Mot-clé : Sécheresse

Par Agra

Escargots : le dérèglement climatique fragilise une filière française déjà sous tension

Après les épisodes de canicule et de sécheresse exceptionnels, les héliciculteurs alertent sur les conséquences du dérèglement climatique sur leur activité. En Bourgogne, certains d’entre eux estiment avoir perdu entre 50 et 70 % de leur production cet été. Les fortes chaleurs assèchent les parcs d’élevage et favorisent les attaques de prédateurs, en particulier les oiseaux, privés d’une partie de leurs ressources alimentaires.

« C’est l’hécatombe. (…) Nous sommes en première ligne du changement climatique. C’est un désastre, tout le revenu est par terre », témoigne Frédéric Marcouyoux, éleveur d’escargots à La Ferme au gré du temps, à Villecomte (Côte-d’Or), auprès de l’AFP. Selon Émilien Bourgeois, président de la Fédération nationale des héliciculteurs, de plus en plus d’exploitations sont menacées, sans qu’il ne soit possible d’en préciser le nombre.

La crise est telle que se pose la question de la disparition même de cet élevage en France, alors qu’il est déjà réduit à sa portion congrue, avec quelque 400 éleveurs seulement. Seuls 5 % des escargots consommés dans l’Hexagone y sont produits, le reste étant importé majoritairement d’Europe de l’Est.


Par Agra

Canicule : Genevard esquisse le contenu du plan d’urgence et mobilise les préfets

Dans un communiqué du 5 août, le ministère de l’Agriculture esquisse les grands axes du plan d’urgence en cours de préparation, baptisé CASI, pour « canicule, sécheresse, incendies ». Annoncé fin juillet par Annie Genevard et attendu pour la rentrée, il se base sur des dispositifs classiquement utilisés dans ce type de situation : « mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations », « prises en charge de cotisations sociales » ou encore « dispositifs de simplification et de dérogation ». Le plan CASI comprendra aussi « des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées ».

La ministre a « réuni l’ensemble des préfets » pour leur demander de désigner un « référent sécheresse » et de mettre en place des « cellules départementales sécheresse ». Cette instance rassemblera les professionnels, les chambres, les banques, les « services sociaux des départements », la MSA et l’administration.

Elle fournira un « diagnostic précis » qui servira de base au plan d’urgence, examinera les « marges de manœuvre » réglementaires en matière de gestion de l’eau. Enfin, la ministre indique avoir « saisi la Commission européenne » afin « qu’aucun exploitant ne soit pénalisé lorsqu’il lui est objectivement impossible de respecter certaines exigences de la Pac en raison de la sécheresse » (couverture des sols, rotation des cultures).


Par Agra

Climat : juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais enregistré en France

Avec une température moyenne de 24,9°C, le mois de juillet 2026 devient le mois le plus chaud et l’un des plus secs jamais enregistrés en France depuis le début des mesures en 1900, illustrant l’intensification des effets du changement climatique, a annoncé Météo-France le 4 août. Il efface les précédents records établis lors de la canicule d’août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C). L’excédent de température par rapport aux normales 1991-2020 atteint, comme en juin, +3,8°C. Le mois a été marqué par deux vagues de chaleur, dont la première, du 4 au 19 juillet, constitue la troisième vague de chaleur la plus longue jamais observée en France ; la seconde, débutée le 28 juillet, est toujours en cours. Plus de la moitié des 54 vagues de chaleur recensées dans le pays se sont produites au cours des quinze dernières années, rappelle Météo-France, soulignant que ces épisodes deviennent « de plus en plus fréquents », « démarrent de plus en plus tôt », et atteignent des températures toujours plus élevées sous l’effet du changement climatique. Avec un déficit pluviométrique de près de 70 %, juillet 2026 a également été le troisième mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant la sécheresse superficielles des sols observée depuis deux mois. Fin juillet, « les sols sont encore plus secs qu’en 2022 et 2025 à la même période, et atteignent des niveaux équivalents aux plus bas jamais enregistrés » à la mi-août 2022, indique Météo-France.


Par Agra

Canicule : face aux prairies « grillées », les éleveurs de ruminants toujours sans réponse

Alertant, dans un communiqué du 4 août, sur une perte de production « historique » pour les prairies, les associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA* dénoncent le « silence radio » du ministère de l’Agriculture sur leur demande – récurrente – d’organiser des expertises terrain des pertes de production d’herbe. « Les effets cumulés de la sécheresse et des épisodes répétés de canicule ont littéralement grillé l’herbe », rapportent les syndicats, ce qui a « amputé de façon exceptionnelle la pousse de juin et juillet », comme récemment constaté par Agreste (ministère). Et les AS d’appuyer : « Nombreux sont ceux qui ont attaqué les stocks d’hiver » de fourrages, et « les témoignages des éleveurs se multiplient pour signaler un phénomène historique ». Or, dans le cadre de l’assurance récolte, l’estimation de la pousse de l’herbe est basée sur une mesure par satellite, dont « les insuffisances et carences (…) sont pourtant amplement connues », rappellent les syndicats. Les quatre fédérations disent avoir été reçues au ministère le 22 juillet « sur ce sujet précisément », sans suite pour le moment. Craignant une aggravation de la décapitalisation en cours, les syndicats concluent en martelant qu’« il est crucial pour les éleveurs d’avoir de la visibilité sur les compensations ».
* FNB (bovins viande), FNPL (bovins lait), FNO (ovins) et Fnec (caprins)


National | Par Actuagri

Canicules / sécheresse : les assureurs peuvent verser jusqu’à 80% d’acompte aux agriculteurs assurés

Les assureurs sont autorisés à verser un acompte aux agriculteurs assurés dont les productions ont été impactées par les canicules et/ou la sécheresse. Un arrêté interministériel a été pris en ce sens et a été publié au JO du 31 juillet. Cet arrêté vise à faciliter et accélérer le versement aux agriculteurs assurés d’acomptes, à la fois pour la part « assureurs » et pour l’indemnité de solidarité nationale (ISN).…


Par Agra

Assurance récolte : acompte possible jusqu’à 80 % de l’ISN (ministère)

Pour soutenir les agriculteurs pénalisés par la sécheresse et les canicules « à répétition », les assureurs peuvent leur verser des acomptes allant jusqu’à « 80 % du montant prévisionnel d’ISN » (indemnité de solidarité nationale), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 31 juillet. Cette mesure est rendue possible par un arrêté interministériel paru au Journal officiel le même jour qui modifie le cahier des charges de l’assurance récolte.

« Cet arrêté modificatif vise à faciliter et accélérer le versement aux agriculteurs assurés d’acomptes, à la fois pour la part
« assureurs » et pour l’indemnité de solidarité nationale », précise la Rue de Varenne. Ainsi, les assureurs pourront « apporter un soutien financier aux agriculteurs les plus affectés par les canicules et la sécheresse sans avoir à attendre l’achèvement des récoltes pour les cultures concernées ».

Pour rappel, une réunion s’était tenue le 1er juillet entre les assureurs et les cabinets des ministres de l’Économie et de l’Agriculture. À cette occasion, la fédération France Assureurs indiquait que près d’un tiers des agriculteurs couverts par une assurance « multirisque climatique sur récoltes » avaient déclaré un sinistre lié aux récents épisodes de canicule. Un bilan provisoire qui ne pourra être consolidé qu’à l’issue de la campagne.


Par Marion GHIBAUDO

Sécheresse : les témoignages des exploitants aveyronnais

Les exploitants aveyronnais témoignent des impacts de la sécheresse et des épisodes caniculaires sur leurs exploitations. Retrouvez sur notre chaîne Youtube et dans l'article Les agriculteurs demandent des réponses structurelles les témoignages des agriculteurs.


Par Agra

Prairies : effondrement généralisé de la pousse de l’herbe, « détruite » par les canicules

Après un début de saison favorable, les canicules successives ont mis un coup d’arrêt à la pousse de l’herbe partout en France : au 20 juillet, « la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 26 % » à la période de référence (1989-2018), constate Agreste dans une note publiée le 28 juillet. D’après le service statistique du ministère de l’Agriculture, « les températures extrêmes relevées en particulier fin juin et la sécheresse persistante ont depuis un mois détruit l’herbe qui avait repoussé après la première coupe ». Alors qu’elle représente au 20 juillet habituellement 70 % de la production annuelle, la pousse cumulée plafonne cette année à 52 %.

La production « est déficitaire quasiment partout en France », souligne Agreste : seule la région Paca connaît une pousse dans la moyenne (98 % de la référence). « Le déficit est important (au moins 25 %) dans la moitié des régions fourragères » (soit la moitié des surfaces). Les chutes les plus importantes s’observent dans le Sud-Ouest, avec des déficits de 33 % en Nouvelle-Aquitaine et 31 % en Occitanie, voire « jusqu’à 50 % de déficit à l’Ouest du Massif central ». À l’inverse, dans le nord du pays, « le déficit est un peu moins important (souvent 15 à 20 %) au nord d’une ligne reliant Nantes à Reims ».


Par Agra

Biogaz/sécheresse : la préfecture de Bretagne appelle à modérer l’usage des cultures agricoles

Dans un communiqué du 23 juillet, la préfecture de Bretagne a appelé à « un usage raisonné des cultures agricoles pour la méthanisation afin de répondre prioritairement au besoin de fourrage de l’élevage breton ». Quelques jours plus tôt, la FRSEA et les JA bretons, ainsi que la chambre d’agriculture de Bretagne et l’association des agriculteurs méthaniseurs bretons avaient eux aussi appelé à éviter toute concurrence entre les débouchés énergétiques et fourragers.

La préfecture alerte sur le fait que « le département du Morbihan est désormais partiellement placé en niveau de crise » et que « les trois autres départements sont placés au moins partiellement en alerte renforcée ». La sécheresse endommage fortement de nombreuses cultures, dont le maïs, qui dispose d’un important pouvoir méthanogène. La Bretagne compte 280 méthaniseurs environ, sachant que « la très grande majorité sont des petites installations dites « à la ferme », la région comptant très peu d’installations industrielles ou de grande taille », pointent les autorités. Elles rapportent que dans la région, « en moyenne 6 à 7 % seulement des tonnages utilisés dans les méthaniseurs sont du maïs ».


Par Agra

Sécheresse/canicule : le gouvernement prépare un plan «pour la rentrée» (Genevard)

« Nous élaborons un plan global en lien avec le ministère des Comptes publics pour la rentrée, dès qu’on aura les réponses sur l’étendue des pertes », a indiqué la ministre de l’Agriculture, dans un entretien accordé à nos confrères de Ouest France le 22 juillet. « Si la situation continuait de se dégrader, il faudra évidemment aller plus loin, comme on l’a fait avec des mesures dédiées à l’équarrissage et un plan pour des prêts garantis pour équiper les bâtiments d’élevage de brumisateurs et de ventilateurs », ajoute Annie Genevard.

En attendant, la ministre indique avoir prévu de réunir les préfets de région le 27 juillet pour « disposer d’un état des lieux précis, territoire par territoire ». Elle a également demandé à la Commission européenne « que des dispositions en cas de circonstances exceptionnelles puissent être mobilisées ». Les principaux syndicats agricoles ont chacun fait part de leur demande d’un plan de soutien d’urgence pour les agriculteurs les plus touchés. Des demandes sectorielles ont aussi émané des productions de maïs, de fruits et légumes, et des élevages de ruminants.