Aveyron | Par Eva DZ

Filature Colbert : une levée de fonds pour poursuivre la croissance

Trois ans après sa création, la filature Colbert à Camarès lance une levée de fonds pour poursuivre son développement.

Vincent Fabry de Fertilaine est un partenaire important de la filature Colbert, représentée par son directeur, Jean-Philippe Lignon.

Depuis 3 ans qu’il a repris le projet de filature initié par Jean-Pierre Romiguier, Jean-Philippe Lignon écume les salons, multiplie les prises de contact et donne toute son énergie pour rendre ses lettres de noblesse à la laine des brebis Lacaune.

Au fil des jours, Jean-Philippe Lignon tisse son réseau : en local avec des entreprises comme Fertilaine pour le paillage, Technilat pour les matelas, les tapis de yoga du Larzac ou bien à l’échelle nationale avec le groupe Saint Gobain pour l’isolation thermique et phonique via la laine. Et cette énergie porte ses fruits avec une activité en croissance… et un potentiel certain de développement car le produit correspond aux attentes. Avec Vincent Fabry de l’entreprise Fertilaine, l’activité sur les 6 premiers mois de l’année a été multipliée par 3 «bien au-delà de nos prévisions», se réjouissent les deux entrepreneurs.

La laine, un potentiel multiple

En 2025, la filature Colbert a traité 155 tonnes de suin (laine tondue). «Cette laine issue à 99% des brebis Lacaune est rustique, très difficile à travailler parce que pleine de paille», explique Jean-Philippe Lignon. Avec le PNR des Grands Causses et le lycée La Cazotte, il a mis en place des formations pour apprendre à trier la laine, tondre «proprement» de façon à mieux valoriser le produit.

«Il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation parce que la laine a été trop longtemps considérée comme un sous-produit de l’élevage, peu valorisé. Mon objectif est de révéler tout son potentiel et ainsi de mieux le payer aux éleveurs», a-t-il argué, rendant hommage à l’un des piliers de son entreprise, les éleveurs de brebis réunis au sein de l’APLBR. Un investisseur privé ainsi que le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées s’engagent également aux côtés de Jean-Philippe Lignon dans la filature. D’ailleurs la banque verte s’est engagée à isoler son futur siège rénové sur le Causse comtal avec de la laine de brebis !

Levée de fonds


Alors pour continuer d’accompagner cette croissance, la filature Colbert a sollicité l’entreprise Magellim pour une levée de fonds de 250 000 euros d’ici fin août (ticket d’entrée à 100 euros dont 18% de déduction d’impôt). M. Hilaire, représente cet acteur de l’investissement, convaincu que «les filières comme la filature Colbert ont besoin de l’épargne locale pour se développer». «Plus une entreprise performe et plus elle créera de la valeur et des emplois, c’est pourquoi nous voulons accompagner, financer et soutenir ces initiatives». Et de conclure : «Nous voulons financer les champions de demain qui créent une activité en lien avec leur territoire et des emplois non délocalisables. La filature Colbert coche en ce sens, toutes les cases».

«Nous avons besoin de ce coup de pouce pour conforter notre filière et l’inscrire dans la durée», a conclu Jean-Philippe Lignon.
Pour participer, rdv sur baltis.com – Commencer à investir – Projets – Filature Colbert

Eva DZ

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Le Parc naturel régional des Grands Causses organise les 1ères rencontres de la laine mardi 23 septembre à Saint-Affrique au lycée agricole de La Cazotte. Avec près d’1 million de brebis à l’échelle de l’aire de l’AOP Roquefort, essentiellement sur le territoire des Grands Causses, près de 1000 tonnes de laine sont produites par an sur le territoire. Peu valorisée à ce jour, la laine présente pourtant des potentialités de valorisation importantes.Pourquoi valoriser la laine ? Comment la valoriser ? Pour quel type de laine ? Quelles dynamiques sur les territoires et quels acteurs impliqués ? Autant de questions qui seront abordées ainsi à travers différents témoignages et interventions d’experts mardi 23 septembre. Près de 1 000 tonnes de laine…