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Sécuriser des projets pour le monde agricole

Lors de la journée de l’alimentation organisée fin janvier par les Chambres d’agriculture, l’accent a été mis sur ce lien constant entre alimentation et agriculture. Sébastien Windsor, président de Chambre d’agriculture France, a insisté sur la nécessité de retrouver des projets pour le monde agricole en donnant l’exemple des Projets alimentaires territoriaux (PAT). 

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Les représentants des Chambres d’agriculture ont donné des exemples et expliqué les enjeux de structurer des filières d’approvisionnement pour fournir une alimentation de qualité, notamment pour les plus jeunes. Ces filières peuvent être un débouché aux producteurs locaux, avec le soutien des pouvoirs publics et l’assentiment de la population. Mais ces projets contrastent avec l’évolution des pratiques alimentaires telles qu’elles ont été présentées par Marine Raffray, agroéconomiste aux Chambres d’agriculture.

Autant tout est fait pour fournir une nourriture de qualité, de proximité, aux écoles, autant les Français semblent parfois oublier ce qui a fait leur renommée et leur fierté : le bien-manger. Marine Raffray a en effet  rappelé que le temps passé en cuisine est de 53 minutes en 2010, en baisse de 18 minutes encore depuis 1980. La restauration hors foyer (RHF) représente maintenant le quart des dépenses alimentaires des Français. La restauration commerciale est en perte de vitesse, deux établissements sur cinq font maintenant de la restauration rapide, avec une clientèle jeune, 18-34 ans, et un ticket moyen de 18 euros. Le prix est devenu la priorité du consommateur. Des consommateurs qui réduisent leur consommation de viande, de poisson et de boissons alcoolisées pour se tourner vers les œufs, les pâtes, la charcuterie et le fromage. Les consommations de produits pré-découpés et transformés sont en augmentation. Les achats de viande ont baissé de 23 % entre 2009 et 2019. Autre changement, le vieillissement de la population : 40 % des Français mangent seuls, contre 30 % il y a 20 ans. Si les Français restent sensibles aux questions sociétales liées à l’alimentation, 77 % ont une lassitude informationnelle sur les labels. Enfin, face au coût de la vie et aux autres dépenses, «l’alimentation devient pour eux une nécessité plus qu’un plaisir», a insisté Marine Raffray dont la présentation a captivé les 200 invités.

Reconquérir la souveraineté alimentaire 

Sébastien Windsor, président des Chambres d’agriculture, est revenu sur ces contradictions qui entravent le monde agricole : « depuis 2010, on a poussé sur la montée en gamme et depuis 2019 on assiste à une baisse du budget alimentaire des Français». Il insiste sur le désarroi des agriculteurs dont les revenus ont baissé de 20 % depuis 2024 après avoir chuté de moitié depuis 2022. «On a perdu la boussole», a-t-il poursuivi, «on veut améliorer la qualité et on signe un accord avec le Mercosur qui ne va pas respecter nos propres règles».

Pour lui, la solution pour redonner confiance au monde agricole se trouve dans le projet stratégique des Chambres d’agriculture : «les Chambres connaissent les territoires, il y a une demande de produits locaux, on peut aider à sourcer ces produits et structurer des filières, cela fait partie de notre projet stratégique. Nous sommes volontaires pour être animateurs de ces projets pour reconquérir notre souveraineté alimentaire. A ce titre nous soutenons la construction de 40 poulaillers dans le département de l’Orne en aidant à l’élaboration des permis de construire et au financement», a-t-il affirmé.

Les Chambres d’agriculture soutiennent les projets alimentaires territoriaux (PAT) «sur lesquels nous sommes engagés depuis dix ans en ayant porté un projet sur deux mais à la condition que les acteurs du territoire soient impliqués dans le projet», a-t-il ajouté. Sébastien Windsor a conclu ce plaidoyer en notant que les enjeux de santé et d’accès à l’alimentation ne doivent pas faire oublier celui du revenu des agriculteurs.

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