Aveyron | Par Eva DZ

Action FDSEA – JA : «La loi EGAlim doit continuer de s’appliquer»

A l’issue d’une section, mardi 27 janvier, les responsables bovins lait de la FDSEA et de JA Aveyron ont réalisé des relevés de prix et d’origine sur les produits laitiers, dans le magasin Intermarché de La Gineste à Rodez, enseigne pointée du doigt par les industriels pour la création d’une centrale d’achat, Everest, aux Pays-Bas, qui contournerait les principes de la loi EGAlim.

Les producteurs de lait de vache sont inquiets et pourtant : «La collecte n’a jamais été aussi dynamique à tous les échelons, que ce soit chez nous en local, comme en France ou en Europe mais le marché mondial beurre-poudre est très tendu et les négociations commerciales s’annoncent très compliquées», a introduit Claude Falip.

Un outil développé par la FNPL

Le co-président de la section bovins lait de la FDSEA, accompagné de plusieurs membres de la section et du groupe bovins lait JA étaient, de nouveau, en visite dans une GMS, mardi 27 janvier pour effectuer des relevés de prix et d’origine des produits laitiers. «Régulièrement nous nous rendons dans les enseignes de la distribution pour vérifier les prix et origines des produits laitiers dans les rayons et d’autant plus, à cette période de l’année où se tiennent les négociations commerciales. Ce sont autant d’arguments à faire remonter à nos représentants d’OP pour défendre le prix payé aux producteurs», appuie Claude Falip.
Et cette année, les producteurs disposent d’un nouvel outil pour effectuer ces relevés : une application développée par la FNPL, qui permet par le biais de son smartphone de scanner les produits, de mentionner leur origine et leur prix.

Une centrale d’achat dans le viseur

Par ailleurs, la FDSEA et JA Aveyron n’avaient pas ciblé par hasard l’enseigne Intermarché. En effet, cette dernière s’est associée à Auchan et Casino au sein d’une centrale d’achat, basée aux Pays-Bas (lire ci-dessous). «Everest, c’est le nom de cette centrale, est accusée par les industriels de contourner à la fois la loi française qui régit les négociations commerciales et les obligations de la loi Egalim. Alors qu’il y a 20 ans, on nous accusait au sein de l’interpro d’entente sur les prix, aujourd’hui on laisse les enseignes de la distribution se regrouper pour contourner la loi», s’insurge Clément Chayriguès, membre de la section laitière FDSEA et administrateur à la FNPL.

Et déjà les premiers effets se traduisent dans les rayons : «Faute d’arriver à négocier une baisse de prix des produits laitiers auprès des industriels, cette centrale d’achat a menacé de déréférencer les produits et que voit-on aujourd’hui dans les rayons ? L’absence de produits de la marque Président !», constatent les producteurs de lait à l’Intermarché de la Gineste. Le directeur du magasin, qui est venu à leur rencontre, a ainsi expliqué avoir reçu la consigne d’enlever de ses rayons des produits laitiers de certaines marques mais sans en connaître la raison. «Nous sommes dans un système très opaque et peu transparent. Nous ne faisons qu’appliquer les consignes dictées d’en haut», regrette le responsable de magasin. Il a promis d’appeler dès le jour même, sa direction et de prendre contact avec d’autres responsables de magasins de la même enseigne pour faire pression.

«Ce que nous demandons, c’est une stricte application de la loi Egalim dans la construction du prix du lait, comme nous l’avons connu ces dernières années. Il n’est pas question de laisser passer de telles pratiques de contournement de la loi qui ne feront que fragiliser l’ensemble de la filière», a argumenté Claude Falip, regrettant le manque de visibilité sur le prix pour l’année 2026. «Nous avons des raisons d’y croire car la demande n’a pas baissé, et l’offre devrait se stabiliser étant donné les contraintes environnementales auxquelles sont soumis les pays du nord de l’Europe, gros producteurs de lait», a-t-il conclu, espérant que cette crise ne soit que conjoncturelle.

Eva DZ

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