Aveyron | Par Jérémy Duprat

30 ans de l’Agneau fermier des Pays d’Oc

L’Agneau fermier des Pays d’Oc a fêté ses 30 ans d’existence vendredi 22 juillet. L’occasion d’une rétrospection.

Camion hongrois

Dans l’amphithéâtre de Rodez, élus et éleveurs se sont retrouvés le temps d’une soirée vendredi 22 juillet. Le temps de faire le point sur ces trois décennies écoulées. Le temps de réfléchir à l’état de la filière. Le temps de penser son futur. Après une heure de discussions amicales et de retrouvailles dans le vestibule, la centaine de personnes présentes s’est déplacée vers le gymnase adjacent, à la recherche d’une place dans les gradins aux alentours de 19 heures. René Debons, de tous les bons coups, présente la soirée et introduit le président de l’Agneau fermier des Pays d’Oc, Gilles Bernat. Une série de remerciements est d’abord destinée aux élus présents ou à leur représentant : Jean-Claude Anglars, Arnaud Viala et Carole Delga. «Je suis très ému et heureux de vous trouver si nombreux ici. 30 ans, c’est l’âge de la maturité. Une belle histoire que nous allons vous raconter ce soir. Et j’espère une belle soirée que nous vous avons préparée. Cette histoire a commencé à s’écrire grâce à un groupe d’éleveurs, de représentants d’OP et d’abatteurs, tous motivés par un contexte difficile. Après 30 ans, notre label rouge est devenu le premier label rouge de France en agneau», se réjouit Gilles Bernat.

Le président laisse ensuite sa place à Éric Lagarde. Le directeur du label rouge entre en scène pour présenter l’histoire de l’Agneau fermier des Pays d’Oc. Une histoire dans laquelle les races rustiques prennent une place particulière. «Il était une fois les fermiers du Pays d’Oc», introduit Éric Lagarde. «À une époque, nous voulions obtenir l’IGP. Sauf que c’est compliqué de travailler avec l’INAO, ils ont une rigueur que nous n’avons pas. Il était impossible de leur faire entendre que l’Occitanie soit le territoire que nous définissions comme le pays de la langue d’Oc. Mais passons ! Tout a commencé par l’agneau du Quercy. En 1982, nous détournions un camion d’agneaux provenants de Hongrie pour faire prendre conscience de notre situation catastrophique : nous n’arrivions plus à vendre nos agneaux. De là est née la première démarche, à l’initiative du Lot», narre le directeur.

La conquête

En 1990, l’agneau du Quercy obtient le label rouge. «Un éleveur me racontait, un jour, que le label c’est des mesures coercitives. Mais ils l’avaient décidé de leur propre chef ! Ils mettaient des boucles aux agneaux, des boucles aux brebis, ils tenaient un carnet d’agnelage. À cette époque, rien de tout cela n’était obligatoire. Il y avait une volonté manifeste de faire mieux. Et d’ailleurs, les bouchers assuraient à l’époque que si tout cela était fait, ils s’engageaient à payer la viande plus cher. Et c’est ce qu’il s’est passé. Devant ce succès, l’agneau label rouge des Pays d’Oc, celui que nous connaissons aujourd’hui, est créé en 1992 avec les OP Capel, Unicor et Saco. Les premiers agneaux sont définis comme des agneaux laitons de bergerie. Ils étaient vendus sous ce nom. Les animaux étaient de race rustique. Ces races justifiaient la vente d’agneaux jeunes et toute l’année : ce qui a constitué notre force. Notre force par rapport à ce monde de la conformation. Notre agneau était bon toute l’année», fait valoir Éric Lagarde.

Le refus de l’IGP se révéla finalement positif. Depuis 1992, le label rouge du Pays d’Oc n’a cessé de s’étendre en partant de l’Aveyron, du Lot et du Tarn. «La Creuse et la Corrèze d’abord. Et puis rapidement toutes les régions Occitanie. Des Landes au Gard. Du Puy-de-Dôme à l’Ariège. De 6650 carcasses labellisées vendues en 1992, nous sommes passés à 77 000 en 2010. Puis 104 000 en 2019», explique Éric Lagarde. L’arbre qui cache la forêt. Si la progression des ventes est en net progrès, et que les médailles du Concours général agricole s’accumulent depuis quelques années, le directeur du label rouge apporte quelques nuances. «Au fur et à mesure de l’agrandissement, le volume labellisé progresse. Sans l’extension, nous serions restés autour de 70 000 carcasses. Nous allons en chercher ailleurs, à des endroits où les débouchés pour les races rustiques n’existent pas ou peu. Le potentiel pour nous développer ne doit pas être négligé. C’est une source de développement. Mais d’espoir aussi. Les éleveurs sont de moins en moins nombreux chez nous. Il nous faut donc aller les chercher ailleurs», remarque Éric Lagarde.

Jusqu’à 21 heures, les discussions s’enchaînent, avec notamment la présentation de François Purseigle, sociologue à l’Ensat. Il est rejoint ensuite par Jean-Pierre Arcoutel, président de Coop de France Occitanie, Philippe Alazars, responsable chez Bigard et Gilles Bernat. L’heure du repas sonne une fois les échanges de cadeaux et les remerciements conclus.

Jérémy Duprat

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