Aveyron | Par Eva DZ
Le son et lumières «Des Pierres et des Hommes» porté par l’association Mémoires de Sévérac réunit 130 bénévoles de tous horizons, dont une douzaine d’agriculteurs en activité ou retraités, du Sévéragais et au-delà !
Figurants, acteurs, petites mains, à la mise en scène, aux décors, à l’entretien du matériel, aux costumes, à l’accueil des spectateurs… Les agricultrices et agriculteurs, de tous âges, participent à la réussite chaque été du son et lumières dans la cour du château de Sévérac. Certains mêmes étaient de la première aventure imaginée en 1996 par Bruno Seillier, fils de l’ancien maire et sénateur. Il avait écrit pour sa thèse, un scenario qui plonge dans la mémoire du château de Sévérac autour de la légende Jean Le Fol.

Une œuvre collective, locale
A l’époque, 150 bénévoles étaient mobilisés, dont 80 figurants. «Les agriculteurs avaient l’habitude de travailler ensemble, nous nous sommes donc motivés les uns, les autres», se souvient Jean Seguin, investi depuis la première aventure. Les agriculteurs avaient notamment la charge du transport des spectateurs jusqu’au site du château, la gestion des parkings et l’accueil, le montage des gradins alors loués par la municipalité. Ce premier spectacle a animé les étés sur Sévérac pendant 22 ans.
Puis l’arrivée du COVID a rebattu les cartes. «Nous avons profité de ce «temps mort» pour écrire un nouveau scenario, qui nécessite la participation de 130 personnes. Il constitue une véritable œuvre collective et locale», évoque Daniel Guegan, agriculteur retraité qui s’est investi dans la mise en scène. Une nouvelle mouture qui demande beaucoup de rôles d’hommes, «les recrutements ont été nombreux chez les agriculteurs», précise Joël Agulhon, lui aussi investi d’abord au montage des gradins alors qu’il était conseiller municipal.
Ce deuxième spectacle baptisé Des Pierres et des Hommes veut rendre hommage à l’activité du Sévéragais autour de son château : l’agriculture bien sûr mais aussi le chemin de fer car la gare de Sévérac était un carrefour important employant 400 cheminots et accueillant l’atelier d’entretien de la locomotive de Béziers. «A l’époque, les 5-6 bouchers abatteurs sur Sévérac traitaient plus de 2 000 agneaux par jour, dont la viande était expédiée en train en région parisienne», raconte Joël Agulhon.
Des frayeurs mais beaucoup de bonheur
«C’est cette ruralité active que nous mettons en avant dans ce son et lumières et nous avons la chance de disposer d’un écrin exceptionnel, notre château, dont la seigneurie était très proche du roi de France, pour faire re-vivre l’histoire», poursuit-il, précisant que la rénovation du château inscrit au patrimoine national, n’a commencé qu’il y a 60 ans, ses pierres étant jusqu’alors utilisées pour la reconstruction locale.
A Sévérac il y a toujours eu une tradition de spectacle ! Le château a été une source d’inspiration ! Francis Ricard, l’un des agriculteurs bénévoles, se souvient à la fin des années 70, d’un petit spectacle, monté par une résidente de Sévérac, artiste, qui était venue chercher les paysans pour participer… Beaucoup d’entre eux ont continué à s’investir.
Parmi les plus anciens, tous témoignent des bonheurs de cette aventure collective et le plus grand, ce sont les félicitations des spectateurs. Ils se souviennent aussi de quelques frayeurs, les soirs d’orage où tout le monde s’est réfugié sous un porche, y compris les chevaux présents dans le spectacle… heureusement sans dommage ! D’ailleurs ce sont les agriculteurs qui sont chargés d’amener et de dresser les animaux présents sur la scène (agnelles, ânes, chevaux) pour les habituer aux lumières, au bruit…
Des mois de travail collectif
Ce son et lumières est le reflet du travail de toute une saison, d’une association Mémoires de Sévérac qui réunit, autour de Pierre Salles, des personnes de tous horizons, de tout jeunes enfants, figurants dans les berceaux aux plus anciens de plus de 80 ans ! Plusieurs associations locales, partenaires, apportent leurs bénévoles. Réparation et préparation du matériel, des décors, des costumes, répétitions des danses, des combats, communication et promotion de l’événement… des groupes de travail sont en place et le conseil d’administration se réunit chaque mois. «Nous avons une organisation bien rodée et qui se transmet entre bénévoles», assure Joël Agulhon. Les organisateurs peuvent compter sur le soutien de la municipalité, propriétaire du château ainsi que des collectivités, Com com, Département, Région ainsi que des commerçants, artisans et entreprises locales.
Tous ont la même envie : faire des 7 dates de spectacles de l’été, une réussite auprès des 500 spectateurs reçus chaque soir (capacité maximum dans la cour du château). Touristes, vacanciers mais aussi les gens du pays repartent chaque soir, des étoiles plein les yeux, des souvenirs plein la tête. «Nous recevons du public de la vallée du Tarn et du Lot, de Rodez, de Millau, de Lozère et chaque année, nous tentons d’élargir», avance Joël Agulhon. «Sévérac et ses 4 000 habitants ont besoin de ce spectacle !», conclut-il.
Eva DZ
RDV les 24-25-28-29-30-31 juillet et 1er août à 22h (durée 1h40).
Réservations : 05 65 47 67 31 – contact@memoiresdeseverac.fr.
https://www.spectacle-son-lumiere-aveyron.fr/
Pour toutes celles et ceux qui souhaitent rejoindre l’aventure, c’est encore possible !


