Face à la hausse significative du coût des intrants essentiels au bon fonctionnement des exploitations, en particulier pendant cette période phare des travaux de printemps dans les champs, la FDSEA, les JA, les responsables des CUMA ainsi que de la fédération des coopératives de l’Aveyron ont interpellé lundi 20 avril, les parlementaires du département.

Les deux députés, Jean-François Rousset et Laurent Alexandre et le sénateur Alain Marc (Jean-Claude Anglars et Stéphane Mazars se sont excusés), ont répondu à la sollicitation de la profession agricole qui souhaitait leur exposer les conséquences immédiates et concrètes de l’augmentation du coût des intrants depuis fin février et le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
Les coûts de production directement impactés
La FDSEA et les JA, représentés par leur présidente, Marie-Amélie Viargues et Clémence Bernié, le réseau CUMA représenté par la présidente nationale et secrétaire générale en Aveyron, Marine Boyer accompagné de Pierre-Louis Fages avec le soutien de Jean-Claude Virenque, président de la fédération départementale des coopératives se sont appuyés sur des chiffres évocateurs de cette inflation : une augmentation de 108% en moins de 2 mois du GNR, une hausse de l’urée de 56% en un an et des engrais entre 22 et 27% sur la même période… et une incertitude grandissante quant à la disponibilité de ces ressources.
«Ces augmentations arrivent en plus à un moment clé dans nos exploitations, quand nous sommes dans l’obligation de sortir nos tracteurs pour semer, fertiliser et récolter nos fourrages et céréales qui vont nourrir nos animaux», plaide Clémence Bernié. Des hausses que les prestataires devront également répercuter sur leurs factures (CUMA, entreprises de travaux agricoles). «Ce que nous demandons aujourd’hui au gouvernement, c’est un soutien direct sur nos fermes (à hauteur de 30 centimes par litre pour l’ensemble des exploitations), et non pas des prêts de trésorerie comme annoncé», continue la présidente de JA Aveyron. «Des prêts qui nécessitent des démarches et donc du temps et qui ne sont qu’un moyen de décaler nos charges, alourdies par les intérêts…». FDSEA et JA demandent également la suppression du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) sur les engrais afin de préserver la compétitivité française.
« Des aides, pas des prêts ! »
«Si nous avons interpelé les parlementaires aujourd’hui, c’est parce que nous pensons que ce sont eux qui ont les clés pour obtenir des réponses concrètes», évoquent Marie-Amélie Viargues et Clémence Bernié.
La solution peut aussi venir de la réouverture des négociations commerciales qui se sont achevées fin février, «et qui de fait, ne coûterait rien à l’Etat», justifient la FDSEA et JA. «Sur ce volet, les parlementaires peuvent nous aider à pousser en ce sens», indiquent les deux responsables syndicales. «Lorsque nous avions obtenu la réouverture des négociations commerciales pendant le conflit en Ukraine, nous avions pu répercuter une partie de la hausse de nos coûts de production», rappellent-elles.
Une réouverture des négociations commerciales demandée également par les industriels et distributeurs : «Nous ne sommes pas dupes sur leur demande mais nous avons les arguments, irréfutables, de notre côté pour justifier des hausses et des conséquences directes sur nos fermes. Cette réouverture nous donnerait l’opportunité de travailler collectivement sur la répartition des marges», poursuivent Marie-Amélie Viargues et Clémence Bernié. Pour elles, il ne s’agit pas de répercuter ces hausses sur les prix aux consommateurs. «Nous sommes bien conscients que tout le monde subit ces augmentations. Mais il n’est pas question que l’impact soit porté par les seuls producteurs», défendent-elles.
A l’écoute pendant les échanges, les parlementaires ont promis de faire remonter les positions aveyronnaises en pointant toutefois la fragilité de la situation budgétaire en France. «Nous ne manquerons pas de les recontacter rapidement pour connaître la suite…», ont averti Marie-Amélie Viargues et Clémence Bernié qui «ne s’interdisent pas» d’aller plus loin si aucune mesure concrète de soutien n’était mise en place».
Eva DZ
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