Mot-clé : Sécheresse

Par Agra

Prix alimentaires : géopolitique et climat nourrissent la flambée en juillet (FAO)

Les vagues de chaleur, les prix de l’énergie et le contexte géopolitique tendu ont poussé en juillet l’indice des prix alimentaires de la FAO à la hausse de 0,6 % sur un mois, et de 1 % par rapport à l’an dernier, tiré notamment par les cours du sucre, des céréales et des huiles végétales. Ces augmentations ont été « partiellement compensées par les baisses » des cours de la viande et des produits laitiers, explique l’organisation onusienne le 7 août. Les prix du sucre ont bondi le mois dernier à cause des « inquiétudes » générées par les effets des canicules et sécheresses sur la production européenne, ainsi que par le phénomène El Niño sur la production asiatique, a relevé la FAO.

L’indice reste toutefois inférieur de 8 % comparé à l’année dernière. Les dérèglements climatiques ont aussi eu un impact sur les céréales, au premier rang desquelles le blé dont les prix ont bondi (+5,8 % en juillet et +9,9 % sur un an). Les cours du blé font également l’objet d’« inquiétudes accrues concernant la poursuite des perturbations des flux d’exportation en mer Noire », a souligné l’organisme. La production de maïs (prix à +3,6 %), déjà perturbée par la flambée des prix de l’énergie provoquée par la crise au Moyen-Orient, a aussi souffert de la chaleur.


Par Agra

Sécheresse : Genevard réunira les préfets le 27 août pour un « état des lieux »

La ministre de l’Agriculture a annoncé le 13 août sur RTL qu’elle réunira les préfets le 27 août pour qu’ils lui fassent un « état des lieux », afin de « calibrer » le plan d’aide aux agriculteurs affectés par la sécheresse et les canicules. Alors que la FNSEA a chiffré les besoins à plusieurs milliards d’euros, Annie Genevard s’est refusée à chiffrer l’enveloppe globale de ce « plan massif ».

Comme annoncé, il comprendra notamment « des aides d’urgence d’appui à la trésorerie » pour les agriculteurs « les plus en difficulté » ; ce dispositif sera « à la main des préfets » et pourra être « déployé assez rapidement, dans les semaines qui viennent ». Par ailleurs, la ministre a indiqué que l’indemnité de solidarité nationale (ISN), visant à compenser « les pertes de production les plus importantes », sera dotée cette année de « plusieurs centaines de millions d’euros, sur la base des prévisions actuelles pertes de récolte ».

Annoncé fin juillet et attendu pour la rentrée, le plan CASI (canicules, sécheresses, incendies) comprendra aussi des « prises en charge de cotisations sociales », des « dispositifs de simplification et de dérogation » et des mesures sur la gestion de l’eau, selon un communiqué du 5 août. « Ce n’est pas une sécheresse de plus, mais un épisode inédit aux conséquences très lourdes pour l’agriculture », estimé la ministre sur RTL le 13 août.


Lundi 10 août, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, s’est rendu en Aveyron, sur l’exploitation du GAEC des Piades, pour échanger avec les adhérents sur les difficultés économiques qu’ils traversent.

Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Arnaud Rousseau au plus près du terrain en Aveyron

Lundi 10 août, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, s’est rendu en Aveyron, sur l’exploitation du GAEC des Piades, pour échanger avec les adhérents sur les difficultés économiques qu’ils traversent. Alors que le GAEC des Piades est habituellement autonome à 100 % en fourrages, les deux associés envisagent cette année d’acheter du maïs fourrager pour faire face aux conséquences des sécheresses qui s’enchaînent dans l’Hexagone.Installés depuis 12 ans à Frontin, Gabrielle…


Par Agra

Sécheresse/Pac : les États membres peuvent recourir aux « cas de force majeure », rappelle Hansen

Dans une déclaration envoyée à la presse le 11 août, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen rappelle que les États membres peuvent considérer comme « des cas de force majeure » les situations d’agriculteurs empêchés de respecter certaines obligations de la Pac en raison de la sécheresse. « Lorsque des conditions climatiques extrêmes, comme une sécheresse, affectent leurs cultures ou leur bétail, les autorités nationales peuvent reconnaître ces situations comme des cas de force majeure », indique-t-il. Un régime qui permet de « continuer à bénéficier des paiements de la Pac auxquels ils ont droit, même lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter certaines exigences en raison de ces circonstances exceptionnelles ».

Le dispositif concerne notamment certaines mesures de conditionnalité des aides (BCAE). Dans un communiqué du 5 août, le ministère de l’Agriculture indique avoir
« saisi la Commission européenne » sur ce sujet, citant « les obligations de couverture minimale des sols ou de rotation des cultures lorsque les semis n’ont pu être réalisés ou que les couverts n’ont pas levé du fait des conditions climatiques ». En règle générale, après validation aux niveaux européen et national, le dispositif de force majeure implique que chaque agriculteur doit déposer une demande individuelle. Un État membre peut aussi mettre en place des zonages pour accélérer la procédure.


Par Agra

Fourrages/sécheresse : aide débloquée en Haute-Vienne, en préparation dans les Landes

Alors que la sécheresse et les canicules amputent la production fourragère partout en France, au moins deux conseils départementaux ont annoncé des aides pour l’achat de fourrages. Dans un communiqué du 5 août, le département de la Haute-Vienne indique avoir débloqué une enveloppe d’urgence de 100 000 €, « à destination des jeunes agriculteurs et des exploitations en situation de grande précarité ». Un dispositif adopté la veille, en commission permanente. L’aide atteindra au maximum « 400 € par exploitation » et pourra financer l’achat de « fourrage, paille, céréales, compléments, semences fourragères, plants, semis… ». Les bénéficiaires seront identifiés en lien avec « les Jeunes agriculteurs (JA) 87 et l’association Solidarité paysans Limousin », précise la collectivité.

De con côté, le département des Landes mettra au vote « dans les prochaines semaines » un « plan fourrage » d’un montant de 550 000 €, élaboré avec les professionnels et la chambre d’agriculture. D’après un communiqué du 7 août, il regroupera cinq aides forfaitaires : achat de fourrages (60 €/t hors ensilage, 360 €/ha pour l’ensilage de maïs), semis de dérobées d’automne et couverts d’intercultures (60 €/ha), réalisation d’ensilage de maïs (30 €/ha), semis de prairies (150 €/ha) et sursemis de prairies (100 €/ha).


Par Agra

Sécheresse : près de deux tiers des nappes phréatiques sous les normales au 1er août (BRGM)

La sécheresse hydrogéologique s’est encore accentuée en juillet en France sous l’effet des vagues de chaleur à répétition et de la hausse des prélèvements en eau, avec près de deux tiers des nappes phréatiques présentant des niveaux sous les normales, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin mensuel du 10 août. Au 1er août, la quasi-totalité (94 %) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse, et la situation des nappes « se dégrade », ajoute l’organisme. Compte tenu des températures élevées et des faibles pluies de ces dernières semaines, 63 % des nappes phréatiques présentent des niveaux sous les normales.

C’est quasiment dix points de plus qu’un mois plus tôt (54 % sous les normales au 1er juilllet). Pour les prochains mois, le BRGM indique que les prévisions restent « incertaines » et dépendront en grande partie des éventuelles pluies estivales. Mais, compte tenu des besoins de la végétation, des températures plus élevées attendues dans les scénarios établis par Météo-France pour les trois prochains mois et de l’augmentation des prélèvements, la vidange des nappes devrait « s’accentuer » en août « sur la quasi-totalité des nappes », estime l’organisme.


Par Agra

Escargots : le dérèglement climatique fragilise une filière française déjà sous tension

Après les épisodes de canicule et de sécheresse exceptionnels, les héliciculteurs alertent sur les conséquences du dérèglement climatique sur leur activité. En Bourgogne, certains d’entre eux estiment avoir perdu entre 50 et 70 % de leur production cet été. Les fortes chaleurs assèchent les parcs d’élevage et favorisent les attaques de prédateurs, en particulier les oiseaux, privés d’une partie de leurs ressources alimentaires.

« C’est l’hécatombe. (…) Nous sommes en première ligne du changement climatique. C’est un désastre, tout le revenu est par terre », témoigne Frédéric Marcouyoux, éleveur d’escargots à La Ferme au gré du temps, à Villecomte (Côte-d’Or), auprès de l’AFP. Selon Émilien Bourgeois, président de la Fédération nationale des héliciculteurs, de plus en plus d’exploitations sont menacées, sans qu’il ne soit possible d’en préciser le nombre.

La crise est telle que se pose la question de la disparition même de cet élevage en France, alors qu’il est déjà réduit à sa portion congrue, avec quelque 400 éleveurs seulement. Seuls 5 % des escargots consommés dans l’Hexagone y sont produits, le reste étant importé majoritairement d’Europe de l’Est.


Par Agra

Canicule : Genevard esquisse le contenu du plan d’urgence et mobilise les préfets

Dans un communiqué du 5 août, le ministère de l’Agriculture esquisse les grands axes du plan d’urgence en cours de préparation, baptisé CASI, pour « canicule, sécheresse, incendies ». Annoncé fin juillet par Annie Genevard et attendu pour la rentrée, il se base sur des dispositifs classiquement utilisés dans ce type de situation : « mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations », « prises en charge de cotisations sociales » ou encore « dispositifs de simplification et de dérogation ». Le plan CASI comprendra aussi « des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées ».

La ministre a « réuni l’ensemble des préfets » pour leur demander de désigner un « référent sécheresse » et de mettre en place des « cellules départementales sécheresse ». Cette instance rassemblera les professionnels, les chambres, les banques, les « services sociaux des départements », la MSA et l’administration.

Elle fournira un « diagnostic précis » qui servira de base au plan d’urgence, examinera les « marges de manœuvre » réglementaires en matière de gestion de l’eau. Enfin, la ministre indique avoir « saisi la Commission européenne » afin « qu’aucun exploitant ne soit pénalisé lorsqu’il lui est objectivement impossible de respecter certaines exigences de la Pac en raison de la sécheresse » (couverture des sols, rotation des cultures).


Par Agra

Climat : juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais enregistré en France

Avec une température moyenne de 24,9°C, le mois de juillet 2026 devient le mois le plus chaud et l’un des plus secs jamais enregistrés en France depuis le début des mesures en 1900, illustrant l’intensification des effets du changement climatique, a annoncé Météo-France le 4 août. Il efface les précédents records établis lors de la canicule d’août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C). L’excédent de température par rapport aux normales 1991-2020 atteint, comme en juin, +3,8°C. Le mois a été marqué par deux vagues de chaleur, dont la première, du 4 au 19 juillet, constitue la troisième vague de chaleur la plus longue jamais observée en France ; la seconde, débutée le 28 juillet, est toujours en cours. Plus de la moitié des 54 vagues de chaleur recensées dans le pays se sont produites au cours des quinze dernières années, rappelle Météo-France, soulignant que ces épisodes deviennent « de plus en plus fréquents », « démarrent de plus en plus tôt », et atteignent des températures toujours plus élevées sous l’effet du changement climatique. Avec un déficit pluviométrique de près de 70 %, juillet 2026 a également été le troisième mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant la sécheresse superficielles des sols observée depuis deux mois. Fin juillet, « les sols sont encore plus secs qu’en 2022 et 2025 à la même période, et atteignent des niveaux équivalents aux plus bas jamais enregistrés » à la mi-août 2022, indique Météo-France.


Par Agra

Canicule : face aux prairies « grillées », les éleveurs de ruminants toujours sans réponse

Alertant, dans un communiqué du 4 août, sur une perte de production « historique » pour les prairies, les associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA* dénoncent le « silence radio » du ministère de l’Agriculture sur leur demande – récurrente – d’organiser des expertises terrain des pertes de production d’herbe. « Les effets cumulés de la sécheresse et des épisodes répétés de canicule ont littéralement grillé l’herbe », rapportent les syndicats, ce qui a « amputé de façon exceptionnelle la pousse de juin et juillet », comme récemment constaté par Agreste (ministère). Et les AS d’appuyer : « Nombreux sont ceux qui ont attaqué les stocks d’hiver » de fourrages, et « les témoignages des éleveurs se multiplient pour signaler un phénomène historique ». Or, dans le cadre de l’assurance récolte, l’estimation de la pousse de l’herbe est basée sur une mesure par satellite, dont « les insuffisances et carences (…) sont pourtant amplement connues », rappellent les syndicats. Les quatre fédérations disent avoir été reçues au ministère le 22 juillet « sur ce sujet précisément », sans suite pour le moment. Craignant une aggravation de la décapitalisation en cours, les syndicats concluent en martelant qu’« il est crucial pour les éleveurs d’avoir de la visibilité sur les compensations ».
* FNB (bovins viande), FNPL (bovins lait), FNO (ovins) et Fnec (caprins)