Aveyron | Par Elisa Llop
L’ensemble scolaire Saint-Joseph Saint-Louis, à Réquista, est un établissement scolaire privé et catholique sous-contrat, composé de l’école Saint-Joseph et du collège Saint-Louis.
Patrimoine laitier à l’honneur
L’établissement place le Réquistanais et plus généralement l’Aveyron au cœur de son projet de territoire, en lien avec la Région. Ce projet, annuel, est commun à l’école comme au collège. Cette année, il s’intéresse plus particulièrement à l’élevage et à la production laitière et fromagère du territoire.
D’abord imaginé par l’école, «Le petit fromager» valorise à la fois les savoir-faire agricoles locaux, mais aussi le patrimoine territorial en général, ainsi que des partenaires éducatifs, culturels et institutionnels de proximité.
«L’objectif est de remettre l’école dans le territoire, et plus généralement, donner du sens aux apprentissages, éveiller la curiosité et faire naître la fierté d’un territoire qui vit et se transmet» explique Yannick Souyri, le chef d’établissement, qui rêve d’ouvrir de nouvelles perspectives pour donner d’autres horizons à ses élèves, un tiers-lieu par exemple.

Mélanie Massol, professeur des écoles et cheffe d’établissement de l’école Saint-Joseph, à l’initiative du projet, en développe la genèse. «Le but est de découvrir toute la chaîne des métiers attenants, du patrimoine agricole en général. Dans le cadre du «Petit Fromager», à l’issue de l’année scolaire, les plus jeunes (des maternelles au CM2) auront visité un élevage de chèvres (M. Esteveny à Montplaisir), la laiterie Roquefort Société à Réquista, un élevage de brebis laitières (GAEC de la Poulenque), le marché des ovins, une ferme pédagogique, et pour finir, les caves de Roquefort Société (avec un passage au viaduc de Millau). Ces découvertes seront préparées en classe et restituées dans le «Carnet du Petit Fromager» propre à chaque enfant».
Pour la session 2026-2027, la directrice a déjà plein d’idées ; peut-être l’élevage de la truite, par exemple.
Les collégiens du parcours multimédia suivront le projet sous la forme d’un reportage photo et de prises vidéos : en plus de prendre comme modèles leurs jeunes camarades dans leurs diverses virées du «Petit Fromager», ils seront également présents au SIA à Paris, mais aussi à Provinlait à Réquista. Le vernissage de leur expo photo se tiendra en fin d’année au collège. A cette occasion, Le Saloir prêtera aux collégiens une collection de pierres lithographiées et de vieilles étiquettes, notamment gastronomiques, ajoutant une dimension graphique et artisanale à l’exploration. Philippe Dummont, artiste graveur, interviendra également dans le cadre d’un partenariat avec le Département de l’Aveyron, pour initier les élèves aux bases de la gravure, afin de créer des étiquettes inspirées du monde fromager.
Toujours dans le projet de territoire, la création d’un jardin botanique est aussi en cours.
Priorité ouverture
L’ouverture à l’extérieur est aussi considérée comme importante. Depuis cette rentrée, le collège propose ainsi une option de 3 parcours de spécialisation : sport-santé, multimédia (photo, vidéo, son, le collège disposant de son propre studio photo) et langue (qui vise à être bilingue anglais en 3ème, mais qui propose aussi d’autres options de langues via le CNED et un partenariat Erasmus+).
Le collège est en outre titulaire du label E3D (Établissement en Démarche de Développement Durable) de niveau 1. Ainsi, l’école a pu développer un projet d’éco-pâturage E3D, avec ses 6 moutons : «Entre nature et Europe», également développé avec Erasmus + et également jumelé avec l’Espagne.
Côté école, des interventions sportives avec des intervenants spécialisés ont été sollicitées ; c’est déjà le cas pour le foot et bientôt le rugby et les quilles.
Dans le cadre de l’action «Un chemin, une école®», développée par la Fédération Française de randonnée, l’école a souhaité s’inspirer du projet annuel «Petit Fromager», en partenariat avec le club de rando de Réquista. D’ici la fin de l’année, les élèves créeront les plans, définiront le tracé, baliseront et élaboreront des signalisations pour leurs chemins de randonnées.
Enfin, les enfants ont pu, cette année, réaliser un court-métrage 100 % fictif, mettant en scène un mouton, grâce à un partenariat réquistanais supplémentaire, Kalbéni.
Elisa Llop


