National | Par Didier Bouville

Alimentation animale : les industriels inquiets du déclin de l’élevage français

Selon le Syndicat national de la nutrition animale (Snia), qui représente le secteur privé, la production française d’aliments du bétail devrait présenter pour l’ensemble de l’année 2012 un très léger recul de 0,2 %par rapport à 2011, prolongeant ainsi la stagnation enregistrée l’an dernier. Les estimations provisoires du Snia de janvier à novembre portent sur une production totale de 18,56 Mt, soit pratiquement le chiffre des 11 premiers mois de 2011, dont 3,84 Mt d’aliments pour bovins, en progression de 2,8 %, 4,96 Mt d’aliments porcs, en baisse de 2 % et 7,72 Mt d’aliments volaille, stables.

La baisse de production d’aliments est interprétée comme un signe du déclin de l’élevage, certains éleveurs ayant déjà fait le choix d’arrêter leur activité. C’est pourquoi, dès la mi-décembre, ce syndicat a présenté 18 propositions « pour enrayer de déclin de l’élevage français », dont la réorientation des aides communautaires vers l’élevage, la simplification des procédures de création de nouveaux élevages et la restructuration, la transparence et la sécurité des marchés des matières premières, l’encouragement à la contractualisation en agriculture, ou encore, le financement de l’élevage par un support à la trésorerie des éleveurs.

Le Snia  insiste enfin, sur « l’incontournable nécessité de revaloriser le prix des productions animales, dans un contexte d’augmentation des coûts de production ».

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Face à l’accélération du changement climatique, les fleurons de notre agriculture, AOP et IGP, vacillent. Entre cahiers des charges rigides et impératifs de typicité, les 32,9 milliards d’euros (Md€) de chiffre d’affaires du secteur sont en jeu. Enquête sur un modèle en pleine mutation. Les indications géographiques (IG) ne sont pas seulement un héritage culturel ; elles constituent le cœur battant de l’économie rurale française. En 2023, elles ont généré 32,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit environ 34 % de la valeur totale de la production agricole nationale. Ce modèle, qui comptait 489 produits sous AOP ou AOC et 260 IGP agroalimentaires en 2022, repose sur un contrat tacite avec le consommateur : la promesse d’une origine garantie et…