National | Par Actuagri

Le congrès des Jeunes agriculteurs (JA) qui s’est déroulé à Bourg-en-Bresse (Ain) les 2, 3 et 4 juin, a accueilli plusieurs représentants de partis politiques et de candidats déclarés à la prochaine élection présidentielle. L’occasion pour le syndicat de renouveler ses instances dirigeantes.

Quel homme ou quel parti politique n’aime pas les agriculteurs ? A écouter les cinq personnalités qui se sont succédé le 4 juin sur la tribune des JA, aucun bien sûr n’aurait l’outrecuidance, le toupet ou même l’aplomb de dénigrer une si belle profession. Dans un format aussi original qu’efficace au cours duquel chacun et chacune a pu présenter sa vision et son projet agricole (5 minutes), répondre aux questions de jeunes responsables agricoles (20 minutes) et conclure à l’aide d’une image en l’expliquant (une minute), les cinq politiques ont, le cœur sur la main, juré leurs grands Dieux qu’ils feraient tout pour redonner au secteur agricole tout l’éclat et toute la vitalité qui s’est étiolée au fil des années.

Accueil frais

Mais aussi bien sur le constat que sur les remèdes à apporter, peu se sont retrouvés. Sans grande surprise d’ailleurs. Tout est en fait une question de nuances, de vert, de bleu, de rouge, foncé ou pâle… Certes tous se sont accordés sur l’état de l’agriculture qui a perdu de sa compétitivité sur les marchés européens et internationaux, sur les contraintes règlementaires et administratives qui pèsent sur ce secteur d’activité, sur le « pas d’interdiction sans solution ». A ce petit jeu, les jeunes agriculteurs n’ont pas été dupes et ont souvent sifflé la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier.

Il est vrai que son parti mais aussi toute la galaxie des associations écologistes n’ont cessé ces dernières années de phagocyter le développement de l’économie agricole à la faveur de surtranspositions, de manifestations « anti-bassines », de recours abusifs contre les extensions d’élevage ou la construction de méthaniseurs… L’accueil a été tout aussi frais pour la représentante de La France insoumise, la députée Aurélie Trouvé (Seine-Saint-Denis) qui a délivré son couplet anti-accord de libre-échange et a quelque peu bafouillé quand il s’est agi de définir « les fermes usines ». Tout juste s’est-elle contentée de préciser que ce « sont des exploitations tellement grandes qu’elles ne sont pas transmissibles dans un cadre familial »

Projets et contrats d’avenir 

A l’applaudimètre, Bruno Retailleau (Les Républicains) et Gabriel Attal (Renaissance) semblent avoir plus séduit les 600 congressistes de JA. Le premier a repris en partie le programme agricole qu’il avait présenté fin février au Salon international de l’agriculture. Son ambition ? « refaire de la France, la première puissance agricole de l’Union européenne » qu’il décline notamment par la « reprise du contrôle politique de notre agriculture », en inscrivant notamment dans la constitution le principe que l’agriculture est d’un intérêt fondamental de la Nation, en supprimant le principe de précaution et en faisant voter une loi organique qui supprime les surtranspositions.

Pas éloigné de ces propositions, Gabriel Attal souhaite en plus accélérer le rythme des installations « car depuis dix ans, seuls deux agriculteurs sur trois ont été remplacés ». Comment ? « En travaillant sur des mesures fiscales et financières qui permettent de protéger le foncier, l’équipement, le cheptel » et « défendant les projets et contrats d’avenir » chers au JA. Pour le Front national, le député Jean-Philippe Tanguy a tiré à boulet rouge sur l’Europe, les surtranspositions, l’absence de souveraineté dans certains secteurs, en particulier celui des engrais ainsi que sur l’entrisme de l’idéologie écologiste au sein de la haute fonction publique, en citant nommément Le Lierre. Ce congrès a été marqué par le changement de gouvernance à JA (lire ci-dessous). Le 60e congrès qui coïncidera avec le 70e anniversaire du syndicat se déroulera l’an prochain à Nice. 

Christophe Soulard 

Jocelyn Dubost, nouveau président des JA

Jocelyn Dubost, élu 26ème président des Jeunes agriculteurs depuis la création du syndicat en 1957, est agriculteur céréalier à Courtenay, en Isère, où il exploite une ferme familiale d’environ 230 hectares cultivés en blé, maïs, soja, tournesol et chanvre. Installé depuis 2015, il s’est engagé très tôt dans le syndicalisme agricole afin de défendre l’installation des jeunes, le renouvellement des générations et l’avenir des exploitations. Après avoir présidé les Jeunes Agriculteurs de l’Isère, il est devenu président des Jeunes Agriculteurs Auvergne-Rhône-Alpes en 2022. Porte-parole d’une agriculture productive et innovante, il promeut des pratiques conciliant performance économique et transition agroécologique, notamment à travers les techniques de conservation des sols et la certification Haute Valeur Environnementale (HVE). Il intervient régulièrement dans le débat public sur les enjeux de souveraineté alimentaire, d’accès au foncier et d’attractivité du métier d’agriculteur.

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Mercredi 13 mai, en soirée, une centaine d’agriculteurs de la FDSEA et de JA Aveyron ont édifié devant la préfecture à Rodez et les sous-préfectures à Millau et Villefranche de Rouergue des haies pour dénoncer la fausse simplification sur la gestion, la création et l’entretien des haies, au sein du Guichet unique de la haie. Devant la sous-préfecture de Villefranche de Rouergue. Un rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) de 2023 souligne la perte, d’année en année, des linéaires de haies en France. Les JA et la FNSEA se sont mobilisés pour que les normes applicables aux haies soient simplifiées et facilitent ainsi leur implantation, leur entretien et leur valorisation. Mais le nouveau…