulement excédentaire de 181 millions d’euros, a perdu 10 milliards d’euros en trois ans dont près de 5 Md€ en un an». «Quand on regarde les chiffres, et notamment la balance commerciale, on n’est pas au rendez-vous, voilà ce qu’on lui a dit», a indiqué Arnaud Rousseau qui a martelé la nécessité et le «besoin de redonner de l’ambition, de la vision» à l’agriculture française.

Le chef de l’État a également rencontré le président des Jeunes agriculteurs, Pierrick Horel et le secrétaire général Quentin Le Guillous. «On a vu un président assez à l’écoute. Maintenant il faut des preuves, des actes», notamment «sur le renouvellement des générations», a déclaré ce dernier.

Christophe Soulard – Actuagri   

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