Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Les éleveurs réclament une meilleure rémunération du lait

Jeudi 2 juillet, la section bovin lait de la FDSEA et le groupe lait des JA Aveyron ont rencontré les responsables de Lactalis pour soutenir les demandes de l’UNELL sur les prix payés aux producteurs, ainsi que pour «défendre leur revenu dans un contexte économique toujours plus tendu».

La section bovin lait de la FDSEA et le groupe lait des JA soulignent que «le prix formule appliqué aujourd’hui ne reflète plus les réalités économiques des exploitations et ne permet plus de reconnaître la valeur créée par le travail des éleveurs. Dans un contexte où les charges demeurent élevées, une revalorisation est indispensable pour assurer la pérennité des exploitations».

Le lendemain, vendredi 3 juillet, une rencontre a eu lieu entre l’UNELL et Lactalis pour fixer le prix du lait du mois de juillet. Selon le communiqué de presse relatant les deux rencontres, «les producteurs attendaient des avancées concrètes dans les négociations, mais Lactalis, une fois de plus, n’en a fait qu’à sa tête en fixant le prix de base (marché intérieur et export) au seul niveau du prix formule, soit 403,07 €/1 000 l». L’UNELL avait demandé un ajustement de l’ordre de 0,02 € par litre, refusé par Lactalis.

Des prix qui, selon les organisations de producteurs, sont «loin de couvrir les charges dont la hausse a fortement pesé sur les éleveurs ces dernières années». Sans parler de la météo qui pèse sur les exploitations, alors que l’état des stocks fourragers et les cultures implantées au printemps inquiètent les éleveurs.

Selon la section bovin lait, les producteurs avaient accepté, l’an dernier, «un ajustement négatif du prix départ ferme», après avoir «entendu les arguments avancés par le groupe français de l’agroalimentaire. Mais quand il leur est demandé un ajustement dans l’autre sens, Lactalis refuse».

Des revendications au-delà du prix du lait

En plus du soutien apporté aux demandes de l’UNELL, la section bovin lait et le groupe lait des JA ont aussi échangé avec les représentants de Lactalis sur «l’application pleine et entière de la loi Égalim et la défense de l’origine France».
Les responsables de la section bovin lait de la FDSEA et des JA Aveyron ont demandé une meilleure valorisation de la matière première agricole dans les produits de consommation vendus en France. Un prix du lait payé aux producteurs de 60 à 70 centimes par litre (actuellement entre 45 et 50 centimes) permettrait «d’assurer une juste rémunération des producteurs et de garantir un prix du lait supérieur au coût de production».

La sanctuarisation de la matière première agricole (MPA) est un pilier des lois Égalim qui rend non-négociable, entre les industriels et les distributeurs, la part du prix correspondant au coût des matières premières agricoles ; ce principe de non-négociabilité doit s’appliquer à tous les produits alimentaires, quelle que soit la part de produits agricoles dans le produit fini. Cependant, le prix payé aux producteurs n’est pas revalorisé pour autant puisque d’autres postes de coûts sont négociés à la baisse et tirent les prix vers le bas.

Les responsables syndicaux ont également rappelé leur attachement à la défense de l’origine France : «Préserver une production laitière française de qualité, maintenir des exploitations sur l’ensemble du territoire et répondre aux attentes des consommateurs nécessitent un engagement fort de l’ensemble des acteurs de la filière».
La section bovin lait rappelle toutefois que «ce sont tous les collecteurs de lait qui font la sourde oreille aux demandes de leurs éleveurs». Elle n’exclut pas de mener des actions auprès de l’ensemble des sites de transformation. Cependant la section reste confiante sur l’avenir du prix du lait qui, avec la chute attendue de la collecte à l’international devrait faire bouger les prix.


Marion Ghibaudo

Toutes les actualités

Sur le même sujet

Le dialogue continu et la volonté de l’UNELL et de Lactalis France d’aboutir à un terrain d’entente leur ont permis de trouver un accord sur le prix du lait payé aux producteurs pour le 1er trimestre 2024. Le prix pour les mois de janvier, février et mars est ainsi fixé à 425 €/1000L prix de base 38-32, soit 440 €/ 1000L en 41-33. Depuis plusieurs semaines, FDSEA et JA en Aveyron maintenaient la pression sur Lactalis pour obtenir un prix du lait rémunérateur pour les producteurs. L’organisation de producteurs comme l’entreprise saluent chacune cet accord partagé : « Après plusieurs semaines de tensions et d’incertitudes, il doit permettre d’apporter de la sérénité pour construire l’avenir », espèrent-elles.En parallèle, l’UNELL et Lactalis France…