Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Robot de traite : un investissement qui se prépare

L’investissement dans un robot de traite ne doit pas se faire sur un coup de tête. En plus de la machine, c’est tout un système à repenser qui, si la transition est bien gérée, peut amener plus de confort pour les animaux et les éleveurs. Explications avec la Chambre d’agriculture d’Aveyron qui a, en juillet, lancé des formations pour mieux appréhender ce sujet.

La première journée a eu lieu le 7 juillet à Baraqueville, et une seconde a été proposée le 15 juillet à Mauriac. Une troisième session devrait se tenir en septembre. «Nous avons construit ces formations à la suite de demandes du terrain», détaillent Vincent Mouysset et Pierre-Édouard Daures, les deux techniciens spécialisés sur le sujet à la Chambre d’agriculture.

Jeudi 15 juillet, la matinée organisée à la salle des fêtes de Mauriac a permis d’aborder les aspects organisationnels, techniques, alimentaires et génétiques liés à la transition vers la traite robotisée. Puis, la dizaine d’agriculteurs présents s’est rendue chez Muriel et Killian Seguin, au GAEC de Gleyzenoves.
Les associés ont installé un premier robot de traite en 2014, puis un second au tournant des années 2020. Un choix fait pour éviter de trop saturer un seul robot, et qui permet un passage plus fluide. Les associés «ne reviendraient pas en arrière», au vu du temps gagné par rapport à la traite. La capacité maximale d’un robot se situe entre 55 et 65 vaches.

Témoignage du GAEC de Gleizenove

Muriel Seguin du GAEC de Gleyzenoves où 2 robots de traite sont installés.

L’un des défis majeurs lors de l’installation d’un robot de traite «ne tient pas seulement à l’adaptation des vaches, mais à celle des éleveurs eux-mêmes», s’amusent les deux techniciens. «C’est une nouvelle réalité à intégrer».

Car l’un des avantages – ou des inconvénients, selon le point de vue – est que l’éleveur «gère seulement les problèmes désormais. Les vaches en bonne santé suivront leur circuit sans bruit». Le robot, lui, pointe tout ce qui cloche (mammites, vaches incomplètes, etc.).
Pierre-Édouard Daures et Vincent Mouysset le soulignent, «pour appréhender le robot dans sa globalité, il faut de la patience, beaucoup de patience». Il faut «au moins six mois» pour que l’éleveur comprenne le fonctionnement et que les vaches prennent les bonnes habitudes.
Mais, rappelle Muriel Seguin, il ne faut pas croire que «le robot fait tout. Il faut continuer à surveiller les vaches, notamment les incomplètes et celles à risque. L’entretien régulier du robot est essentiel, incluant le nettoyage».


Si l’astreinte de la traite n’existe plus, ou dans une moindre mesure, puisqu’avec un robot, les vaches passent en autonomie au long de la journée pour se faire traire, le travail n’est pas supprimé pour autant. Il est simplement déplacé vers des tâches moins répétitives. Désormais, la gestion de la technologie et des animaux à problème prend le relais sur la traite elle-même.

Aménager son bâtiment

Avant l’implantation de l’équipement dans le bâtiment, il faut penser à son aménagement. En premier lieu, le robot doit se trouver dans un endroit où les vaches ont l’habitude de passer, idéalement au bout de la stabulation, et dans un endroit bien éclairé. La laiterie doit aussi être située à proximité.
Attention, avertissent les techniciens, les devis pour les robots comprennent rarement tous les réaménagements dans un bâtiment : il faut souvent prévoir des travaux supplémentaires (logettes, barrières, maçonnerie, électricité, racleurs) qui peuvent représenter de 20 000 à 50 000 euros de plus sur la facture finale. «Le plus important est surtout de ne pas précipiter l’achat et de prendre tous les paramètres en compte».


Autre contrainte à anticiper : lors de la transition vers le robot, la part de pâturage peut tendre à se réduire voire devenir nulle mais robot et pâturage sont tout à fait compatibles à condition de l’anticiper et si le parcellaire s’y prête. Il faut prévoir des stocks de fourrages suffisants pour compenser la réduction du pâturage.

C’est d’ailleurs le choix suivi par les associés du GAEC de Gleyzenoves, qui ont décidé d’arrêter le pâturage. «Le problème est que nous avons un parcellaire très morcelé et rien autour de la stabulation», détaille Muriel Seguin. Garder le pâturage aurait signifié beaucoup de déplacements dans des horaires serrés.

Marion Ghibaudo

En pratique : pour plus d’informations, contacter la Chambre d’agriculture d’Aveyron au 05 65 73 79 00.

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