Aveyron | Par La rédaction

Portrait Jean-Christophe, agriculteur et agroforestier

Jean-Christophe Lacombe, 38 ans, est agriculteur à Bans sur la commune de Flagnac. Il exploite 82 hectares en système polyculture élevage. Avec un cheptel de 55 vaches de race Aubrac et 9 «tantes» (race mixte), il produit des veaux sous la mère (vente à 5,5 mois) et des broutards. Tous les ans, il élève une dizaine de génisses nécessaires au renouvellement du troupeau.

Ses terres sont très sensibles à l’érosion, aussi, il remet ses pratiques en question et s’intéresse à l’ensemble des techniques agricoles et des moyens à mettre en place pour la limiter. En 2006, il commence à planter 340 mètres de haies, adhère au semoir du semis direct de la CUMA de Villecomtal et, à cause de l’éloignement de cette dernière, il finit par en acheter un avec ses voisins.
Jean-Christophe cherche d’autres solutions innovantes et, en 2016, il débute l’agroforesterie par la mise en place de 79 plants d’essences variées (peupliers, aulnes, tilleuls, érables, frênes, alisiers) sur 2,5 hectares. Ces arbres sont choisis pour leur adaptation au milieu et pour leur haute tige qui permettra le passage des tracteurs entre les rangées.
Les espacements d’arbres sont de 8 mètres sur la rangée et de 26 mètres entre rangées. Avec une configuration Nord-Sud, cela permet l’implantation et la récolte de tout type de culture. En 2022, 104 autres jeunes arbres ont été plantés sur trois hectares.
 Les plants ne coûtent pas cher et peuvent être subventionnés. Il s’est entre autre appuyé sur l’association Arbres, Haies, Paysages d’Aveyron pour la réalisation (montage dossier, obtention des plants).
C’est le temps de mise en œuvre qui est important : préparation du sol, clôture de protection, réseau d’eau et d’électricité pour la réalisation de paddocks de pâturage tournant …
Pour Jean-Christophe, «l’agroforesterie améliore la beauté du site et a de nombreux avantages pour le sol, les animaux et les cultures».
En effet, côté sol, elle facilite l’infiltration de l’eau (limite le ruissellement), permet le développement des mycorhizes qui favorisent le déplacement de l’eau et des minéraux, apporte de la matière organique et diminue la température au sol en été.
L’agroforesterie permet aussi de créer des ombrages pour les animaux et de produire des plaquettes pour la litière à partir des branchages.
Et le développement de la biodiversité, permis par la présence de végétaux aux pieds des arbres, est aussi favorable aux cultures (pas d’emploi de fongicides, ni insecticides sur céréales).
 L’agroforesterie est aussi le moyen de mettre en valeur et d’augmenter la valeur de son patrimoine.
Au-delà des avantages précédemment cités, la multiplication des surfaces plantées en feuillus est une bonne alternative au réchauffement climatique.
Toutes les formes de plantations sont possibles : écartements des rangées, création de bosquets, mélanges avec des fruitiers en fonction des goûts et des objectifs de chacun.

Bernard Galibert,
mission forêt agroforesterie,
Chambre d’agriculture de l’Aveyron

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