Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Vu en Cuma : Louer pendant une campagne pour mieux acheter

La location de matériel avant l’achat se développe dans les CUMA. Ces dernières années, des CUMA aveyronnaises sont passées par cette étape avant de se lancer dans l’achat d’un tracteur. Une manière aussi de «tester les réels besoins des adhérents et ajuster la finalité des services proposés». Les présidents de 3 Cuma témoignent.

Pour la CUMA de Ségur, «passer par la location nous a permis de réfléchir à l’achat d’un tracteur plus puissant» que prévu. Initialement, selon Lilian Cluzel, président depuis plus de 10 ans, la CUMA pensait acheter deux tracteurs avec des puissances différentes, et l’un serait plus polyvalent, puisqu’un chargeur était aussi envisagé.

Au final, au printemps 2023, ils ont décidé «d’acheter un tracteur plus puissant, livré avec un chargeur, qui répondait à la fois aux besoins de puissance et de polyvalence des adhérents. En 2023, nous avons réalisé plus de 800 heures avec ce tracteur, et en 2024, nous avons atteint les 875 heures d’utilisation». Pour Lilian Cluzel, cela démontre «la forte demande des adhérents et l’achat correspond bien à leurs besoins réels».
Satisfaite de cette première démarche de location puis d’achat, la CUMA de Ségur a, en 2025, décidé de louer un second tracteur pour la saison, afin de répondre à la demande croissante, et dans l’idée de s’engager, dans un futur proche, dans l’achat d’un second tracteur.

Des besoins forts des adhérents

«Au total, nous avons dépassé les 1 000 heures d’utilisation, confirmant le besoin réel d’un second tracteur», pointe Lilian Cluzel. À la suite de cette seconde expérience de location, l’achat a été engagé : «nous avons pu démontrer aux adhérents le besoin réel, et les rassurer avant l’achat».
Pour le président de la CUMA, passer par la location est un vrai plus : «cela permet de trouver un véritable équilibre entre répondre aux besoins et éviter les investissements prématurés au sein de la CUMA». Une approche qui s’est également étendue à d’autres équipements puisque le même processus a été suivi lors de l’ajout de nouvelles bennes au parc des deux déjà existantes (une benne de 2 tonnes et une de 7 tonnes, à la base), après avoir identifié des besoins non satisfaits.

À la CUMA de Lassouts, c’est en 2023 que la réflexion a démarré. «Nous souhaitions acquérir une presse-enrubanneuse, mais aucun des tracteurs à disposition n’était assez puissant pour tracter la machine. En 2024, nous avons donc loué un tracteur pour nous assurer du volume potentiel de travail», détaille David Bernié.

En 2025, au vu du succès de la campagne, la CUMA de Lassouts a pu lancer un service complet, avec un combi-pack. «Nous avons obtenu 300 heures d’engagement de nos adhérents, ce qui nous a mis en confiance pour l’achat d’un tracteur d’occasion», précise le président.
En location, sur le long terme, le tracteur ne correspondait pas aux besoins et présentait trop d’heures et de frais de remise en état. En 2025, l’achat est conclu pour un tracteur d’occasion de 180 à 200 chevaux, et «après un an d’utilisation, nous avons facturé 548 heures d’utilisation, dépassant largement les 300 heures prévues».

Pour la CUMA de Saint-Germain, la première location remonte à 2019-2020, lorsqu’elle décide d’acquérir un broyeur de pierres. Problème : tous les adhérents n’ont pas de tracteur assez puissant pour le tirer efficacement. «Nous avons donc décidé de louer un tracteur, avec cinq exploitations au départ ». Depuis, d’autres exploitations ont exprimé leur volonté de rejoindre le service.

En 2021, le tracteur est acheté, puisque la demande était bien présente. La même année, une presse à balles rondes est également achetée. «Nous sommes désormais à 410 heures d’engagement, et on atteint facilement les 680 heures par an, réparties entre 250 à 300 heures de broyage de pierres, et 150 heures, environ, de travail avec le combiné», détaille Pierre-Louis Fages, président de la CUMA.

Une démarche prudente, avec l’accord des adhérents

Pour le choix de la location comme pour celui de l’achat, les trois CUMA ont joué le jeu des concessionnaires locaux en sollicitant les entreprises présentes sur leurs territoires respectifs. «Cela permet aussi de tester différents modèles». Ensuite, le choix du tracteur à l’achat a été, le plus souvent, mis au vote des adhérents.

De plus, les contrats de location permettaient aussi de proposer des prix attractifs aux adhérents, souvent compris entre 25 et 50 euros de l’heure, et l’entretien était compris dans le contrat initial passé avec le concessionnaire retenu. Les adhérents étant, pour chacune des CUMA, impliqués dans le processus du début à la fin.

Pour les présidents des trois CUMA concernées, «la solidarité entre membres, et l’envie de répondre aux besoins des adhérents» ont fait partie de la réflexion menant à la location, tout en évitant de se lancer dans des achats irréfléchis. La location apporte également une certaine sécurité financière, sans variation des coûts liée aux pannes et à l’usure.

Tous assurent qu’ils réfléchiront désormais, avant de se lancer dans de gros achats d’équipements, à utiliser la location pour tester autant le besoin des adhérents que le matériel lui-même.

Marion Ghibaudo

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Pour simplifier la gestion de ses matériels et services, la CUMA de Clairvaux-Bruéjouls utilise depuis 2 ans l’application mobile My CUMA Planning. Un outil qui facilite autant le travail des responsables que celui des utilisateurs. Avec ses 55 adhérents, la CUMA couvre un large secteur autour de Clairvaux. Elle travaille aussi avec les CUMA voisines, notamment celle de Goutrens. Céréales, fourrages, vigne… les besoins sont variés, tout comme les équipements à disposition. Elle propose ainsi près de 40 services dont 2 ensileuses automotrices (herbe, maïs), mini-pelle, tracteur vigneron, presse enrubanneuse, épandage, plateau fourrager, gyrobroyeur, pulvérisation, semis-direct, épareuses… Ici, pas de salarié : chaque matériel est géré par un adhérent chez qui le matériel est entreposé et qui en assure entretien…