Aveyron | Par Bérangère Carel
Depuis 4 campagnes Jean-Yves Mouls, éleveur à Belmont sur Rance, équipe ses bottes de foin de sondes connectées, grâce au kit fourni par Groupama. Pompier volontaire, l’agriculteur est particulièrement sensibilisé aux risques liés au stockage du foin.
«L’intégralité de ma récolte de fourrage se fait en sec. Je stocke donc une grande quantité de bottes, de natures, d’origines, et de conditions de récolte différentes. Je peux témoigner que des traces de fermentation sont parfois constatées au déballage, sur du foin qu’on pensait bien sec ! En outre, par mon engagement au SDIS, j’ai pu constater la dangerosité et les dégâts engendrés par l’échauffement des bottes de foin. Je me suis donc équipé de sondes connectées qui relèvent la température des bottes toutes les heures. J’ai choisi le service «Groupama Safe» pour l’assistance associée à la fourniture des sondes.

Une cartographie stratégique des sondes
Le dispositif comprend une dizaine de sondes, ainsi qu’une antenne relais qui capte et renvoie leur signal. Il faut au préalable installer l’antenne à une hauteur suffisante afin qu’elle capte bien l’ensemble des sondes. Ensuite le point le plus délicat, mais le plus important, est de bien choisir les endroits stratégiques pour poser les sondes, car leur sensibilité est à l’échelle de la botte. Pour ma part, je préconise de privilégier le foin de champs, et bien sûr celui qui paraît suspect, avec des conditions de récolte limites. Il faut aussi cibler les piles les plus éloignées de l’extérieur, soit dans les zones les moins ventilées des granges. Groupama organise des réunions d’information pour aider à ce placement.
Quand tout est installé, on suit l’évolution des températures grâce à une application sur Smartphone. Une appli assez intuitive, donc facile à utiliser. On peut y caractériser chaque sonde et son emplacement. Moi, je fais aussi en parallèle un plan sur papier. Les relevés sont consultables sous forme de diagrammes, où sont mentionnés deux seuils d’alerte. A partir de 55°C, on entre en zone de risque, et à partir de 75°C, où démarre le danger. Un SMS est envoyé sur le téléphone, lors de chaque franchissement de seuil. Si on ne donne pas de réponse, on peut être appelé par un agent, qui peut même contacter lui-même les pompiers. Je tiens à rappeler qu’en cas d’échauffement dangereux, il faut absolument attendre l’arrivée des secours avant de toucher aux piles de foin.
Affiner ses techniques de récolte
L’autre intérêt du dispositif est de permettre d’améliorer ses techniques de récolte, en mesurant la sensibilité de tel ou tel type de foin par rapport à l’échauffement. Couplé à une sonde d’humidité sur la presse, le système permet d’appréhender les taux d’humidité limites pour la mise en bottes. Cela permet d’affiner ses techniques de récolte de fourrage. On maîtrise tout, du début à la fin.
Pour donner quelques pistes d’améliorations, il serait bon que le nombre de sondes soit proportionnel au volume de fourrage stocké. Pour moi qui récolte beaucoup de foin, je suis obligé de faire des arbitrages. Une autre remarque concerne l’absence d’accompagnement technique sur le terrain. Pourquoi ne pas le confier à un réseau d’agriculteurs «experts» qui pourraient conseiller les novices sur le placement des sondes ?».
Bérangère CAREL


