Mot-clé : Sécheresse

Par Agra

Sécheresse : réflexions sur l’import de fourrages, dans un marché européen en manque

Pour faire face au déficit de fourrages provoqué par la sécheresse, « le ministère de l’Agriculture essaie d’identifier des pays européens qui auraient du fourrage disponible », a indiqué Sébastien Windsor, le président de Chambres d’agriculture France, le 9 septembre en conférence de presse. Une démarche qui se heurte à deux freins majeurs : la disponibilité et le prix. Les conditions extrêmes de cet été ont touché une large partie de l’Europe. Selon le dernier bulletin de l’observatoire Mars (Commission européenne), paru le 24 août, il n’y aurait guère que la Suède, la Finlande et les pays baltiques à connaître « des conditions plus favorables » à la pousse de l’herbe.

La Pologne se distingue aussi par « une biomasse proche de la moyenne », contrairement à tous les autres pays européens. « Parmi nos voisins proches, aucun ne semble en capacité d’exporter des fourrages », indique Soline Schetelat, chargée d’études à l’Idele (Institut de l’élevage), interrogée par Agra Presse lors d’une visioconférence. « Je ne pense pas que l’on soit capable d’équilibrer un bilan fourrager à l’échelle européenne aujourd’hui. » Conséquence de la pénurie, les fourrages se négocient à des prix très élevés. « Pour ce qui est des flux d’importation, le prix est au centre des débats, note Sébastien Windsor, car tous nos voisins sont aux achats. »


Par Agra

Sécheresse : Lecornu donne rendez-vous mi-octobre pour évaluer le « fonds de réarmement »

À l’occasion d’une rencontre, le 8 septembre, avec le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué son souhait de réunir la profession agricole, mi-octobre, autour des préfets, pour faire un bilan de la distribution du « fonds de réarmement », doté de 220 M€. Les préfets ont été notifiés le 7 septembre au soir de l’enveloppe allouée à leurs départements respectifs. Le syndicat majoritaire a répété sa demande de mesures complémentaires portant sur le financement bancaire, pour aboutir à des prêts à taux zéro grâce à la bonification de l’État ; la FNSEA souhaite aboutir à des prêts de 50 000 € sur deux ans avec report du paiement du capital en fin de tableau. Le syndicat a également fait part de retards dans le calendrier de versement des aides à l’achat de GNR (gazole non routier) pour les mois de mai et juin. Enfin, la FNSEA a aussi présenté ses demandes concernant le plan de rebond, qui inclura des dispositions fiscales (projet de loi de finances 2027) et sociales (projet de loi de financement de la sécurité sociale).


Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

La FDSEA et les JA d’Aveyron manifestent leur colère contre le plan CASI

Lundi 7 septembre, la FDSEA et les JA se sont mobilisés devant la préfecture de Rodez pour exprimer leur déception après les annonces du plan sécheresse par la ministre de l'agriculture Annie Genevard, vendredi 4 septembre. L'élevage et les jeunes agriculteurs sont, selon eux, les grands oubliés du plan CASI. Près de 200 agriculteurs aveyronnais se sont retrouvés sur la place Charles de Gaulle, durant la soirée, pour une manifestation…


Par Agra

Sécheresse : les ministres de l’Agriculture de l’UE espèrent des fonds dans le prochain budget

Conscients que les fonds européens manquent, alors que 540 M€ ont déjà été débloqués avant l’été pour faire face l’envolée des prix des engrais, les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis les 7 et 8 septembre à Dublin pour une réunion informelle, comptent surtout sur Bruxelles pour faire preuve de flexibilité dans la mise en œuvre de la Pac et des obligations environnementales dans les prochains mois. Le commissaire européen Christophe Hansen doit faire le point sur la situation le 8 septembre.

Lors d’un échange avec la presse le 7 septembre en marge de la réunion, il a indiqué que les yeux des ministres étaient surtout tournés vers le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034, et en particulier l’« objectif rural » qui devrait représenter au minimum 10 % des fonds des plans de partenariats nationaux et régionaux. Il estime que cet argent pourra être largement consacré à des investissements dans l’irrigation et la gestion de l’eau. Quelque 15 % du fonds « Next Generation EU » ont déjà été utilisés en Espagne pour moderniser les systèmes d’irrigation, a souligné le ministre espagnol Luis Planas. Il plaide aussi pour la création d’un réseau européen afin de soutenir les systèmes d’assurance.


National | Par Agra

Le gouvernement débloque plus d’un milliard d’euros

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a dévoilé le 4 septembre lors d’une conférence de presse à Paris, le plan d’urgence agricole pour atténuer les effets de la sécheresse sur les exploitations, en soutenant leurs trésoreries. Crédit : Actuagri Face à une crise climatique d'une ampleur exceptionnelle, l'État se mobilise pour ne laisser aucun agriculteur seul (…) Nous avons un double impératif : indemniser les pertes et relancer la production…


Par Agra

Sécheresse : 39 Siqo ont demandé des modifications temporaires de leur cahier des charges

Au 2 septembre, 39 organismes gestionnaires de signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (Siqo) ont demandé des modifications temporaires de leur cahier des charges, en général jusqu’à l’été 2027. La plupart des demandes sont motivées par les difficultés de respecter les obligations du cahier des charges à cause de la sécheresse. Or ceux-ci exigent souvent de s’approvisionner en fourrage au sein d’une aire géographique délimitée.

Vingt demandes concernent des fromages AOP ou IGP (abondance, beaufort, comté, etc.). Il s’agit souvent de modifier le taux d’alimentation provenant de la zone délimitée ou la nature de l’alimentation. Parmi les autres produits, il s’agit surtout de cidre, de vin, de volailles, d’agneau et de bœuf. Sur l’ensemble des 39 demandes validées par l’INAO, 16 arrêtés ont été publiés au Journal, les autres étant attendus à brève échéance. L’INAO constate que le volume des demandes actuelles de modifications temporaires est plus important qu’entre 2023 et 2025, alors que la dernière vague de cette ampleur remonte à 2022, année de sécheresse. À la même date, l’INAO a moins de demandes qu’en 2022, mais d’autres demandes peuvent encore être déposées.


Par Agra

Plan sécheresse : la FNSEA précise ses demandes pour « éviter le sur-accident »

Lors de sa conférence de presse de rentrée le 2 septembre, la FNSEA a précisé ses demandes pour le plan CASI (aide d’urgence face à la sécheresse), sans toutefois préciser l’enveloppe totale d’aide souhaitée. « Notre préoccupation numéro un, c’est l’impulsion qui va être donnée pour assurer la continuité de la production agricole », résume son président Arnaud Rousseau. Notant que « de nombreux agriculteurs n’y croient plus », le syndicaliste veut « absolument éviter le sur-accident » pour la campagne à venir en cas d’abandon de production (jachère ou décapitalisation).

Dans le détail, le secrétaire général Hervé Lapie a listé les demandes de la FNSEA : « fonds d’allègement des charges massif à la main des préfets » ; prolongation jusqu’au 31 décembre des aides pour l’achat de GNR et d’engrais ; suspension de la TFNB et de la RPD ; « aménagements bancaires » ; prise en charge des cotisations sociales ; versement des aides Pac « le plus rapidement possible » ; « activation de l’ISN » et de l’assurance récolte ; réouverture des négociations commerciales ; parution des décrets d’application de la loi d’urgence. Le syndicat souhaite aussi « que l’administration soit au service des agriculteurs » et qu’elle fasse preuve de « mansuétude sur des écarts mineurs à la législation », notamment au sujet des couverts végétaux ou des jachères fleuries.


Par Agra

Sécheresse : la présentation du plan d’urgence retardée « de quelques jours » (ministère)

Initialement prévue jeudi 3 septembre, la présentation du plan d’aide d’urgence CASI (canicules, sécheresse, incendies) est « décalée de quelques jours », a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 2 septembre. « Les montants étant conséquents, nous avons besoin de quelques jours en plus de concertations entre les ministères », précise l’entourage d’Annie Genevard. « On comprend qu’il y a du mouvement entre Matignon et le ministère de l’Agriculture », a ajouté de son côté Arnaud Rousseau en conférence de presse. Aux yeux du président de la FNSEA, il est impératif que ce retard n’atteigne pas « plusieurs semaines ». « Nous avons rendez-vous avec le Premier ministre le 8 septembre. Nous avons besoin que les annonces soient faites avant », a-t-il précisé.

Et de rappeler que « c’est maintenant les agriculteurs prennent leurs décisions » concernant l’assolement ou le maintien des cheptels. De leur côté, les JA ont déploré dans un communiqué « un signal particulièrement négatif adressé au monde agricole ». Le plan CASI a été annoncé fin juillet face à la sécheresse et aux canicules historiques de cet été. En août, la ministre de l’Agriculture avait annoncé qu’il comprendra notamment des aides à la trésorerie « à la main des préfets », « plusieurs centaines de millions d’euros » d’ISN (indemnité de solidarité nationale, dans le cadre de l’assurance récolte), ainsi que d’autres dispositifs d’aide.


Par Agra

Ruminants/sécheresse : les AS de la FNSEA chiffrent les besoins à plus de 5 Md€

En raison de la sécheresse et des canicules de cet été, « l’enveloppe nécessaire au maintien des troupeaux herbivores en France s’élève (…) à 5,4 Md€ », ont indiqué les quatre associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA* le 1er septembre. Cette somme correspond aux seuls besoins d’achats de fourrages, sachant que les syndicats « corroborent » la chute de 50 % des stocks estimée par les préfets. Alors qu’Annie Genevard doit présenter son plan d’aide d’urgence jeudi 3 septembre, les représentants des éleveurs demandent une enveloppe de 3 Md€ d’aides publiques, soit environ 300 €/UGB (unité gros bovin) pour les 10,6 millions d’UGB présents en France (bovins, ovins et caprins). Outre les dispositifs habituels (dégrèvement de la TFNB, exonérations MSA, etc.), cette somme comprendrait aussi une « aide de crise », ainsi que l’indemnité de solidarité nationale (ISN) dans le cadre de l’assurance récolte. Pour compenser le reste des pertes (soit 2,4 Md€), les syndicats appellent leurs filières respectives à « revaloriser » les prix à la production. Ces derniers mois, de nombreux éleveurs ont vu leurs prix de vente chuter (environ 300 € par vache allaitante, 80 €/1 000 l de lait), « sans répercussion sur les prix à la consommation », font-ils valoir. * FNB (bovins viande), FNPL (producteurs de lait), FNO (ovins) et Fnec (caprins)


Par Agra

Porc : en juillet, les canicules font nettement reculer la production selon Agreste

Dans une note parue le 28 août, Agreste (ministère de l’agriculture) fait état du repli de la production porcine en juillet «dans un contexte de canicule». Celle-ci a reculé de 4,1 % en poids sur un an, sous l’effet conjugué du recul des abattages et de l’allègement des carcasses. «Les fortes chaleurs estivales pèsent sur les disponibilités en animaux et ralentissent leur croissance», est-il expliqué. Les abattages sont ainsi en recul de 3 % en nombre de têtes (y compris porcelets, coches et verrats) sur un an et de 5,4 % par rapport à la moyenne de ces cinq dernières années. L’abattage de porcs charcutiers est en recul de 2,6 %, à 1,67 million de têtes, soit 5,1 % de moins que la moyenne quinquennale. Le poids moyen des carcasses présente 1,7 kg de moins en juillet par rapport à juin, premier mois de fortes chaleurs, au cours duquel il avait déjà perdu 1,6 kg.

Cette restriction de l’offre a légèrement poussé à la hausse le cours moyen du porc entrée abattoirs (+3,6 % par rapport à juin). La consommation de viande porcine en France (mesurée par bilan) avait bien progressé en juin, dépassant de 5,6 % son niveau de 2025 et de 5,5 % la moyenne quinquennale. Cette consommation apparente a été soutenue par 29 % d’importations, en hausse de 7,5 % sur un an.

Source Agra