National | Par Didier Bouville

Nitrates : le gouvernement concède des assouplissements

Les deux ministères de l’Agriculture et de l’Environnement ont annoncé, le 1er mars, des « adaptations » aux règles liées à la directive nitrates, en cours de remaniement, afin de « soutenir l’élevage français tout en respectant les exigences environnementales ».

Les capacités de stockage exigées « seront évaluées de façon agronomique » et adaptées « aux conditions locales et aux types d’élevages », promettent les deux ministres. « Ces durées (de stockage) ont été réévaluées afin d’éviter des investissements disproportionnés au regard des impacts pour l’environnement ». De même, les obligations concernant les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) seront fixées au niveau régional, pour être mieux adaptées aux « spécificités locales ». En outre, une période transitoire pour l’application de nouvelles normes est prévue jusqu’en 2016 pour certains types de déjections animales, et le seuil de pente des terrains « au-delà duquel l’épandage de fertilisants est interdit a été relevé ».

Ce seuil pourra être systématiquement relevé (de 7 à 10 % pour les lisiers et de 15 à 20 % pour les fumiers) si des bandes enherbées sont implantées en bas de parcelle. Les deux ministres affirment de plus qu’ils défendent le stockage au champ du fumier compact pailleux pendant 10 mois. Pour qu’une « grande partie des élevages bovins » n’aient pas à réaliser des « investissements supplémentaires pour stocker leurs effluents ».

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Nutrition sportive, traitements anti-obésité… Les protéines laitières ont le vent en poupe et les cours mondiaux s’affolent. Les acteurs néo-zélandais, irlandais et danois trustent ce marché, avec près de la moitié de la production mondiale de concentrés de protéines laitières. De son côté, la France est, pour l’instant, mal placée pour répondre à cette demande. Les éleveurs français se désolent de ne pas en profiter autant que leurs voisins dans le prix du lait, et accusent les laiteries de mauvais choix industriels. Lors de la sortie des quotas laitiers, l’appareil industriel français a été marqué par des investissements tournés vers les poudres de lait infantile. Mais le débouché extrême-oriental de ces produits a largement ralenti, et la réorientation des outils…