Aveyron | Par Eva DZ
La race Aubrac affiche des effectifs en croissance, dépassant 271 000 vaches. Une performance dans un contexte national de décapitalisation, résultant, selon les responsables de l’OS Race Aubrac, de l’efficacité des choix de sélection.

Avec des effectifs en croissance constante depuis plus de 10 ans (+9,6%, + 61 adhérents), l’organisme de sélection de la race Aubrac (OS) n’entend pas se reposer sur ses lauriers. Son président, Mathieu Causse, évoquait dans son rapport moral lors de l’assemblée générale du 12 mai, la nécessité de continuer à «être exigeants et audacieux» : «même si la progression de nos effectifs conforte les choix de sélection réalisés, notre associaton et nos outils doivent continuer de se moderniser afin de répondre pleinement aux attentes de l’élevage allaitant constamment confronté aux aléas climatiques, sanitaires et économiques».
Inquiétudes sur les financements
Lors de cette assemblée générale ont ainsi été présentés l’ensemble des projets et toutes les actions menées par l’OS pour faire avancer la race et la promouvoir. Et ce malgré une réorganisation des financements publics face à des charges constantes voire en augmentation pour les Organismes de sélection. Pour exemple, désormais les coûts d’évaluation génétique seront portés par les OS, tout comme l’hébergement du nouveau système d’information de diffusion des valeurs génétiques (SI-DVG). Ces coûts supplémentaires s’ajoutent aux nouvelles charges consécutives à la mise en place du Règlement Zootechnique Européen (RZUE).
«Ces différents éléments financiers sont à prendre en compte pour préparer l’avenir», a souligné le directeur de l’OS Race Aubrac, Cyril Leymarie. La participation à la structure Races de France, ainsi qu’au CORAM (collectif des races de massifs) permettent à l’OS de défendre les spécificités de la race et de rappeler «sa volonté de s’inscrire dans une démarche de partenariats locaux forts avec ses partenaires historiques pour garder son ancrage territorial fort». Citant ainsi notamment Aveyron Labo pour protéger les données de ses éleveurs et valoriser les compétences locales ou encore la SAS GENOBRAC pour développer la génomique au plus près des attentes du terrain. «Nous nous impliquons dans les projets nationaux afin de garantir qu’ils servent nos races locales», a affiché Mathieu Causse. Car la race Aubrac, malgré la croissance de ses effectifs, reste bien une race locale, ancrée dans son territoire d’origine : «plus de la moitié de nos 700 adhérents au Herd Book sont installés dans le berceau de la race», assure son président.
Défendre le monde de la génétique
Dans ce contexte instable, l’OS Race Aubrac peut s’appuyer sur sa notoriété grandissante dans quasiment tous les départements de France, et notamment en proximité du berceau Aveyron – Lozère – Cantal ainsi que sur la forte demande à l’étranger. Ainsi 281 pedrigrees export ont été édités en 2025 sachant que la fin d’année a été marquée par le contexte sanitaire DNC…
«L’embellie des cours de la viande en raison d’une offre limitée s’est ressentie aussi dans les prix de nos animaux reproducteurs», complète Mathieu Causse, citant les «excellents résultats» des ventes à la station d’évaluation et celles des mâles reproducteurs de l’été 2025 et du National Aubrac. «Malgré la contrainte sanitaire, notre National à Aumont Aubrac a été une réussite», regrettant toutefois la perturbation des manifestations de l’automne et de l’hiver. Le Sommet de l’élevage comme le salon de l’agriculture se sont en effet tenus sans bovins mais pas sans l’OS Race Aubrac, qui a tenu à y assurer la promotion de la race et à y défendre le monde de la génétique animale, avec le soutien de ses partenaires.
En parallèle, l’OS Race Aubrac continue de s’impliquer dans les projets de Recherche & Développement nationaux mais aussi en interne. Les premiers index Single Step (une seule étape) en race Aubrac sont arrivés dans les fermes à l’automne 2025. Ce nouveau modèle qui remplace IBOVAL, combine dans l’évaluation génétique, les différentes sources d’information pour un animal (ascendance, performances propres, performances sur descendance et effet marqueurs génomiques) et ajuste le calcul de certains index élémentaires. L’idée est de mieux refléter le ressenti du terrain et de compléter les généalogies. La valorisation des fourrages grossiers reste un axe de travail en vue d’augmenter l’autonomie alimentaire des animaux. Autre projet à perfectionner : Phéno 3D qui permet d’utiliser l’imagerie 3D pour collecter les données au sevrage des veaux de façon homogène.
«Notre programme de sélection met l’accent sur les qualités maternelles mais plus les qualifications sont élevées et plus le potentiel de nos animaux sera important sur nos trois postes prioritaires : la facilité de naissance, le lait et la croissance», a résumé Mathieu Causse. «A nous de valoriser au mieux les outils à notre disposition (le recueil de données, la station d’évaluation et la génomique) pour faire évoluer et avancer la race Aubrac», conclut le président.
Eva DZ


