Aveyron | Par Eva DZ

Concours cantonal Aubrac à Thérondels, mercredi 28 octobre : Noémie Mialet, 100% mordue Aubrac !

Alors que Saint Amans des Côts accueillait le Départemental Aubrac début octobre, il n’était pas prévu d’organiser un concours cantonal sur le Carladez tout proche mais l’envie de se retrouver après une année d’absence, a été plus forte pour les éleveurs Aubrac locaux. Noémie Mialet installée à Taussac, est un bel exemple de cette jeunesse motivée.

Noémie Mialet est une jeune éleveuse Aubrac passionnée, «100% mordue» disent ses parents ! Elle s’est installée en janvier 2025 sur l’exploitation familiale, en remplacement de son père, parti à la retraite. Au sein du GAEC de la vallée de la Bromme, à Taussac, elle est associée à son frère (installé depuis 3 ans) et son compagnon, Vincent Cazes, installé depuis 10 ans hors-cadre familial sur la même commune, les a rejoints. Ils ont réuni leurs deux élevages pour former un troupeau de 160 mères en race pure Aubrac, sur 220 ha.


Après un bac STL (sciences et technologies de laboratoire) et un BTS STA (sciences et technologies des aliments) à Aurillac, Noémie a travaillé pendant 5 ans dans une fromagerie locale. Mais elle savait que tôt ou tard, elle reviendrait à ses premières amours, celle des animaux ! Après une année de salariat dans une ferme voisine, elle a franchi le pas en janvier 2025. «Mon père avait déjà inscrit tout le troupeau. Il participait en tant que bénévole au syndicat cantonal de Mur de Barrez-Saint Amans même s’il n’exposait pas d’animaux. Il m’a transmis cette passion», confie Noémie. Tout comme son compagnon, Vincent, qui à son installation en 2006, a monté son propre troupeau Aubrac et est désormais, un habitué des concours. Il est d’ailleurs président du syndicat cantonal Aubrac de Mur de Barrez.

Fierté

Leur passion pour la génétique se traduit dans le choix de leurs animaux : «nous ciblons d’abord la docilité, la génétique des parents, la morphologie et les qualités de races», explique l’éleveuse de 29 ans. Ainsi les animaux sont triés petits, via la méthode Souvignet, pour tester leur caractère. Les mâles de 18-20 mois sont vendus comme reproducteurs et les autres sont repoussés pour le marché italien. Une quarantaine de femelles sont gardées pour le renouvellement et les autres vendues comme reproductrices à des clients fidèles, «qui connaissent bien les qualités de nos animaux». «Depuis 10 ans, Vincent a affiné les débouchés des reproducteurs et nous allons continuer sur cette lancée», avance Noémie. Pour faciliter le regroupement des deux sites, un bâtiment est en cours de construction, «il va nous apporter un énorme confort de travail», confirme la jeune maman.

Depuis plusieurs années, elle accompagne Vincent sur les concours Aubrac et tous deux sont très investis sur le cantonal du Carladez. «Il y a une belle dynamique des éleveurs Aubrac sur le Carladez qui tiennent à leur cantonal et nous avons envie de l’entretenir». D’où leur volonté commune de l’organiser cette année, un mercredi pendant les vacances scolaires, à Thérondels. D’ailleurs, ils ont déposé leur candidature pour accueillir le Départemental 2028…

«Les concours sont intéressants parce qu’ils permettent de se retrouver, de savoir aussi où se situent nos animaux, mais aussi de se faire connaître», affirme Noémie. Et de lier des partenariats aussi comme ce taureau acheté en co-propriété avec leur voisin, Emilien Soulenq. De même l’élevage apporte régulièrement des veaux à la station de La Borie pour là encore se faire connaître, valoriser leurs animaux et «faire avancer la race dans ses orientations». L’éleveuse souligne ainsi les qualités de rusticité et d’adaptation de l’Aubrac : «Dans notre métier comme dans la vie aujourd’hui, il faut apprendre à s’adapter tous les jours face au climat, au sanitaire, à la conjoncture économique. Nous sommes davantage sujets au changement et l’adaptation doit être permanente. La rusticité de l’Aubrac doit être perpétuer parce qu’elle est facile à élever et qu’elle s’adapte aux contraintes», analyse Noémie.

La participation aux concours, comme le premier Sommet de l’élevage cette année, permet de conforter le choix des 3 associés. «Même si l’année est difficile et que la préparation des animaux a été plus compliquée, c’est important d’être présents. Ça demande du temps, de la patience mais au final, c’est une belle fierté !», conclut Noémie.


Eva DZ

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