Mot-clé : Ministère de l'Agriculture

Par Agra

Protéines alternatives : Interbev appelle Genevard à « clarifier sa position »

Réagissant à un récent rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture) proposant de « soutenir au maximum » la production de protéines issues de biotechnologies (viande cellulaire, fermentation de précision), Interbev a demandé à sa ministre de tutelle Annie Genevard de « clarifier » sa position sur le sujet. Dans un courrier daté du 17 septembre, qu’Agra Presse a pu consulter, l’interprofession bétail et viande exprime sa « ferme opposition à ce que les recommandations du CGAAER puissent se traduire par une politique de soutien public au développement de la viande issue de culture cellulaire ».

Un soutien à ces innovations serait « en contradiction directe avec les engagements que vous portez à travers les Conférences de la souveraineté alimentaire », estime Interbev. Pour les filières des viandes rouges, les auteurs du rapport « reconnaissent eux-mêmes les incertitudes entourant les protéines issues des biotechnologies (environnementales, nutritionnelles, économiques) ». Par ailleurs, l’interprofession souligne qu’« aucune organisation représentative des filières animales » n’a été auditionnée, alors que les inspecteurs ont rencontré « des administrations, des organismes d’expertise, des acteurs de la recherche ainsi que plusieurs entreprises directement engagées » dans les protéines alternatives.


Par Agra

Maraichage diversifié : la Fnab demande un accès prioritaire au « fond de réarmement »

Dans un communique de presse le 18 septembre, la Fnab (agriculteurs bio) demande que le «maraîchage diversifié» soit prioritaire dans l’accès au «fonds de réarmement agricole» du gouvernement, lancé suite aux épisodes de canicule et de sécheresse cette année. Lors du lancement du fonds, la ministre de l’Agriculture avait indiqué que le maraîchage (sans préciser si elle parlait des légumiers ou des maraîchers diversifiés) ferait partie des critères de fléchage de l’enveloppe entre départements. Mais la Fnac constate « trop souvent » l’absence du «maraîchage diversifié», majoritairement pratiqué en bio, dans la construction des critères d’attribution.

Ce faisant, la Fnab demande que les agriculteurs bio soient réintégrés dans les discussions du plan Casi (qui inclut le fonds de réarmement) dans tous les départements, rappelant que les fermes bio sont globalement moins bien assurées. « On a transmis aux préfectures nos bilans d’impacts fin août, mais on a “oublié” de nous inviter aux discussions dans de nombreux départements, c’est fâcheux quand-même d’oublier 17% des fermes françaises », commente Olivier Chaloche, co-président de la fédération. L’enquête qu’avait menée le syndicat en août a montré des pertes de production importantes surtout en légumes, arboriculture et certaines productions céréalières.


Par Agra

Bovins lait/viande: le Sud-Ouest en première ligne de la décapitalisation depuis 2015

D’après une récente note d’Agreste sur l’évolution des élevages bovins entre 2015 et 2025, le Sud-Ouest apparaît comme le plus touché par la décapitalisation, en vaches laitières comme en allaitantes. Selon le ministère de l’Agriculture, les départements du Sud-Ouest, « davantage orientés vers des systèmes de polyculture-élevage », ont vu leur nombre d’élevages laitiers fondre de 41 % à 64 %. Une baisse bien plus marquée que celle observée au niveau national (-35 % en dix ans, à 40 800 élevages).

Agreste note « une tendance à la spécialisation » des élevages laitiers, qui sont de moins en moins nombreux à engraisser les jeunes animaux. Côté allaitant, les départements de Nouvelle-Aquitaine sont les plus touchés : -43 % d’élevages dans les Landes, -37 % en Lot-et-Garonne, ou encore -26 % dans le Limousin. Le bassin charolais* affiche également une baisse de 20 %, dépassant le recul national (-19 %, à 59 500 élevages). En revanche, le sud du Massif central résiste mieux (-3 % en Lozère, -10 % dans le Cantal), ainsi que le Nord-Est. La filière allaitante connaît « un recentrage sur le modèle naisseurs, qui reste le plus répandu », souligne Agreste. * Ancienne région Bourgogne, Allier, Cher, Indre, Loire


Par Agra

Sécheresse : réflexions sur l’import de fourrages, dans un marché européen en manque

Pour faire face au déficit de fourrages provoqué par la sécheresse, « le ministère de l’Agriculture essaie d’identifier des pays européens qui auraient du fourrage disponible », a indiqué Sébastien Windsor, le président de Chambres d’agriculture France, le 9 septembre en conférence de presse. Une démarche qui se heurte à deux freins majeurs : la disponibilité et le prix. Les conditions extrêmes de cet été ont touché une large partie de l’Europe. Selon le dernier bulletin de l’observatoire Mars (Commission européenne), paru le 24 août, il n’y aurait guère que la Suède, la Finlande et les pays baltiques à connaître « des conditions plus favorables » à la pousse de l’herbe.

La Pologne se distingue aussi par « une biomasse proche de la moyenne », contrairement à tous les autres pays européens. « Parmi nos voisins proches, aucun ne semble en capacité d’exporter des fourrages », indique Soline Schetelat, chargée d’études à l’Idele (Institut de l’élevage), interrogée par Agra Presse lors d’une visioconférence. « Je ne pense pas que l’on soit capable d’équilibrer un bilan fourrager à l’échelle européenne aujourd’hui. » Conséquence de la pénurie, les fourrages se négocient à des prix très élevés. « Pour ce qui est des flux d’importation, le prix est au centre des débats, note Sébastien Windsor, car tous nos voisins sont aux achats. »


Par Agra

Pac post-2027 : la Cour des comptes plaide pour des aides plus contracycliques

Dans son rapport sur la mise en œuvre de la Pac 2023-2027, publié le 2 septembre, la Cour des comptes fait plusieurs recommandations relatives à la gestion française des aides directes, pour favoriser des « dynamiques productives plus efficaces ». Les auteurs proposent, en somme, d’aller vers des aides capables « d’orienter les décisions de production des agriculteurs dans un sens conforme aux intérêts économiques du secteur, en les ciblant notamment sur la transmission et l’installation, en les rendant dégressives dans le temps, plus contracycliques au vu de l’ampleur des fluctuations de prix et davantage centrées sur l’investissement et la gestion des risques ».

Les auteurs soulignent que la déclinaison française de la Pac comporte déjà un dispositif de couverture des pertes de revenu en faveur des producteurs de betteraves à sucre dans la région des Hauts-de-France, à hauteur de 2,2 M€ par an : « Les raisons invoquées pour expliquer sa non-mise en œuvre – complexité du dispositif, articulation avec les dispositifs assurantiels, désengagement des filières en phase haute des prix, enveloppe de financements limités – devraient faire l’objet d’un examen attentif par le ministère de l’Agriculture ». Dans le cadre de la Pac post-2027, la Cour des comptes pousse un nouveau concept, celui de la « résilience productive », qui consiste à favoriser « la complémentarité entre performance économique et performance environnementale ».


Par Agra

Sécheresse : la présentation du plan d’urgence retardée « de quelques jours » (ministère)

Initialement prévue jeudi 3 septembre, la présentation du plan d’aide d’urgence CASI (canicules, sécheresse, incendies) est « décalée de quelques jours », a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 2 septembre. « Les montants étant conséquents, nous avons besoin de quelques jours en plus de concertations entre les ministères », précise l’entourage d’Annie Genevard. « On comprend qu’il y a du mouvement entre Matignon et le ministère de l’Agriculture », a ajouté de son côté Arnaud Rousseau en conférence de presse. Aux yeux du président de la FNSEA, il est impératif que ce retard n’atteigne pas « plusieurs semaines ». « Nous avons rendez-vous avec le Premier ministre le 8 septembre. Nous avons besoin que les annonces soient faites avant », a-t-il précisé.

Et de rappeler que « c’est maintenant les agriculteurs prennent leurs décisions » concernant l’assolement ou le maintien des cheptels. De leur côté, les JA ont déploré dans un communiqué « un signal particulièrement négatif adressé au monde agricole ». Le plan CASI a été annoncé fin juillet face à la sécheresse et aux canicules historiques de cet été. En août, la ministre de l’Agriculture avait annoncé qu’il comprendra notamment des aides à la trésorerie « à la main des préfets », « plusieurs centaines de millions d’euros » d’ISN (indemnité de solidarité nationale, dans le cadre de l’assurance récolte), ainsi que d’autres dispositifs d’aide.


Par Agra

Sécheresse : devant les préfets, Genevard tire un bilan « sans appel »

À l’issue d’une réunion le 27 août avec les préfets, la ministre de l’Agriculture a tiré, dans un message sur le réseau social X, un bilan « sans appel » des impacts de la sécheresse actuelle, qualifiée d’« inédite », sur l’agriculture française. Sur le plan hydrologique, « 101 départements » sont « en situation de sécheresse », dont « 62 en situation de crise et 95 départements en restriction d’eau », rapporte Annie Genevard.

La ministre fait état, pour les productions végétales, de pertes de rendement qui « dépassent 50 % dans plusieurs zones du pays ». Côté élevage, toutes les régions subissent des déficits fourragers ; cinq régions présentent « un stock de fourrage inférieur de plus de 50 % par rapport à la normale » et huit un stock inférieur « d’au moins 25 % ». « Toutes les régions font état d’une situation économique et sociale des exploitations fortement dégradée », souligne Annie Genevard. Cette réunion, destinée à réaliser un « état des lieux », est un préalable à la présentation du plan d’urgence CASI (canicules, sécheresse, incendies), prévue pour le 3 septembre. Il comprendra notamment un volet d’aides directes visant à « soulager la trésorerie des exploitations et relancer la production », a rappelé la ministre.


Par Agra

Loi d’urgence : le texte paraît au JO, trois ordonnances attendues dans les prochains mois

Adoptée par le Parlement le 22 juillet, quasi entièrement validée par le Conseil constitutionnel le 14 août, puis promulguée par le président de la République, la « loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » est parue au Journal officiel le 19 août. Outre les textes d’application attendus, la loi habilite le gouvernement à prendre des ordonnances dans trois domaines : police sanitaire (article 7, délai d’un an) ; régime d’autorisation environnementale spécifique à l’élevage (article 46, six mois) ; réforme du système sanitaire animal (article 41, neuf mois).

Le texte permet la réintroduction par dérogation de deux néonicotinoïdes interdits ; Générations futures a déjà annoncé saisir la justice, tandis que les députés LFI déposeront une proposition de loi d’abrogation. De leur côté, la FNSEA et Annie Genevard souhaitent réintroduire certaines dispositions censurées par le Conseil constitutionnel. Le dernier grand texte agricole du quinquennat était initialement circonscrit à trois thèmes (moyens de production, prédation, eau). Mais il a été finalement élargi, jusqu’à totaliser 61 articles, embrassant de nombreuses thématiques : relations commerciales (tunnels de prix notamment), foncier, ICPE, intrusions dans les fermes, planification de la production (contrats d’avenir), approvisionnement des cantines, étiquetage de l’origine des viandes, etc.


Par Agra

Bovins : le nouvel orthobunyavirus désormais présent dans treize départements français

Présent jusque-là dans l’est de la France et en Normandie, le nouvel orthobunyavirus affectant les bovins a été détecté dans 13 départements, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin du 18 août. Ce virus identifié fin juillet est désormais présent dans le Massif central (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme), en Alsace (Bas-Rhin, Haut-Rhin), en Bourgogne-Franche-Comté (Côte-d’Or, Doubs, Jura) et dans les Alpes (Ain, Savoie, Haute-Savoie), ainsi que dans le Calvados et les Ardennes. Ces cas ont « tous » été détectés sur des animaux « présentant des symptômes » (diarrhée, fièvre, baisse de la production laitière).

Des analyses sont toujours en cours afin de déterminer si ce virus, proche de Schmallenberg, est à l’origine de ces symptômes. C’est l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) qui a confirmé les foyers, à la suite du développement, « en urgence », d’une méthode de détection par PCR. Véhiculé par les moucherons Culicoïdes, le nouvel orthobunyavirus (Shamonda) est aussi présent en Suisse et en Allemagne ; « des investigations sont en cours » aux Pays-Bas, en attente de confirmation, selon la plateforme ESA. Sur son site internet, le ministère de l’Agriculture indique que « la situation est évolutive ».


Par Agra

Sécheresse : Genevard réunira les préfets le 27 août pour un « état des lieux »

La ministre de l’Agriculture a annoncé le 13 août sur RTL qu’elle réunira les préfets le 27 août pour qu’ils lui fassent un « état des lieux », afin de « calibrer » le plan d’aide aux agriculteurs affectés par la sécheresse et les canicules. Alors que la FNSEA a chiffré les besoins à plusieurs milliards d’euros, Annie Genevard s’est refusée à chiffrer l’enveloppe globale de ce « plan massif ».

Comme annoncé, il comprendra notamment « des aides d’urgence d’appui à la trésorerie » pour les agriculteurs « les plus en difficulté » ; ce dispositif sera « à la main des préfets » et pourra être « déployé assez rapidement, dans les semaines qui viennent ». Par ailleurs, la ministre a indiqué que l’indemnité de solidarité nationale (ISN), visant à compenser « les pertes de production les plus importantes », sera dotée cette année de « plusieurs centaines de millions d’euros, sur la base des prévisions actuelles pertes de récolte ».

Annoncé fin juillet et attendu pour la rentrée, le plan CASI (canicules, sécheresses, incendies) comprendra aussi des « prises en charge de cotisations sociales », des « dispositifs de simplification et de dérogation » et des mesures sur la gestion de l’eau, selon un communiqué du 5 août. « Ce n’est pas une sécheresse de plus, mais un épisode inédit aux conséquences très lourdes pour l’agriculture », estimé la ministre sur RTL le 13 août.