Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Feux de forêt Risque incendie : la prévention agricole monte en puissance

Alors que le risque incendie gagne du terrain en Aveyron, agriculteurs, pompiers et services de l’État renforcent leur coopération. Une convention entre la fédération des CUMA et le SDIS a été signée le 17 juin à l’aéroport de Rodez, tandis qu’un pélicandrome mobile destiné à accélérer l’action des moyens aériens a été inauguré.

«Le département est désormais identifié comme vulnérable aux feux de forêt», a pointé Claire Chauffour-Rouillard, préfète de l’Aveyron, lors de l’après-midi inaugurale. Un tiers des communes aveyronnaises sont classées comme vulnérables ou très vulnérables aux feux de forêt, et cette proportion devrait s’étendre avec le réchauffement climatique. «L’année dernière, l’Aveyron a connu quasiment 50 jours avec un risque sévère ou très sévère d’incendies de forêt».

©Marion Ghibaudo

Cette signature de convention, effectuée par Pierre-Louis Fages, élu de la fédération des CUMA et référent sur le sujet, engage donc l’aide des CUMA dans le cadre des feux de forêts, pour aider et faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers sur place, notamment «à travers l’alimentation en eau des engins incendie». Une alimentation qui s’effectue via «des bacs piscines».

Arnaud Viala, président du Département, se félicitant de cette signature, a souligné «l’importance de mobiliser toutes les forces vives du département pour la prévention». Il a rappelé les grands phénomènes d’incendies de l’été 2022, auxquels le département était moins préparé mais qui ont été contenus sans faire de victimes.
Cette convention mentionne notamment «le besoin de renforts concernant les machines agricoles de type tonnes à eau». Si des tonnes à lisier sont utilisées, «bien les nettoyer avant d’alimenter les points en eau», rappelle la fédération départementale des CUMA.

Au sein des CUMA, des adhérents référencés sont habilités à intervenir. Et les demandes d’intervention des agriculteurs sur un point chaud se feront en fonction des besoins exprimés par le SDIS. «Les interventions isolées ou spontanées ne sont pas autorisées».
Elle permet également d’encadrer les comportements à adopter avant et pendant les interventions : porter une tenue adaptée (chaussures fermées, pantalon de travail, etc.), avoir un extincteur à poudre présent dans le tracteur, l’autorisation de circulation dans des zones bien définies par le CODIS (Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours), c’est-à-dire ne pas se rendre dans les zones à risque, etc.

Un système renforcé par le réseau d’alerte de la Chambre d’agriculture

Par ailleurs, un réseau d’alerte a été mis en place avec la Chambre d’agriculture : en cas de risque sévère, les agriculteurs recevront un SMS les incitant à ne pas réaliser de travaux agricoles extérieurs. Des mesures de signalisation spécifique et la mise en œuvre d’obligations légales de débroussaillement sont également déployées. Réseau d’alerte qui fonctionne déjà, puisque différents départs de feu dans le sud-Aveyron ont été signalés dès le samedi 20 juin.

Dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse marquée, propices aux départs de feu en milieu agricole, les travaux de moisson et les activités en plein champ accentuent ce risque, notamment en présence de végétation sèche et de vent.

Face à cette situation, la Chambre d’agriculture a lancé une campagne de SMS sectorisée. Ce dispositif est activé en cas de passage en alerte rouge incendie, afin d’informer rapidement les exploitants agricoles des secteurs concernés et de leur transmettre des consignes adaptées au niveau de risque. Cette démarche vise à renforcer la réactivité sur le terrain et à limiter les départs de feu, ainsi que leur propagation.

«La prévention demeure le levier principal pour limiter les risques d’incendie et protéger les exploitations, les cultures et les personnes», pointe la Chambre d’agriculture qui appelle à une vigilance collective renforcée.

Des moyens aériens développés sur le département

En 2025, de nombreux départs de feux sur le département ont nécessité l’appui de moyens aériens, déterminants dans «la stratégie d’attaque des feux naissants». Mais ces renforts, non basés en Aveyron, mettaient du temps à atteindre leurs cibles.

©Dahlia Calmettes

L’installation d’un Pélicandrome mobile a reçu le soutien du ministère de l’intérieur. Cet équipement permet de réapprovisionner en produits retardants les avions de type DASH qui luttent contre les incendies. «Cela raccourcit les délais d’intervention et améliore l’efficacité de la lutte contre les feux de forêt», a détaillé la préfète de l’Aveyron.

Le pélicandrome bénéficiera également aux départements limitrophes comme la Lozère et le Tarn. Sur les 26 structures désormais installées en France, l’Aveyron comble «un vide stratégique dans la couverture territoriale». Arnaud Viala a rappelé que «l’équipement est actuellement mis à disposition par la Direction nationale de la sécurité civile, mais des discussions sont en cours pour le pérenniser sur le site».

Marion Ghibaudo

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