Aveyron | Par Rym Mekhalfa

Témoignage en filière porcine : une production connectée

En 1997, lorsque Bruno Montourcy s’est installé en GAEC avec ses parents, quelques porcs sont présents sur la ferme du Viala, commune du Fel, presque comme une activité complémentaire. Pourtant, c’est bien cet atelier qui va peu à peu prendre de l’ampleur.

«Le porc, c’est venu progressivement», raconte l’éleveur. Au moment de son installation, un stage obligatoire lui permet de découvrir plus concrètement le fonctionnement d’un élevage porcin. Une révélation. Très vite, Bruno décide de développer cette activité et rejoint un groupement qui l’accompagne dans la structuration de son projet.

Au fil des années, l’élevage prend de l’importance. Pour gagner en confort de travail et répondre aux contraintes d’organisation, l’éleveur fait alors un choix fort : délocaliser les bâtiments porcins à quelques centaines de mètres de la ferme d’origine. L’objectif est clair : rendre l’élevage plus simple à gérer au quotidien, sans pour autant perdre en vigilance.

«Il y a des périodes où il faut absolument être présent, notamment sur les tâches techniques ou les moments sensibles. Mais à d’autres moments, on peut s’organiser autrement», explique-t-il. Grâce à un système de surveillance informatisé, l’éleveur garde un œil sur son exploitation depuis son ordinateur ou son smartphone. Une solution qui lui permet, lorsque c’est possible, de déléguer certaines tâches à un salarié, sans devoir être présent en permanence.

S’équiper pour mieux faire son métier

Pour moderniser son élevage, Bruno Montourcy s’est équipé progressivement de plusieurs outils technologiques, installés par la société SEMEL. Des investissements pensés avant tout pour améliorer le suivi des animaux et simplifier le travail.
Parmi eux, une station de tri H+L. Une sorte de scanner capable d’analyser la morphologie des porcs afin de les orienter automatiquement vers la ligne d’alimentation adaptée.

Autre outil devenu indispensable : les boucles RFID installées sur les truies. Grâce à elles, chaque animal est identifié individuellement et reçoit la ration correspondant exactement à son plan alimentaire. «On sait précisément qui mange quoi», résume l’éleveur. Avec l’Examat d’Asserva, la fabrication de la ration est entièrement gérée sur place : broyage, mélange, préparation et distribution. Un moyen de respecter précisément le programme nutritionnel prévu.

Mais c’est peut-être sur la gestion du bâtiment que la technologie prend tout son sens. Ventilation, brumisation, température, humidité : tout est piloté automatiquement grâce aux systèmes Izypig de Tuffigo Rapidex. Un point loin d’être anecdotique, notamment l’été. «Quand il fait trop chaud, les porcs mangent parfois deux fois moins. Derrière, on peut avoir des retards de croissance, davantage de maladies, plus de traitements… et parfois des pertes», souligne Bruno.

Grâce à des sondes réparties dans les bâtiments, le système ajuste automatiquement les flux d’air selon les besoins des animaux et les espaces concernés. Car tous n’ont pas les mêmes exigences. Une truie qui vient de mettre bas sera plus à l’aise autour de 21 °C, tandis que les porcelets ont besoin d’une ambiance plus chaude, proche de 28 °C, pour bien démarrer. «Sans ce type d’installation, ce serait très compliqué à gérer», assure-t-il. Et si un problème survient, l’éleveur est aussitôt alerté sur son téléphone.

Pour Bruno Montourcy, tous ces équipements ne sont pas là pour remplacer l’éleveur, mais pour mieux faire son métier. Selon lui, le confort animal reste le meilleur levier de réussite technique. Une conviction qu’il aimerait voir davantage partagée dans d’autres productions.
L’éleveur apprécie également la réactivité du service après-vente. «Aujourd’hui, beaucoup de pannes se règlent à distance. C’est rassurant et ça évite d’attendre un technicien pendant des heures !».

Rym Mekhalfa

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