Mercredi 13 mai, en soirée, une centaine d’agriculteurs de la FDSEA et de JA Aveyron ont édifié devant la préfecture à Rodez et les sous-préfectures à Millau et Villefranche de Rouergue des haies pour dénoncer la fausse simplification sur la gestion, la création et l’entretien des haies, au sein du Guichet unique de la haie.

Devant la sous-préfecture de Villefranche de Rouergue.
Un rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) de 2023 souligne la perte, d’année en année, des linéaires de haies en France. Les JA et la FNSEA se sont mobilisés pour que les normes applicables aux haies soient simplifiées et facilitent ainsi leur implantation, leur entretien et leur valorisation. Mais le nouveau dispositif, baptisé Guichet unique de la haie, envisagé par le gouvernement, plutôt que de simplifier les règles encadrant la gestion des haies agricoles, ajoute de nouvelles démarches administratives, davantage de contraintes incohérentes avec la réalité du terrain.
«Le nouveau dispositif annoncé pénalisera celles et ceux qui entretiennent, préservent et plantent des haies au quotidien», dénoncent ainsi la FDSEA et les JA de l’Aveyron, mobilisés sur le sujet. «Les agriculteurs ont conscience de l’intérêt des haies, l’idée est que planter et entretenir des haies ne se transforme pas en fardeau administratif, mais plutôt que ce travail soit valorisé», plaident-ils.
Cette position, ils étaient plus d’un centaine à la défendre mercredi 13 mai en soirée en venant édifier devant la préfecture de Rodez et les sous-préfectures de Millau et Villefranche de Rouergue, des haies. «Si la Préfète et les sous-préfets veulent sortir il faudra la déplacer et replanter 2,5 fois plus que sa longueur comme le guichet unique l’impose…», ont invité les manifestants.

Devant la sous-préfecture de Millau.
Les haies sont un patrimoine vivant
«Le «guichet unique» devait faciliter la gestion en centralisant les demandes de destruction et la compensation, ainsi qu’en rendant départementale la période d’interdiction de taille de haie. Mais au vu du décret sur le guichet unique, c’est un système qui complexifiera et qui pénalisera celles et ceux qui préservent, entretiennent et plantent des haies au quotidien ! Ce qui aurait pour conséquence l’effet inverse de celui escompté…», ont relayé les présidentes de la FDSEA et de JA, Marie-Amélie Viargues et Clémence Bernié à Rodez.
Elles n’ont pas hésité à rappeler la place importante des haies en Aveyron, et la nécessité d’encourager celles et ceux qui plantent et entretiennent des haies en simplifiant leurs démarches, plutôt que de les dissuader L’Aveyron est en effet classé 3ème département en France en nombre de kilomètres linéaires de haies avec 49 602,3 km (selon les données du rapport «La haie, levier de la planification écologique» du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, d’avril 2023). Ces chiffres sont néanmoins très variables, les erreurs de relevés étant importantes… Pour y voir plus clair, la FDSEA et JA Aveyron demandent une définition claire et précise d’une haie. Et d’énumérer les nombreuses autres incohérences de ce dispositif sur le terrain : une fixation de la période de taille des haies de façon uniforme par la préfecture sans prise en compte des décalges de l’état d’avancement de la végétation selon les zones du département ; l’allongement de la période d’interdiction de taille passant de 20 à 21 semaines, toujours sans tenir compte des disparités au sein d’un même département.
Une nouvelle fois, FDSEA et JA demandent «Du biais Macarel» : un système plus lisible et beaucoup plus de pragmatisme pour la simplification de la gestion des haies. «Les agriculteurs doivent pourvoir restructurer leurs linéaires de haies pour répondre aux besoins qui peuvent évoluer au cours de la vie de leur exploitation. Nous demandons une marge de manœuvre plus large pour les projets de déplacement de haies et une vision claire sur ce qui peut être fait dans les territoires», ont exprimé les responsables syndicaux.
«L’ensemble des haies en bordure de parcelles, est un patrimoine vivant qui existe grâce aux agriculteurs qui les plantent et les entretiennent. Nous déplorons de créer une surcharge administrative, une gestion plus restrictive que la règlementation actuelle et un risque de sanction accru», ont-ils résumé.

Devant la préfecture de Rodez.
La rédaction


