Aveyron | Par Jérémy Duprat

Réunions cantonales FDSEA : prendre le pouls des adhérents

Les cantonales FDSEA, c’est le moment pour le syndicat de prendre la température. Des réunions d’échanges, mais surtout d’écoute, alors que les inquiétudes sont nombreuses depuis plus d’un an.

Aller au plus près des adhérents, échanger, fournir des informations et surtout, cette année, les cantonales de la FDSEA sont axées sur «l’écoute des adhérents. Nous souhaitons qu’ils viennent nous parler pour faire remonter leur ressenti», assure Marie-Amélie Viargues, secrétaire générale. Les réunions sur le terrain ont débuté depuis mercredi 18 janvier, avec le plus gros des rencontres cette semaine. Quelques-unes seront encore à suivre fin janvier début février. «C’est un moment important de notre syndicat et notre réseau. J’invite tout le monde à participer au maximum, pour faire remonter les problèmes», continue Marie-Amélie Viargues.

Sur le canton de Marcillac et Conques, par exemple, Marie-Amélie Viargues s’est attachée à écouter. «Nous essayons de répondre aux attentes de chacun, chaque personne présente a pu exprimer ses doutes et inquiétudes. Ou tout simplement ses idées. Le souhait est vraiment d’être plus dans le dialogue que purement dans l’apport d’informations. Nous en avons apporté, bien sûr, notamment sur la PAC, les aides bovines, la nouvelle assurance MRC… Ce sont des sujets transversaux qui touchent tout le monde», estime la secrétaire générale.

Parmi les sujets centraux, ceux qui mobilisent les esprits des agriculteurs, la transmission et le renouvellement des générations sont au centre de l’échiquier. «Ces deux thèmes cristallisent beaucoup d’inquiétudes. Sans oublier la hausse des charges, tout le monde est inquiet et veut trouver des solutions que nous n’avons pas encore. Je peux aussi citer les dégâts de gibier, qui ont émaillé le territoire. Et puis, des questions qui reviennent de plus en plus sont relatives aux relations avec le voisinage, avec les non-agriculteurs. Dans toutes les réunions, ces sujets apparaissent», cite Marie-Amélie Viargues.

Et bien qu’élue à la FDSEA, elle reste une agricultrice et un être humain. Alors apporter des solutions sur un plateau en ces temps troublés relève de l’impossible. «Personne ne sait réellement où nous allons. Je reste persuadé qu’ensemble nous trouverons toujours des solutions. Mais c’est sûr que toute seule, je ne peux pas. Nous avons besoin de nous soutenir. L’année a été compliquée, et la prochaine risque de l’être également. Ce n’est pas la première année mouvementée à laquelle le monde agricole est confronté. Nous sommes résilients. En se soutenant les uns les autres, nous serons plus nombreux à passer la tempête», défend Marie-Amélie Viargues.

Être nombreux encore demain, c’est justement l’un des défis de la profession. «La solution est de ne pas fermer la porte à tout le monde. Nous savons que demain, le métier ne sera pas exercé seulement par des fils ou filles d’agriculteurs. La porte ne doit pas se refermer sur les hors-cadre. Tous les dossiers méritent d’être étudiés. Parfois, en creusant un peu, des dossiers à première vue atypique se révèlent être aussi viables que des plus conventionnels. Et puis, si nous désirons transmettre nos fermes, il faut étudier tous les dossiers qui se présentent», défend la secrétaire générale.

À peu près une installation sur deux était hors-cadre en 2022. «Je pense qu’il faut aller les chercher, les accompagner et les intégrer à notre syndicat. Quand on entend le mot néo-ruraux, on pense instinctivement à des profils qui ne correspondent pas à notre syndicat. Je pense qu’au contraire, pour que le syndicalisme continue d’être vivant et représentatif, il faut regarder devant. Les gens de l’extérieur apportent aussi leur vision, leurs idées. Comme je l’ai dit, il y a un défi de renouvellement des générations, il faut y répondre avec les éléments que nous avons», assure Marie-Amélie Viargues.

Pas toujours facile pour autant, pour un cédant, de voir arriver un jeune qui va transformer l’héritage et le fruit de travail d’une vie. «Je pense qu’il y a un gros travail à faire de la part des cédants. C’est un défi qui a toujours existé, même d’un père à son fils. Là, nous touchons à un autre public, avec d’autres approches qui entrent en jeu, l’idée de transmettre un outil patrimonial, de famille, et puis le poids financier de la reprise… Il faut faire un gros travail sur soi, revoir sa façon de travailler et souvent adapter sa ferme à la génération qui va suivre», conclut Marie-Amélie Viargues.

Jérémy Duprat

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