Aveyron | Par Marion GHIBAUDO

Épandage : Une journée pour affiner les pratiques

Vendredi 18 septembre, l’Épage du bassin du Viaur, la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, la FDCuma et les CUMA de Ségur et de Vezins-de-Lévézou ont organisé une journée consacrée à l’épandage. Au programme : rappels techniques le matin et démonstrations de matériel l’après-midi, avec l’objectif de sensibiliser les agriculteurs à la bonne valorisation des effluents d’élevage.

«L’objectif de la journée est de sensibiliser les agriculteurs et de leur apporter des éléments techniques sur l’optimisation de la valorisation des effluents d’élevage, avec un second objectif, mieux préserver la qualité de l’eau des cours d’eau», détaille Hélène Pouget, animatrice AgriViaur. Le tout en lien avec les enjeux technico-économiques des exploitations, dans l’idée d’amener des solutions viables et peu coûteuses aux agriculteurs.

En résumé, un épandeur bien réglé permet ainsi de mieux valoriser les éléments fertilisants du fumier, tout en limitant les pertes et en évitant des passages ou des apports inutiles. Avec les agriculteurs des CUMA de Ségur et de Vezins-de-Lévézou, qui avaient chacun apporté un modèle d’épandeur différent, après une matinée en salle pour une partie théorique, l’après-midi a vu des démonstrations avec un épandeur à hérisson, modèle très répandu, et un épandeur à table d’épandage.

Les questions de l’après-midi ont notamment porté sur les types de répartition possibles selon les fumiers lors de l’épandage, et sur la manière de s’assurer d’une certaine homogénéité lors des passages. Autant de critères qui ont leur importance et qu’il faut savoir mesurer.
«L’idée aujourd’hui était vraiment de pouvoir regarder la portance des sols, en lien avec l’épandage, puisqu’on s’intéresse aux épandages en lien avec les nitrates, qui sont très lessivables. Il y a donc des conditions optimales qui sont favorables pour épandre», a détaillé Hélène Pouget.
La dose et la période d’épandage sont également déterminantes. L’objectif était donc de rappeler les conditions permettant à la plante de valoriser au mieux les éléments apportés, tout en limitant les pertes vers les cours d’eau.

Ces effluents constituent une ressource précieuse pour les exploitations. Bien connus pour leurs valeurs fertilisantes, ils peuvent aussi devenir un véritable levier d’économie lorsqu’ils sont correctement évalués et valorisés.

Bien régler un épandeur

Et pour évaluer et valoriser au mieux ces effluents, il faut mesurer précisément les quantités apportées. «Aujourd’hui, nous voulions de montrer aux agriculteurs comment mesurer les quantités apportées lors des épandages, et vérifier leur répartition au sol dans les parcelles», explique Jean-Claude Platon, animateur machinisme à la FDCUMA de l’Aveyron.

L’évolution technologique des machines permet désormais de vérifier de nombreux critères avant épandage : systèmes de pesée embarquée, systèmes de débit proportionnel à l’avancement, etc. «Tous ces nouveaux instruments aident les agriculteurs à affiner leurs réglages», mais ils ne font pas tout, pointe l’animateur machinisme.

«En premier lieu, il faut connaître les caractéristiques des fumiers que l’on apporte, par exemple, et ensuite, s’assurer de leur destination. Est-ce pour une prairie ou une parcelle qui va ensuite être retournée ou labourée ?»
Selon Jean-Claude Platon, un épandage sur prairie, par exemple, demande davantage d’exigence notamment en termes d’affinage et de répartition du fumier, pour, entre autres, éviter les grosses mottes qui risquent de se retrouver dans les fourrages par la suite.

Cette recherche de précision peut également passer par la certification «éco-épandage», qui existe depuis 2013 pour certains matériels d’épandage. Elle permet de garantir les performances des épandeurs de fumiers ou de lisiers. Cette certification a pour objectif de garantir à l’utilisateur de meilleures performances en termes de régularité d’épandage et de préservation des sols.

Marion Ghibaudo

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