Catégorie : National - Europe - International

Par Agra

Sécheresse : une ferme sur dix aurait «un besoin urgent d’aide forte» selon le ministère

En raison des effets de la sécheresse et des canicules, «30 à 35 000 exploitations sont en besoin urgent d’une aide forte», a indiqué le ministère de l’agriculture lors d’un brief à la presse le 28 août, soit environ 10 % des exploitations françaises (350 000 fermes, en excluant les micro-exploitations). Un chiffre issu des remontées des préfets de région, réunis la veille par Annie Genevard en vue de préparer le plan d’aide du gouvernement, qui sera présenté le 3 septembre.

«Dans une large majorité des régions, les difficultés concernent plus de 20 % des exploitations», précise l’entourage de la ministre de l’agriculture dans un message à la presse. Et, «dans les régions ayant chiffré les besoins, ceux-ci dépassent généralement 10 000 € par exploitation». Par ailleurs, le cabinet d’Annie Genevard a indiqué que les cellules d’aide psychologique des préfectures et des MSA ont été «renforcées», ainsi que les cellules Réagir (Chambres d’agriculture). Ce qui passe par notamment «plus de sentinelles» et des permanences «délocalisées hors des préfectures». Quant au coordinateur interministériel sur le mal-être en agriculture, Olivier Damaisin, il a été «missionné par la ministre pour tenir des réunions dans chaque préfecture de région avant le 1er octobre».

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Sécheresse : Lecornu promet un «plan de sauvetage» puis un «plan de relance»

Sébastien Lecornu a promis le 30 août «un plan de soutien et de sauvetage» pour aider les agriculteurs à «passer l’hiver» après un été de sécheresse, puis «un plan de relance pour 2027» pour la filière, dans un entretien accordé au Parisien. «L’agriculture, c’est mon dossier numéro un de la rentrée. Il faut agir et vite», a déclaré le Premier ministre. «La ministre Annie Genevard a démarré les consultations, je vais m’y impliquer à ses côtés. On va faire du sur-mesure. Ces dispositions seront dans le budget 2027», a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé le prolongement des aides à l’achat de carburant, pour «les filières impactées et les travailleurs les plus modestes». Les modalités de cette reconduction n’ont pas été précisées.

A l’issue du conseil des ministres le 24 août, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon avait indiqué que l’exécutif «travaill(ait) à une reconduction» des aides pour les secteurs les plus exposés à la hausse des prix du carburant. Les aides destinées aux secteurs les plus exposés, que sont l’agriculture, la pêche, le BTP et le transport expirent le 31 août. La porte-parole du gouvernement avait assuré : «nous ne laisserons aucun secteur sur le carreau».

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Par Agra

UE-Australie : le Parlement australien pourrait ne pas ratifier l’accord de libre-échange

À l’occasion d’un discours devant le Conseil général de la Chambre de commerce et d’industrie, le 26 août, le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a reconnu que la ratification de l’accord de libre-échange avec l’UE par le Parlement n’était pas garantie. En cause : la menace de blocage du texte par la coalition des principaux groupes politiques d’opposition. « Je tiens à être clair : il n’y aura pas de seconde chance avec l’UE si nous choisissons de nous retirer de cet accord », a-t-il prévenu, en incitant les représentants des entreprises à faire du lobbying auprès des parlementaires en faveur de la ratification.

Une demande qui a suscité l’ire de Matt Canavan, chef du parti National (conservateurs). Ce dernier considère que le texte est « une trahison des agriculteurs australiens ». Il reproche notamment au gouvernement travailliste d’avoir ouvert le marché australien aux producteurs européens en supprimant les droits de douane, alors que les principales exportations agricoles australiennes, de leur côté, resteront soumises à des quotas et des tarifs douaniers. « Ce n’est pas un véritable libre-échange », conclut-il.


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Blé : l’export français aspiré par un marché européen en manque de maïs

Face à un manque de maïs européen en 2026-2027, les exportations françaises de blé tendre penchent vers le Vieux Continent, a souligné le 27 août le cabinet Argus Media. « La pénurie de maïs va profiter au blé », a lancé l’analyste Maxence Devillers. Malgré une moisson décevante – la production nationale de blé tendre étant chiffrée à 30,80 Mt (contre 33,35 Mt l’an dernier) –, Argus Media table sur une hausse des utilisations en alimentation animale, à 5,2 Mt (contre 4,7 Mt), et à l’export vers l’UE, à 8,2 Mt (contre 8 Mt). Cela pénalise les exportations de blé français vers les pays tiers, estimées à 6 Mt (contre 7,3 Mt) sur la nouvelle campagne.

Une situation qui résulte de la mauvaise récolte prévue en maïs grain, « au plus bas depuis 1976 ». Argus Media l’estime cette année en France à 6,9 Mt (contre 13,2 Mt). Ce manque de disponibilités concerne tout le marché européen. La production de maïs grain est chiffrée en forte baisse dans l’UE à 46,9 Mt (contre 57,9 Mt), conséquence là aussi de la sécheresse et des canicules. « Le marché européen du maïs est en perte de vitesse », considère Maxence Devillers. Une substitution s’opère au profit du blé. Résultat, ses stocks fondent. Ils sont prévus à 10,9 Mt de blé fin 2026-2027 dans l’UE, au plus bas depuis 2020-2021.


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Canada/États-Unis : Ottawa détaille ses surtaxes sur les produits américains

Le bras de fer se poursuit entre le Canada et les États-Unis dans le cadre de la guerre commerciale qui fait rage entre les deux pays depuis l’échec de leurs pourparlers le 21 août. Le gouvernement canadien du Premier ministre Mark Carney a ainsi présenté le 25 août le détail de ses contre-mesures ciblées qui doivent permettre de répondre aux sanctions américaines. « Le Canada n’a pas choisi ce conflit commercial, mais il doit y répondre afin d’offrir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises canadiennes », précise le gouvernement dans son communiqué.

Ottawa imposera ainsi, à partir du 8 septembre, des droits de douane à hauteur de 15 %, 25 % ou 50 % sur certaines importations américaines. Leur montant correspondra au « dollar près » à celui des surtaxes américaines touchant le Canada depuis le 22 août (27,6 Md$), a indiqué le ministre des Finances, François-Philippe Champagne. Dans le détail, le lait, la crème de lait en poudre et le lactosérum seront taxés à 50 %, comme le miel ou les mélasses. Les fromages, eux, feront l’objet d’un tarif douanier de 25 %. Le matériel agricole sera taxé entre 15 % et 25 % selon le produit.


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Maïs : la récolte en baisse « de moitié », appel à la solidarité nationale (producteurs)

L’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), estimant la récolte en baisse « de moitié », a réclamé le 27 août des aides publiques « réellement à la hauteur de la crise » vécue. « La filière maïs traverse aujourd’hui une épreuve d’une gravité exceptionnelle pour laquelle une solidarité nationale d’ampleur est indispensable », déclare le président Franck Laborde, cité dans un communiqué. Concernant le maïs grain, l’AGPM chiffre la production française 2026 à 7,5 Mt (contre 13,4 Mt en moyenne quinquennale), soit « l’une des plus faibles depuis la seconde moitié du 20e siècle ».

Même évolution côté maïs fourrage, en chute « de moitié ». Cela représente au total « près de 2,5 milliards de chiffre d’affaires perdus » dans les fermes, selon le communiqué. « Dans les zones les plus touchées, la fragilité financière de nombreuses exploitations risque de se transformer en crise de trésorerie majeure, avec des conséquences durables sur l’emploi et l’activité économique locale », alerte l’AGPM. Et l’organisation de poursuivre : « Les producteurs de maïs attendent des décisions fortes ainsi qu’un soutien économique majeur et des aides publiques réellement à la hauteur de la crise qu’ils traversent, sans quoi le redémarrage sera impossible en 2027 ».


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Nitrates/sécheresse : des dérogations pour les couverts végétaux dans plusieurs départements

Selon nos confrères de Réussir, en raison de la sécheresse qui empêche parfois leur implantation, des dérogations à l’obligation de couverts végétaux dans le cadre de la directive Nitrates sont accordées ou en passe de l’être dans au moins sept départements. Certaines préfectures ont choisi des dérogations larges, à l’image de la Meuse (arrêté du 18 août), qui a décrété une dérogation à l’implantation des intercultures longues dans les zones vulnérables (mais pas les zones d’action renforcée) pour toute l’année 2026. Idem dans les Vosges (arrêté du 25 août) et dans la Marne (arrêté non paru, mais annoncé par la FDSEA).

Dans la Somme (arrêté du 12 août), la DDT a choisi une approche plus ciblée en suspendant temporairement l’obligation d’implanter un couvert d’interculture courte après une culture de pois de conserve récoltée avant le 15 juillet. Dans l’Aisne (arrêté du 21 août), c’est après les colzas que l’obligation d’intercultures courtes est « exceptionnellement et temporairement » supprimée. Dans des deux départements picards, les agriculteurs ne sont pas obligés de réaliser une analyse de reliquat azoté post-récolte pour bénéficier des dérogations. En Côte-d’Or (arrêté du 21 août), la préfecture considère que le rôle de couverture du sol « peut être assuré par les repousses de colza » (intercultures courtes). Enfin, les préfectures du Cher (arrêté du 11 août) et du Loiret (arrêté du 13 août) ont réduit la durée minimale de couverture du sol en interculture dans les zones vulnérables, à six semaines au lieu de dix.


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Sécheresse : devant les préfets, Genevard tire un bilan « sans appel »

À l’issue d’une réunion le 27 août avec les préfets, la ministre de l’Agriculture a tiré, dans un message sur le réseau social X, un bilan « sans appel » des impacts de la sécheresse actuelle, qualifiée d’« inédite », sur l’agriculture française. Sur le plan hydrologique, « 101 départements » sont « en situation de sécheresse », dont « 62 en situation de crise et 95 départements en restriction d’eau », rapporte Annie Genevard.

La ministre fait état, pour les productions végétales, de pertes de rendement qui « dépassent 50 % dans plusieurs zones du pays ». Côté élevage, toutes les régions subissent des déficits fourragers ; cinq régions présentent « un stock de fourrage inférieur de plus de 50 % par rapport à la normale » et huit un stock inférieur « d’au moins 25 % ». « Toutes les régions font état d’une situation économique et sociale des exploitations fortement dégradée », souligne Annie Genevard. Cette réunion, destinée à réaliser un « état des lieux », est un préalable à la présentation du plan d’urgence CASI (canicules, sécheresse, incendies), prévue pour le 3 septembre. Il comprendra notamment un volet d’aides directes visant à « soulager la trésorerie des exploitations et relancer la production », a rappelé la ministre.


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Sélection/sécheresse : une étude des génomes anciens ouvre des pistes d’adaptation

Des travaux de recherche sur l’histoire des gènes du blé et de l’orge ouvrent de nouvelles pistes de sélection variétale face au changement climatique, annonce l’Inrae dans un communiqué le 25 juillet. Menés par des chercheurs de l’Inrae, de l’université de Clermont Auvergne et du CNRS, ils s’appuient sur la reconstitution de dix génomes anciens, des « paléogénomes », d’ancêtres communs de 84 espèces de plantes d’intérêt agronomique, selon les résultats publiés dans Molecular Plant et Nature Plants. Objectif : identifier des gènes communs, conservés au cours de l’évolution, qui ont pu intervenir dans l’adaptation à des contraintes environnementales, comme la sécheresse.

L’étude comparative, notamment du blé et de l’orge, révèle une centaine de variants de gènes ayant des rôles clés dans l’adaptation de ces plantes cultivées à différents climats au cours de leurs 10 000 ans de domestication et de sélection par l’homme, souligne l’Inrae. Fruits de ces travaux, deux outils informatiques en accès libre, AGR et OrthoViewer, sont mis à disposition des scientifiques et des sélectionneurs. Ils permettent de comparer et identifier des gènes d’intérêt chez les plantes cultivées.


Par Agra

Ruminants : le nouvel orthobunyavirus détecté sur des chevaux en Suisse

Confirmé depuis plusieurs semaines sur des bovins dans l’ouest de l’Europe, le nouvel orthobunyavirus a été détecté pour la première fois sur des chevaux en Suisse, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale dans son bulletin du 25 août. L’infection a été découverte chez « deux chevaux décédés » présentant des troubles neurologiques, l’un à Zurich et l’autre à Berne, selon l’université de Berne. Les scientifique décrivent des animaux d’abord « souvent apathiques et abattus », avant l’apparition dans certains cas de troubles neurologiques : somnolence, troubles de la coordination et de l’équilibre, spasmes, « sensibilité excessive au toucher ou à d’autres stimuli », etc.

Le virus était présent dans leur cerveau, mais pas dans leur sang. La présence de l’orthobunyavirus Shamonda « constituerait (…) une explication plausible à la multiplication des symptômes neurologiques », avance l’université. Une hypothèse à confirmer. Ce virus a été détecté fin juillet chez des bovins présentant de la fièvre et une baisse de production laitière. Au 24 août, il était présent dans six pays (et en cours de confirmation en Belgique). En France, 18 départements ont déclaré des foyers, soit cinq nouveaux de plus en une semaine (Hautes-Alpes, Loire, Meuse, Nièvre et Manche).