Monde | Par Actuagri
Face aux ravages de la tuberculose bovine, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard a annoncé une hausse majeure des indemnisations, répondant aux attentes de la FNSEA. Une avancée cruciale pour soutenir les éleveurs face à l’ampleur des abattages récents.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, a annoncé le 24 avril la revalorisation significative des barèmes d’indemnisation pour la tuberculose bovine. Cette décision, dévoilée lors du congrès des groupements de défense sanitaire (GDS) à Avignon, fait suite à une interpellation directe du président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, lors du 80ème congrès du syndicat à Caen. Le gouvernement a ainsi choisi de répondre favorablement à une demande pressante de la profession agricole, malgré un contexte budgétaire tendu.
Des chiffres inquiétants
Cette décision a été prise en raison de l’ampleur de la maladie qui touche les élevages français. Selon les données de la FNSEA, pas moins de 7 000 bêtes ont été abattues en 2024. Le chiffre reste élevé avec 5 000 têtes en 2025. À titre de comparaison, ce bilan est bien plus lourd que celui de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui a causé l’abattage de 3 500 animaux.
La situation reste préoccupante. Si 81 foyers avaient été détectés en 2024, ce chiffre est monté à 93 foyers en 2025, principalement localisés dans le Sud-Ouest et en Corse. À la mi-mars de l’année en cours, 50 foyers ont déjà été recensés. La FNSEA et ses associations spécialisées comme la Fédération nationale bovine (FNB) et la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et Jeunes Agriculteurs ont salué « une annonce attendue de longue date par les éleveurs. Elle marque une avancée importante pour améliorer l’accompagnement des exploitations touchées par cette maladie », ont réagi ces syndicats le 25 avril dans un communiqué de presse commun.
Pour les agriculteurs, l’enjeu est double : protéger les éleveurs de la faillite et préserver le statut « indemne » de la France. Avec un taux d’incidence actuel maintenu sous la barre des 0,1 %, l’Hexagone peut encore exporter ses animaux, une condition sine qua non à la survie économique de la filière.
Prises en charges annexes
Concrètement le gouvernement a décidé d’augmenter de 33 % les indemnisations forfaitaires. Ainsi, pour un bovin de plus de 24 mois, l’indemnité passe de 2 500 € à 3 350 €, avec un effet rétroactif pour la période 2025-2026. Dans les mêmes proportions, le gouvernement relève également les majorations pour les reproducteurs ou les femelles gestantes.
Au-delà de l’animal lui-même, la FNSEA a obtenu des avancées sur les coûts périphériques qui pesaient lourdement sur la trésorerie des exploitations. L’État prendra désormais en charge 100 % des opérations de nettoyage et de désinfection, contre 75 % auparavant. De même, les frais d’euthanasie des animaux non transportables, autrefois à la charge de l’éleveur, seront dorénavant couverts par les fonds publics. Enfin, les aides pour le déficit momentané de production (DMP) pourraient être doublées, passant de 3 à 6 mois pour les élevages les plus touchés, notamment en agriculture biologique.
Les syndicats agricoles appellent désormais l’État à accélérer la mise en œuvre de la feuille de route 2024-2029. Leurs priorités sont claires : une meilleure indemnisation des pertes laitières durant les périodes d’infection et, surtout, un renforcement de la régulation de la faune sauvage, véritable réservoir de la maladie qui ne peut plus être ignoré. Les syndicats agricoles ont indiqué qu’ils restent « pleinement mobilisés et vigilants ».
Christophe Soulard


