Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Adopter les bons gestes pour travailler sans s’user

L’ADPSA propose une formation le jeudi 5 novembre pour apprendre à adopter des gestes et des postures afin de préserver son corps dans les activités agricoles du quotidien. La formatrice a déjà dispensé des cours auprès de maraîchers notamment.

À la fin de la journée, les apprenants auront réfléchi aux meilleurs gestes à adopter pour «travailler efficacement tout en limitant les douleurs, la fatigue et l’usure physique». Cette rencontre devrait leur permettre d’explorer d’autres façons de mobiliser leur corps dans les tâches qu’ils connaissent déjà.
Cette formation est dispensée par Delphine Girard, l’une des trois praticiennes Feldenkrais diplômées dans le département. «Mon approche est non thérapeutique, centrée sur l’apprentissage, l’autonomie et l’amélioration du confort dans les activités quotidiennes et professionnelles», résume Delphine Girard.

Cette sportive a découvert le Feldenkrais au tournant des années 2000. Après l’avoir pratiqué pendant une dizaine d’années, elle décide de suivre une formation pour dispenser elle-même des cours. «Mon intérêt pour cette pratique s’est construit peu à peu. Malgré mes nombreuses années de sport, je me suis rendue compte, finalement, que je connaissais peu le fonctionnement de mon corps», détaille-t-elle.
«Mon rôle consiste à aider les personnes à comprendre leur fonctionnement», postural, notamment, pour ensuite réfléchir à d’autres façons de bouger afin d’éviter de se faire mal au quotidien.

Soutenir le mouvement en douceur

La méthode Feldenkrais a été mise au point au début du XXème siècle par Moshé Feldenkrais, physicien et expert en arts martiaux. Approche douce, aux mouvements lents, elle est conçue pour s’adapter aux limitations de chacun. «Durant les heures de cours, je ne cherche pas à ce que tout le monde tienne la même position pendant un exercice. L’idée, c’est que je donne une consigne, puis chaque élève réfléchit au moyen le plus confortable pour arriver à faire l’exercice, sans douleur», détaille Delphine Girard. L’objectif étant avant tout d’apprendre à doser ou à mieux répartir l’effort sur l’ensemble du corps.

«Les mouvements sont généralement lents afin de favoriser la perception des appuis, de la colonne, du bassin et des habitudes de mouvement». L’idée étant d’ouvrir des possibilités de mouvement et de ne pas rester enfermé dans des habitudes, par exemple pour s’asseoir, conduire, entrer dans une voiture ou réaliser une tâche quotidienne, par exemple.

La praticienne Feldenkrais, qui a suivi une formation étalée sur quatre ans pour obtenir sa certification (dans une vie précédente, elle était bibliothécaire), exerce à Rodez et à Marcillac, en cours individuels ou collectifs. «Je travaille déjà avec des collectivités, des crèches, le personnel du Département, etc.», note Delphine Girard à propos de ses interventions dans le monde du travail. Sans oublier les cours qu’elle a dispensé à un groupe de maraîchers, venus la solliciter pour apprendre à travailler sans s’user le dos trop vite, notamment.

Conserver la capacité à travailler

«L’objectif n’est pas de proposer un traitement spécifique aux agriculteurs, mais de les aider à accomplir leurs tâches avec moins d’effort et de tensions, davantage de fluidité et de plaisir de bouger. Les positions contraintes – notamment dans un tracteur, lors du travail du sol, du port, du tirage ou de la poussée de charges», sont légion dans le quotidien des agriculteurs, et s’assurer de bouger correctement est aussi un moyen de pouvoir exercer son métier sans dégradation durable de sa capacité à travailler.
«Aucun prérequis, aucune condition sportive ni connaissance anatomique ne sont nécessaires ; la curiosité et l’attention aux sensations constituent les principaux points d’entrée», indique Delphine Girard.


Marion Ghibaudo

Inscriptions auprès de l’ADPSA au 05 65 73 77 96.
Attention, places limitées à 10 personnes.

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