Aveyron | Par La rédaction
Pour réaliser l’entretien et la réparation des machines agricoles au sein de l’exploitation, il est nécessaire de prévoir un bâtiment adapté à leurs spécificités.
La surface nécessaire doit être au minimum de 150 m². La hauteur sous plafond doit dépasser les 5 m afin d’intervenir aisément sur les automoteurs de type ensileuses ou moissonneuses batteuses. Les portails, positionnés idéalement Est, Sud/Est seront dimensionnés avec une largeur minimale de 4,5 m et de 5 m en hauteur. Le plafond isolé contribuera à limiter les déperditions de chaleur l’hiver et sera d’un confort appréciable lors des interventions en période estivale. L’isolation des murs sera un plus mais engendrera un coût supplémentaire. Le sol bétonné et lissé facilitera le balayage. Une fosse permettra d’intervenir sous les engins.

L’accent devra être mis également sur l’éclairage naturel. Des panneaux translucides placés en toiture et en bardage favoriseront l’entrée de la lumière naturelle. Plusieurs sources lumineuses de type Led devront être placées au-dessus des zones d’intervention et des établis.
Coté chauffage, un système fixe électrique, à gaz ou à fioul pourra être installé pour plus de confort en hiver. Un chauffage de postes par canon de chaleur est un bon compromis. La création d’une aire de lavage extérieure avec récupération des eaux d’écoulement devra être envisagée. Une surface devra être dédiée au rangement, avec des rayonnages pour stocker les pièces de rechange (filtres, courroies, fluides…). Un réseau électrique et d’air comprimé devra être installé sur le pourtour du bâtiment. Enfin, un ou deux établis robustes équipés d’étaux renforcés seront indispensables.
Du matériel adapté à l’agricole et aux poids lourds
- Le levage et la manutention : Les interventions sur le matériel agricole nécessitent souvent un appareillage bien spécifique. Un cric hydraulique d’une capacité de 10T sera nécessaire et devra être associé à un jeu de chandelles homologuées poids lourds. Une grue d’atelier et un transpalette seront une aide précieuse pour manipuler des charges lourdes en sécurité. Un portique associé à un palan relié à des élingues homologuées permettront d’effectuer des opérations de levages de composants techniques en toute sécurité.
- L’outillage mécanique : La base sera une servante équipée d’outils à main avec clés mixtes, jeu de tournevis, différentes pinces, coffret cliquet avec carrés ½ et ¾, douilles grand diamètre, embouts Torx et 6 pans, chasse goupilles, marteaux… Le desserrage des ensembles ne pourra se réaliser qu’avec une clé à choc dotée d’un couple d’au moins 2000 N.m. Une fontaine de nettoyage sera utile pour dégraisser les pièces.
- Les machines fixes de l’atelier : L’outillage fixe comprendra un compresseur industriel pourvu d’une cuve d’une capacité minimale de 200 litres (idéalement 500 l). La perceuse à colonne sera essentielle. On pourra lui associer une tronçonneuse à métaux ou lui préférer une scie à ruban pour métaux.
- Côté soudure, un poste semi-automatique (MIG) et un poste oxyacétylénique assureront les assemblages mécano-soudés ou brasés. Un nettoyeur haute pression, idéalement par eau chaude est un indispensable pour maintenir les machines propres. La presse d’atelier assurera l’extraction des roulements et pourra remettre en ligne un élément déformé. Pour aller plus loin dans les interventions, un tour pourrait également être utile pour réaliser des pièces de révolution.
- L’électroportatif et les outils pneumatiques : si les visseuses, perceuses, disqueuses, meuleuses… font généralement partie des premières acquisitions, la gamme peut être complétée par une pompe à graisse ou un cliquet pneumatique. La technologie par batterie s’impose à présent sur l’ensemble des outils électroportatifs.
- Quelques outils spécifiques : certaines interventions techniques nécessiteront un appareillage spécialisé. Une clé dynamométrique (500 N.m) autorise des serrages contrôlés. Un jeu d’extracteurs permet de retirer les poulies ou les moyeux de leur axe. Un coffret de tarauds/filières est utile pour reprendre certains assemblages.
Côté électricité, un testeur de batterie associé à un démarreur/booster sera l’équipement de base. Un multimètre et une pince ampèremétrique permettront d’approfondir la recherche de pannes. Les travaux réalisés dans l’atelier ne doivent pas faire oublier la sécurité. Un ou deux extincteurs et une trousse de premiers secours devront faire partie des priorités.
Pour commencer à équiper correctement un atelier à la ferme, compter un budget minimum de 20 à 25 000 €.
Pascal Gilhodes


