Aveyron | Par Elisa Llop

ACTION MERCOSUR : au chevet de la Préfète le jour de la validation de l’accord

Vendredi 9 janvier, la FDSEA et les JA Aveyron se sont rassemblés à 5h Place d’Armes, à Rodez, pour une action coup de poing dès les premières heures du jour, où a été validé l’accord commercial du Mercosur par une majorité des États membres auprès de l’Union européenne et malgré l’opposition de la France.

Produits de qualité aveyronnaise VS produits du Mercosur

Emmanuel Macron avait confirmé, la veille, que la France voterait contre l’accord du Mercosur. JA et FDSEA ont lancé une première action dès le 6 janvier, et courant jusqu’au 12 janvier (date pressentie pour la signature de l’accord au Paraguay), consistant à inscrire «Non au Mercosur» sur routes et bâches dans les communes de chaque canton, afin de sensibiliser le plus grand monde. Les deux syndicats ont également décidé de maintenir la pression jusqu’au bout, en se mobilisant ce 9 janvier.

Les agriculteurs, accompagnés de 2 tracteurs, ont bruyamment défilé en convoi, klaxons, cloches, cornes de brume et bidons, jusque devant la Préfecture, pour tirer la Préfète du sommeil et faire entendre et remonter leurs préoccupations à la représentante de l’Etat.

Devant la Préfecture, FDSEA et JA lui avaient préparé un petit déjeuner de choix, de produits typiques aveyronnais (Roquefort AOP, viande d’Aubrac, vin AOP Marcillac, viande de porc, saucisse sèche et fritons) et de l’autre, des produits du Mercosur : une bouse de vache, un verre d’hormone de croissance,et des extraits de quelques pesticides et insecticides utilisés dans ces pays d’Amérique du Sud mais interdits en Europe.

Sur les coups de 6h30, une délégation de responsables FDSEA-JA a été reçue par la Préfète, avec laquelle ils se sont entretenus pendant près d’1h.

« L’Etat doit se réveiller aujourd’hui, pas demain ! »

Marie-Amélie Viargues, présidente de la FDSEA, a fait le bilan de cette mobilisation : «nous avons rappelé à la Préfète notre combat contre le Mercosur depuis 25 ans. Elle a dit comprendre nos revendications et nous a assuré qu’elle ferait remonter à l’Etat. Nous avons souligné que l’Etat français n’avait pas été toujours clair sur sa position vis à vis du Mercosur, alors qu’un «non» ferme depuis le début aurait permis de gagner beaucoup plus de temps dans les négociations avec les Etats-membres. Le mot d’ordre de cette action était qu’il fallait que l’Etat se réveille aujourd’hui et pas demain».

«On a rappelé que cela faisait 1 an que l’Etat nous menait en bateau, et que nous serions d’autant plus mobilisés si l’accord était ratifié», a ajouté Florian Creyssels, secrétaire général adjoint des Jeunes Agriculteurs Aveyron.

La présidente de la FDSEA Aveyron est également revenue sur les annonces de ces derniers jours : «le déblocage immédiat de l’aide supplémentaire de 45 milliards d’euros pour le bugdet de la PAC est selon nous, clairement du chantage pour faire passer le Mercosur, en plus d’être inadapté ; le Mercosur va encore plus plomber nos revenus, tandis que nous devenons toujours plus dépendants de la PAC et donc fragilisés». Ce déblocage d’aide exceptionnelle devait encore être confirmé par la la Commission Européenne ce vendredi 9 janvier.

Et sur les revendications d’imposer des clauses-miroirs sur l’accord Mercosur : «on n’y croit plus, c’est un leurre, ça ne marchera pas. On ne veut pas d’accord Mercosur et c’est tout !». Quant aux premières mesures annoncées par le Premier Ministre Sébastien Lecornu dans sa lettre ouverte du 4 janvier, elles sont jugées légères et arrivent «beaucoup trop tard».

Accord validé mais le combat continue

Ce vendredi vers midi, une majorité des ambassadeurs des Etats-membres ont approuvé sans surprise l’accord de libre-échange avec le Mercosur, qui est donc validé, malgré le vote contre de la France.

Le combat n’est pas fini pour autant pour les agriculteurs. Pour rappel, l’accord doit encore être approuvé dans les semaines qui viennent par le Parlement européen, un vote qui pourrait être serré, comme le rapporte Le Monde. D’ici le 19 janvier, le recours possible restant serait la saisie de la CJUE (cour de Justice de l’Union européenne), qui suspendrait l’accord et en vérifierait la légalité. Il se pourrait cependant que l’accord rentre quand même en application provisoirement sans le vote du Parlement européen, après un changement d’ordre du jour de la part de la présidence tournante chypriote.

JA et FDSEA Aveyron restent «mobilisés jusqu’au bout de la procédure écrite». Des mobilisations devraient donc reprendre ces prochains jours, que ce soit au niveau national ou départemental. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, évoquant notamment une action nationale devant le Parlement européen à Strasbourg, avec les JA le 20 janvier.

Elisa Llop

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